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 Within us a lunatic sings ♦ Vex

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Lotus noir de l'Orkenenmyr

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Lotus noir de l'Orkenenmyr
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MessageSujet: Within us a lunatic sings ♦ Vex   Jeu 17 Avr - 2:55




Les clameurs des contadins se réverbéraient sur les murs de ces vertigineux remparts d’obsidienne, barrière syncrétique qui faisait s’amalgamer l’indigence et le raffinement alors que se mettait en place la mascarade d’Ibenholt. Lorsei Ravncrone n’avait pas en aversion les bains de foule, aussi suants et méphitiques puissent-ils être ; elle se congratulait même d’avoir imaginé une telle sortie, qui non seulement lui permettrait de détailler les habitants du royaume sur lequel régnait son père, mais lui permettrait également de changer d’air, aussi fétide qu’il fut dans ces bas quartiers. Une porcherie aurait sans doute été plus accueillante. « C’est permanent, cette pestilence ? » s’enquit la régente expatriée à son accompagnateur.

« Lorkhan, je me sens épiée, » avait-elle faussement admis à son frère aîné, l’air contrit et embarrassé. « Cette cité m’effraie. » Il était véridique qu’Ibenholt l’intimidait, étant peu habituée à l’atmosphère de la capitale et l’outrageuse extravagance de tout ce qu’on y trouvait. Banquets festifs comme sombres procès étaient démesurément menés, et la régente, n’ayant que rarement quitté l’accore et l’autan austères de Ravenhole, était dépitée par autant de superfluité et de dissipation. Lorkhan, pour le bien-être de sa cadette, n’avait pas hésité à lui venir en aide et à calmer ses angoisses ; le nom d’un mercenaire fut soufflé entre ses lippes, et la princesse sut qu’elle pourrait s’en remettre sans affres à ce reître. Si le prince héritier n’en doutait point, c’était suffisant pour Lorsei, qui avait fait mander l’homme en question à peine quelques jours plus tard, prétextant avoir envie d’une brève escapade parmi la foule hétéroclite de la basse cité. Cela n’était évidemment pas tout à fait le cas ; si captieuse qu’elle fut – et si vouée à l’échec également –, c’était davantage dans une tentative d’en apprendre davantage sur son frère qu’elle avait commandé cette brève échappée. Or l’homme qui l’accompagnait n’était qu’un mercenaire, et Lorkhan était plus intelligent que de se confier à un guerrier vénal, d’aussi bon aloi soit-il.
Lorsei avait toujours estimé qu’il n’avait aucune raison de passer sous silence quelque secret que ce fut. Il était son complice et se convainquait qu’il en était de même pour lui ; néanmoins, son arrivée à Ibenholt avait été ponctuée de découvertes qui, au mieux, lui donnaient la singulière envie de retourner chez elle et renâcler. Comme c’était impossible, elle s’était rabattue sur le meilleur second choix.

L’homme se tenait près d’elle, à l’affût. Si Lorsei regrettait avoir dû mentir à son tendre frère, le jeu en avait valu la chandelle, même si ce n’était pas pour les raisons qu’elle aurait espérées. Elle trouverait bien de quoi s’occuper. Elle se détendait à mesure qu’ils s’éloignaient du palais et se laissait porter par la foule sans trop s’inquiéter de leur destination finale. Il était mercenaire et payé grassement pour s’assurer qu’aucun guet-apens ne trouble la marche de la régente – sans doute ne ferait-il pas exprès de la laisser s’engouffrer inconsciemment dans les quartiers plus problématiques de la capitale, les Rapinière et autres quartiers coupe-gorge d’Ibenholt. Lorsei s’était vêtue simplement, souhaitant éviter aux maraudeurs la tentation de lui dérober ses onéreux artifices, et l’attention indésirable des mauvaises langues et des bélîtres. De part et d’autre d’eux les habitants vaquaient à leurs occupations, s’arrêtant aux étals afin d’y marchander quelque babiole, se chamaillant les derniers fruits frais ; d’autres s’affairaient à transporter victuailles et matériaux jusqu’à Jernvugge dans la foulée des préparatifs de la mascarade. « Tout ce travail pour une seule journée de réjouissances. Quel gâchis, » déplora-t-elle, désinvolte, haussant les épaules en regardant des travailleurs porter des planches de bois. Depuis l’instant même où ils avaient foulé les sols salébreux de la cité, elle n’avait fait qu'enchaîner les commentaires ; admiration et doléances s’enchaînaient adroitement dans l’esprit et la voix de la régente, qui ignorait si le mercenaire tiendrait bien longtemps à sa volubilité. « Oh, du vin de Myr ! » Lorsei se gaudit, pointant gaiement un étal qui ressemblait pourtant aux autres ; mais l’œil de corbeau de la régente savait reconnaître l’une des fiertés de sa région natale. Elle s’y dirigea en trottinant, passant de rigide régente, dignitaire en visite, à adolescente nostalgique. Sans attendre, elle en commanda quelques bouteilles et n’hésita pas à verser au marchand bien plus que prix qu’il exigeait. Confus, il refusa d’abord, mais Lorsei insista, le bijou qui ceignait sa tête tintinnabulant doucement au gré des mouvements de sa tête ; elle arrangea également pour que ses achats soient portés au palais pour quelques pièces supplémentaires.

« Depuis que je suis ici, on ne me sert que du vin d’Agathée, » expliqua-t-elle, excédée, mais souriante, alors qu’elle retrouvait les côtés de Mavrel. « Je le déteste pourtant avec une passion ardente. » Elle reprit sans plus de cérémonie sa marche, mais également sa logorrhée. « Je ne comprends pas ; cette infamie n’est bonne qu’à être empoisonnée et servie aux traîtres. » C’était peu dire que d’affirmer que Lorsei n’était pas du genre à mâcher ses mots, s’emportant souvent vivement contre des concepts abstraits ou des vétilles insignifiantes sans faire attention à qui pourrait ouïr ses complaintes. Elle jonglait habilement entre suave et distinguée princesse régente et harpie à la langue fourchue et vénéneuse, et si certains étaient amusés de cette cyclothymie, d’autres ne cachaient pas leur déplaisance. Un bref silence – relatif, considérant la cacophonie qui les entourait – passa entre eux.

« Mon frère sort-il souvent de Jernvugge ? À travers ses… sujets ? » demanda-t-elle soudainement, tournant son délicat minois vers l’ombre qui la suivait depuis leur sortie du castel. Elle avait d’abord hésité, car elle considérait que les réels sujets de son frère – et de son père – étaient les habitants de Ravenhole, mais Ibenholt devait être terriblement captivante s’ils ne daignaient presque plus mettre les pieds dans leur château fort natif. « Oh, pas que ça m’intéresse réellement. Laissez tomber. » Parler pour le simple plaisir de ce faire était le forte de la régente, mais plutôt que de renchérir, elle laissa son regard vaguer un peu partout, toisant avec nivèlerie chaque chose qui piquait son intérêt. Le pilori était vide et les échafauds déserts ; le Quartier des Potences, malgré son nom caligineux, était singulièrement festif. Après les réjouissances, on reprendrait la routine ; les exécutions et les pendaisons se succèderaient de nouveau comme si rien ne s’était passé, à travers les débris irisés, les serpentins chatoyants et les confettis versicolores qui joncheraient le sol. « Que vous inspire la mascarade, Mavrel, dites-moi ? Êtes-vous du genre… festif ? Noctambule dans l’âme ? Amateur de la promiscuité garantie par ces évènements mondains ? » s’enquit-elle avec un soudain intérêt. Elle-même l’était suffisamment, néanmoins les circonstances ne s’y prêtaient guère.

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L'Ombre Pourpre

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L'Ombre Pourpre
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MessageSujet: Re: Within us a lunatic sings ♦ Vex   Ven 18 Avr - 12:41


"La manipulation est un jeu sans limite "

Etre un  homme de main ne faisait pas appel aux mêmes capacités qu'être un leader connu d'une bande d'assassins recrutés avec soin. Vex avait pris l'habitude bien ancrée de ne dépendre de personne. Bien sûr, recevoir des commandes et exécuter des tâches ingrates aux yeux du monde et particulièrement jouissives pour lui et sa guilde faisaient partie du quotidien. Des recommandations étaient données mais tant que le travail était effectué brillamment, les détails de l'opération étaient laissé libres de jugement pratique. Voilà bien le seul désagrément que pouvait lui imposer sa fonction d'homme de main d'un noble exigeant. La personnalité de l'assassin était bien connue de ce dernier qui savait pertinemment qu'il ne fallait pas quémander à l'excès des services qui n'entraient pas dans ses priorités.La seule raison valable pour laquelle il avait effectivement accepté d'accorder son temps à une jeune femme fragile en proie à un mal urbain, était sans nul doute sa beauté et son physique féminin. Passer du temps avec la population du sexe opposé, faisant partie du gratin et donc possédant un port et une allure différente des catins de bas quartier était toujours très intéressant et ne représentait en somme pas une réelle perte de temps. La rémunération qui en découlait valait à son tour le déplacement mais cela n'était jamais entré dans la ligne de compte puisque pour tout travail quel qu'il soit, les piécettes couleraient sans réclamation. Tel était l'accord qui les liait tous deux. L'amusement venait toujours là où on ne l'attendait point. Le destin lui avait toujours révélé de surprenantes surprises, aussi pourrait-il bien se laisser guider dans cette aventure qui pourrait potentiellement lui ouvrir des perspectives inattendues. Contrer cette demande incongrue par des pensées allant dans un sens positif pour lui était la seule voie qui pousserait à s'exécuter. Il préférait de loin les tâches ingrates mais au final, il avait besoin d'amusement de temps à autre durant le travail. Aussi, vêtu de son attirail meurtrier déguisé sous quelques parures de meilleures qualités – la fausse noblesse dont il se pavanait permettant de s'octroyer des privilèges onéreux -, il avait rejoint la soeur de Lokhan afin d'être ce mercenaire dont elle souhaitait la compagnie pour soulager son esprit inquiet face aux badauds qui croiseraient sa route. Une réaction digne des hauts dignitaires qui n'avaient point l'habitude de la foule et des voraces qui s'y cachaient. Elle pouvait bien avoir l'impression de se sentir épiée, la réalité prouverait la véracité de ces propos. Les ornements prévalant la richesse qu'exhibaient les riches propriétaires n'apportaient que convoitises et désir de possession de la part des mains expertes. Sans compter que la Mascarade planifiée allait apporter son lot de gredins en tout genre. Lui-même avec cette impatience bouillonnante de sentir l'exaltation de cette réception haute en couleur.

Un sourire orna ses lèvres espiègles quand la jeune femme se permit sa première critique suggérant une odeur désagréable aux narines raffinées. Peut-être aurait-il l'envie fin de journée de la posséder violemment puis de s'en débarrasser, mais les règles et les directives suggéraient bien davantage de la ramener entière et sans séquelles. Aussi ne pouvait-il se permettre de faire faux bond à l'homme qui l'employait. Une catin ferait très bien l'affaire une fois son travail accompli pour laisser les tensions accumulées s'extérioriser sans retenue. La régente avait au moins fait l'effort de garder son attirail nobliaux de côté pour ne pas se pavaner telle une reine dans les bas-quartiers, cependant il n'était point du genre naïf et c'était plus que certain que sa présence attirerait certains regards. Le sien se bousculait constamment d'un endroit à l'autre afin de tenir son instinct informé de tous signes suspects qui viendraient rencontrer son chemin. L'effervescence était déjà en place à un niveau préliminaire, suggérant ne préparation active d'un grand événement. Le reste se cantonnait aux tâches habituelles impliquant un travail éreintant pour certains et plus détendu pour d'autres. Il pouvait déceler des manigances en tout genre dont il avait l'habitude mais qu'un oeil peu avisé ne pouvait déceler. Un art sournois que seul un esprit vicieux pouvait comprendre. La jeune femme émit à nouveau un commentaire. « Ce n'est pas le premier et certes pas le dernier » se permit-il simplement pour contrer cette aisance d'esprit de la part d'une femme qui avait toujours tout eu à portée de main. Une phrase simpliste qui montrait avec férocité la naïveté de cette dernière, davantage encore lorsqu'elle ponctua cette découverte par une autre qui n'entrait plus du tout dans la perspective d'une révolte de principe. L'allégresse s'en suivit tandis qu'elle prit autorité sur les marchandises étalées. Quelques pièces et le tour était joué. Négociation, arrangement, échange de bons procédés ne se réalisaient pas dans un monde où l'argent pouvait régler tout. Restant en retrait, il avait observé le phénomène tout en scrutant les alentours, attendant que la jeune femme le rejoigne pour continuer son errance parmi cette foule hétéroclite mais aussi sa conversation orientée vers ses exigences de Dame de Cour. Un ricanement ponctua la fin des propos formulés par la régente.

«  Une langue aussi pendue que la vôtre devrait se méfier des oreilles qui pourraient vous entendre. »

Une menace légère, non point dans le but d'incommoder la jeune femme mais bien pour signifier que ses propos pourraient apporter des idées dangereuses aux plus avisés. Pour sa part, il n'avait cure du vin qui pouvait bien couler dans son gosier pour peu qu'il coule à flot et l'abreuve jusqu'à ce que soif s'en aille. Il n'était pas de ceux qui s'énervaient rapidement, aussi les désolations inutiles d'une femme exigeante de par son éducation passait bien au dessus de ses préoccupations premières. La rémunération se joignait à une protection en règle, non pas une compagnie sympathique et exempt de sa façon habituelle de parler. Leur procession se continuant dans le silence, il profita de cet instant pour observer la démarche de cette femme de bonne famille dans l'optique évidente de pouvoir rincer l'oeil masculin des courbes féminines qui se trouvaient à sa porter. Sa voix cependant retentit une nouvelle fois orientant désormais le sujet vers Lorkhan. Une question anodine qu'il aurait pris comme tel si la suite n'avait pas alerter son instinct décuplé en matière de fourberie. Les questions placées fortuitement dans un contexte désintéressé étaient très souvent des questions importantes pour l'auteur de celles-ci. Ce fut bien pour cette raison qu'il n'octroya aucune réponse par pure manipulation jubilatoire. Si l'importance du sujet était tel qu'il l'imaginait, tôt ou tard prendrait-elle la peine de revenir dessus.  Cependant, changer de sujet se révélait nécessaire pour noyer le poisson, ce qu'elle fit apportant son intérêt sur cet événement en devenir. Un sourire intriguant ourla ses lèvres.

«  Mon âme vogue bien plus dans les lieux sombres dénués de lumière. » Une phrase a sens multiple révélant une partie de ses penchants de manière subtile sans jamais apporter réponses claires aux interrogations. « La mascarade porte bien son nom et se jouera de tout un chacun cachant nombreux vices en son sein. Mais qui pourrait planifier vouloir se passer d'un tel moment où les jeux sont nombreux et les joueurs encore anonymes. Par ailleurs, je prends effectivement grand plaisir à partager certaines proximités. Comme celle qui m'associe à votre frère. »

La curiosité était un vilain défaut mais offrait à tout bon observateur la possibilité d'en apprendre bien davantage. De façon anodine avait-il ramené le sujet vers Lorkhan sans chercher à approfondir spontanément l'information. Il aimait le jeu mais par dessus tout il aimait gagner. Que le doux papillon vienne se brûler était exaltant et il attendait ce moment avec une douce impatience. Cependant, et parce qu'il fallait mériter les piécettes de sa nouvelle vie, le travail l'interpellait. Son œillade avisée venait de repérer pour la seconde fois un énergumène errant qui semblait sur le parcours de la jeune femme alors que leur direction n'avait pas changée, indiquant que ce dernier s'y était attelé. Le but était méconnu mais le méfait sentait à plein nez. Aussi, il prit la peine de se rapprocher de la jeune femme laissant glisser sa main sur sa taille, l'attirant d'une simple pression contre lui. « N'ayez pas l'air surpris. » annonça-t-il alors qu'ils avançaient et que son regard en biais toisa celui de l'inconnu, happant l'échange pour signifier la dangerosité de s'approcher une troisième fois de celle qu'il avait pris pour cible, sa main arborant son arme-soeur discrètement sortie de sa cachette. Le vandale changea alors subitement de direction afin de disparaître dans les méandres d'un quartier en ébullition. Rangeant alors son poignard, il tourna ses prunelles vers celles de la jeune femme interpellant son regard pour le pénétrer du sien, un sourire en coin éloquent décorant son faciès.

« Peut-être était-il effectivement utile pour vous de m'avoir à vos côtés. »

Une proximité qu'il laissa perdurer un instant sans que son regard  fascinant mais dérageant ne quitte les émeraudes de son interlocutrice. Sa main glissa alors lentement du flanc à l'échine avant de quitter le corps de la jeune femme tout en s'éloignant de quelques pas pour reprendre le rôle qui lui avait été ordonné, tandis que son regard repartait se perdre dans les différents visages que ponctuaient la foule. Au fond, rien de dangereux ne lui serait arrivé. Une petite frappe qui se voulait d'avoir été captivé par la quantité de pièces fournies au marchand précédemment, et qui espérait tout simplement pouvoir en dérober d'autres encore dans la bourse de la régente. Mais parler de promiscuité interagissait avec son esprit ouvert aux opportunités. Reprenant leur démarche anodine, sa voix s'éleva à nouveau.

« Et vous chère Dame Lorsei, êtes-vous de celles qui se laissent aller une fois une fête annoncée ? Brisant ainsi toutes ces règles de noblesse qu'on vous oblige à ingérer ne donnant que peu d'opportunités au désir inavoué ? »

Mettre mal à l'aise ne dépendait que de la capacité ou non à accepter les propos de ce cher meurtrier. Peu de personnes se prêtaient à concéder à sa personnalité la possibilité d'aborder tous les sujets comme il le voulait. Mais déjà sa réputation se laissait dessiner d'un homme qui prenait plaisir à faire comme il le sentait.


Fragrance of Blood
Down ! Bloody knife ! O, down ! Why does thy red face frown ? Why slash thus in the air, as o’er a throat laid bare ? See, the red blood-drops fall, trickling adown the wall. Ha ! How they follow me, like a dark gory sea. No rest by day or night, blood blinds my very sight. My lips are steeped in gore ! No peace ! No ! Nevermore !

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Lotus noir de l'Orkenenmyr

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Lotus noir de l'Orkenenmyr
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MessageSujet: Re: Within us a lunatic sings ♦ Vex   Mer 23 Avr - 0:01



La langue de la régente claqua contre son palais d'agacement. À quoi bon payer un mercenaire si elle n’avait pas le loisir de dire ce qui lui plaisait sans crainte d’être houspillée pour ses propos controversés ? Lorsei haussa les épaules, exhalant un long soupir. « Je me moque bien de ce qu’on m’entendra dire, » exhala-t-elle, sans réellement attendre de commentaire de la part de son protecteur. Après tout, ce n’était que préférence personnelle, même si les mots qu’elle avait employés pouvaient lui porter préjudice. Ils poursuivirent dans un silence relatif, la régente profitant de l’animation ambiante et des airs de fête qu’arborait la ville pour se délecter des merveilles de l’architecture locale. Après tout, Ibenholt différait grandement de Ravenhole, qui avait plutôt été bâtie à flanc de montagne, chaque rupestre chaumière perchée sur l’accore, surplombée par l’Argonaute et la citadelle qui était sa maison. Elle avait même l’impression d’être seule dans cette masse dense de roturiers et de simples contadins, le reître se tenant un pas ou deux derrière elle, sans doute volontairement. Sa question soudaine avait semblé plaire à son gardien ; elle capta du coin de l’œil un sourire discret sur les lippes de celui-ci et il sortit enfin de son mutisme, alignant plus que quelques syllabes, à la plus grande satisfaction de la régente, qui détestait avoir l’impression de parler dans le vide – mais le faisait tout de même. Et, par les Dieux, que Lorsei aimait ce genre de réponse, ce genre d’homme mystérieux et cryptique ! Il ne parlait pas comme un noble ni ne parlait comme un mercenaire de fond de venelle crasseux, ce qui ne cessait d’attiser la curiosité de la princesse.
Mavrel avait remis à l’ordre du jour le sujet de son frère, ce qui la laissait croire qu’il n’était pas aussi désintéressé que cela. Les commissures des lèvres de la belle à la crinière de jais s’élargirent. « J’ignorais que mon frère était mu par ce genre de… tendances, » fit-elle, jouant sur les mots, souhaitant seulement attiser la réaction du mercenaire. « Vous m’en voyez désolée. Je croyais que nous pourrions bien nous entendre, vous et moi. » Narquoise, la régente détourna le regard, feignant un désintérêt naissant pour la présence de Mavrel.

La paluche de l’homme posée sur sa hanche lui arracha un sourire, persuadée que son stratagème avait fonctionné ; elle aurait dû douter dès le départ, au vu de la facilité avec laquelle le mercenaire avait mordu à l’hameçon. Ne pas avoir l’air surpris ? Oh, elle ne l’était pas, mais aurait-elle dû l’être ? Elle retint un coup d’œil à leurs arrières, comprenant désormais que le mercenaire avait flairé le danger de la cité comme le loup repère les relents d’une carcasse en forêt. Il lui avait demandé quelque chose, aussi le ferait-elle, par simple instinct de survie, pas que cela l’enchante de se faire malmener ainsi par un tel personnage. La régente n’avait même pas remarqué le moment où son protecteur avait dégainé sa dague, mais le sentit remettre l’arme à sa place attitrée ; ses prunelles de jade se posèrent dans celles d’ardoise de l’homme, qui la tenait toujours doucement, mais fermement, contre lui. Elle mima la risette entendue de son interlocuteur. « Quelle chance, en effet. Mon frère sait bien choisir ses… associés, » le nargua la régente, amusée par ses propres sous-entendus. Elle laissa à regret se dérober à l’étreinte qu’il avait imposée, et reprit ses déambulations sans plus de cérémonie. Personne ne semblait avoir vraiment remarqué quoi que ce soit, ni l’arme du mercenaire, ni le bélître qui semblait avoir pris en chasse la princesse – et heureusement qu’elle avait mandé les services de Mavrel, car elle ne l’avait pas vu non plus.

L’interrogation de l’homme de main la fit pincer les lèvres, réprimant un sourire aussi doucereux que narquois. En d’autres circonstances, en différente compagnie, Mavrel aurait sans doute payé sa remarque à prix fort ; la plupart des princesses et des bourgeoises n’étaient pas aussi ouvertes d’esprit que Lorsei, qui n’avait que peu de tabous. Ralentissant le pas afin que le mercenaire la rattrape, puis agençant sa vitesse à la sienne, elle fit mine de pondérer gravement la question. « Ce sera à déterminer en temps et lieu, j’en ai peur, n’ayant jamais participé à un tel bal masqué, où tous dissimulent leurs véritables ambitions, » laissa-t-elle entendre. « Néanmoins, j’ose espérer que cette mascarade sera spéciale dans tous ses aspects, et qu’elle saura me surprendre avec un cadeau d’anniversaire à la hauteur de mes plus folles attentes. Le Myr risque d’être un précieux allié à cet effet. » Enfant d’avril, la mascarade tombait à point pour Lorsei, qui prendrait plaisir à imaginer que le bal en l’honneur de la fête du printemps lui était destiné, bien qu’elle sache que ce n’était point le cas. Ses iris d’émeraude musardèrent brièvement dans le regard perçant du soldat de fortune avant de vaguer vers leur destination toujours inconnue. À vrai dire, même au moment où ils étaient sortis, elle n’avait point eu de plan précis, se contentant plutôt de laisser aller ses pas là où ils la menaient. Néanmoins, ses caprices la faisaient maintenant avoir envie d’un but, si futile soit-il.

« Mavrel, surprenez-moi : y a-t-il un lieu où une touriste, telle que moi-même, se devrait absolument de voir à Ibenholt ? » s’enquérit-elle, curieuse. « Un endroit où, peut-être, l’activité serait moindrement dense… » S’éloigner de la foule lui semblait être une bonne idée ; ainsi peut-être pourrait-elle laisser libre cours à cette langue pendue que le mercenaire lui reprochait depuis le début de leur sortie. Enfin peut-être pourrait-elle se laisser aller à son habituel sarcasme et à toutes les autres remarques salaces qui pourraient surgir dans son esprit. Enfin peut-être pourrait-elle se laisser aller à son habituel sarcasme et à toutes les autres remarques salaces qui pourraient surgir dans son esprit, et peut-être en savoir davantage sur cette promiscuité entre son gardien et son frère…

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L'Ombre Pourpre

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L'Ombre Pourpre
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MessageSujet: Re: Within us a lunatic sings ♦ Vex   Lun 28 Avr - 11:34


"La manipulation est un jeu sans limite "

Cette femme était l'archétype même des bourgeoises qui exhibaient leur rang à foison. Du moins, ce fut de cette façon qu'il interpréta cette première phrase quant à la remarque qu'il avait osé formuler sur son langage bien trop libéré. Mais au fond, ce n'était guère pour lui, que les gens parlent était toujours intéressant pour ses oreilles attentives qui prenaient la moindre information comme utile. Que cela soit important ou non, il était toujours bon de garder les éléments quelque part en mémoire, ce que le destin réservait n'était connu de personne et même ce qui paraissait anodin pouvait parfois cacher une arme subtile. C'était sa façon de procéder et cela l'avait servi à maintes reprises. De plus,  il était évident qu'elle n'en avait cure de qui pouvait l'entendre, puisque ses arrières étaient protégées, et que concrètement, il y avait peu de risque qu'elle subisse un quelconque dommage. C'était particulièrement évident mais il ne serait point à tout moment derrière elle une fois son travail accompli, même si observer les formes féminines de la donzelle n'était point désagréable et occupait la majorité de son temps quand ses prunelles ne dévisageaient pas les alentours. Il ne put retenir un sourire étiré et espiègle quand elle formula des tendances de bord totalement divergent concernant son cher frère, et même le concernant. Lorsqu'il jouait avec un homme c'était au détour de sa lame. Mais il préférait ne pas relever et se permit même d'aller dans ce sens car l'ambiguïté avait toujours été sa meilleur alliée dont il usait et abusait à outrance. «  Qui vous dit que je me contente de lui ? » Cette phrase avait nombreux sens. Certes, pour entrer dans le jeu il ne laissait sous-entendre cette information que dans un biais sexuel. De prime abord, il n'y avait pas le moins du monde besoin d'aller chercher plus loin. Cependant, pour peu que l'on connaissait l'assassin – et ils n'étaient pas nombreux ceux qui pouvaient se permettre de l'affirmer- il  faisait bien évidemment référence à son quotidien. Lorkhan était celui qui lui permettait d'arriver à ses desseins, pour le moment. Mais un moindre signe de faiblesse lui ferait pencher vers d'autres balances peut-être actuellement encore sous-évaluée. Il savait jouer sur plusieurs tableaux et cerner les avantages qui pouvaient se trouver ailleurs. Lorkhan était puissant, sa famille tout autant, mais jusqu'à quand ? Mais en cet instant, il misait bien davantage sur l'idée de profiter de la perche lancée par la princesse pour entraîner un rapprochement concret. Il n'avait guère attendu longtemps d'ailleurs pour le tester même si l'objectif était de la protéger. Son comportement aurait néanmoins pu être différent, moins osé, et surtout plus lointain. Il s'était permis d'engager davantage le jeu et l'intéressant serait de savoir jusqu'où la Dame allait oser aller. Jusqu'où la tentation de l'inconnu pourrait venir titiller la curiosité.

Que sa question soit déplacée l'interpellait peu. Quand il souhaitait obtenir des informations, il ne prenait pas la peine de tourner autour du pot. N'avait-elle pas fait de même plus tôt en le questionnant sur la Mascarade ? Certes, ses propos allaient plus loin, étaient plus extravagants, plus intimes, mais il avait toujours remarqué qu'au fond, c'était de l'hypocrisie de la part des autres. Comment se sentir outrer de la réalité ? Fermer les yeux était à son sens bien plus idiot. La réponse lui sembla maigre mais peut-être que l'inexpérience ne permettait point d'imaginer comment le déroulement d'une telle soirée pourrait se faire. Concrètement, il devait avouer ne jamais avoir participé à ce type de cérémonie et c'était bien pour cette raison qu'il allait en profiter.  Mais il connaissait assez le genre humain pour percevoir toutes des subtilités qui risquaient de peaufiner ses connaissances. Découvrir qui se cachait derrière le masque, laisser entrevoir les folies qu'une fausse identité permettait de laisser exhiber. Il savait que quelque chose se tramerait forcément, le tout était de découvrir quoi et de voir comment y participer ou comment s'en abreuver à outrance. L'idée de l'anniversaire lui était par contre totalement égal mais cela restait une information à prendre de toute manière. « Je serais curieux de pouvoir connaître vos « folles attentes » dans ce genre d'atmosphère.  Peut-être vous rencontrerais-je au détour d'un couloir, sous votre masque pour vous cacher, sans vos barrières identitaires pour vous freiner... » Une invitation ? Non, c'était simplement la réalité et des propos en lien avec le jeu qui était en train de se jouer entre eux. Vex prenait plaisir à laisser planer le doute sur ses intentions, qui étaient imprévisibles en réalité. C'était possible qu'ils se retrouvent, possible qu'il en profite, mais tout aussi plausible que jamais leur route ne se croise durant ce grand Bal prévu à cet effet. Lire dans l'avenir ne lui était pas permis, encore moins pour un être qui voguait en fonction de son destin.

La demande qui suivit n'était pas forcément une demande à faire à un homme qui connaissait les bas-fonds comme sa poche et qui aimait se jouer des nobles, dont il faisait désormais partie. Une activité moins dense ne se trouvait pas à tous les coins de rue, surtout en période festif. Quelque chose de malsain s'était lové dans son sourire, discrètement mais perceptible. Une idée, il en avait bien une, mais il n'était pas certain que sa plairait à une princesse. De toute manière, il n'y avait pas énormément d'autres opportunités : les rues allaient être bondées partout, les taverne totalement débordées, tout ce qui restait s'apparentait à des lieux moins surveillés. « Laissez moi vous guider. »  proposa-t-il en posant à nouveau sa main en bas de l'échine, à la limite de l'indécent, chez cette femme qui voulait découvrir quelque chose de moins touristique. L'entraînant durant un moment dans des dédales sinueux de ruelles entrecoupées afin de s'écarter de l'animation ambiante, la rareté de la population se fit sentir indiquant qu'ils se faisaient de plus en plus distance des réjouissances. Arrivé dans une ruelle différente où l'on aurait juré l'infiltration de la lumière impossible, il s'arrêta devant une porte et frappa trois coups d'une mélodie précise, tandis que ses prunelles descendirent sur la jeune femme dont il était curieux de connaître le ressenti dans l'immédiat. Voir la peur lui aurait fait le plus de plaisir mais il était prêt à jurer qu'elle avait un tempérament tel qu'elle pourrait tenter de le camoufler. La fierté aussi était particulièrement exhibée chez les nobles. Une observation fort amusante mais habituelle. Une homme finit par entrebâiller la porte jusqu'à ce qu'il découvre qui se tenait devant lui. « Oh c'est vous ! Entrez entrez ! Vous aussi ma Dame ! » Il se dégagea pour les laisser passer tandis qu'une pièce simple se tenait devant eux, sans intérêt. « Comment vas-tu ? » « Bien bien.... Allez-y faites comme chez vous ! » Bien évidemment, l'homme connaissait l'identité de Vex, leader des Sycophantes. Cela ouvrait plus facilement certaines portes. Il indiqua alors le chemin à la jeune Dame en lui montrant dissimulé derrière une porte qu'il venait d'ouvrir, un escalier descendant vers le sous-sol. Rien de rassurant en réalité quand on était accoutumé  à la noblesse et que le monde extérieur restait encore méconnu sur beaucoup de point. Il ne se proposa nullement de la précéder, il voulait voir si elle se risquerait à lui faire confiance ou non. Quand elle osa, il la suivit, puis l'homme qui venait de leur ouvrir ensuite. La descente était sombre, seule quelques lueurs offertes par des bougies parsemaient le lieu. Mais une fois en bas, une lumière chaleureuse mais plus vive interpella, laissant suggérer un autre lieu dissimulé derrière une porte entre-ouverte.

Lorsqu'ils furent arrivé, Lorsei put découvrir que ce qui se cachait derrière cette porte était en réalité  apparenté à une taverne mais dont la population était parsemée, peu nombreuses, chacun se permettant de siéger dans fauteuils décorés. Moins rustre, ce qui se passait ici était tu. Chacun venait faire ce qu'il avait envie : boire, manger, s'offrir du bon temps que ce soit avec les femmes ou avec des consommations interdites. L'endroit était particulièrement chaleureux, les couleurs ocres et  à tendance dorée offraient l'impression de pouvoir se détendre en toute tranquillité. Un lieu plaisant, tant qu'on ne se questionnait pas sur ce qui pouvait se tramer. L'homme qui était venu leur ouvrir les devança afin de leur indiquer une table et des fauteuils reculés, derrière un mur qui camouflait des espaces privés.  Ainsi, l'assassin prit place et se retrouva en réalité en tête à tête avec la Dame. « Je vous présente un de mes lieux favoris. Tranquillité, détente, et surtout possibilité de discuter sans être dérangé. J'avais cru comprendre que votre langue frustrée avait besoin de se délier. » une phrase de nouveau à double sens mais la princesse allait finir par s'y habituer.  Elle avait d'ailleurs pu remarquer que si coup d'oeil on lui avait lancé, personne ne s'était attardé. Qui elle était n'intéressait personne. Chacun se mêlait de ce qui le regardait. C'était un lieu parfait pour les affaires. « Que désirez-vous boire ? » « Comme d'habitude. Et vous ? » demanda-t-il à Lorsei, son sourire n'ayant pas quitté ses lèvres. Il lui  offrait l'opportunité de se lâcher et il espérait rien en tirer profit.


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Lotus noir de l'Orkenenmyr

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MessageSujet: Re: Within us a lunatic sings ♦ Vex   Mar 13 Mai - 5:38



Un rire cristallin s’échappa subrepticement des lèvres rosées de Lorsei alors qu’elle entendait la réponse de son accompagnateur. D’autres auraient crié à l’outrage à l’itération des propos de la régente, mais il avait joué le jeu, et s’était mérité l’approbation de la princesse sous la forme d’un bref éclat de rire et d’un regard entendu, satisfait. Il avait de la répartie et un sens de l’humour qui lui plaisait, c’était sans équivoque. Tout comme elle, Mavrel ne semblait pas s’encombrer d’obséquiosité et de cérémonies sauf lorsque nécessaire, et bien qu’elle fut d’abord surprise par ses paroles dénuées de toute tergiversation, elle semblait apprécier de plus en plus la liberté d’expression que cette situation lui offrait. Naïvement, peut-être, mais elle ignorait ce qu’un mercenaire pourrait bien faire avec les informations autrement banales dont elle le nourrissait, préférant profiter d’une escapade salvatrice et d’un chaperon plus qu’agréable à regarder.
« Peut-être, qui sait, » admit-elle avec un sourire en coin qui laissait sous-entendre qu’elle n’aurait pas été en désaccord avec cette éventualité si elle s’y voyait confrontée. Les masques permettraient un anonymat précaire qui ne tenait presque à rien, mais elle se jetterait à pieds joints dans le moment si elle en avait l’opportunité. Pour l’instant, elle rêvait d’un endroit où ils seraient à l’abri des larrons et du soleil printanier qui ensommeillait la régente, qui devrait se réhabituer aux chaleurs insoutenables de l’été. Elle aimait l’Arête du Ciel pour les courants d’air qui s’y engouffraient incessamment, refroidissant l’air et rendant les canicules tout à fait agréables. Certes, les hivers y étaient rigoureux, mais Lorsei avait toujours préféré la froideur innocente de la neige à la brûlure impitoyable de l’astre d’été.

Le mercenaire n’avait pas rechigné et, s’il avait pris un moment pour y réfléchir, comme sondant le pour et le contre, il finit par entraîner Lorsei dans les labyrinthes de ruelles que jamais, en d’autres circonstances, elle n’aurait visités. Elle sourit doucereusement alors qu’ils déambulaient tous les deux, se laissant mener par la main stratégiquement placée de Mavrel, s’appuyant contre le corps de l’homme bien plus que la décence ne lui aurait permis en d’autres circonstances. Mais ils étaient presque seuls, et les seuls témoins de leur passage ne leur en tiendraient certainement pas rigueur – s’ils reconnaissaient la régente, ce qui n’était que bien peu probable, sachant que c’était là sa première visite à la capitale. Un mélange d’appréhension et d’excitation faisait fourmiller son estomac et son bas-ventre alors que son protecteur s’arrêtait devant une porte, y frappant un code secret qu’elle oublia aussitôt. Où l’amenait-il ? Lui ferait-il voir l’une de ces fameuses maisons closes, histoire de réellement la dépayser ? Ou alors l’enfermerait-il dans un cachot fétide avant d’exiger rançon de la part de sa famille ? Les possibilités étaient infinies et si la crainte de s’être fait prendre à son propre jeu commençait à prendre le dessus sur le reste de l’amalgame d’émotions qui la possédait, la réponse prompte à l’arrivée du mercenaire sembla la rassurer temporairement. Elle se sentait dans l’une de ces histoires de peur que lui racontait parfois sa nourrice, celles par lesquelles la ronde dame tentait de la dissuader de faire confiance aux inconnus ; Lorsei se maudissait d’avoir émis un tel caprice, néanmoins elle faisait confiance à son frère et à ses fréquentations. S’il lui arrivait quoi que ce soit, ce serait la faute de l’hériter, il allait de soi.

L’escalier à moitié dissimulé fit hésiter la régente, qui décocha une œillade incertaine au mercenaire, espérant y déceler une intention quelconque. Se butant à un visage de marbre, elle osa, posant un premier escarpin, puis un second, dans de légers bruits de bois creux, jusqu’à arriver tout en bas. Les doigts poussiéreux d’avoir usé de sa dextre afin de garder l’équilibre, la gauche soutenant ses jupes afin qu’elle ne trébuche pas, elle poussa la dernière porte qui la séparait de son but, une lumière chaleureuse qui était déjà mille fois plus avenante que la poussière et la pénombre de l’escalier. Le décor et l’ambiance agréables et tranquilles qui régnaient de l’autre côté eurent raison de l’angoisse de la régente, qui laissa apparaître sur ses lèvres un bref sourire. Si les regards se tournaient vers les nouveaux arrivants, les parures onéreuses de Lorsei ne semblèrent pas attirer la moindre attention indésirable et tous retournèrent à leurs conversations aussi rapidement qu’ils s’en étaient défaits. On les installa dans une alcôve un peu à part, bloquée des œillades curieuses par un pan de mur bien placé. Lorsei prit place sans hésiter dans un des fauteuils, n’hésitant pas à laisser ses yeux d’émeraude vaguer dans l’établissement, détaillant avec une curiosité naïve, presque touchante, la vie des gens communs. Mavrel avait visé juste ; il s’agissait là d’un endroit où Lorsei se sentait tout à fait à l’aise, malgré ce qu’on aurait pu imaginer d’une jeune femme de sang noble. « Bien vu, très cher, » le complimenta-t-elle avec un mouvement de tête approbatif, non sans déceler le discret double-sens itéré par son interlocuteur. « Frustrée, dites-vous ? Cela serait bien trop à votre avantage. » Un petit sourire narquois étira les lippes incarnates de la jouvencelle aux longs cheveux de jais alors que l’homme revenait vers eux. Elle ignorait quelle était la spécialité de la place – et s’il y en avait une – mais par simple esprit d’aventure, elle préféra se laisser aller par ses envies. « La même chose, quoi que ce soit, » commanda-t-elle et l’homme partit aussi vite qu’il était arrivé. « Peut-être regretterai-je mon choix, » admit-elle en ancrant de nouveau son regard dans celui du mercenaire. Haussant les épaules, elle poursuivit : « Enfin, si je m’évanouis, vous savez à qui me livrer par la suite. » Peut-être que laisser sa sûreté à ce point entre les mains d’un bélître n’était pas une si bonne idée ; Lorsei se promit d’être raisonnable, même si elle avait en commun avec les fervents des tavernes l’amour de l’alcool et de l’ivresse, bien plus qu’autre chose.

On revint bientôt avec les deux rhytons pleins, que l’on déposa devant eux. L’homme partit sans exiger paiement, sachant sans doute que le mercenaire paierait l’entièreté de leurs consommations à leur départ. « Qu’est-ce donc, alors ? » osa demander la régente alors qu’elle s’approchait pour humer avec appréhension la liqueur qui se trouvait dans les verres. « J’ose espérer que ‘comme d’habitude’ n’est pas un code secret quelconque, à la manière des quelques coups que vous avez frappés à la porte, afin que le tenancier mette quelque chose de louche dans mon verre… » plaisanta-t-elle, parfaitement consciente que cela était une possibilité parmi bien d’autres. Sans doute Mavrel était-il du genre à tenter sa chance au moins une fois avant d’en ressortir aux méthodes moins… nobles, si seulement elle avait attiré son attention en ce sens. Les blagues et sous-entendus ne reflétaient peut-être pas la réalité, et Lorsei ne s’en serait pas étonnée. « Eh bien, à la vôtre, Mavrel. » La jeune femme fit tinter son verre contre celui de son vis-à-vis, avant d’en engloutir une longue gorgée qui lui brûla le gosier ; elle tenta néanmoins de rester impassible, mais ses lèvres pincées trahissaient sa surprise au goûter de cette boisson inconnue.

« Je ne demanderai pas où et comment vous avez découvert cet endroit, mais je dois admettre que c’est plutôt charmant, » admit-elle. Peut-être par souci de ne pas faire révéler à Mavrel certains aspects de sa profession qu’elle trouverait moins attirants, elle préféra ne pas pousser sa curiosité. « À vrai dire, quand nous sommes arrivés, j’ai bien pensé me poignarder d’abord avant que vous et vos complices n’ayez le plaisir de le faire, tant j’étais peu rassurée quant à l’endroit où vous m’emmeniez, » fit-elle, osant un petit rire nasal. Blaguer ainsi sur le fait de mourir était caractéristique de Lorsei. Fataliste au possible, elle n’hésitait pas à s’imaginer dans les pires scénarios si ça pouvait amuser son imagination galopante, sachant pertinemment qu’elle mourrait un jour ou l’autre de toute manière. Elle n’avait pas peur de la mort, non ; simplement de la façon dont elle mourrait.

« Vous savez comment plaire aux dames, si j’ose dire. » Aux dames, cela restait à voir ; mais à elle, ça lui plaisait, dans une certaine mesure.

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crédit : code par quantum mechanics || gif par permanentmochakisses || #336633
“Lend me your hand and we'll conquer them all ; but lend me your heart and I'll just let you fall. Lend me your eyes, I can change what you see ; but your soul you must keep totally free.”

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MessageSujet: Re: Within us a lunatic sings ♦ Vex   Lun 26 Mai - 21:48


"La manipulation est un jeu sans limite "

Vex avait pris grand plaisir à voir les différentes réactions de la jeune femme, régente de son domaine, dans les méandres ténébreux qu’il avait envie de lui faire prendre. C’était bien évidemment sécurisé et les risques qu’elle pouvait prendre étaient tellement inexistants qu’au fond, ces petites inquiétudes qui lui faisaient vivre étaient uniquement pour son amusement personnel. Mais voir les gens en proie à des questionnements qu’ils n’osaient guère oralement formulés était toujours pour lui une forme de plaisir sadique en grand sournois et personnage malsain qu’il était. Mais au final, tout ceci n’était que pour s’aventurer dans un lieu d’une neutralité exceptionnelle dont on avait que peu idée. Cet endroit avait des oreilles autant que des yeux mais préférait de loin ne se mêler de rien pour pouvoir justement être absout de toute dangerosité à son encontre. Cet endroit était connu des gens peu fréquentables comme honnêtes et au moindre écart de conduite, le gérant faisait appel directement à son chien de garde qui prenait un plaisir évident et peu contrôlé à vous foutre à la porte et vous considérez comme banni. Un seul faux pas et le droit de visite était réduit à néant. Ainsi, tout le monde se tenait à carreaux. Bien évidemment, les transactions importantes étaient réalisées ici mais sous l’accord du gérant et avec l’autorisation d’utiliser un endroit somme toute écarté pour ne pas laisser n’importe quel regard bénéficié de la connaissance que ce genre d’événement a eu lieu. Ce n’était pas parce que tout ce qui se passait ici n’impliquait jamais de débordement que les visiteurs ne retenaient pas ce qu’ils avaient pu voir et entendre. Mais le nom de l’établissement ne pouvait jamais être énoncé et devait être considéré comme inexistant pour les non-initiés. Une règle que jamais personne n’avait transgressé sous peine de voir disparaître l’établissement qui irait s’établir ailleurs sans l’accord d’aucun des consommateurs. En gros, une perte importante et dramatique pour certains. Un havre de paix qui parfois s’avérait salvateur. Il n’était pas le seul à en profiter et faisait partie de ceux qui préféraient respecter les règles plutôt que de le voir quitter cette demeure pour une autre méconnue. Mais vu l’heure, il n’y avait que peu de monde, celui-ci viendrait bien davantage une fois la journée écoulée et la nuit bien avancée. Ce n’était souvent que le travail qui l’amenait ici car à ces heures tardives et perdues il avait mieux à faire que de traîner dans un lieu où les femmes ne pullulaient pas en abondance et où l’extravagance et la désinvolture régnaient en maître.

Son sourire se fit toujours bien scellé à ses lippes aux propos de la jeune femme qui, de un avouait qu’elle avait compris que la voir frustrée était un plaisir pour lui, mais qui de plus se risquait à prendre le même alcool que lui. Un amusement certain que de voir qu’une femme osait suivre la consommation d’un homme sans même chercher à se dérober. Cette femme avait le sens de l’humour et du risque. Elle était peut-être une noble qui devait sûrement être exigeante sur des artifices purement superficiels et avoir des intérêts et un comportement dirigés vers une éducation qui n’apprenait qu’une partie de la vie, cependant, elle avait d’autres choses qui la rendaient plus intéressante que les trois quarts des femmes juste bonnes à être baisée qu’il pouvait croiser depuis qu’il faisait partie lui-même de la noblesse. Un titre créé de toute pièce certes mais qui lui offrait nombreux avantages. « Ne vous en faites pas, je sais parfaitement à qui vous livrer. » Cette phrase avait une pointe de suspicion et un caractère dangereux vu la façon dont il l’avait accentuée et vu le faciès qu’il avait présenté. Mais ce n’était encore qu’un jeu pour lui car jamais il n’avait pensé faire du mal à la sœur de Lorkhan. S’il pouvait en profiter comme un homme pouvait profiter d’une femme, il ne dirait évidemment pas non, mais ça n’irait pas plus loin. Bien qu’il s’arrangeait très souvent pour avoir une porte de sortie dans n’importe quelle situation, ce n’était pas pour ça qu’il devait négliger la porte principale. « Goûtez, vous verrez. » se contenta-t-il de dire à la question. C’était un alcool fort, violent qui laissait une sensation de chaleur intense sous son passage et ce jusqu’au bas ventre, sans pourtant atteindre la partie intime. Il n’était pas nécessaire d’en arriver directement là. « Si vous vous méfiez de moi à ce point, il serait presque nécessaire de demander si vous pensez que votre cher frère souhaite vous voir radiée de ce monde. » Car étant engagé par lui, il serait assez mal venu même pour n’importe quel employé de contrer la demande et de profiter d’une situation non prévue. Bien évidemment que ça arrivait, mais il n’était pas un simple mercenaire, il était le bras droit de Lorkhan et par conséquent, il serait peu judicieux de sa part de tenter une quelconque violence envers une personne importante pour lui. Une question vint titiller ses pensées alors. Était-elle au courant du rôle qu’il avait pour le fils du roi ? Car tout le monde ne pouvait connaître sa fonction. Il était noble avant tout, lié à Lorkhan il en était certain, mais tout le monde n’en savait pas forcément plus. C’était mieux ainsi mais par conséquent, il fallait qu’il ne le néglige pas également. Enfin, si son cher « maître » n’avait pas voulu qu’il parle, il ne l’aurait pas refourgué toute une journée avec cette jeune femme. Tenir sa langue il savait parfaitement le faire mais jouer avec le feu était bien plus tentant.

« A la votre. » dit-il en laissant leurs verres s’entrechoquer avant d’en boire le contenu tranquillement sans lâcher des yeux la jeune femme. Son attitude étira encore davantage son sourire quand il perçut très nettement la difficulté qu’elle eut de s’abreuver aisément. Ce n’était pas une boisson de femme même s’il en avait déjà observé s’en sustenter. La discussion partit d’ailleurs sur autre chose et il la laissa faire en suivant le flot de ses paroles, n’étant pas du genre à empêcher quelqu’un de se faire plaisir dans sa curiosité. Il devait quand même reconnaître à la régente de savoir être différente et moins guindée, à sa façon. Ce n’était pas pour lui déplaire il devait le reconnaître. « Je dois dire que j’ai longuement hésité … entre vous tuer, ou vous vendre, peut-être même bénéficier moi-même des certaines parties de votre anatomie… mais comme vous pouvez le voir, je suis rempli de gentillesse et je suis dans un jour de grande bonté, aussi je me contente de vous divertir par un lieu approprié que personne je pense ne vous aurait permis de connaître. » Il n’était pas réputé pour mâcher ses mots et autant elle faisait de l’humour léger, autant il préférait faire dans le lourd et l’intimidant, voire l’ambigu qui laissait beaucoup de place sur le questionnement concernant la véracité ou non de ses propos. C’était pour lui parfaitement jouissif de voir toutes ces réflexions passées et repassées à travers des changements minimes dans le visage que l’on pouvait déceler. Son regard perçant se radoucit légèrement et il embraya de la même façon qu’elle pouvait le faire repartant sur le dernier sujet lancé. « Il est nécessaire de pouvoir juger des désirs d’une femme, sinon un homme serait parfaitement inutile. Vous ne trouvez pas ? » Une phrase qui aurait pu paraître romantique si ses prunelles plantées dans celles de son interlocutrice ne laissait pas présager un caractère malsain masqué. Il se permit une nouvelle gorgée avant de reprendre la parole. « Bien, maintenant que nous sommes donc dans un endroit aux murs sourds, dites moi ce qui nous vaut votre visite ? Vous ne venez que pour la Mascarade ? Visite de routine auprès de votre cher frère ? Après tout vous êtes la régente de votre demeure, il n’est pas aisé de quitter ce poste pour s’amuser simplement dans une contrée plus lointaine. Ou alors vous êtes de celle qui aux mœurs plutôt légères préfères penser à son propre plaisir plutôt qu’à son peuple. » une pique ouvertement formulée qu’il savait parfaitement fausse mais qui était néanmoins quand même une provocation pour avoir une réaction en accord. Il aimait que les personnes avec qui il entretenait une conversation se sente agressé, revendique avec de belles paroles le contraire total de ce qu’il avait lâché. Il la regarda un long moment avant de dire « A moins que cette histoire comme quoi vous vous sentez menacée est fausse… Je n’en comprendrais guère l’utilité mais je ne suis pas très intelligent, je ne suis qu’un mercenaire. » c’était rare qu’il se dévalorise mais chez les nobles, ça marchait plutôt bien. En somme, il était simplement en train de tester la jeune femme pour son plus grand plaisir sans chercher à le cacher. D’ailleurs il n’en resta pas là et continua en regardant son breuvage tournoyer sous les mouvements de main qu’il engendrait « Ou alors vos gardes n’étaient pas assez plaisant pour vous et vous préférez un homme qui pense à votre sécurité, un homme personnel dont vous pouvez bénéficier à votre guise. » le sous-entendu qu’il laissa planer le fit relever les yeux pour les planter dans ceux de la jeune femme avec un sourire explicite au coin des lèvres. Beaucoup aurait été outragé par son comportement, sa façon de parler, son air de maîtrise totale sur la situation et son besoin évident de saler la situation. Mais c’était bien parce que cette femme avait de la ressource, il en était persuadé, qu’il prenait plaisir à voir de lui-même jusqu’où elle pourrait être intéressante pour lui. Après tout il n’avait rien demandé, et on lui refilait une tache de protection bas de gamme, il avait bien le droit de trouver un intérêt où il pouvait. Ce fut à ce moment que le tavernier en profita pour venir déposer quelques victuailles légères à grignoter tel que du saucisson ou du fromage avant de disparaître aussi vite qu’il n’était apparu.




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MessageSujet: Re: Within us a lunatic sings ♦ Vex   Mar 10 Juin - 7:11



Un petit rictus fit son chemin sur les lèvres rosées de Lorsei, qui leva une paire d’orbes smaragdines amusées vers son interlocuteur. Peut-être était-ce une confiance mal placée qu’elle avait investi en ce guerrier qui retournerait contre elle son épée si l’on le payait suffisamment ; or, son statut – et celui de sa famille, notamment son frère – lui faisait naïvement penser qu’elle était sans doute au-dessus de ces risques. Tout cupide qu’il soit, Mavrel ne se mettrait sans doute pas la famille royale à dos pour une poignée de piécettes rutilantes, bien que leur chant, au creux que quelque bourse, soit également attirant.
Et c’est dans cette même confiance naïve que la régente de la rocailleuse cité engloutit le petit verre sans plus hésiter, surprise par ce goût âcre et puissant qui lui enflammait les entrailles de haut en bas, laissant derrière la sensation de brasier une formication qui n’était pas tout à fait désagréable. La flaveur amère du breuvage laissait à désirer, mais l’expérience lui avait plu – si Lorsei n’avait qu’une qualité, ce serait sans doute de ne pas avoir froid aux yeux, que ce soit dans ses paroles ou ses actions parfois irréfléchies, motivées par sa spontanéité et son émotivité. S’il était vrai que la régente avait trouvé peu avenante la façon dont elle avait été amenée à cet endroit autrement plutôt charmant, elle plaçait en son protecteur la même confiance dont elle avait toujours honoré Lorkhan ; si son frère le recommandait, alors elle n’avait pas de quoi s’inquiéter, surtout qu’elle se doutait que peut-être l’héritier du trône avait mentionné qu’il était une mauvaise idée de laisser quoi que ce soit arriver à sa petite sœur chérie. Or, si Lorsei prenait plaisir à être protégée et se sentir importante, elle n’en était pas moins d’une nature relativement indépendante, et si les intentions de son frère étaient indubitablement bonnes, elle se surprenait parfois à se demander si Lorkhan était au courant que dans un autre cycle des saisons, sa cadette aurait déjà trente ans.

« S’il n’y a qu’une seule certitude de ce monde, plus irréfutable encore que la bleuté du ciel, c’est bien que Lorkhan ne souhaiterait jamais ma mort. » Hautaine peut-être que cette affirmation, mais Lorsei en était profondément convaincue, aveuglément attachée à son frère et à ce qu’il représentait, persuadée qu’il avait la même indéfectible affection envers elle. Grimaçant toujours légèrement des suites de l’ingestion désagréable de l’alcool qu’elle avait inconsciemment commandé, elle poursuivit : « Et puis, vous êtes plus intelligent que ça, ne pensez pas me duper ; vous saviez déjà tout cela, » fit-elle en haussant un sourcil. Si elle était au courant d’un certain lien de confiance entre son frère et son protecteur actuel, jamais elle n’aurait pu affirmer sans l’ombre d’un doute qu’il y avait plus au tableau qu’il n’y paraissait. Mais il y avait ce sentiment récurrent qui l’habitait lorsque le mercenaire mentionnait l’héritier, qui lui donnait l’impression que le secret envoilait le mercenaire, le rendant d’autant plus mystérieux. La pique de Mavrel lui arracha un sourire amusé alors qu’elle faisait signe au tenancier de leur faire porter du vin. « Nous avons au moins cela en commun, très cher : rien ne semble trop cru pour passer vos lèvres, » nota-t-elle. « Mais les Quatre savent laquelle de vos scénarios aurait été le plus profitable, » continua-t-elle, ses lippes étirées d’un côté, narquoise, presque aguichante. Elle porta une coupe de vin fraîchement versée par l’aubergiste à sa bouche. « Ma qualité de princesse et régente fait de moi une bien piètre catin ; or, je sais être… raisonnable, lorsque le besoin se fait sentir, » fit-elle, jouant avec les mots comme un marin joue avec un couteau sur la table d’une taverne miteuse, au risque de s’amputer les doigts ; elle conclut par une longue lampée de vin de Myr qui fit aussitôt passer les suites acides du cocktail surprise qu’on lui avait apporté.

Laissant planer un léger silence, ne répondant à la question de Mavrel qu’avec une œillade entendue et un demi-sourire mimant habilement celui de son interlocuteur, elle ne put s’empêcher de penser qu’elle n’imaginait pas un tel dénouement à une sortie qui se voulait, au départ, une où elle devait extirper d’un proche de Lorkhan quelque bribe d’information sur le mystérieux bout de parchemin qu’elle avait trouvé dans les cendres de l’âtre. Or elle ne semblait pas être tombée sur la bonne personne pour ce faire… autant profiter de cette incongrue promenade autrement. « Certes il est agréable de revoir ma famille et j’aurais préféré que la piété filiale soit la seule raison qui m’amène dans la capitale, » débuta-t-elle, les sourcils légèrement froncés, insultée par les accusations de son interlocuteur, « mais c’est en tant que régente que ma présence est requise. Je compte bien réintégrer l’Arête du Ciel dès que les derniers souffles de la Mascarade se seront éteints. » Elle n’aimait pas Ibenholt, Jernvugge et ses indicibles horreurs, sa férale belle-mère et toute sa famille. Or, si elle se démenait à la tâche d’administrer Ravenhole et d’y faire régner la justice paternelle, et appréciait la confiance qu’on plaçait en elle, Lorsei refusait catégoriquement de faire confiance aux freux maladifs qui se disaient conseillers et amis de la ville ; aussi, leur laisser les clefs de la ville pendant son absence la rendait livide. « Et si mes mœurs sont en effet légères, monseigneur, cela ne m’entrave point dans mon devoir. » Le regard durci, peu appréciative des implications de son interlocuteur, elle finit par se rappeler à qui elle s’adressait. Un simple mercenaire, comme il disait ; or, stupide ? Elle en doutait fortement. « Il y avait bien un motif sous-jacent à ma demande très spécifique à Lorkhan, or, s’il met en charge de ma sécurité un simple mercenaire, j’imagine que c’est raté d’avance, » le piqua-t-elle, caustique, un sourire pincé se voyant bientôt dissimulé derrière une lourde sébile. S’il voulait jouer à ce jeu, alors elle l’y suivrait sans problème.

Un soupir vint ponctuer la fin des paroles criblées de sous-entendus de Mavrel. « Vos implicitations se font de moins en moins discrètes, » ne put-elle s’empêcher de noter, haussant les sourcils, à la fois joueuse et sérieuse. « Auriez-vous par hasard quelque intention à mon égard ? Car sachez bien que ce n’est qu’en demandant que l’on reçoit. À moins qu’il s’agissait d’une offre ? J’ignorais que les mercenaires mettaient à disposition autre chose que leur arme... » Elle se tut alors que le tavernier leur apportait des bouchées et elle le remercia ; elle attendit néanmoins qu’il ait rejoint son comptoir avant de reprendre, d’autant plus amusée : « Or, si je vous offre compensation, c’est vous, la catin. » Elle peinait à réprimer un éclat de rire, mais elle s’y tint avec rigueur, laissant néanmoins un large sourire éclairer son visage.

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L'Ombre Pourpre

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MessageSujet: Re: Within us a lunatic sings ♦ Vex   Mer 11 Juin - 22:08



"La manipulation est un jeu sans limite "

Dire que le leader des Sycophantes était audacieux était un euphémisme. Rester à sa place était difficile quand justement celle-ci s’adaptait allègrement aux diverses situations qu’il pouvait rencontrer. Son statut ne lui indiquait nullement une position à tenir. Il n’y avait pas un code de conduite propre à son environnement actuel. Oh certes, être un noble impliquait une tenue et des propos qui se devaient d’être modérés, mais il faisait partie de ceux qui créaient leur réputation parce qu’ils étaient anarchique et dépourvu d’envie de faire comme tout le monde pour la simple et bonne raison qu’il n’était pas comme tout le monde.  Ce n’était pas difficile à comprendre quand on connaissait son vrai nom et sa réelle fonction. Mais peu était les détenteurs de cette information capitale. Il était pour la plupart un noble comme les autres qui tentaient de se faire remarquer par ses propos directs et provocateurs. Tant mieux. Si c’était les pensées communes, cela permettait de le protéger car ce type de personnalité n’était jamais vraiment embêtée car généralement dérangeante et peu avenante à la compagnie. En somme, on lui foutait la paix. Il faut dire qu’il avait l’art de rendre les protagonistes de la société mal à l’aise en sa présence pour peu que le répondant et la répartie n’étaient pas le fort de l’interlocuteur, ou de l’interlocutrice. Par chance, la sœur de son cher employeur actuel avait ces deux qualités qui pour lui étaient fondamentales. Aussi dangereux qu’il pouvait être, ses réactions imprévisibles et violentes n’étaient pas forcément en accroissement quand on arrivait à lui tenir tête. Il y avait la façon de le faire certes. En combat singulier cela pouvait se retourner sur l’opposant. Mais dans une discussion aussi ambigüe que privée, et particulièrement avec les femmes, il adorait littéralement que ces dernières lui résistent, montrent les crocs, ou mieux encore se sentent supérieures à lui. C’était étonnant le connaissant et pourtant c’était vrai. Il aimait sentir que la personne croyait dominer une situation en sa compagnie. Ce qui était au fond rarement le cas. Dire qu’il n’avait jamais connu de femmes qui pouvaient le maîtriser était faux. Mais ça ne durait jamais longtemps si c’était le cas et au mieux, il s’évaporait telle l’ombre sanglante qu’il était. Les rôles qu’il jouait étaient multiples, en fonction de ses envies, de ses attentes et de ses désirs. En fonction de son vis-à-vis, des intérêts conjoints, et des opportunités disponibles. Rien n’était jamais engrené dans une trame basique et sans adaptation. Il aimait évoluer avec la situation, avec le destin et les choix qui s’y rapportaient. Ici, n’était-il pas qu’un simple mercenaire à la botte de Lorkhan ? Une vérité arbitraire qu’il pouvait aisément démentir et pourtant qu’il ne ferait guère pour le beau plaisir d’une jeune femme en manque de compagnie et nécessitant la présence d’un homme pour la protéger. Un boulot rébarbatif à moins que ça puisse lui apporter quelque chose. Peut-être finirait-il par découvrir quoi avec le temps…

Nombreux sous-entendus passaient les lèvres de la concernée. C’était amusant, tentant et le poussait à accentuer le vice jusqu’à être clairement plus direct et touchant une intimité qui pouvait se révéler dérangeante. C’était évident ce qui était en train de se passer. Il aimait provoquer, même si très souvent les réponses à ses questions lui étaient totalement égales. L’intérêt était de voir les émotions défiler sur le faciès tendu ou déridé de la personne qui se sentait agressée. Il avait d’ailleurs visé juste dans ses propos car elle sentait la nécessité de se défendre en remettant son statut de régente sur le tapis et en se revalorisant de la sorte à bien faire comprendre qu’elle était et serait toujours apte à faire son travail. Au fond, il n’en avait jamais douté, mais il appréciait la voir remettre les pendules à l’heure et faire valoir ses capacités de la sorte pour rappeler qu’il devait faire attention aux propos qu’il avait prononcé, lui simple mercenaire. Elle sut cependant titillée sa curiosité en mettant enfin sur le tapis qu’il y avait bien une raison à sa demande. Elle l’admettait enfin. Il l’avait senti, son instinct lui avait indiqué à travers quelques signes, mais apparemment, le fait qu’il soit mercenaire biaiserait la donne. Allez savoir pourquoi…. Un point auquel il aurait certes envie de revenir mais il se garda bien d’y montrer de l’intérêt. Ils étaient en train de jouer tout deux l’un avec l’autre, et qu’elle soit régente ne changeait rien au fait qu’elle restait avant tout une femme au semblant intéressant et donc qui le poussait à user de vices divers pour pouvoir briser cette barrière que la noblesse tentait désespérément de mettre pour entraver les êtres humains de cette terre. C’était bien pour cette raison qu’au fond il s’amusait énormément dans cet univers. Lui qui était habitué à la fosse, il prenait un plaisir évident à constater que les gens soi-disant d’en haut étaient les mêmes, simplement muselés par des règles auxquelles ils n’avaient, eux en bas, pas accédés. Une hypocrisie majeure qu’il tentait autant que possible à briser avec le plus grand amusement.

Il n’avait point ouvert à nouveau la bouche laissant à son tour la jeune femme déverser son flot de paroles. Il était quelqu’un de patient qui savait être à l’écoute car l’ouïe était tout aussi importante que la vue, voire même davantage. Chaque mot, chaque phrase pouvait prendre un sens différent selon le point de vue, le contexte, les allusions qu’on tentait de faire passer. Le langage n’avait pas toujours été son fort mais il avait appris à en faire un atout majeur dont il ne savait désormais plus se passer. Une chance car un roturier qui ne savait pas s’exprimer correctement ne pouvait décemment pas se faire passer pour un noble. Il sourit davantage aux propos et encore plus aux derniers alors que le tavernier venait de disparaître après les avoir interrompus. Son œillade brillante s’accentua tandis qu’il fixait la régente. S’être fait traiter de catin était prodigieusement amusant quand on connaissait ses mœurs. Il ne pouvait pas dire que l’ironie ne l’atteignait pas, c’était bien le contraire. « L’indiscrétion est une forme de curiosité, et je prends un plaisir évident à découvrir les personnes que j’ai l’opportunité de rencontrer. ». Il étendit ses bras sur le dossier du fauteuil tout en croisant les jambes et après une longue gorgée toisant la jeune femme, il reprit la parole. « Que pouvez-vous donc savoir des coutumes des mercenaires ? Etes-vous ce genre de femmes à aimer les hommes d’un niveau inférieur ? » Pourquoi arrêter les allusions ? Il avait commencé, il ne comptait pas arrêter. « Et si je vous disais clairement que j’avais les plus malsaines intentions et que j’attendais éperdument de votre part que vous fassiez de moi votre catin… » Car bien qu’elle tentait de le provoquer, qu’elle voulait qu’il formule des propos crus et inconvenants, ce n’était pas pour cette raison qu’elle était prête à les entendre et à y faire face. Contrairement à ce que l’on s’attendrait, il n’était pas offensé par cette allusion. Il n’y avait aucun mal à être une catin selon son point de vue, se faire traiter de la sorte n’était pas donc pas dérangeant à ses yeux.  « Peut-être aviez-vous envie finalement de découvrir les joies des gambades intimes avec un proche de Lorkhan. Est-ce pour cette raison que je ne peux convenir à votre demande « très spécifique » que vous n’avez pas clairement exprimée à votre frère ? Puisqu’apparemment je ne conviens pas pour vous satisfaire… Vous m’en voyez d’ailleurs parfaitement désolé. » Il aimait cette contradiction qu’elle avait formulée et qu’il tentait de mettre à son avantage. Elle avait une demande, une attente, mais lui ne pouvait pas convenir. Cela signifiait donc clairement qu’elle n’avait pas exprimé cette dernière ouvertement à Lorkhan, sinon il lui aurait offert ce qu’elle attendait, puisque leur relation semblait suggérer une proximité familiale sans ambiguïté. Il en fallait bien de temps en temps quand on connaissait les arrangements intimes et les débordements qu’il pouvait se passer à Jernvugge. Cela n’était pas un choc pour lui mais la dépravation donc certains membres de la royauté étaient dotés était un succulent divertissement pour l’observateur qu’il était.



Fragrance of Blood
Down ! Bloody knife ! O, down ! Why does thy red face frown ? Why slash thus in the air, as o’er a throat laid bare ? See, the red blood-drops fall, trickling adown the wall. Ha ! How they follow me, like a dark gory sea. No rest by day or night, blood blinds my very sight. My lips are steeped in gore ! No peace ! No ! Nevermore !

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MessageSujet: Re: Within us a lunatic sings ♦ Vex   Jeu 3 Juil - 0:49



Il n’était pas étonnant qu’un mercenaire se dise curieux, à son avis. Curieux et à l’affût de ce qui l’entourait, il se devait de l’être afin de pouvoir mener à bien son exercice professionnel, bien qu’elle imaginait bien qu’il ne devait pas s’épandre en détails sur les cibles de ses contrats – qu’il soit chargé de les protéger ou de les éliminer – histoire de ne pas trop biaiser son jugement sur lesdites personnes. Lorsei, elle, faisait tout le contraire, à la fois par insouciance et par naïveté, ne taisant pas ses pulsions loquaces face à cet homme dont elle se savait, au final, pas grand-chose, sinon qu’il était payé pour mettre en œuvre les sales besognes des autres. Un métier qui n’avait rien de glorieux mais qui avait l’avantage d’être aux antipodes de la routine qu’elle vivait depuis toujours, et encore davantage depuis qu’elle régnait sur Ravenhole. La régente toisa le mercenaire, le regard neutre, alors qu’il la soupçonnait de mal connaître les mœurs de ceux qui partageaient son gagne-pain – et il n’avait pas tort. « Oh, je n’en sais sans doute rien, vous avez raison ; je ne fais qu’imaginer, romancer une activité qui n’est que trop l’opposée de la mienne, » répondit-elle simplement entre deux lampées de vin. « Je ne m’intéresse pas particulièrement aux hommes de rang inférieur, mais bien à ceux qui ont le mérite de rendre une rencontre amusante… et qui sont du genre agréable à regarder, bien sûr. » Un petit sourire en coin, elle se pencha vers la table afin de leur verser tous deux du vin ; la carafe s’était déjà tarie, lui laissant croire qu’ils avaient déjà passé quelque temps dans l’établissement. Entre les sous-entendus salaces et les prétendus complots, ils avaient dû papoter plus que ce qu’elle avait imaginé.

La tête de la régente se releva néanmoins bien rapidement afin de fixer le mercenaire, qui avait transformé subtiles et moins discrètes allusions en une question bien claire qui ne laissait aucune place à l’interprétation. Elle resta un moment interdite, muette face à l’audace de l’homme, qui pourtant la fit vaguement sourire. « Je m’en vois également fort désappointée, » renchérit-elle entre les deux dernières gorgées de son vin. « Je pourrais néanmoins faire une exception… une incartade temporaire. » Elle se leva prestement, défroissant sa robe richement brodée de petits gestes erratiques. « Nous partons, » indiqua-t-elle, laissant quelques pièces sur la table en guise de paiement – largement plus que la valeur de leurs victuailles. Lorsei faisait allègrement usage des florins paternels, persuadée qu’ils étaient une denrée intarissable ; ce n’était pas quelques piécettes généreusement laissées en guise de pourboire qui allaient ruiner le tout-puissant Roi d’Ibenholt, après tout. Empruntant le chemin inverse, le mercenaire sur ses talons, elle salua le propriétaire d’un geste gracieux puis sortit de l’établissement, de nouveau en proie aux dangers de l’indigence.

À l’opposé de son naturel volubile, elle resta tout à fait silencieuse pendant le chemin du retour, ne se laissant que brièvement déconcentrer par les étals et les préparatifs, qui allaient bon train. Ignorant tout à fait la présence de son protecteur, elle ne se souciait pas de savoir s’il la suivait, sachant pertinemment qu’il ne la quittait pas des yeux – ou du moins, elle osait l’espérer. Jernvugge les accueillit bientôt et elle s’arrêta soudainement, une fois qu’ils furent non loin de l’Aile du Dragon, où elle logeait pendant son bref passage à Ibenholt. « Peut-être aurez-vous votre utilité, éventuellement, » fit-elle sans alerte, brisant le silence dont elle avait fait preuve depuis leur départ de la taverne. « J’imagine que je pourrai de nouveau faire appel à vous lorsque ce sera opportun ? » fit-elle, un sourcil haussé, amusée. « Je vous promets que je ne vous ferai pas perdre votre temps. » Sur ces mots, elle lança au mercenaire une petite bourse remplie de piécettes rutilantes ; le bruit cliquetant des sesterces trahissant son contenu fort convoité en ces murs.

« Pour vos bons services, monseigneur, et en gage de ma gratitude, » déclara-t-elle simplement alors qu’elle lui tournait le dos sans plus de cérémonie, s’engouffrant dans sa chambre et refermant la lourde porte derrière elle. Relâchant la tension qui maintenait son corps droit, elle se laissa enfin porter par les doux effets de l’alcool, se laissant tomber sur son lit sans prendre la peine de se changer afin de profiter d’un repos qui lui ferait le plus grand bien.

TERMINÉ

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