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 Le Grand Bal

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Dame Fatalité

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Dame Fatalité
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MessageSujet: Le Grand Bal   Mer 23 Avr - 17:27



Le Grand Bal






Descriptif


Le Myr, l'Agathée. Un vermeil qui scintille dans toutes les coupes de cristal ciselé buriné de la corneille perchée sur une couronne. Dans l'aula tout n'est que draperies versicolores, candélabres de platine, lustres d'obsidienne et luxe outrecuidant. L'Usurpateur n'a rechigné aucune dépense pour impressionner ses sujets, étourdir de stupre tous ses courtisans, laisser dans les esprits impression de grandeur régalienne, de richesse inégalable et pourtant, les tensions politiques n'ont jamais été si palpables qu'en cet instant crucial. Les masques. Qu'une ironie de plus dans ce monde où les apparences sont trompeuses et les leurres plus chatoyants que les oriflammes qui ornent la salle de bal. Capiteux fumets, parfums enivrants, exhalaisons de trahison. Les portes s'ouvrent. Entrez...

Apothéose des festivités, le Grand Bal est une mondanité que les rois de Jernvugge s'offrent depuis des millénaires. Tout n'est ici que protocoles, politique et faux-semblants, une atmosphère bien différente que celle, beaucoup plus festive, de la plèbe. Les danses, ballets et menuets se succèdent, le festin est outrancièrement abondant et les décorations indéniablement exagérées. Tout transpire le faste et l'éclat, la célébration servant de vitrine au roi et à sa prospérité. N'allez pas croire que ce sera chose aisée que de transgresser la loi, puisque la Garde a été quintuplée et interviendra au moindre faux pas. Bienvenue dans la cour des grands...

Notez que le Grand Bal débute à la tombée de la nuit. Les nobles peuvent se rendre aux festivités de la Mascarade sur le parvis de Jernvugge durant le jour.
Si vous intervenez dans les deux sujets, n'oubliez pas de rester fidèles à la chronologie.

Précisions

Aucun ordre n'est imposé par l'administration.

Nous vous conseillons de limiter vos réponses afin de conserver une certaine fluidité et une rapidité dans l'évolution de l'événement.
Idéalement, vos réponses devraient contenir entre 350 et 700 mots.

Si vous vous adressez à un autre personnage, merci de l'indiquer explicitement dans votre réponse que ce soit au cœur du RP ou par le biais d'une mention.

La Fatalité s'invitera certainement au bal. Merci de tenir compte de ses interventions.

Musique :
 

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Perle de Nacre

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Perle de Nacre
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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Ven 25 Avr - 18:43



A
utrefois, elle se souvenait s'être languie de ces consistoires commémoratifs qui rimaient avec la pire des ostentations. La genèse annuelle du printemps n'était qu'une allégation pour paonner dans des atours les plus rupins plausibles, une compétition d'opulence et d'infatuation prompte à donner le vertige – ou à faire rendre gorge. Le luxe avait un reflet d'usurpation, les rires de félonie et les danses de mépris profond. L'on festoyait en l'honneur de la Corneille et l'on dédaignait la Main – voire, c'était à peine si on ne l'avait pas tout simplement oubliée comme si elle n'avait été qu'une trivialité parmi d'autres. Cette Mascarade, Jora l'abhorrait. Elle aurait encore préféré la souillure pestilentielle des geôles de Jernvugge à ce rassemblement d'âmes fantoches auquel elle était contrainte de se mêler. Il n'était pas même question que Jorkell omette sa précieuse captive et ignore l'opportunité de la montrer au monde, prouvant l'étendue de sa bonté notoire quant au bon traitement de la fille de son défunt antagoniste et prédécesseur. N'était-il pas un souverain délicat, d'ainsi veiller sur l'oiselle ? Qu'elle avait hâte, de lui faire ravaler sa morgue avec bon espoir qu'il s'étrangle avec pendant qu'elle brûlerait la politesse et s'esbignerait en direction des landes australes. Cette soirée était censée sonner le glas de sa captivité et ouvrir un tout nouveau chapitre tant dans sa vie que dans l'Histoire de Middholt. L'appréhension était à la hauteur de l'impatience.

C'était laborieusement, que l'Ebonhand s'était apprêtée pour apparaître au Bal. Les prémices de la journée avaient été fort truculentes en compagnie de ce Vex, le vil matois qui l'avait encensée et encouragée à pocharder sur le parvis de la Cité. Pourquoi ? Pourquoi avait-il fallu qu'elle s'enivre pour la toute première fois en un jour si important, elle se le demandait encore. Il ne lui avait pas fallu moins que tout l'après-midi pour s'en remettre, non sans l'aide inopinée de Blaze qui avait admirablement su épurer son état. La migraine demeurait toutefois, et il lui semblait que toute pitance aussi alléchante soit-elle aurait un effet émétique sur sa panse. Alors, après la cruche de vin, elle se vengeait désormais sur le broc d'eau, pour réhydrater ce corps qui souffrait de sa frasque avinée.

Vêtue d'une longue robe liliale aux fins orfrois de jais indigo, elle arborait les couleurs de sa maison, tresses et boucles argentines formaient une coiffure complexe et presque aussi faraude que le reste de la tenue. Les épaules et une partie du buste dénudées, sur son cou était venue s'asseoir une parure niellée de son héraldique, alors que sur son minois, avait été attaché un masque bien plus élégant qu'imposant, brodé de dentelle noire et blanche qui ne prenait que la partie haute de son faciès et rappelait subtilement les ailes d'un cygne. Par ailleurs, un petit faisceau de plumes enjolivait l'extrême dextre dudit masque en un charmant panache, mais nonobstant ces fanfreluches, elle restait parfaitement reconnaissable, son dessein n'étant point de sombrer dans l'anonymat. A pas timorés, elle s'enfonça parmi les convives, cherchant d'un regard circonspect une quelconque silhouette amicale – Irinwe, Dralvur, Jack, Morrigan Ebonmere ou qui savait-elle encore...



Ghost of a Rose
Her eyes believed in mysteries, She would lay amongst the leaves of amber. Her spirit wild, heart of a child, yet gentle still and quiet, he loved her... When she would say... "Promise me, when you see, a white rose you'll think of me."

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Sa Majesté des Elfes

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Sa Majesté des Elfes
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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Ven 25 Avr - 18:55





L

........evée dès les balbutiements du jour, nullement affectée par les réminiscences éparses d'une consommation trop abusive et dénuée de toute retenue d'un breuvage doux au goût mais puissamment désinhibiteur, après quelques heures passées à entretenir sa jeunesse éternelle, la belle souveraine semblait aussi fraîche qu'un bouton de rose aux aurores. Non pas que la veille fût la foire à tous les vices et autres débauches saugrenues, la dîner avait d'ailleurs été une franche réussite, alliant tout le respect et l'honneur dût aux statuts des invités, et le minima d'amitié nécessaire pour entretenir le germe fragile des bonnes relations ; tout ce que Nelrenethys attendait de son invitation. Mais aujourd'hui... Le sujet était tout autre, et les affres des mondanités forcées reprenaient le dessus sur une sincérité bien trop passée sous silence dans cette illusion à grande échelle qu'est le jeu de la conquête et la conservation du pouvoir. L'imaginaire du bal avait tout pour laisser penser à un rêve éveillé, mais, ayant perdu le peu de candeur qu'elle possédait depuis fort longtemps, Sa Majesté des Elfes savait que se jouait là des mouvements décisifs sur l'échiquier de la souveraineté, si ce n'étaient les plus calculés, ceux dont l'écho résonneraient longtemps après le fracas de leur secousse, entre quelques temps de valse, au son d'airs entraînant et d'une innocence toute ironique.
L'important était de faire bonne impression, tout observer du coin de l'oeil, en conservant une discrétion d'espion. Prêter une oreille attentive aux boutades et discussions anodines, et surtout surveiller, tout, tout le monde. Toute la journée de la Reine fut consacrée à sa toilette, tant il était important que son image soit éblouissante, malgré la fausseté dissimulé par cette outrance de masques. Vêtue d'une robe rougeâtre aux reflets d'argent, de nacre et de perles, ses atours s’accompagnaient d'une parure Elfique richement ouvragée, assortie au simulacre qui recouvrirait son visage délicat. Une traîne longue de plusieurs mètres venait clore cet étalage d'opulence. Les artisans de son royaume avaient œuvré des semaines durant afin de montrer au mieux, au yeux du monde, l'immensité de leur talent, dignement représenté en la personne de leur souveraine. Le tout était d'un encombrement sans égal, mais Nelrenethys n'en avait cure, elle ne s'attendait pas que l'on ne l'invite à danser.

Quand vint le moment de quitter la sérénité sommaire de ses appartements, un amer sentiment d'anxiété commença à la prendre aux tripes. Non pas de la peur, ni quelque chose de ciblé, mais une crainte des milles et une possibilités que ce genre d'événement en grande pompe pouvait voir se produire, risquant de heurter la paix fragile et précaire que Middholt connaissait. Tu es venue jusqu'à Ibenholt pour cela, ne renonce pas maintenant, il est trop tard. Sois forte. Se dit-elle pour se donner du courage, tandis qu'en franchissant les portes de la grande salle s'ouvraient sur elle, telles la bouche d'une monstruosité gigantesque happant toutes les pauvres âmes sur son passage. « Dame Nelrenethys, Reine de Sorhelm, Souveraine des Terres de l'Automne et du Peuple des Elfes. » Annonça t-on lorsqu'elle pénétra dans les lieux.



Lay down your sweet and weary head. Night is falling, you have come to journey's end. Sleep now and dream of the ones who came before. They are calling from across the distant shore. Why do you weep? What are these tears upon your face? Soon you will see all of your fears will pass away. Safe in my arms you're only sleeping

(c) Bloody Storm

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Corbeau de Ravenhole

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Corbeau de Ravenhole
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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Ven 25 Avr - 19:30

Fiche © Quantum Mechanics
greer claymerie
le grand bal
N
oir, le substrat s'agglomère dans un orbite évidé. L'oculaire pend lamentablement hors de ses langes carnées, une corde de chair liant encore l'oeil au crâne. Les lèvres closes, la poitrine éteinte, le quidam se disloque dans la venelle, son échine brisée par un coup de pied puissant, logé à l'angle de la hanche qui, coincée entre le mur et les dalles, ne pouvait que se rompre. Les chiens sont trop occupés à mirer les culs d'or pour patrouiller les rivières dallées coulant entre les chaumières et la nuit tombe, entraînant dans sa chute une lustrine noire d'encre qui avale la lueur des quelques torches pour recracher ténèbres denses à l'angle des rues. Le lombric glisse un pouce sur les reliefs nacrés du masque, le sourire lupin brillant de nitides lactescences. L'homme est un loup pour l'homme. Ce soir, l'ironie lui a fait cadeau d'une dégaine qui ne lui sied que trop bien. Et c'est sans doute pour forcer un peu la main à la fatalité qu'il a visé l'étourdi anonyme qui avait osé enfiler son masque avant d'avoir atteint les remparts protecteurs de Jernvugge. Ah, que de stupidité ! Et alors qu'il passe les sangles de cuir derrière sa tête, il laisse son esprit vagabonder dans des limbes qui ont la qualité d'éveiller en lui de bien sombres pulsions. C'est transformé en loup qu'il est recraché par la venelle, hurlant à la lune comme un possédé avant de prendre la route menant à la forteresse... Ce soir il la verra, Elle. Ce soir, il la verra. Et Elle, oh, Elle, ne le verra pas...

L'
oiselle. Oh s'il pouvait seulement de ses mains l'étreindre, la capturer. Elle serait alors à lui et à lui seul. La foule pulse, houle insaisissable et il rôde entre les corps sans jamais la quitter des yeux. Elle est belle, oui. Pure, immaculée, spéculaire. Hummm... ce qu'il ferait avec ce corps s'il lui appartenait tout entier. Il ne sait encore s'il se ferait empereur de ses cris ou souverain de ses jouissances, mais il la veut toute à lui, sa peau tendue sous sa patte, ses lèvres chaudes sous sa main, ses yeux rivés aux siens pendant qu'il la prend, conquérant la soie de son giron centimètre par centimètre juste pour la sentir se distordre autour de lui, juste pour la sentir céder sous sa force. Elle serait alors à lui et à lui seul, à personne d'autre. S'il doit l'enchaîner même, il le fera. Il l'a fait si souvent. Mais avec Elle ce serait différent, avec Elle, il serait si attentionné, il le sait. Il ne voudrait pas la briser, juste la rompre pour mieux la garder, juste la marquer un peu pour qu'ils sachent tous qu'Elle est à lui et à personne d'autre. Elle est là, devant lui, brillant du feu de tous les astres. Il la veut, il la veut tellement. Les corps s'amoncellent devant lui, les barrières carnées se font frontières, mais son regard ne souffre pas de limite ni de borne et il laisse ses yeux cristallins la mirer à travers les orbites du loup, stoïque prédateur qui s'arrache au ressac de la foule pour la contempler, Elle. Oh tout serait différent, si seulement Elle savait. La chaleur se concentre et fuse, il se comprime dans l'abstinence, dévoré, léché, lapé, déchiré. Si tous ces anonymes pouvaient mourir, il la prendrait, là, au milieu de l'aula. S'il pouvait au moins tous les tuer pour toucher à cette ivoirienne crinière, les dieux savent qu'il le ferait sans attendre. Il ferait tout pour Elle. Il ferait tout pour connaître la fièvre de ses cuisses et le brasier de son ventre, il ferait tout pour goûter la liqueur de sa bouche et le vin de sa féminité, oh qu'il la veut. Il la veut plus que quiconque, plus que toutes celles qu'il a fait hurler, plus que toutes celles qui, d'aventure, devenaient ses jouets et ses objets, plus que toutes celles qui sentiront encore se tordre en elles les prémisses de sa délivrance. Bientôt. Bientôt il l'aura. Les orbes étincellent et il se rapproche, mais la foule l'étreint et épouse son corps. Il la voit. Mais Elle, ne le voit pas...


a beast in human skin
« I'll seek you out. Flay you alive. One more word and you won't survive. I'm taking it slow. Feeding my flame. Shuffling the cards of your game. »

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Le Jeune Lion

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Le Jeune Lion
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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Sam 26 Avr - 13:40

Tout ceci... N'était que pure folie. C'était la folie, qui l'avait poussé à quitter les terres hospitalières de Sorhelm. La folie qui l'avait fait renoncer à attendre à l'orée de Jernvugge en compagnie de la cohorte de soldats. La folie, encore et toujours, qui lui avait fait revêtir un masque d'obsidienne et d'or. Un bal... une mascarade de plus, pour laquelle le jeune lion n'éprouvait que du dégoût. Qu'espérait-il donc accomplir avec ceci, cet Usurpateur de malheur ? Le Clanfell n'en avait pas la moindre idée et il n'en avait cure. Ce n'était pas pour lui qu'il avait pris le risque de fouler Ibenholt. C'était pour Elle. Elle, pour laquelle il n'avait cessé d’œuvrer depuis les terres elfiques, Elle, qu'il rêvait de délivrer, Elle, qu'il voulait asseoir sur le trône... Jora. Encore, toujours. Parfois, lorsque son souvenir le tenait éveillé, il se demandait s'il se battait réellement pour des idéaux qu'il croyait justes, ou si ce n'était que pour elle, pour lui plaire... C'était une question qu'il occultait prestement, car il n'y avait pire que le doute pour mettre à mal les convictions. Voilà pourquoi, alors que le voile de la nuit venait tout juste de s'étirer sur Middholt, il s'était drapé de ces mêmes idéaux et son affection pour la princesse déchue en guise d'armoiries, et s'était glissé parmi les badauds, les idiots qui se rendaient à cette mascarade avec le fol espoir de prendre un peu de bon temps ou qu'en savait-il encore, de se faire remarquer... Ce n'était point du tout son but à lui.

Pour l'occasion, il avait troqué sa chevelure dorée et ses calots azurés contre le bronze de l'auburn, une façon comme une autre de rendre hommage à Dagoth. Si le jeune lion rechignait souvent à user de ses dons de Fils du Couchant, pour cette fois, il se félicitait d'avoir été béni par le dieu de l'automne. Ne restait plus que son imposante stature pour le trahir. Alors, en attendant de voir surgir sa belle, il s'était tassé dans un coin, une coupe en main. Il n'avait pas la moindre intention de s'enivrer, et n'avait d'ailleurs fait que contempler d'un œil circonspect le liquide carmin qui miroitait dans le cristal, se demandant combien de malheureux goûteraient au poison qui était, disait-on, dans toutes les coupes. L’Usurpateur et la perfide qui lui servait d'épouse n'étaient encore point présents, ainsi Ehvan nourrissait secrètement l'espoir de pouvoir déguerpir, la princesse sous le bras, avant que la pestilence qui les précédait n'ait chatouillé ses narines.

Égaré dans le fil de ses sombres pensées, il ne releva les yeux sur la foule que lorsque la reine des elfes fut annoncée et c'est à ce moment qu'il réalisa... Qu'il avait manqué l'arrivée de celle qu'il attendait tant. Lorsqu'il la vit, son palpitant manqua quelques battements, avant de se mettre à cogner dans sa poitrine comme un tambour de guerre. Un instant, il se trouva pétrifié, comme foudroyé par sa beauté. Le jeune lion se mordit la lèvre ; serait-il raisonnable de l'aborder si vite ? Devait-il attendre davantage ? Il aurait été sage de laisser la raison l'en convaincre... Mais déjà, il fendait la foule, après avoir abandonné le cristal sur un coin de table. À quelques pas de la princesse, il se figea, hésita encore... Puis, enfin, se glissa jusqu'à elle, le géant toisant le somptueux cygne de toute sa hauteur. Le reconnaîtrait-elle sans qu'il n'ait besoin de dire mot, et malgré le masque, la chevelure et les yeux de feu ? Il était si troublé qu'il en oubliait ses manières. Il s'inclina finalement face à l'Ebonhand et le temps d'un battement de cils, lui offrit un regard azur, qui scintillait de respect et de dévotion. Dieux, qu'elle était belle...  « Ma Lady. » Princesse, aurait-il voulu dire. Le titre lui brûlait les lèvres. « Oserais-je vous demander de me faire l'honneur de m'accorder votre première danse ? » Il lui tendit la main, avide de son contact – un contact qui lui avait manqué, bien plus qu'il n'aurait osé se l'avouer, bien plus qu'il n'aurait osé le lui avouer.


Just a cub no one ever taught how to roar
No one ever said you have to be dead and buried to be a ghost.

   

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Prince aux Fers

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Prince aux Fers
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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Sam 26 Avr - 18:16

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lorkhan ravncrone
le grand bal
Lorkhan contemple son reflet dans le miroir. Il était fin prêt pour le Grand Bal, fin prêt pour la mascarade. Il se fendit d'un rictus: les festivités avaient-elles jamais mieux porter le nom que ce soir ? Il en doutait. Ce soir devait se jouer le plus grandiose des spectacles, la plus merveilleuse des comédies: Jorkell avait insisté pour que tout souligne la grandeur et le prestige de son pouvoir et la Main du Roi y avait veillé, faisant venir les mets les plus raffinés et les artistes les plus doués de tout Middholt, ne rechignant à aucune dépense, aucune fantaisie pour impressionner la foule de convives tous plus illustres les uns et que les autres; et voila enfin que le moment tant attendu était arrivé et, s'il s'agissait surtout du soir de Jorkell, le Prince ne manquerait pas de profiter de ce formidable événement pour se faire remarquer: c'est lors du discours du Roi que l'on annoncerait officiellement ses fiançailles avec Lehvinia Dragonfall. Nouveau sourire. Bientôt, alors, il l'épouserait et, à travers elle, il deviendrait Roi d'Askevale. Malgré tout les sentiments contraires et toutes les appréhensions, tout les doutes aussi, il ne pouvait nier que l'idée le réjouissait. Et, alors que son regard détaillait sa propre personne, son imagination ne pouvait s'empêcher de s'emballer: déjà, il pouvait sentir le poids des couronnes sur sa tête. Déjà ...  

L'arrivée d'une de ses domestiques le tira de ses fantasmes de gloire et de souveraineté. En silence, elle vint le parer de ses derniers atours, jusqu'à lui remettre le masque que se devait de porter chaque invité du Grand Bal, garantissant l'anonymat à ceux qui le désiraient. Lorkhan le passa devant son visage, se regardant alors de nouveau dans le miroir qui lui faisait face. Oh, avait-il réellement besoin de ça, lui qui était si habitué à ne jouer que des rôles ? Son visage tout entier était un masque qu'il adaptait à sa guise, en fonction de ses envies mais, surtout, de ses besoins. Ce soir, il ne ferait que remplacer un masque par un autre. Rien de plus.

Il fendit la foule, flanqué de quelques uns de ses proches, masqués eux aussi pour l'occasion. Le Prince-aux-Fers s'offrait une entrée remarquée, sinon fracassante, en saluant les nobles qu'il croisait sur son passage, tous feignant de ne pas se reconnaître, bien évidemment: le Grand Bal, comble des faux-semblants, poussait le protocole à un niveau si élevé qu'il confinait à la bêtise, voir au vice. Bientôt, le cortège de ses suivants se diluèrent dans la foule, même si nombre d'entre eux s'assuraient de continuer à gravité autour de lui. Lui, se fichait bien de leur présence. Ce soir était un soir d'une toute autre importance. Perdu au milieu des invités, il papillonnait de l'un à l'autre, échangeant tantôt quelques mots avec un grand seigneur, tantôt avec quelque bourgeois invité par son père le Roi. Pourtant, et bien qu'il témoignait à chacun le plus grand des égards, il ne pouvait s'empêcher de rechercher sa présence. Quelques mots à l'un de ses estafiers resté dans son sillage suffirent à lui confirmer qu'elle n'étaitpas encore là, pas plus que Jorkell. Soit. Il s'approchait alors d'une silhouette aussi féminine que familière et, arrivé dans son dos, lâcha:

« - Bonsoir, ma Demoiselle ... Votre beauté ... Aucun masque ne saurait la dissimuler. » chuchota-t-il, ébahi. « - Je suis ravi de vous voir ici. Votre absence eut été remarquée, je crois. » ajouta-t-il sarcastique. « - Mon Père ne devrait pas tarder à faire son entrée, j'espère que le poids des regards ne vas pas vous mettre mal à l'aise lorsqu'il prononcera votre nom. » Il reprit aussitôt: « - Êtes-vous prête ? »

Et, alors qu'il se fendait d'un sourire chaleureux qui illumina le bas de son visage - la seule partie que son masque laissait visible - , il tendait d'ores et déjà son bras à la Princesse d'Askevale. Lehvinia.


-
Lorkhan Ravncrone,
hand of the king and heir to the throne
« Anger is running through my vains, so fucked it's driving me insane. No health, no hope, nothing but pain. 30 years to go you said i should be the best, you said i have to prove myself, you said we're a family. 30 years ago. Stuck in the holy money game, gave me a number for a name, stole my life and kept the change. Hey man there's a riot goin'on ! »

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Panseuse d'Ibenholt

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Panseuse d'Ibenholt
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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Sam 26 Avr - 20:00



N’
a-t-elle jamais faite quelque chose d’aussi fou ? Se prêter au jeu de la noblesse - caste dont elle a bien appartenu avant de voir sa réputation anéantie par les accusations vénales du roi Kalanar. Fille de félonie. Que pouvait-elle faire pour s’extirper de ces ennuis si ce n’était d’exécuter les ordres sous peine de se voir humiliée en place publique ? La barrière est mince entre domestication et esclavagisme, et le statut de la donzelle a connu des fluctuations bien désagréables qui n’ont cessé de malmener son précieux égo. Et pourtant, la voilà déterminée à affronter les plus viles silhouettes qui s’aguichent de jolis sourires hypocrites, se repaissant de l’atmosphère festive de la Grande Mascarade comme des charognards sur une dépouille nauséabonde. Celle de la dynastie Ebonhand.
Un sourire étire les lippes charnues de l’elfe drapée dans une robe ouvragée par quelques bons tisserands elfiques de la ville. Les seuls amis de la famille qui subsistent en toute discrétion. En cette soirée brillant de par ses mille apparats, les petites souris s’échinent à remplir leurs devoirs - poignée de domestiques et servantes qui circulent entre les nobliaux à visage découvert pour subvenir à leurs besoins. Si le port altier sied bien à Irinwe, elle entretient un malaise viscéral face au fait de se trouver dans cette posture qui lui rappelle tant les figures suant de supériorité et de suffisance qu’elle exècre au plus haut point.
Placide et pourtant encline à supporter les faux-semblants, la belle glisse entre les silhouettes apprêtées pour repérer la princesse héritière que le roi Jorkell ne se fait guère prier d’exhiber aux yeux de tous comme un trophée bien acquis. C’est sans savoir que la donzelle à la crinière argentée compte bien s’éclipser de l’enceinte du château lorsque tous seront trop occupés à se pavaner dans leurs atours tout en se noyant dans l’abondance. Après avoir pris connaissance durant ces derniers jours des passages de Jernwugge ayant permis à bon nombre d’épouses d’être visitées par leurs amants, la préceptrice elfique a fait savoir à lady Jora qu’elles s’éclipseraient toutes deux en temps voulu.
Mûrement saisie par l’anxiété qui tourbillonne dans ses entrailles, la donzelle ajuste son loup de Jai perlé de nacre, une longue étoffe rigolant le long de sa chevelure pour lui couvrir les épaules et dissimuler ses oreilles effilées. Irinwe compte bien se montrer assez discrète pour suivre le cheminement de son plan qu’elle espère sans bavure. Se promenant entre les différents nobles qui rient à gorge déployée, s’amassant autour des personnalités d’importance comme une nuée d’abeilles se collerait aux fleurs, l’elfe glisse quelques regards furtifs aux physionomies reconnaissables. Lorsqu’on se presse d’annoncer la venue de la Reine de Sorhelm, la donzelle ne peut s’empêcher de détailler la silhouette évanescente arrachant sur son sillage gracieux bon nombre de manifestations ébahies.
Même si elle n’en reste pas moins admirative à l’égard de la dame Nelrenethys, Irinwe ne perd pas le fil de ses pensées et cherche vaguement dans une gestuelle somme toute détachée et gracile à se rapprocher de celle qu’elle aime comme son enfant. Evidemment que la princesse héritière attire l’attention, éblouissante de par sa carnation entre deux âges, sa chevelure ondoyant dans une coiffure sophistiquée qui relève ses opales cristallines. A pas feutrés, dans une démarche féline et discrète, la donzelle se rapproche de lady Jora pour pouvoir lui glisser quelques mots à l’oreille sur le ton d’une politesse détachée. Et pourtant, un homme la devance et l’elfe préfère s’arrêter pour mieux détailler d’un regard circonspect le quidam qui semble transi d’attention pour la jouvencelle. Autant dire que la familiarité de cette approche et l’aura que dégage l’individu masqué lui dit bien quelque chose mais la préceptrice préfère se claquemurer dans l’huis clos de ses pensées pour pouvoir observer les évènements à suivre.


Things We Lost in the Fire
When the days are cold and the cards all fold. And the saints we see are all made of gold. When your dreams all fail and the ones we hail are the worst of all and the blood’s run stale. I wanna hide the truth. I wanna shelter you. But with the beast inside, there’s nowhere we can hide. — #d42845

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Lotus noir de l'Orkenenmyr

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Lotus noir de l'Orkenenmyr
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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Sam 26 Avr - 20:43




Un dernier regard dans le grand miroir qui couvrait une partie du mur rocailleux de ses austères appartements et Lorsei sut que cette mascarade serait une réussite – du moins, pour elle. À l’aube de ses vingt-huit ans, qui viendraient dans quelques jours, on tenait une fête croulant sous la démesure, l’opulence et les vaines richesses que son père voulait montrer à ses invités ; elle prenait un solitaire ravissement à imaginer que toute cette organisation, qu’elle avait vue à l’œuvre lors de sa singulière balade avec le mercenaire que son frère lui avait recommandé, était dédiée à souligner son anniversaire. D’un mouvement habile de ses doigts fins, elle vint reboucler avec obstination une mèche de cheveux de jais qui s’était égarée du reste. Contrairement à toutes ces noblesses qui appréciaient les coiffures hautes, tressées et parées de bijoux ostentatoires, elle avait opté pour laisser sa longue crinière de la couleur des ailes d’un corbeau dévaler ses épaules jusqu’au creux de son dos. Une servante vint ajuster son corsage et elle grimaça, sa cage thoracique se compressant désagréablement sous les cordages habilement serrés. Les soieries richement brodées aux couleurs de la maison Ravncrone la seyaient à merveille, on ne pouvait prétendre autrement.
Alors qu’elle s’apprêtait à sortir de sa chambre, ses talons cliquetant sur la pierre, on lui tendit son masque, qu’elle avait laissé derrière. Elle aurait largement préféré s’en passer, mais puisqu’il fallait jouer le jeu, elle s’y prêterait.

Il faisait nuit mais malgré tout, la salle était illuminée comme en plein soleil. Déjà les invités dansaient et s’amusaient, profitant du vin qui coulait à flots et de l’ambiance festive qui planait, omniprésente. Lorsei avait pris soin de poser sur son joli visage le loup ouvragé d’obsidienne et d’améthyste. Quiconque aurait hésité quant à son identité se serait vu remémoré de par les couleurs qu’elle avait choisi d’arborer qu’il se trouvait en présence de la régente de Ravenhole, fille aînée de leur roi. À l’écart de son auguste famille, elle entendit néanmoins l’annonce de l’arrivée de la dame Nelrenethys, qui attira son attention. Comme toujours, la vision de la reine Elfe était enchanteresse. A contrario de son père et des autres dirigeants de Ravenhole, qui n’avaient jamais réellement pris la peine de tisser des liens diplomatiques positifs avec la souveraine de Sorhelm, Lorsei avait remédié au quiproquo ; dès qu’elle avait été mise en charge de la cité, elle avait rencontré la reine Nelrenethys, avec qui elle s’était découvert plusieurs affinités. Loin d'elle la réputation de diplomate émérite, mais elle avait semblé apte à commencer à réparer les liens entre Ravenhole et Sorhelm.

« Ma Dame Nelrenethys, » la salua Lorsei avec une courbette polie, mais discrète. « C’est un réel plaisir de vous accueillir ici. » Ce n’était certes pas elle qui l’accueillait en son castel, mais elle se voyait être la meilleure personne pour souhaiter la bienvenue à la dignitaire invitée – ou du moins, la plus sincère.

Code by Silver Lungs



crédit : code par quantum mechanics || gif par permanentmochakisses || #336633
“Lend me your hand and we'll conquer them all ; but lend me your heart and I'll just let you fall. Lend me your eyes, I can change what you see ; but your soul you must keep totally free.”

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Perle de Nacre

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Sam 26 Avr - 23:53



L
es oeillades se croisaient et s'entrecroisaient, son simple passage provoquait des susurres étranglés sous les masques qui faisaient de cette commémoration une réunion anthropomorphe, et malheureusement, ce n'étaient que des créatures de la pire espèce qui gobelotaient le vin d'Agathée et pignochaient les meilleurs mets de Middholt. Dire qu'elle se sentait épiée et jugée aurait été un euphémisme, ce n'était point la somptueuse parure qui lui semblait de trop sangler sa gorge, mais bien l'inconfort et l'aversion que lui procuraient ces maudites gens. Si en temps normal Jora ne savait à qui pouvoir se fier, c'était là pire que tout, et elle ne cessait de se demander si au revers de cette face de renard, celle de lune ou encore celle du spectre au fond de la pièce camouflaient leur inimitié ou leur amitié. Chaque lorgnade accrochée était prétexte à l'interrogation, et si l'Ebonhand était reconnaissable, l'ample majorité des convives ne l'étaient pas. Un élément qui exacerbait la nervosité qu'elle tentait tant bien que mal de farder sous une épaisse couche de dignité, témoignant du feu sacré qui, incandescent, brûlait encore sous l'héraldique de sa maison. Qu'ils s'esclaffent, qu'ils s'ébaudissent, pendant qu'au coeur de la paume, renaissaient pouvoir et magnificence.

Un frémissement rongea l'épine dorsale de la donzelle, comme si un regard plus algide que les autres venait de lui lécher l'échine, sans savoir qu'elle était la délectable brebis d'un loup tapi non loin. Ses mains jointes se serrèrent contre sa poitrine, réflexe somatique dans le dessein d'apaiser les battements un peu vifs de son palpitant, jusqu'à ce qu'elle ne soit abordée par un quidam aux prunelles sibyllines. Son crin d'écorce et le mordoré de ses iris ne lui dirent de prime abord rien, elle demeura un instant étourdie par l'imposant galbe de cet homme qui ne suait que bonhomie et une ineffable considération. Pris l'un l'autre dans un étau contemplatif, et il fallut que ce soit le prétendu inconnu qui agisse le premier. Sa courbette s'accompagna d'une étincelle azurine qui fit soubresauter la jouvencelle, et la voix de rogomme finit de lever le voile opaque de l'anonymat. « ... han ! » Jora déglutit, sentant subitement le sol se dérober sous ses pieds et la fièvre de l'incroyable surprise recolorer ses joues blêmes. Elle dut se faire violence pour le saluer respectueusement à son tour, avant de faire glisser ses graciles phalanges dans l'immense paluche tendue. « Si tel est votre souhait, monseigneur. » Elle se drapa d'une circonspection rigide, car il ne fallait pas omettre de faire illusion.

Ensemble, ils rejoignirent la piste et harmonisèrent leurs pas à la rythmique de la musique, cette dernière ayant au moins le mérite de couvrir leur conversation. « As-tu seulement idée du brasier qui s'empare de mes entrailles de ne pouvoir t'étreindre... ? » Chaque palpitation se reflétait en éclat émotif dans les abysses de ses mirettes, ses doigts plus que nécessairement agrichés à son cavalier dans le désir de le capturer et de ne plus jamais le laisser partir. « J'ai du mal à réaliser que tu sois ici... Crois bien que j'en suis indiciblement enchantée et je meurs d'envie que nous nous en allions de cet Abîme terrestre, mais... c'est pure folie que de t'être convié au Bal, si quiconque venait à te reconnaître... »



Ghost of a Rose
Her eyes believed in mysteries, She would lay amongst the leaves of amber. Her spirit wild, heart of a child, yet gentle still and quiet, he loved her... When she would say... "Promise me, when you see, a white rose you'll think of me."

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Bouclier des Ebonhand

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Dim 27 Avr - 1:25

© crédit tumblr
le grand bal
“ Intrigue numéro un. ”
   

E
lle avait troqué ses armures de métal pour une robe ajustée, argentée et épousant ses courbes. Si sous son habit de garde, elle présentait une carrure imposante, celle d'un homme, dans cette élégante robe de bal, elle ne ressemblait plus à Jack, la chevalier mais à Jacqueline, la noble de la famille déchue des Claymerie. Impossible de reconnaître les traits de son visage sous un masque d'argent dans lequel se reflétait les invités se tenant devant elle, tel un miroir. La salle de bal était richement décorée, ses arches et ses colonnes ornées de fleurons, salle si grande qu'elle laissait place à des centaines d'invités tous plus élégants les uns que les autres. Le Grand Bal avait commencé, plusieurs invités masqués faisaient déjà partie de la fête, des danseurs engloutissaient déjà la piste, Jack pouvait déjà reconnaître les cheveux blonds presque blancs de la princesse légitime, Jora. Sa protégée qui dansait avec un inconnu... du moins, avec ce masque. Voyant la jeune femme valser, la chevalier décida de s'approcher de la piste. Cet univers n'était pas le sien. Les faux-sourires, les courbettes, la danse gracieuse des couples princiers. Ses longs cheveux noirs glissaient le long de ses épaules, seul indice que la Claymerie se cachait sous ce masque. « Charmante dame d'argent, puis-je avoir l'honneur que vous m'accordiez cette danse? » Tirée de sa rêverie, elle tourna la tête vers l'homme qui lui présentait sa main. L'expression surprise de la Claymerie était cachée derrière son déguisement.

Pendant un instant, elle hésita, regardant l'homme de la tête aux pieds. Elle ne reconnaissait pas cette voix ni les quelques traits visibles derrière son masque noir. Elle ne désirait pas se retrouver avec un cavalier indésirable et heureusement, cet homme lui semblait inconnu. En simple réponse, elle lui tendit sa main qu'il attrapa délicatement et il entraîna la chevalier entre les danseurs. Ils se mirent à valser et même si la danse était loin d'être un atout de la chevalier, avoir grandi dans une famille noble lui avait permis d'apprendre les bases. Elle était méconnaissable par sa robe, son masque mais aussi ses pas agiles sur la piste de danse. Qui aurait cru voir un jour danser la chevalier, si sérieuse... peu portée sur les réjouissances. Le Devoir avant tout. Parfois, elle croisait Jora et son cavalier, tendant l'oreille et essayant de garder un oeil sur eux, sur tous les invités, en fait. Loin d'être aussi gracieuse que la princesse, elle se laissa guider sur la piste par l'inconnu. Elle tournoyait sur elle-même, faisant quelques pas croisés. Un bal masqué, parfait pour les mensonges, les complots et les manipulations, tous cachés derrière leurs masques. L'ambiance était à la fête, mais ce n'était pas le cas dans le coeur de la chevalier qui ne pensait qu'à une chose... ne jamais baisser sa garde...
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Fighting for her queen until the end
THE NIGHT GOES ON, WAITING FOR A LIGHT THAT NEVER COMES

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Dim 27 Avr - 12:27

Intrigue 1
  Maquerade! Paper faces on parade Masquerade! Hide your face so the world will never find you Masquerade! Every face a different shade Masquerade! Look around, there's another mask behind you.   



Laide malgré le masque, laide malgré la robe, telle se voyait Ezhaathe que cela soit aujourd'hui ou bien tout autre jour. Bien des femmes réussissaient à s'en sortir par la seule force de leur séduction, beaucoup chutaient pour les mêmes raisons également, mais cela était une force par trop inconnue de la jeune femme. Elle régnait sur ses hommes telle une déesse d'écume et d'acier mais nul ne se frayait jamais un chemin jusqu'à sa couche. Ezhaathe était marquée, intouchable, et portait en elle la marque de son refus et de son rejet des hommes.
Il arrivait que des femmes tentent également de lui ouvrir les bras, à elles aussi elle n'offrait que silence et mépris. Non, Ezhaathe ne serait pas trophée à attraper.
Cela lui coûtait d'aller à ce bal, de porter robe si ouverte et coiffure travaillée. Vulnérable dedans, presque petite fille, si Ezhaathe avait déjà revêtu des tenues plus courtes cela se justifiait toujours par la vie sur le navire ou bien ce que la rudesse des combats exigeait. Mais des décolletés, des fentes aux jupes... Elle n'était ni putain, ni courtisane, n'en possédait pas la grâce et encore moins la beauté alors pourquoi ?
Vulnérable, tout vêtue de tristesse, elle porta le masque à son visage et remit l'invitation en guise de sésame.
Alors, indifférente au bruit et au reste, elle s'avança. Digne peut être, triste surtout, nulle fête ne semblait pouvoir convenir à cette étrange apparition. Aurait-on voulu donner traits humains à une quelconque maladie ou mauvaise magie que l'on aurait pu s'y prendre autrement. Gare, prenez garde, voici la peste, voici la mort, la mort rouge qui vient danser ce soir à vos bras...
Rouge, rouge comme ses lèvres qui n'embrassaient, et le tissu de la robe seul capable de cacher un corps dont nul ne voulait. Il  avait des étoiles dans ses yeux, par delà le masque, des étoiles brisées et déchirées dont les lumières s'éteignaient à terre.
Quelques têtes la saluèrent sans la voir, Ezhaathe ne chercha pas à s'imposer. Nelrenethys était présente, évidemment. De quoi faire s'éveiller le serpent de son cœur, celui-ci mordait et crachait jusqu'à en perde la raison et déjà la jeune femme sentait le venin de la colère remplacer le sang en ses veines. Aimerait-elle, la reine des elfes, se retrouver soudain traînée par les cheveux jusqu'au centre de la pièce, sa belle tenue en lambeau et les cheveux défaits comme une vulgaire prostituée, peut-être bien . Après tant d'années d'existences, comment ne pas douter qu'une forme noire de perversion s'était installée chez la divine souveraine ? Quelque chose pour se mélanger à la méchanceté royale qui la poussait à châtier et condamner les existences des plus innocents d'autrui.
Non, être offerte à ces hommes en rut aux si nobles habits pouvait trop plaire à la reine complaisante....

Le serpent pleura, monstre imaginaire trop fermement accroché à son cœur, et Ezhaathe le laissa faire : ceci était une nuit de masque et de folie, et qui mieux qu'elle-même pouvait savoir combien la colère était nocive sans tristesse ?


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Sa Majesté des Elfes

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Dim 27 Avr - 13:08





E

........mportée par la foule et les arrivants toujours plus nombreux, la Reine se confondait en politesses d'usage, saluait respectueusement les grandes gens qui venaient à sa rencontre, causant de tout et de rien, dissimulée derrière la barrière protectrice de l’apparat couvrant ses traits crispés. Elle aperçu la princesse Jora virevoltant avec légèreté au milieu de la piste, irradiant de sa beauté quiconque heurtait ses mouvements délicats, attisant le brasier de l'attention générale, accompagnée par un mystérieux partenaire que Nelrenethys crût reconnaître. Mais c'est impossible, il ne pourrait mettre un pied à Jernvugge sans être immédiatement jeté aux cachots... Cette pensée était trop fugace pour qu'elle ne s'y attarde et son esprit était bien trop occupé à réciter comme une litanie funéraire à sa pauvre conscience en émoi le contenu du parchemin moite qu'elle avait glissé contre sa poitrine. L.Ravncrone. Cette bribe d'identité revendiquait la menace qui pesait sur sa présence à Ibenholt, ces ennemis n'étaient plus les ombres dont elle se méfiait tant, mais un des enfants freux.
S'éloignant des bousculades courtoises, des rires cristallins et forcés, Nelrenethys s'approcha d'une tablée où les mets les plus raffinés se présentaient dans une farandole de faste, hélant un échanson afin qu'il vienne emplir sa coupe désespérément vide, le garçonnet, gauche, probablement impressionné de se trouver face à un dignitaire du Beau Peuple, renversa la carafe qui se brisa lamentablement en une myriades de morceaux sur le sol, arrosant copieusement de son écume les souliers d'une invitée se tenant juste à côté. « Pardonnez le, mon enfant, c'est ma faute. Cet imbécile ne saurait agir convenablement en présence d'un Elfe, Garçon ? Des serviettes pour la jeune fille ! Permettez-moi de remédier à cette bavure. » Lança la souveraine à l'adresse de la victime de la maladresse. Malgré le loup de jais masquant son visage, la grâce de sa personne n'était que trop palpable pour que Nelrenethys ne remarque pas, regardant avec intérêt et habitude, la pointe de ses oreilles percer la muraille de sa chevelure. Malgré tous les artifices auxquels la petite avait du recourir pour dissimuler sa vraie nature, la feindre à la mère de leur patrie était une autre histoire. Cette découverte arracha un sourire compatissant à la Reine. « Mademoiselle » Acheva t-elle dans une révérence en s'éloignant une fois les serviteurs de retour.

Reprenant ses pérégrinations dans la fosse aux vipères, son cheminement monotone fut interrompu par une fort belle voix s'adressant à sa personne. « Ma Dame Nelrenethys, C’est un réel plaisir de vous accueillir ici. » Son royal sang de fit qu'un tour, un bourdonnement sourd atténua le son des tambourins et les notes altières de violons, un voile blanc se dessina sur ses prunelles dorées, altérant sa vision du bal des horreurs. Lorsei, L.Ravncrone. La mélopée tyrannique reprenait, manquant de s'écrouler quand elle se retourna pour faire face à la régente, elle leva précipitamment le gobelet à ses lèvres, buvant une longue gorgée comme une assoiffée dans le désert. « Il fait une chaleur ici, vous ne trouvez pas, ma chère ? Douce ironie quand on pense à ce blizzard dehors gelant les cœurs tandis qu'ici le vin réchauffe les âmes. » D'une courbette elle s'inclina devant la fille de son adversaire principal sur l'échiquier. « Mes compliments quant à votre réception, ainsi que mon séjour dans la froide aile du Phénix. J'espère que ma venue ici a été aussi appréciée que remarquée. » Ses yeux balayaient la salle à la recherche de l'autre auguste corneille. L.Ravncrone, Dame Lorsei ou Le Prince-aux-Fers Lorkhan ?



Lay down your sweet and weary head. Night is falling, you have come to journey's end. Sleep now and dream of the ones who came before. They are calling from across the distant shore. Why do you weep? What are these tears upon your face? Soon you will see all of your fears will pass away. Safe in my arms you're only sleeping

(c) Bloody Storm

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Princesse héritière d'Askevale

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Dim 27 Avr - 16:17

Fiche © Quantum Mechanics
Lehvinia Dragonfall
Le monde est un grand bal où chacun est masqué.
Mascarade. Ce nom laissait à réfléchir, aujourd'hui. Il semblait lourd de sens, quand pour bon nombre de convives il n'était rien d'autre qu'un appel aux festivités. La jeune Dragonfall y avait longuement pensé en cette journée si particulière, imaginant alors le déroulement du Grand Bal qui ne cessait de se rapprocher. Avec tous les plus grands talents de comédienne qu'il soit possible de posséder, Lehvinia semblait pour l'instant incapable de dissimuler les prémices d'un trac, sans doute naturel et inévitable aux vues de ce qui l'attendait ce soir. Certes, rien de plus que ce qu'elle vivait aujourd'hui, si ce n'est ce cadre officiel. Mais ce trac, elle refusa de le laisser s'installer. Très vite, elle le balaya à l'aide de quelques expirations, suivis de regards complices avec ses dames de compagnie. Bienveillantes, ces ladies avaient fait en sorte que tout soit parfait, jusqu'au revers d'un drapé sur la robe de la princesse. Ces apparats avaient été confectionnés avec tant de soin et de minutie, qu'ils n'en méritaient pas moins de respect. D'un blanc presque trop symbolique de par sa pureté, la tenue avait été agrémentée d'étoffes beiges et dorés. Les lourds bijoux portés à l'accoutumée avaient été remplacés par un collier de tissu, sur demande de la jeune femme. N'était-il pas préférable de partir en quête d'un brin de simplicité quand, par avance, vous savez que vous serez rapidement au centre des attentions ?

Lehvinia suivit du bout des doigts les courbes du masque qui allait orné ses traits fins. Il s'agissait d'un présent de son cher père, qui n'avait pas pu faire le déplacement jusqu'à Ibenholt. Sans mal, elle avait deviné tous les messages que l'objet avait pu abriter, dans le plus grand des secrets. Délicat, et pourtant de caractère : à l'image de l'héritière. L'une de ses dames prit le soin de réajuster sa coiffure, afin de venir y attacher les deux fines lanières. L'accessoire étirait davantage l'amande de ses yeux, par quelques effets ; et toute la malice qu'il semblait bon d'afficher en ce bal se reflétait dans ses pupilles bleutées.

Il était désormais temps de se livrer aux jeux des faux-semblants, espérant tout de même ne pas se perdre dans les méandres des conflits et rivalités politiques de chacun. Lehvinia avait déjà suffisamment à faire de ses propres affaires. Après avoir arpenté de nombreux couloirs, elle fit son entrée. Relevant la tête, de son port princier, son regard se heurta à la décoration sculpturale de la réception : détaillée, et surtout maîtrisée. Rien n'avait été laissé au hasard, dans une harmonie visuelle digne des plus beaux tableaux. Tout ici transpirait la richesse et le luxe. Tout semblait démesuré. Et c'était bien là le but escompté, afin d'affirmer la puissance d'une famille, si ce n'était même d'un règne à venir. Bourgeois et nobles profitaient des nombreux mets et hors d’œuvres, des meilleurs vins de Middholt... Ils échangeaient quelques bribes de conversations, riaient aux éclats, sous le regard amusé d'une dragonne.

Mais ce fut cette voix, devenue si particulière, qui la tira de ses pensées et autres observations. Elle se figea, adressa un regard à ses demoiselles de compagnie dont les sourires lui confirmèrent l'identité de l'individu. Les masques n'étaient que fantaisies en cette cours. Aussitôt, elle se retourna pour lui faire face. « Mon prince. » -commença-t-elle, en ponctuant le tout d'une élégante révérence. Salut et remerciements étaient de mise, alors qu'il venait de la rejoindre armé de quelques bons compliments. « Aurait-il fallu que ce dernier me recouvre entièrement le visage ? » D'un ton amusé, Lehivnia répliquait. N'attendant pas réellement de réponse, elle n'en était pas pour autant insolente ou sur la défensive, bien au contraire. Elle se montrait même avenante et réceptive à quiconque venait à sa rencontre. Lorkhan annonça alors l'arrivée imminente de son père, le Roi ; et lui confia ne point vouloir la mettre mal à l'aise. En guise de réponse, la princesse esquissa un ravissant sourire. N'avait-elle pas été préparée à cela depuis son plus jeune âge ? A ces grands banquets, cette haute société et ses règles de bien séance... D'un geste assuré, elle se saisit du bras qu'il lui tendait. Était-elle prête à affronter tous ces regards ? « Plus que jamais. »


dark paradise.
Every time I close my eyes, it's like a dark paradise.No one compares to you. I'm scared that you won't be waiting on the other side.

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L'Ombre Pourpre

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Dim 27 Avr - 18:55


" Hide you and Play, it's just a game "

La journée avait été fort intéressante, passée avec une personnalité appréciée. Jora avait amusé et comblé la Mascarade durant quelques heures. Était venu le temps ensuite de s’aventurer dans le gratin bien placé pour glaner quelques coupes de grand cru et se pavaner parmi les héritiers de richesse non dissimulée. Les réjouissances avaient commencés depuis bien longtemps dans la cité mais maintenant venait le temps où déambuler masqué parmi des personnes désireuses de se camoufler allait entraîner sa curiosité dans des méandres de réflexion à son apogée. Lui-même s’était pris au jeu et ne comptait guère faire obstacle. L’amusement serait certain de découvrir qui se cache derrière tel ou tel voilé. Le faciès pouvait être meurtri dans un attirail inadapté censé changer l’identité, il était parfois aisé de reconnaître quelqu’un par ses mouvements, son attitude. Cela allait se révéler très intéressant. Quittant ses appartements par lesquels il était repassé afin de s’emparer de sa parure faciale, il se laissa errer dans les couleurs avant d’arriver parmi l’assemblée. Il était déjà évident que les moyens mis à disposition différaient des ruelles d’Ibenholt. Le clinquant des coupes, la foisonnante nourriture, et bien davantage, les drapés divers mais surtout travaillés qu’ornaient les corps de tout un chacun. Tout dans ce grand bal lui rappelait le changement de vie opéré il y avait peu de temps depuis qu’il s’était Lié professionnellement à Lorkhan. Il faisait partie de cette population aisée désormais et il comptait réellement en profiter à l’excès mais surtout rester dans ces pourtours dorés.

Son masque en accord avec sa personnalité révélait les penchants véridiques. Un loup, animal solitaire à ses heures, mais lié à une meute, dévorant ses cibles avec ardeur et crocs acérés. En somme, il l’avait trouvé parfait quand ses prunelles étaient tombées sur cet animal dessiné et travaillé. Sombre, doré, tous des arguments qui penchaient en faveur de l’obtention de ce bien nécessaire à l’amusement dont il comptait bien bénéficier.  S’emparant d’une coupe au contenu versé, il laissait certains regards s’emparer de sa physionomie différente de l’habituel habit rustre pour un noble exhibé dans son quotidien. Tout n’était que déguisement alors pourquoi ne pourrait-il pas se divertir de parures excentriquement riches. Le masque à lui seul suffisait à lui rappeler sa véritable personnalité, mais pas pour autant son identité car dans ce monde peu connaissait son origine véritable. S’appuyant contre un mur il contempla intensément la foule disponible aimant observer et découvrir ce qui n’était pas facile à trouver. Ce fut de cette façon que par hasard il tomba sur cette silhouette féminine, magnifique à son sens, parfaitement désirable dans un autre, dont le masque ne lui permettait pas la reconnaissance immédiate, pour peu que sa mémoire contienne l’identité originelle de la concernée. Ce fut lorsqu’une mimique bien connue, apparemment exhibée fortuitement, apparu au coin des lèvres qu’il l’associa à une autre personne rencontrée auparavant. Le chemin vers l’identification fut laborieux mais quelques autres caractéristiques physiques lui révélèrent alors que la jeune femme n’était autre que cette pirate pour qui il avait autant d’animosité que de sympathie.  Une proie de choix dans cette grande Mascarade. Cela faisait longtemps et il avait bien envie de partager ce moment avec elle. Particulièrement dans cette tenue.

S’approchant d’elle, il vint se glisser dans son échine avant de murmurer à son oreille quelques mots tendres « Quitter ton bateau et arpenter un tel lieu revêtue d’un attirail si racoleur aurait été impossible à imaginer pour moi il y a quelques minutes. Serais-tu ici pour empiéter sur mon territoire ? » cette dernière question aurait tôt fait de révéler son identité à la belle, leur jeu se basant beaucoup sur la géographie. La terre lui appartenait tandis que lamer était sienne. Se mouvant légèrement il apparut à son regard tandis qu’un sourire étiré et malicieux siégeait sur ses lippes, partie de son faciès dénudé. Ses prunelles jaugèrent l’entièreté de son corps comme il pouvait le faire avec toute autre femme. « Nous sommes ici en deux étrangers, cela pourrait peut-être me pousser à te connaître dans un aspect plus féminin de ta personne. » Femme de combat, elle lui apparaissait ici sous un jour favorable à des épanchements intimes.


Spoiler:
 


Fragrance of Blood
Down ! Bloody knife ! O, down ! Why does thy red face frown ? Why slash thus in the air, as o’er a throat laid bare ? See, the red blood-drops fall, trickling adown the wall. Ha ! How they follow me, like a dark gory sea. No rest by day or night, blood blinds my very sight. My lips are steeped in gore ! No peace ! No ! Nevermore !

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Lun 28 Avr - 1:54

Intrigue 1
  Maquerade! Paper faces on parade Masquerade! Hide your face so the world will never find you Masquerade! Every face a different shade Masquerade! Look around, there's another mask behind you.   



L'haleine de l'homme dans son cou avec un souffle d'insolence et de folie, Ezhaathe tâcha de ne pas y réagir. Elle resta de marbre, bien que détestant sentir quelqu'un si prêt d'elle mais comment faire autrement dans cette mascarade d'épouvantails et de bouffons ?
Lentement, les yeux perdus dans ses propres royaumes, elle tourna légèrement la tête jusqu'à lui, le regardant sans le voir pourtant. Quelle sagesse siégeait en ce jeune cœur sombre et tourmenté, celui qu'Ezhaathe ne parvenait à comprendre bien qu'ils aient suivi les mêmes enseignements ? Vex, homme trop étrnge, capable de donner la mort tout en menant ses propres plans, de ce que la jeune femme en avait vu il parcourait la vie comme un jeu, et s'y brûlait maintes foies les ailes.
Eut-elle un peu plus d'innocence, Ezhaathe aurait pu vouer une admiration amoureuse pour un tel homme, mais la vie avait voulu d'elle quelle soit cette femme de marbre plutôt que de chair, sans passion ni amitié.
Et son regard était sombre, tellement sombre alors que Vex parlait. Non pas l'obscurité des colères de feu et de sang, mais le silence sacré des statues de temples, celles que nul ne se permettrait jamais de séduire.

 « Tu as bien assez d'ennemis sur ton propre territoire sans que je ne m'y rajoute. N'ai crainte pour ta politique, tu n'es pas ma victime ce soir... »

Il la regardait comme on regarde une femme. Vidar aussi avait ce regard là parfois, ce regard qu'Ezhaathe fuyait, elle qui ne voulait plus de l'écorce de chair entourant sa fonction de capitaine. Nerveusement, avec un geste de petite fille, elle croisa les bras sur sa poitrine, cachant un peu du décolleté de la robe. Le geste aurait pu être touchant, mais il resta malsain car comment imaginer soudain autre chose que cette jeune adolescente maigre, un peu trop, à qui des mains toutes puissantes avaient arraché toute dignité ?

 « Oublie mes aspects féminins, contente toi de séduire les jouvencelles influençables rêvant d'une vie meilleure grâce à toi et au chemin que tu offres. »

Elle recula d'un pas alors, comme pour se soustraire à son influence, mais sans fuir pour autant. Le masque épousait les formes du visage de l'homme, ne laissant que le sourire de sa bouche, de découvert. La jeune femme comprenait pourquoi Vex pouvait séduire autant et attirer, elle se demanda ce à quoi elle-même ressemblait dans cette tenue qui n'était pas l sienne, avec son masque anonyme et ses tristesses portées à même le cœur.

 « Aurais-tu un contrat, devrons nous sortir pour nous battre et écourter la soirée ? Ce soir, je suis fatiguée.... »

Sous le masque, le noir de la fatigue, le noir du tombeau. Ezhaathe prenait à peine conscience des quelques couples capables de danser tout autour d'eux . Il y avait d'autres conversations aussi, d'autres complots, mais eux-même semblaient perdu dans leur propre îlot d'obscurité.
Car ils étaient les Anonymes, dagues dans la nuit, feu dans la pierre...
Ceux qui mourraient sous leurs coups ne pouvaient revivre ...



Spoiler:
 


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Le Jeune Lion

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Lun 28 Avr - 15:39

Il aurait voulu l'étreindre comme un fou, la serrer contre lui et ne plus jamais la lâcher. Il dut cependant se contenter de presser la main qu'elle lui tendit avec plus de force que la bienséance ne l'aurait voulu. Elle était si près, mais lui semblait encore si loin... Retrouver Jora, Ehvan en avait rêvé chaque nuit depuis qu'il avait quitté Ibenholt. À présent que c'était chose faite, il devait se faire violence pour ne pas l'arracher à cette abominable mascarade là, tout de suite. Il était furieux de ne pouvoir le faire, mais il ne souhaitait pas la mettre en danger plus qu'elle ne l'était, et ne le serait déjà. Il se doutait qu'il attirerait la curiosité des convives s'il s'appropriait toutes les danses de la princesse, ainsi et bien que cela lui fende déjà le cœur, il devrait l'abandonner de temps à autre, pour maintenir l'illusion. Toutefois, il ne la quitterait pas des yeux, et sortirait les griffes s'il le fallait. Le jeune lion avait traîné la patte trop longtemps, il était grand temps pour lui de reprendre son rôle de protecteur et de s'acquitter de la tâche avec brio. Rien ni personne ne l'empêcherait de secourir l'héritière légitime du Trône de Jais, il s'en était fait la promesse. Il serait le bourreau de quiconque serait assez fou pour s'interposer entre Jora et sa liberté. Sa détermination était sans aucune limite, et cette fois-ci, ce ne serait pas lui qui saignerait pour ses convictions.

Jora s'accrochait à lui comme une naufragée à un rocher, ce qui suffisait à lui donner l'impression de faire ce qui était juste. Il brûlait de l'attirer contre lui, d'enfouir son visage dans sa chevelure d'opale. Il se sentait comme un ivrogne qui serait tombé sur un fond de bouteille après des semaines de privation forcée. « J'ai ma petite idée, oui... » répondit-il tout à la question de la princesse. Il lui avait manqué ? Il ne manquait plus que cela pour donner au jeune Clanfell des ailes. Lorsqu'ils seraient loin, bien loin de ce terrible endroit, ils seraient libres de s'enlacer comme ils l'entendraient. Son regard se promena un instant sur les convives qui les entouraient. Les masques lui avaient permis de s'introduire parmi la foule sans le moindre problème, mais ils l'empêchaient également de distinguer les visages ennemis, ce qui le rendait particulièrement nerveux. Le jeune lion ramena légèrement la princesse contre lui, les doigts crispés sur sa robe. « Si l'on me reconnaît, eh bien... J'aviserai, je suppose. Je suis devenu plutôt bon dans l'art de l'improvisation, l'aurais-tu oublié ? » Un rire nerveux le secoua. Que n'avait-il pas fait pour rendre les sorties de Jora inoubliables, pour la faire rire, lui faire oublier la cage dorée dans laquelle elle grandissait ?

« Il fallait que je vienne. Je n'ai que trop tardé à revenir... Je devais te voir. » Doucement, en prenant gare à ne pas paraître suspect, il l’entraîna sur le côté, loin des oreilles indiscrètes. « Je t'avais promis de revenir, de te délivrer. Je ne suis pas venu ici pour valser... Bien que l'exercice soit loin de me déplaire, je le confesse. » Un sourire timide étira ses lèvres, avant qu'il ne poursuive. « Il est grand temps que je te sorte de ce nid de vipères. Peu m'importe si je dois me faire prendre. Du moment que toi, tu es libre... »


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L'Ombre Pourpre

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Lun 28 Avr - 16:06


" Hide you and Play, it's just a game "

Qu'elle ne semble pas ravie de le voir lui plaisait bien davantage que l'inverse. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vue et il prendrait clairement plaisir à passer du temps avec elle, qu'elle soit partante ou non. Concrètement, vu les circonstances, il ne lui demandait pas vraiment son avis pour rester à ses côtés. Cela lui était parfaitement égal qu'elle veuille se débarrasser de lui ou qu'elle ne soit pas d'humeur comme elle venait de l'annoncer. C'était amusant qu'elle tente de camoufler sa féminité elle qui avait pour habitude de chercher plutôt la dominance face à un groupement masculin. Elle était Capitaine après tout. Mais c'était bien pour ça qu'il comptait profiter de la situation. Il ne pouvait pas ignorer qu'elle était parfaitement désirable et encore moins qu'il avait très envie de tenter sa chance ce soir. De plus, son côté vulnérable totalement inhabituel était une vile tentation à ses penchants sadiques. Mais une chose à la fois. Elle venait de lui poser une question et il se devait en homme courtois d'y répondre. Même si effectivement ce n'était pas clairement un trait de caractère régulier. La courtoisie ne faisait pas partie de ses tendances comportementales préférées. Toujours est-il que néanmoins avec un sourire habituellement ambigu, il se permit de boire une gorgée de sa coupe avant de prendre la peine de lui répondre.

« Te voilà bien agressive d'un coup. Sais-tu que je suis ici en tant qu'invité ? Appelle moi Marvel. Je suis un noble comme tous ces bourgeois que tu côtoies actuellement. Surprenant n'est-ce pas ?  »

Il la regarda et pour peu qu'il était désormais en face d'elle, il jugeait tout à fait stupide de ne pas profiter de la vue, encore plus qu'elle n'appréciait pas ce genre d'attention des hommes sur sa personne. Cela lui donna une idée parfaitement déplacée quand on les connaissait tous deux mais qui passerait inaperçue dans cet espace mondain. Il l'attrapa par la taille, l'entourant de son bras et sans lui demander son avis, il l'embarqua avec sa personne sur la piste. L'attirant un brin brutalement contre lui, plaquant leurs deux corps l'un contre l'autre, il prit sa main dans la sienne et se mit à accorder leur pas pour glisser lentement au rythme de la musique.

« Tu es fatiguée tu as dit ? Alors laisse-moi te diriger. »

Bien évidemment, c'était sournois. Il voulait simplement l'accaparer un instant dans une intimité qui lui déplairait sûrement. Il ne comptait pas la laisser s'échapper, tenant bien sa main et émettant une pression certaine de l'autre dans le bas de son échine pour qu'elle ne s'écarte pas de lui.

« Et si tu me disais pour quelle raison, toi, tu es ici ? Tu as parlé de mon contrat... mais serais-tu en train d'accomplir le tien ? Dans un tel cas je serais curieux de connaître la cible. Sans ça, dis toi bien que je suis fortement tenté de te séduire afin de t'apporter une vie meilleure durant quelques heures.... »

Il ne parlait clairement pas d'une relation durable, il faisait plutôt référence à un échange intime rapide et surtout bien placé. Après tout, ce n'était pas parce qu'ils étaient en « conflit » et encore le mot était fort, qu'ils ne pouvaient pas passer un bon moment en lieu neutre. Car il estimait que ce Grand Bal était un bon compromis pour qu'il veuille tenter sa chance. Sans compter qu'elle était dans un attirail vestimentaire tout à fait adéquat et à ce genre d'ébats.




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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Lun 28 Avr - 17:05

Bien que les préparatifs avaient été longs et minutieux, Crendal ne pouvait contenir une certaine satisfaction dès lors qu'il contemplait la beauté de la salle du bal. Et pour cause, il avait misé une grosse somme pour mener à bien la réalisation de cet événement somptueux. De tous côtés s'étendaient plats et buffets, servis par quelques damoiseaux dont les vêtements en tissu fin parsemé d'or seraient sans doute les seuls qu'ils porteraient jamais. Ci et là, quelques gardes et agents veillaient d'ailleurs à ce qu'aucun d'entre eux ne repartent avec une quelconque pépite arraché à leur tunique. La cour s'était déjà rassemblée depuis longtemps lorsque le grand Argentier fit son apparition en public. Comme il n'était pas homme à se jeter tête baissée dans la gueule du loup, il avait en effet pris soin de recenser la présence de chacun des invités présents, d'enregistrer leurs costumes et masques respectifs, afin de ne pas subir le piège d'une dissimulation carnavalesque trop souvent accompagnée de bons vins. Il avait pu voir arriver la somptueuse Nelrenethys, avec qui il avait eu l'occasion de discuter la veille, dans les Jardins d'Ibenholt. Répondaient également à l'appel bon nombre de personnalités des Cinq Royaumes, toutes aussi influentes les unes que les autres.

Chose superflue, puisque de Flynn était aujourd'hui nécessairement connu de tous les convives, Crendal avait toutefois pris soin de faire dresser, dans certains coins de la grande salle, de larges bannières affichant avec grandeur la marque de son blason, un serpent d'or sur fond pourpre. Il avait payé cher pour financer le Grand Bal de Middholt, et il avait exigé un minimum de publicité. Après tout, c'était bien le moins que l'on puisse faire. L'homme qui était désormais assis sur le trône d'Ibenholt, celui qui prenait plaisir, ce soir, à jouir de moult marques d'un respect hypocrite, n'avait pu le faire que parce que l'oligarque avait un jour accédé à sa demande : lui donner de quoi gagner la guerre. Aussi, cette soirée dansante portait un symbole pour le Créancier des Cinq Royaumes. Elle était placée sous le sigle de son ascension toujours croissante, et de son niveau d'influence inégalé par-delà les frontières. Bien davantage que tout le reste, c'est cela qu'il fêterait, quant à lui, en cette occasion.

Crendal passa saluer les personnes dont il avait repéré les silhouettes. Il croisa le chemin de Nelrenethys, de Lorkhan, cadet de Jorkell, dont le caractère ambitieux et fourbe témoignait de sa filiation à n'en pas douter. Tôt ou tard poignarderait-il son propre aïeux pour poser séant dans la capitale. L'homme remarqua aussi la présence de Jora Ebonhand, la fille du Roi trahi. Que venait-elle faire ici ? Jouait-elle une partie dont elle seule connaissait les ressors, ou bien n'était-elle que la prisonnière enchaînée que l'on avait placé ici en gage d'un trophée d'antan ? Enfin de compte, tout ceci ne lui importait que peu. En effet, il y avait au sein de cette salle un problème ambulant, un souci qui avait encore le malheur de respirer le même air que le sien, et cette épine portait le prénom de Vex. On lui avait signalé qu'il borderait le derrière de Lorkhan Ravncrone durant la cérémonie. Il le suivait donc partout. Il serait compliqué de le faire assassiner au beau milieu d'une telle audience, aussi la plus prudente attitude serait-elle de rester discret au possible, comme il en avait finalement l'habitude.

L'Argentier alla se placer dans un coin de la salle. Il commanda à quelques larbins en mal du poignet afin qu'ils hâtent leur cadence et, une fois que ce fut fait, alla s'installer à l'une des grandes tables qui avaient été dressées aux couleurs des Ravncrone. Telle la vipère qu'il arborait sur son vêtement, il commença à observer les allées et venues, à tendre l'oreille, afin de percevoir au mieux les conversation qui se jouaient non loin de lui. Il était difficile de tout discerner, mais parfois un mouvement des lèvres ou une attitude évocatrice lui permettaient de comprendre de loin le sens d'une discussion.

Et, pour l'heure, il patientait.

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 29 Avr - 11:17

Intrigue 1
  Maquerade! Paper faces on parade Masquerade! Hide your face so the world will never find you Masquerade! Every face a different shade Masquerade! Look around, there's another mask behind you.   



L'arrogance de Vex était une chose incapable de l'amuser, cependant il était impossible pour Ezhaathe de s'y soustraire. Pas maintenant, pas comme ça, elle se contenta donc de durcir le regard et de suivre l'homme avec des pas maladroits jusqu'à la piste de danse. Néanmoins le sycophante avait eu la courtoisie de répondre à sa question. Marvel alors ? Très bien, qu'il en soit ainsi. Elle n'était pas Juge de toute manière, pour se permettre de briser la couverture d'un autre assassin. Maladroit mais peut être pas innocent, son pied écrasa celui de l'homme peut-être un peu durement.
Esclave les premières années de sa vie, véritable jouet entre les mains d'autrui, Ezhaathe n'avait pas développé les réflexes la poussant à se soustraire d'un contact non désiré, elle ne le repoussa donc pas. De toute manière, l'enseignement des Anonymes apprenait également le sang-froid en plus de bien d'autres choses.
Il y en avait pour considérer cela comme un force, son impassibilité, peut-être en était-ce une, en tout cas cela intimidait pas mal de ses hommes incapable de voir qu'Ezhaathe était en réalité cette femme morte de l'intérieur. Le caractère n'avait rien à voir là dedans, au contraire il n'y avait là que réflexes pavloviens de ses différentes éducations, celle du jouet et celle de l'assassin.

 « Tsss, je suis invitée moi aussi et si je tue ce soir, cela sera pour mon seul plaisir, non pour un contrat. J'aurai bien eu des réflexes de castrations aussi, notamment à ton égard, mais tu n'as déjà jamais été bien pourvu de ce côté là »

La danse avait un petit côté malsain et amusant, il s'agissait de deviner les pas de l'autre d'une certaine façon, de prévoir ses déplacements et de les suivre sans jamais trébuché. Bien entendu Ezhaathe n'était pas une grande danseuse, mais cela lui rappelait quelques mouvements d'escrimes parmi ceux qu'elle utilisait : se déplacer en cercle, bien vérifier la position des bras.... Un peu plus grâcieuse qu'au début, elle n'en possédait pas moins une certaine raideur.

 « Me séduire.... »

Le choix des mots l'intriguait, pourquoi parler de séduction lorsque Vex ne voulait que l'étreinte ? Une chose qu'Ezhaathe n'accordait à personne. Certain la murmuraient liée à Vidar et spéculaient grandement sur ce que le capitaine et son second pouvaient bien faire ensemble en dehors d'élaborer des plans, Ezhaathe laissait faire. Vidar lui servait d'alibi, permettant qu'elle reste solitaire sans avoir de compte à rendre à aucun homme. Sans subir leurs caresses et leurs coups de reins non plus.
Non, bien sûr que non elle n'avait jamais guéri de son enfance....

 « Quelques eures ? J'aurai plutôt dit quelques secondes, tu te surestimes trop. Et c'est non alors remonte ta main. Je n'ai pas de temps pour cela....pas maintenant »

Un pas maintenant au goût de jamais, mais mieux valait faire croire que l'on repoussait lutôt que l'on refusait même si ni l'un ni l'autre n'y auraient de grands doutes. Vex avait raison, elle se montrait agressive et peut-être un peu trop, Ezhaathe tâchait donc de mettre de l'eau dans son vin, perdue en territoire inconnue et visiblement sans alliés.

 « Rends toi utile.... Sais-tu si quelque chose se prépare contre les elfes ? »

Ces derniers mots, elle les avait murmuré tout en se rapprochant de l'homme, comme une maîtresse conquise, une main sur sa nuque lui effleurant doucement les cheveux ainsi que la lanière du masque, et les lèvres contre son oreille. Ainsi impossible de véritablement les entendre, mais attentive, Ezhaathe avait aperçu le regard de l'Argentier balayer la salle, sombre et inquisiteur.


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L'Ombre Pourpre

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mer 30 Avr - 15:19


" Hide you and Play, it's just a game "

La danse permettait de regarder ce qui pouvait se tramer autour. Sa concentration affiliée à la jeune femme qu'il gardait dans une contrainte évidente contre lui ne l'empêchait point de conserver un intérêt pour ce qui pouvait se dérouler non loin. C'était de cette manière que son regard put déceler la reine elfique, toujours somptueuse et avec qui Aelin avait apparemment un lien qui pourrait potentiellement un jour lui servir. Il put observer aussi la jeune captive qu'était Jora, et un homme qui se tenait à ses côtés. Puis, Crendal, dont il se serait bien épargné la vue qui n'était là que pour noircir le tableau. Heureusement que son masque pouvait dissimuler son visage et qu'il n'était pas assez connu des personnes de ce bal pour pouvoir être repéré. Cela permettait encore un certain anonymat, même si au fond, être une ombre était bien plus facile pour lui que de se faire remarquer. L'éducation subie était imprégnée et il préférait de loin n'être que le flou dans l'ombre qu'une personne à remarquer. Sa réputation était de celle dont on ne pouvait passer à côté et pourtant son visage n'était point une célébrité. Cela lui convenait parfaitement. Les personnes dont l'identité physique était méconnue n'était pas des personnes faciles à tuer. Et même s'il ne redoutait guère la mort, il n'avait pas du tout envie d'en subir le sommeil éternel pour le moment. Il avait des ambitions qu'il voulait concrétiser avant.

Son sourire s'agrandit quand la pirate parla de son entrejambe peu fourni selon elle. Cela n'était en rien une phrase qui pourrait le choquer ou encore entraîner un mal-être le concernant. Il ne s'était jamais vanté d'un aspect physique pour cette partie, il s'était toujours vanter par contre de savoir s'en servir à la perfection. Il savait parfaitement qu'il n'avait aucune lacune anatomique mais ce n'était pas ça qui l'intéressait, c'était surtout de pouvoir l'utiliser à bon escient et de manière répétitive, ce qui se passait fréquemment. Mais jamais il n'en était repus pour autant. « Ne sois pas jalouse parce que je ne t'en ai pas encore fait profiter... » Une provocation dont il n'aurait pu se passer. Que la jeune femme sache danser ou non lui importunait guère, il la dirigeait comme tout cavalier le ferait, peu importe qu'elle lui marche sur les pieds. « Il y a toujours du temps pour ça, c'est simplement que tu n'arrives pas à apprécier les bonnes choses. » Il était certain que c'était véridique. La bonne nourriture, les breuvages ensorcelants, le meurtre et les femmes étaient ses passes-temps favoris. Enfin quand on enlevait le fait de déceler les embrouilles qui était pour lui toujours très attirant. La laissant se rapprocher et jouer la jeune femme intéressée, il écouta sa question avant de sourire davantage venant taquiner de sa langue mutine le creux du cou de la mercenaire remontant jusqu'à son oreille pour y susurrer une réponse. « Que puis-je donc gagner à te révéler quoi que ce soit ? » tandis que sa main la plaquait davantage contre lui. En réalité, concernant le peuple elfique, il n'avait pas encore d'informations. Il en attendait d'Aelin mais il n'avait pas eu de retour dernièrement. Cependant il n'était pas de ceux qui révélaient ce qu'ils possédaient facilement. « Je ne sais même pas pourquoi tu es là. Invitée dis-tu ? De qui donc aurais-tu reçu une invitation et pour qui te serais-tu mise dans cette tenue qui, bien que t'allant à merveille, ne correspond pas du tout à tes habitudes. Tu es tellement mal à l'aise que ça en est presque risible... » Même en l'absence de provocation, ses propos pouvaient se révéler ardus à entendre touchant simplement la réalité actuelle. « Il suffirait que je m'éloigne et t'abandonne pour te retrouver aussi démunie que lorsque je t'ai trouvée. » une perspective qui lui plut beaucoup mais qu'il retarda pour l'instant néanmoins. « Alors dis moi, pour quelle raison tiens-tu à obtenir des informations sur les elfes. Serais-tu ici en temps que garde du corps de Dame Nelrenethys ? Je trouvais ça surprenant... Raconte moi tout, je suis avide de savoir. »




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Langue d'Argent

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Jeu 1 Mai - 1:21



B

........ouleversé par sa récente rencontre avec la Skaald Sigrid, l'esprit ailleurs, songeant à ses mystiques paroles et à la surprenante demande de celle-ci. C'est presque à contre-coeur qu'il la laissait là, abandonnée à son sort, pour l'heure, dans les rues déjà bien assombries de la vieille ville d'Ibenholt, seule et contre tous. Il avait une mission à remplir, un office bien moins à son goût que d'assister aux festivités qui résonnaient encore dehors, écho d'une célébration toute spontanée et vivace, contrairement à ce qui se déroulait déjà entre les murs froids du palais de Jernvugge. Ce brutal changement d'atmosphère se fit sentir dès que les portes d'entrée se refermèrent sur son passage, et ce fût encore pire dans la grande salle du Bal. Il était seul dans le méandre des couloirs menant aux lieux du crime, son retard probablement, les invités devaient déjà être tous arrivés, chose notable pour être signalée, la populace des hautes sphère ayant un don certain pour ne jamais être à l'heure. Quelques minutes de pérégrination dans un dédale mystérieux et sombre comme dans le fond d'une caverne le menèrent à son but, son entrée fût aussi discrète que possible et il se fondit dans la cour des grands comme une ombre, un moins que rien, une décoration pour l’événement.

Ce statut peu valorisant, il en avait désormais la triste habitude. N'être que pastiche et se fondre dans le décor, assorti aux rideaux. Cela tranchait avec la fougue des badauds, qui l'accompagnaient lorsqu'il chantait, riaient de ses comptines grivoises, dansaient autour de lui. De toute cette rupture, c'étaient les applaudissements qui lui manquaient le plus, la récompense ultime. De façon générale, les bien nés n'avaient cure de la musique, absente ils ne la remarqueraient même pas, c'est pourquoi il avait prit la liberté de s’octroyer un grand bol d'air frais dehors, avant de plonger tête la première dans le bassin aux piranhas. Peut-être le vin serait-il meilleur ? Se rassura t-il comme pour donner un réel sens à sa présence en cette fête à laquelle il n'était pas vraiment convié. Acceptant presque sans broncher ce constat fort déplaisant, il se plaça sur l'estrade où on lui avait peu d'espace, il commença dès l’or à jouer de son violon, instrument triste et peu guilleret qui sciait à cette noblesse tout aussi affligeante. Son air était mélancolique, toisant les invités, il cherchait dans cette assemblée un visage familier, du moins, des signes qu'il saurait reconnaître, dissimulés derrière ces masques de faux-semblants. Dans ce théâtre des illusions, il était le seul à montrer sa vraie image.



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Perle de Nacre

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Perle de Nacre
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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Lun 5 Mai - 10:06



J
ora ne réussissait à déterminer si son compagnon de valse badinait pour camoufler son anxiété ou s'il était simplement organisé, et donc confiant. Avait-il tout prévu des prémices au point d'orgue pour garantir le succès de sa fuite ? Le jeu des trônes n'admettait que peu d'erreurs, et si elle était au moins certaine de garder sa jolie tête bien scellée à ses épaules, il n'en serait assurément pas de même pour Ehvan et tous leurs alliés s'ils venaient à se faire prendre. Elle n'osait songer au sort qui les attendait entre les paluches maculées du bourreau, et elle doutait que le patronyme du jeune lion soit à même de le sauver, cette fois trop léger en comparaison à ses actes de félon. Malgré tous ces périls notoires, elle reconnaissait bien là cette témérité qu'il sauvegardait pour les actes substantiels, et seulement pour ceux-là, bravant la pléthore de sujets pour la rejoindre en plein dans l'antre du Corbeau. A tout instant, elle craignait de voir apparaître la souveraine ou qui savait-elle encore apte à le reconnaître en dépit de son déguisement, nonobstant l'usage de son don, si bien qu'elle osait quitter le brun fallacieux des prunelles amies pour discrètement lorgner autour d'eux. Et son cavalier ? Il se trouvait une nouvelle passion dans l'art de l'improvisation. « Ce n'est pas drôle... » Conclut-elle non pas offensée, mais réellement effrayée, trop nerveuse à l'idée que la ruse de l'adonis soit insuffisante pour lui garantir la survie. Elle se laissa docilement entraîner vers où bon lui semblait, dosant savamment leur promiscuité pour ne pas intriguer les convives qui se plairaient à les observer.

« Et tu as tenu ta promesse, je commençais à désespérer que tu m'aies oubliée, ou... qu'il te soit arrivé quelque chose... » La confession n'avait rien d'extraordinaire, même si elle se garderait de dire qu'elle avait versé bien des larmes en songeant à ceci. Soudain, la poigne de la donzelle se raffermit et elle fronça les sourcils, mâchoires contracturées pour ne pas hurler son désaccord. « Ne dis pas cela... ! Ne dis plus jamais cela... Je dois déjà me résoudre à en abandonner certains derrière moi, j'en suis folle de rage, lord Sno... » Elle prit subitement garde à ne pas prononcer le patronyme de Dralvur pour ne surtout pas qu'il s'égare dans une mauvaise oreille. « J'ai besoin de toi, c'est ensemble que nous sortirons de ce maudit palais, tu m'entends ? Je t'interdis de te faire prendre, il n'est pas question que tu sois mon sacrifice... ! » Elle contempla derechef autour d'eux, et dans la foule, elle aperçut sa préceptrice. « Un loup de jais perlé de nacre, sur ta droite... C'est Irin'. » L'information était toujours bonne à offrir, et elle le savait car l'elfe avait pris soin de lui décrire sa tenue pour l'occasion – qui plus est, même dissimulé, elle avait coudoyé son doux visage toute sa vie, et aurait été capable de le reconnaître entre mille. Il lui paraissait essentiel qu'une fois contraints de se séparer, Ehvan aurait tout intérêt à approcher la nourrice pour se révéler à elle, qu'ils puissent oeuvrer de concert. « Il ne faudra pas compter sur Blaze... Quant à Jack, j'ignore où elle peut bien être, ni même si l'on peut réellement lui faire confiance... J'aimerais t'aider davantage, hélas, je n'en sais pas plus. »



Ghost of a Rose
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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 6 Mai - 3:36

Car j'appartiens aux forêts et à la solitude.

Le Grand Bal. Cette mascarade mondaine où les traîtres danseraient couverts de joyaux, où le vin coulerait à flot pour abrutir les profiteurs en tout genre. Jorkell Ravncrone jeta un dernier regard à son reflet dans le miroir de bronze. Bien. Très bien. Sobre, on ne peut plus sobre, une de ses tenues de cuirs simplement cousues d’or. Il avait déjà mis assez de faste dans cette soirée, assez d’argent. Comme s’il pouvait se le permettre. Comme si la guerre n’avait pas coûté assez cher. Il n’avait de toute façon jamais goûté ce genre de soirée. Il était trop sévère, trop solitaire pour ce genre d’évènements. Il aimait trop le calme, la vérité et la loyauté pour apprécier cette folie mensongère, où chacun se cachait derrière un masque. Il n’était pas un mondain, pas un courtisan. La corneille préférait regarder cela de loin, voler au dessus de l’assemblée, et attendre la fin du banquet pour se repaître des cadavres. Ce sera bientôt fini, le Roi ou l’Usurpateur comme certains l’appelleraient ce soir n’avait que sa présence à assurer, un jeu comme un autre, une stratégie comme une autre, une guerre comme une autre. Un duel qui n’était pas à mort, mais presque, avec des armes invisibles et des poisons de mots. Et on le nommait l’Usurpateur parce qu’il avait défié un Hulgard affaibli et malade, et il y avait cette épée de Damoclès au dessus de sa tête. Ils étaient comme lui, ils étaient même pire car lui méprisait ce genre de batailles silencieuses. Il aimait les duels à l’épée, quand l’adversaire se trouvait bien en face de lui et le voyait venir au moment où la lame s’abattait. Oh certes, il avait déjà usé du poison, une fois, puis avait planté son épée dans un corps affaibli, sans honneur ni triomphe, ce qui lui avait valu ce surnom d’Usurpateur. Peut-être oui, peut-être, il avait triché. Mais il était le roi, il s’asseyait à présent sur le trône de Jais, il avait la responsabilité d’organiser et de financer ce bal, et cela avait appris à Ebonhand et aux autres ce qu’il en était quand on cherchait à tromper et flouer un Ravncrone.

Il se trouvait à présent dans l’antichambre. Il attendait sa reine, sa femme, pour pénétrer enfin dans la salle où il jouerait le rôle de son masque. Il avait hâte que cela soit fini. Le claquement des escarpins de Sylarne lui firent tourner la tête. Un sourire mauvais assombrit le regard du sinistre corbeau. « Mon Roi, me voici comme vous l'avez demandé. » Il allongea la main vers le corsage de la lionne, et détailla la corneille et le lion qui dansaient ensemble sur la toilette. « Vous êtes ravissante. » L’ironie de sa voix était aussi puissante que la tenue de son épouse. Sa colère était froide mais terrible, ses yeux bleus étincelaient d’un feu glacé. « Est-ce vraiment le moment idéal... ? » La colère fit place au mépris. La faiblesse du cœur des femmes le navrait autant qu’elle l’exaspérait, surtout qu’il soupçonnait cette inquiétude d’être née d’une liaison qui le répugnait au-delà de l’imaginable. Plutôt que de répondre, il lui offrit son bras. Sa décision était prise, et aucune des geignardises d’une lionne qui n’attendait qu’une occasion pour planter ses dents et ses crocs et le tailler en pièce n’auraient pu avoir un effet sur lui. Mais qu’elle se méfie, il pourrait lui aussi se repaître des tripailles d’un lion mort, les corbeaux ne faisaient pas les difficiles au moment de dévorer la charogne.


Combien de visages ennemis se tenaient face à lui ? Combien de visages amis ? Un rapide regard lui assura la présence de ses enfants, au moins il y en aurait pour combattre à mi-mots pour les Ravncrone. « Seigneurs, Dames, mes amis… » Sa voix était forte, captant l’attention de ceux qui n’avaient pas encore tourné la tête à l’entrée du roi et de sa reine. Sa colère s’était mue en un calme tranquille mais la lueur n’avait pas quitté ses iris. « Je suis aussi honoré qu’heureux de vous voir tous ici pour ce bal où nous célébrons Veloth. Je suis conscient que nous avons tous vécu une année troublée, et que bien des malheurs se sont acharnés sur nos royaumes ces derniers mois. Cependant ces moments de terreur et de chaos sont loin derrière nous, nous entrons dans une ère de prospérité et de stabilité. Je fais devant vous le serment que plus jamais nous n’aurons à voir des milliers de nos frères périr dans les flammes, qu’il n’y aura plus de mise à mort injuste, et qu’aucune de nos cités n’aura plus à trembler face à une armée prête à l’engloutir comme ce fut le cas par le passé. Ce temps est révolu, nous allons à présent vers la paix. A ce titre j’ai la joie de vous annoncer les fiançailles entre mon héritier Lorkhan et Lehvinia Dragonfall, fille d’Hareld, roi d'Askevale. Puisse ce mariage à venir poser les nouvelles bases d’alliances puissantes et durables entre les différentes citadelles de Middholt. » Il fallut à Jorkell beaucoup de contrôle pour ne pas se retourner sur sa femme et apprécier l’effet que lui faisait l’annonce : il aurait adoré pouvoir se délecter de son expression pendant qu’il parlait. Il s’arrêta un instant, savourant intérieurement cette victoire qu’il s’imaginait en lui-même. « Je vous laisse apprécier cette soirée autant que m’apprête à le faire… » Il adressa à la salle un sourire avant de se tourner vers celle qui se tenait à ses côtés. « Veuillez m’excuser, j’ai mes respects et mes amitiés à présenter à certains de nos hôtes. Tachez de festoyer comme il se doit en l’honneur de ces temps nouveaux, et d’apprécier à sa juste valeur l’annonce du mariage glorieux que je viens de faire. » Il inclina poliment la tête avant de tourner doucement les talons et de s’enfoncer dans la foule à la recherche hasardeuse d’une nouvelle compagnie. Son sourire ne l’avait pas quitté.

La corneille prenait son envol, le bal des masques pouvait commencer.  

© Quantum Mechanics


HRP : Navrée pour le retard, et la longueur du poste.


le vol du corbeau annonce le charnier et sous ses ailes sombres se déploie l'ambition.

un homme responsable de ses actes est un homme de qui on peut tout craindre. Your mother's dead. Before long I'll be dead, and you and your brother and your sister and all of her children, all of us dead, all of us rotting underground. It's the family name that lives on. It's all that lives on. Not your personal glory, not your honor... but family. You understand ?

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 6 Mai - 4:49

Fiche © Quantum Mechanics
sylarne clanfell
le grand bal
F
urieuse, elle s'était soustraite à l'empire de ses appartements, suppurant le vin, exhalant morgue et claquetant cynisme du haut de ses escarpins. Le préliminaire conciliabule avec son exécrable époux lui faisait l'effet d'un puissant émétique et c'est révulsée qu'elle traversait l'Aile du Dragon vers l'antichambre de l'aula où devait déjà l'attendre son bourreau. Dans la lueur des torches, le vermeil de ses voilages se faisait spéculaire et sur son corsage se regroupaient en constellations rubis, onyx, jaspe et cornaline sur voûte brodée de fils d'or, de platine et de jais formant tantôt le lion Clanfell tantôt la corneille Ravncrone tantôt une couronne veillant sur une emblème pour veiller ensuite sur l'autre. Une ouvragée toilette commandée par son géminé, façonnée dans les plus riches étoffes et tissée d'une ironie qui en laisserait plus d'un songeur. Elle avait pourtant trouvé l'attention plus que charmante, un sourire sardonique brûlant sa lippe alors qu'elle avait caressé de son dextre lilial les coupables guipures, amusée de l'audace de son frère. Qu'en penserait le roi ? Elle n'en avait cure et les effervescences d'un esprit plus qu'intempérant la poussait à une enivrante provocation. La souveraine n'avait pas desserré ses griffes, préférant s'accompagner du sébile dont elle s'était saisi dès le zénith et dont elle ne croyait pas devoir se séparer avant la fin de la nuit, éternel amant qui baignait ses lèvres de baisers éthyliques et jetait sur sa nuque de frissonnantes caresses. Quand la lionne atteignit l'antichambre, elle laissait dans son sillage volutes vermillon et vaporeuses pérégrinations de son être, calquant sur l'argile ductile de son visage les reliefs d'une liesse simulée. Les factionnaires la firent annoncer et elle se glissa dans la pièce, les yeux déjà rivés sur la silhouette sibylline de la Corneille qui lui tournait le dos. Déposant le calice sur une desserte - non sans avoir en avoir entièrement sifflé le contenu -, elle traversa sans hâte les quelques pas qui les séparaient, se portant à ses côtés avant de lui souffler, amère : « Mon Roi, me voici comme vous l'avez demandé. » Ce n'était pourtant ni les vespérales festivités ni l'acrimonieuse bile de son époux qu'elle appréhendait et l'égrotante dipsomanie qui l'éprenait ne faisait que nourrir les flammes d'un brasier qui dévorait son regard pour le moucheter d'ombres coruscantes. Pourquoi, diantre, Jorkell avait-il choisi cette soirée pour annoncer à la cour les fiançailles de son unique fils à la Dragonfall ? Pourquoi fallait-il qu'il l'accable davantage de cacochymes tourments ou d'asthéniques afflictions ? « Est-ce vraiment le moment idéal... ? » pour condamner votre fils à un mariage aussi malheureux que le nôtre, aurait-elle voulu lui répliquer. Laconique, elle laissa fuser l’imprécation, s'accrochant au dernier vestige de l'épave qui sombrait. Sous le clapier osseux de sa poitrine s'étiolaient les battements d'un cœur qu'on contraignait une fois de plus à jouer le féal alors qu'il était par essence féral. Elle adressa un signe de la main à l'échanson qui officiait, réclamant une nouvelle coupe. Et alors qu'elle porta la libation à ses lèvres, muette, elle ne put s'empêcher de sourire. Ce soir, elle permettrait à l'oiselle de s'émanciper. Ce soir, elle espérait porter un coup fatal à celui qui, inconsciemment ou volontairement, agitait la main devant le lion famélique sans connaître l'ampleur de son inanition...


«V
euillez m’excuser, j’ai mes respects et mes amitiés à présenter à certains de nos hôtes. Tachez de festoyer comme il se doit en l’honneur de ces temps nouveaux, et d’apprécier à sa juste valeur l’annonce du mariage glorieux que je viens de faire. » Les effervescences caligineuses s'agrippaient férocement à son occiput, les vertèbres qu'un égrotant éthylisme avaient grimpées une à une se lézardaient d'une antalgique chaleur qui n'arrivait pourtant pas à chasser la frigidité qu'avait insinué en elle le discours de son époux, le Roi. Un sourire cynique avait obombragé ses lèvres alors qu'elle inclinait elle aussi du chef, soulagée de n'avoir plus à souffrir de son hiémale présence. Sitôt achevée l'apostrophe narquoise et cruelle de son mari, elle était déjà en quête d'un calice au col grenat qu'elle ne tarda pas à trouver, arrachant l'hyalin sébile d'un plateau que transportait un domestique. Insensible aux prunelles diaprées qui se rivaient à sa régalienne personne, elle portait déjà à ses lèvres la liquoreuse boisson, expiant dans ces quelques lampées une vésanie qui l'obsédait depuis le réveil. Qu'aurait-elle donné pour se noyer dans le ressac bordeaux du myr, pour ne pas souffrir l'inanition d'un cœur léonin qu'on affamait plus encore ? Au creux de son épigastre néanmoins se distillait une peur qui la suffoquait et son cœur, déraillé, fracassait sa geôle osseuse comme un bélier l'aurait fait d'imprenables remparts. Derrière le nacre d'un masque léonin se moiraient les malachites prunelles qui captèrent le regard céruléen du prince pour en arracher l'éclat. Dans l'orage qui dévorait son ventre, elle sentit sa lippe s’entrouvrir, sa gorge cueillant quelque oxygène alors que vacillait son cœur, flamme chevrotante qu'il soufflait d'un simple contact visuel. Et la chevelure de jais qu'il arborait ne brillait plus dans l'éclat flavescent de la sienne, mais se conjuguait à celle de la Dragonfall, sa promise, sa fiancée, celle qui allait partager ses nuits, reine vespérale qui, elle, n'aurait pas à craindre que la nuit ne se transforme en procès et le matin en exécution. Le cœur au bord des lèvres, elle se détournait, révulsée par une si immarcescible injustice, n'osant plus affronter le regard du prince qui la tourmentait plus qu'aucune folie. Parmi les vautours qui s'empanachaient de masques, elle reconnut aisément les notables de la cour sans toutefois avoir envie de s'infliger leur turpide présence. Le venin de la céraste n'ayant pas sa place dans une coupe qu'elle jugeait toujours trop vide et les jaspures qui s'étiraient sous le marbre de sa peau n'étaient que trop gorgées de poison déjà pour qu'elle eut envie de risquer sa nuque sous les crocs de cette insupportable brochette de parasitaires ophidiens. Toujours alourdie d'éthyliques cynismes elle glissa des yeux vers l'estrade d'où s'élevait un mélancolique requiem, mélopée étouffée par les friselis et les indiscrétions d'une cour dont les ragots ne dormaient jamais. Portant l'hyaline coupe à ses lèvres, elle inclina la tête vers le violoniste, ses lèvres se sculptant d'un amusement narquois. Puis, elle déposa le sébile sur une crédence, applaudissant avec une lenteur déconcertante avant de lui lancer, amère : « Beaucoup vous diraient qu'une si triste symphonie n'a pas sa place dans une mascarade dédiée à la renaissance d'un monde emprisonné par l'hiver... Et pourtant, je ne trouve rien de plus adéquat que ce requiem pour souligner le trépas d'un discernement qu'on enterre, à Jernvugge, si promptement. » Insensible à la poignée de prunelles qui s'attachaient à ses gestes et buvaient ses sardoniques paroles, la reine leva son verre à l'intention de tous les indiscrets. « Comment vous nommez-vous, ménestrel ? » Puis, avec un sourire équivoque, elle glissa à son encontre : « Peut-être devrais-je vous embaucher pour le mariage du prince Lorkhan et de la princesse Lehvinia... Les mariages en Ibenholt se font, de nos jours, plus lugubres que Dagoth lui-même. » [AVÉTIS]


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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mer 7 Mai - 11:32



L

........e mélomane se voulait imperturbable, à l'égal de ce public impassible qui n’esquissait aucune réaction au son délicat qui émanait de son accessoire, mais qu'elle ne fût sa surprise lorsque s'approcha à pas feutrés, malgré le claquement délicat de ses souliers, glissant comme si le sol n'était que fumée, une femme dont la beauté éblouissante ne pouvait laisser de marbre. D'ordinaire, jamais il n'interrompait ses prestations où ne les ponctuaient de causeries annexes, sauf pour donner de la voix à quelconque comptine qui accompagnait la musicalité de ses gestes. Mais on ne l'avait point fait venir à Jernvugge pour chanter, à son grand désarrois, simplement pour participer à l'arrière plan des chuchotements de la cour et donner un fond plus mélodieux à cette comédie. Alors se voulait-il aussi muet que les apparats ornant l'aula où se déroulait ce carnaval, aussi silencieux que les brigues se déroulant sous ces yeux. Mais la présence à ses côtés de cette divine créature acheva de le distraire et, se concentrant de son mieux pour maintenir la cadence de sa ténébreuse mélodie, il ne pût résister à  l'envie de répondre à l'intérêt que lui portait la royale entité. «  Votre Grâce. Je me prénomme Langue d'Argent, ménestrel de grands chemins, officiant dans les royaumes de notre tant aimée Middholt. »

Il eût était difficile, stupide même, de ne pas voir en sa compagne d'un instant une éminence dont la réputation précédait sa venue, le port altier de sa stature, la superbe de son époustouflante toilette et la désinvolture de ses dires, le ton hautain d'une représentante des cimes s'adressant à un moins que rien des bas-fonds. Pourtant c'était au modeste musicien qu'elle s'adressait, parmi toutes les couronnes et richesses à portée ce soir là, à un pauvre maestro qui ne saurait l'entretenir d'autre discours que celui au sujet de sa révolte et son écœurement quant à sa présence ici. Peut-être se sentait-elle tout aussi exclue ? Cette pensée s'éteignit bien vite tandis que Dame Sylarne le charriait avec élégance à propos des lugubres émanations de son violon, l'invitant même à perpétuer cette langueur lors d'une célébration à venir. Avétis avait entendu le discours d'arrivée du seigneur en ces terres, annonçant les futures épousailles entre son fils héritier et une haute demoiselle d'Askevale.
« Voyez-vous, Votre Majesté, j'ai d'autres symphonies à mon répertoire, il m'arrive de ne pas seulement abreuver le cœur des âmes attentives de tristes notes alors que leur esprit est en fête. Cependant si votre proposition est toute fondée, je l'accepte avec un immense privilège, que je me ferais un plaisir d'honorer. »
Dans un élan de courage et d'impétuosité, voyant le godet de la sylphide léonine désespérément vide, il lui demanda « Voulez-vous que je vous apporte de quoi supporter au mieux cette mascarade ? »



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