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 [event] Fucked by fire. (Arda)

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Cerbère des Bas-Fonds

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Cerbère des Bas-Fonds
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MessageSujet: [event] Fucked by fire. (Arda)   Jeu 15 Mai - 10:26

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fucked by fire.

arda et dante
Il foulait les dalles de la rue avec une pesanteur masculine, la silhouette lestée de ses nippes lourdes et de ses bottes sanglées comme un soldat dépouillé de couleurs ou de cuirasse. Fort d'une humeur amène, il arborait depuis ses retrouvailles fraternelles une ombre de risette qui rendait son allure, habituellement sinistre, des plus affable. Zorkharr quitté, il ne doutait pas retrouver l'effigie typée de l'ostrogoth dès le lendemain, corrélant dans ses veines l'enthousiasme brut d'un loup ayant recouvré sa meute, ou tout du moins son égal. Une halte à l'auberge qu'il fréquentait depuis plus d'une semaine lui avait permis de déposer son havresac et scléroser un peu plus son foie d'une gourde emplie de vin qu'il avait su marauder sans faire usage de ses talents les plus retors ; l'homme à qui il avait détroussé son joyau gisait là, dans le triste couloir des chambrées, aussi aviné que ne pouvait l'être un sac fait de chair et d'os. Le gosier donc bien arrosé, il descendit par une artère pour en retrouver une autre, chacune d'elles noircie par la populace qui festoyait encore, et bien mieux, une fois l'astre diurne couché dans son horizon. La lune ronde comme un sein courtisait son linceul avec une clarté éblouissante, tant et si bien que, dans tout Ibenholt, des ombres aux traits forcés se dessinaient comme au jour. Déambulant main contre la garde de son arme, il laissait couler sur les saynètes un regard tantôt curieux, amusé ou même critique. Le krorag avait raison sur un point, et même bien d'autres ; il y avait là trop de teintes. Les esprits échauffés par l'alcool médiocre coulant à flots dans les tavernes ou chaumières avaient rendue cette mascarade en bacchanale absurde et dérisoire. Des mâles fardés comme de parodiques bourgeoises forniquaient des femelles travesties en bêtes, des qui hurlaient poursuivaient des qui vagissaient, et, sans commune mesure, dans l'air flottait à s'y méprendre la plus infâme mixture de tous les remugles capiteux réunis en un seul parfum. Lui qui humait avec un délice primitif la fragrance des forêts qu'il traversait et jouissait du sacrosaint silence que la sylve avait à offrir, se retrouvait à patrouiller dans la jungle la plus hideuse qui lui avait été donné de voir. Levant haut le coude pour mieux faire passer le goût puant qui s'égrenait contre son palais, il bifurqua derechef vers une suite de venelles toutes plus étroites les unes des autres, filtrant tant bien que mal la houle humaine qui commençait à le cercler d'une profonde irritabilité. Là, même la Nacrée ne pouvait serpenter tant les murs des bâtisses étaient hauts, et, à un angle un peu plus fréquenté, apparut un crin qui aimanta ses lazurites. Il ne pouvait guère distinguer le minois de la catin et toute expression faciale en découlant, mais le sybarite qu'il était reconnaissait la valse licencieuse d'une croupe affamée jusque dans les ténèbres nouvelles. Lui annonçant son prix d'un miaulement, il arqua sourcil avant de l'arrenter sans mot dire en passant son bras épais sur les frêles épaules pour l'entraîner à sa suite.

Ils bringuebalèrent un moment sur la pierre lisse de l'allée, marchant sans se presser et buvant le reste de vinasse qu'il voulut bien partager avant de jeter nonchalamment la gourde par-dessus épaule et faire halte près d'une auberge. Là, il la débarrassa de sa prise pour la pousser contre une cloison en lattes de bois qui reçut le rachis de la fille sans douceur, avant de s'écraser contre elle avec poids et muscles pour enfoncer ses rêches paluches dans le décolleté qu'il défit d'un geste brusque, tirant les lanières qui déchirèrent l'étoffe par endroits. Elle voulut porter ses lèvres contre les siennes mais il l'arrêta sans ménagement, une paume plaquée contre la gueule féminine. « J'embrasse pas les putains. » Il eut une risette de squale à l'orée du sarcasme. Mais il refusa bel et bien de happer ce gouffre à queues. La tirant de nouveau vers lui, il l'emmena à l'intérieur du baraquement qui servait de piètre écurie pour les rares voyageurs à monture cherchant gîte et couvert dans l'établissement annexe. Ils piétinèrent bientôt un sol terreux germé de foin, frôlant un cheval qui les vit passer sans grand étonnement et s'enfonçant au plus loin pour trouver tanière à leurs ébats. Un tas de fourrage recueillit bientôt leurs carcasses agenouillées, la camouflant à qui viendrait de son haut buste puisqu'il lui intimait déjà de baisser échine comme chienne le ferait. Il se défroqua, leva les guenilles de la roulure, cracha dans sa paume puis humecta l'entrecuisse de la gueuse avec mécanisme avant de la saillir dans un même rituel, les mains accrochées aux hanches et les carnes s'entrechoquant dans un silence tiède.    



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This life, which had been the tomb of his virtue and of his honour, is but a walking shadow; a poor player, that struts and frets his hour upon the stage, and then is heard no more: it is a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing.

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Chienne de Veloth

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MessageSujet: Re: [event] Fucked by fire. (Arda)   Ven 16 Mai - 19:03

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fucked by fire.

arda & dante
Arda avait fini par prendre congé de l'étrangère brune qui l'avait observée avec un peu trop d'étonnement au fond des prunelles. Enlevant les miettes de tourte qui ourlaient ses lèvres, la catin aux cheveux de feu avançait dans les venelles en jaugeant du regard les mâles qu'elle croisait. Ses hanches voguaient d'un côté et de l'autre, roulant à chacun de ses pas. Elle avait choisi de trouver un dernier client, et de partir dormir. La fête continuait encore demain, elle aurait toujours des hommes à satisfaire le lendemain. Un dernier pour cette nuit, histoire de renflouer la bourse qui avait maigri à l'achat de la tourte. Les corps se frôlaient dans ces venelles étroites et elle fut bientôt approchée par un gaillard aux cheveux d'une teinte semblable à la sienne. Signe du destin ? La carrure annonçait un type bien bâti. Ça serait donc lui et que Veloth la protège et lui évite d'être aux prises avec un proxénète retors. La catin annonça la couleur et, sans entendre sa voix, comprit que l'autre consentait et l'accompagna, docile. Il sentait la vinasse à plein nez, mais ça ne serait pas le premier de la journée à avoir trop bu. Au moins, il était généreux puisqu'il la laissa boire quelques gorgées. Ça tombait bien, la tourte lui avait donné soif. Quelques gouttes s'échappèrent, glissèrent le long du buste d'Arda et vinrent tacher les rebords de sa robe, déjà bien salie de foutre et de sueur. Qu'importe. Elle l'observa à la dérobée, se demandant ce qu'il pouvait bien faire comme métier : soldat ? Peut-être bien. marchand ? Sans doute pas, il n'avait pas les vêtements pour. Elle l'observa jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent devant une auberge et qu'il la plaque contre un mur de bois sans la moindre douceur. En même temps, elle était une fille de joie, elle n'avait pas besoin qu'on la prenne avec des pincettes. C'était bon pour les nobliaux puceaux qui voulaient perdre leur virginité avant d'épouser leur bourgeoise. Mais même ça, Arda n'avait pas vraiment eu l'occasion de connaître. C'était brutal, c'était bestial, et elle aimait ça. Sans doute des relents de son adolescence, mais autant ne pas se perdre dans ces réminiscences.
L'étoffe se déchira sous la pression des paluches du bougre et Arda ne put retenir un léger froncement de sourcils : elle allait devoir faire quelques retouches avant de pouvoir travailler le lendemain, c'était regrettable. Les putains abimées n'intéressaient personne ou presque, et une robe déchirée lui attirerait des ennuis avec les casaques métalliques. Tant pis. Elle tendit son cou vers son partenaire, mais dut essuyer un refus clair et net : « J'embrasse pas les putains. » Ben voyons, un imbécile qui allait aux putes, mais avait des principes. Elle haussa les épaules, un sourire amusé s'esquissant sur ses lippes en miroir à son rictus. Soit. Le client était roi, elle n'en ferait plus rien. Et puis les choses s'accélérèrent et elle était bientôt à quatre pattes dans le foin, les jupons troussés, prise comme une chienne. Beaucoup mieux membré que l'autre, pensa-t-elle tandis qu'il la pénétrait. Ça devait être le combientième de la journée ? Il y avait eu celui du petit matin, l'autre ivrogne avec qui elle était restée une heure, deux autres dans les venelles et celui avec la toute petite queue. Le sixième. Six hommes quand une journée, c'était pas mal. Beaucoup plus que sa moyenne habituelle, mais d'un autre côté elle était en ville, et les villes regorgeaient d'hommes en mal d'amour. Non, pas d'amour : d'affection. C'était certainement pas elle qu'il faudrait voir pour un manque d'amour, vu comment elle ne s'attachait pas des masses aux gens. Arda était dans ses pensées, tenue aux hanches par des pognes puissantes. Est-ce qu'il avait déjà étranglé des gens avec ces paluches ? Est-ce qu'il avait brisé des crânes avec ces mains ? Elle était convaincue que ça devait être le cas. Et ça ne lui faisait pas peur, non, pas comme l'autre monstre et sa lueur folle dans les yeux, ça non. Ça l'excitait, presque. Ça, et le fait qu'il la prenait avec force et puissance, et qu'elle aimait sentir les vits des mâles bien profonds en elle. Prenant appui sur une seule de ses mains, elle passa l'autre entre ses cuisses écartées pour aller saisir les bijoux de famille du client, histoire de lui en donner pour son argent. Fatiguait-elle ? Pas vraiment. C'était une bonne chose de finir sur un bon coup, mais c'était mieux s'il finissait, quand même, ou qu'il n'était pas loin, parce qu'elle se sentait venir. Contrairement au client précédent qui avait eu besoin d'encouragements, elle n'était pas à gémir comme une idiote. La tension montait et leurs orgasmes se confondirent. Elle avait de nouveau les deux paumes contre le sol, le souffle saccadé et attendit quelques secondes, d'abord pour reprendre sa respiration normale, puis brisa le silence : « Si tu veux recommencer, ça te coûtera la même chose que le premier coup. » C'était bon, c'était vrai, elle ne pouvait le nier, mais c'était pas pour autant qu'elle le laisserait tirer son coup gratuitement une nouvelle fois. Son corps était son outil de travail, elle avait appris à se faire payer à chaque fois. Elle aussi, elle avait des principes.



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Cerbère des Bas-Fonds

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MessageSujet: Re: [event] Fucked by fire. (Arda)   Sam 17 Mai - 1:49

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fucked by fire.

arda et dante
Peu chaut de ce que pouvait ressentir sa monture, Firebeard la saillait avec toute la rudesse et trivialité dont était pourvu le pacte scellé entre Besoin et Pulsion. Ses larges crochets s’enfonçaient dans la chair des hanches adverses pour mieux cadencer les secousses de ses reins et, de temps en temps, il portait ses lazurites tout contre la croupe huileuse pour n’en mirer que le croquis. Du reste, il observait droit devant un horizon factice qui périclitait en son for la voracité de ses sens, fermant parfois même ses lourds rideaux de paupières sous quelque élan orgastique paralysant ses pensées. Rien n’était plaisir. Rien n’était érotisme. Rien n’était chaleur enfiévrée ou partage voluptueux. Tout n’était qu’un interlude pétrifié dans les aléas du quotidien. Tout n’était qu’un échange de bons procédés, une activité commerciale en plein essor de laquelle n’en résulterait qu’une satisfaction instinctive. Ahanant sans trop de gêne, il accentua ses heurts avant de les précipiter vers une ultime chevauchée qui fit germer dans sa gueule semi-ouverte un râle gonflé d’un souffle massif. Déchargeant foutre et levant mâchoire, il sentit cet éclair de fatigue salutaire vibrionner dans ses muscles pour les engourdir de pied en cape. Ne resta dès lors plus que l’écho lointain du palpitant bâtonnant contre les parois de son crâne et l’ivresse sanguine galopant en flots séditieux dans ses veines. Et plus rien n’existait. Ni la vie. Ni la mort. Ni l’écrin des souvenirs entassant ces deux gemmes ontologiques qui rythmaient le destin des mortels. Cet Oubli à la fois absolu et absurde qui suivait la jouissance aux prises d’inconnues était un élixir farouche qui désaltérait son asthénie. Celle qui abrasait son essence depuis plus d’une décennie dans l’espoir de ne laisser à cette épaisse carcasse que le patrimoine d’une coquille vide. Un miaulement lui fit rouvrir ses rideaux de chair tandis qu’il rabaissait son menton hirsute vers la roulure. L’embrasant toujours de son vit dégorgé, il se déhancha en lui faisant suivre la lente chorégraphie lascive et, camouflé par sa position, il s’arracha un sourire oblique avant d’excaver son phonème en une lente et sombre trajectoire. « Cupide petite garce. » Dépourvu d’agressivité, son timbre longea le derme mis à nu comme un serpent glacial. Il y traînait là une certaine lassitude obligée par l’effort abouti, offrant au client une nonchalance sibylline. « Mais si je n’me retire pas, ça reste en soi le premier coup. » Il effila un vague ricanement comme il restait toujours profondément ancré en elle, pétrissant sous ses paluches la viande des hanches. « Et du temps qu’je rattrape la gaule dans ta charnière, tu pourrais me parler de ta chienne de vie que j’feindrais d’apitoyer. » Toutes plus ou moins les mêmes, ainsi concevait-il les putains ; des chattes ambulantes couronnées de mamelles, le tout pensionné à l’heure pour les queues vagabondes. Il ne leur demandait jamais rien, pas même leurs prénoms qu’il emmurait dans une amnésie sélective si par mégarde elles le lui susurraient entre deux piaillements. Et lui-même leur épargnait ses fariboles d’âme en peine incapable de se bâtir un semblant d’existence, là où le quidam façonnait un foyer, érigeait des ambitions ou s’astreignait de chartes. Spectre en manque de liberté, il préférait avorter les simagrées humaines pour ne se réjouir que de l’acte en lui même. Comme une véritable bête.

« Qu’est-ce que t’en d– » Ses phalanges rugueuses venaient de tomber sur un stigmate tranché à même la carne, dessinant une courbe qui, sous ses doigts, parut lacérer les ridules de son faciès en un masque ébahi. Il sentit là une arabesque pourvue d’un millier de fracas venus s’échouer sur ses courbatures. Une parure carnassière flagellant sa torpeur comme une pluie de surins. « Ta cicatrice », articulèrent ses lippes avec difficulté. Il lui semblait que sa pulpe était à vif, érodée par l’acide le plus corrosif qui pouvait exister et qu’il eut pu supporter. En écho à son expiration, des éclats de voix jaillirent dans la courette de l’auberge adjacente à l’écurie, scandant et éructant à qui mieux mieux des tonnerres d’injures et d’hâbleries en saccageant et vandalisant tout ce – et tous ceux – qui se trouvait sur leur traverse. Alerté par sa vigilance de rapace, le molosse tendit l’oreille et finit par se redresser en rebouclant ceinture. Filant droit vers le seuil de l’étable, il distingua bien des faquins courir jusqu’à l’établissement pour rejoindre la meute d’iconoclastes qui arrachaient déjà des cris et des éclats aux occupants, mais ses orbes dérivèrent bien vite vers la grand-rue de laquelle s’élevait une rumeur chaotique. Maintenant qu’il prenait la peine d’ouïr les entrailles de la cité, celles-ci bramaient comme à l’aube d’un cataclysme. « C’est quoi ces conneries », souffla-t-il dans un masque ombrageux, son épine entière transie d’un mauvais pressentiment. Il eut un regard vers le fond de l’antre assombri avant d’en revenir au panorama, empoignant d’une main de fer le manche de son poignard qu’il tira rudement. Le destrier harnaché manqua cabrer sous le chuintement sinistre de la lame et de son reflet assassin. Le Cerbère patienta qu’un olibrius de plus se joigne à la procession pour sortir de son repaire, le saisir par les nippes et l’entrainer derechef dans la noirceur de l’écurie. Accolant brutalement sa prise contre la cloison, il vissa la lame de son arme contre la jugulaire et l’interrogea avec aigreur. « L’roi ! L’roi est mort ! » L’énergumène postillonna si fort que Firebeard dut grimacer avant de le sabouler vivement. « Le roi Jorkell est mort ?! » Invraisemblable. Il voulait confirmation. «  Nah ! Mais y va crever ! Y vont tous crever dans leur nid ces poissards de choucas ! Y disent qu’la princesse Lorsei s’est faite tailler l’bide, ça n’fait qu’commencer ! » Coi de stupeur, Dante relâcha de peu sa prise, œuvrant inconsciemment pour l’effervescence du gueux qui se mit instantanément à brailler comme possédé par quelque démon. « MORT AU ROI ! MORT AUX CORBACS ! » D’irascibilité – autant pour s’être repris le crachat diluvien du malandrin que pour avoir souffert de sa criaillerie – le belliciste asséna un violent coup de pommeau droit dans la tempe du pendard qui s’effondra au sol comme une poupée de chiffon. Évanoui ou mort, il s’en foutait bien. « Il faut sortir de la ville. Tout de suite. » S’essuyant le faciès d’un revers de manche, il revint vers la catin qu’il dévisagea dans un long mutisme jurant avec le charivari extérieur. Il n’aurait jamais pris la peine de s’encombrer d’une gêne pareille sous l’astre d’un tel fléau, mais cette gêne pouvait tout aussi bien être le sang de son sang. « Arda », ni question ni allégation, le mot flotta entre eux deux tandis que le monde basculait dans les abysses.


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MessageSujet: Re: [event] Fucked by fire. (Arda)   Sam 17 Mai - 21:42

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fucked by fire.

arda & dante
Il n'avait pas l'air de vouloir se retirer, le bougre. « Cupide petite garce. - Pour votre plaisir, Messire. », railleuse, elle ne prit pas ombrage des qualificatifs, les prenant même pour des compliments. Ils disaient bien ce qu'elle était, ç'aurait été sôt de s'en offusquer et de feindre la pureté alors qu'elle venait de se faire tringler comme une chienne dans une écurie puante. « Mais si je n’me retire pas, ça reste en soi le premier coup. » Elle ricana avec lui. Il cherchait à l'entourlouper et elle n'était pas dupe. « Ben voyons. », protesta-t-elle doucement. « Et du temps qu’je rattrape la gaule dans ta charnière, tu pourrais me parler de ta chienne de vie que j’feindrais d’apitoyer. » Un rire franc franchit ses lèvres charnues. Au moins, il avait l'honnêteté d'affirmer qu'il n'en aurait sans doute rien à cirer. Peut-être se doutait-il que les lèvres des putes ne laissaient jaillir presque que des mensonges… Quoique, peut-être que ses collègues racontaient réellement leur vie. Arda réfléchissait au numéro qu'elle pourrait lui sortir. Le père noble, elle l'avait déjà fait dans l'après-midi, c'était son histoire préférée, elle pouvait toujours ajouter des rebondissements quand elle le voulait, sans se soucier du réalisme criard. Elle avait appris les noms des techniques de combats, à force de suivre des troupes de gens en armes, et avait assisté (de loin) à quelques joutes. Elle réfléchissait encore à la vie qu'elle pouvait s'inventer lorsque la voix rocailleuse du client s'éleva de nouveau, histoire de l'enjoindre à le distraire verbalement en attendant que la trique revienne. « Qu’est-ce que t’en d– - J'en dis que c'est toujours le même prix que la première fois. Et que— - Ta cicatrice - Quoi ? Non, cette histoire, je la raconte pas. » Elle n'avait même pas cherché à comprendre le ton de l'inconnu. Elle croyait qu'il s'était arrêté de parler pour une raison x ou y au départ. Quant à la cicatrice, oui, il avait dû la sentir en la tenant par les hanches, mais elle n'avait pas perçu la pénibilité des mots, loin de là. Elle croyait simplement qu'il était curieux à ce sujet, peut-être un peu sadique sur les bords, mais ça n'avait pas l'air d'être une requête dans l'idée de lui en faire une autre. Cela dit, elle l'avait rabroué un peu sèchement c'était vrai. Parfois, elle avait inventé des histoires sur cette cicatrice. Elle avait tenté… Et puis ses pensées étaient revenues vers son frère disparu et ça avait assombri sa mine. Elle n'en parlait plus, ni de lui, ni de sa cicatrice ou de comment elle l'avait eu. C'était du passé tout ça, et même si elle était certaine qu'il était encore en vie, elle avait abandonné l'idée de le retrouver. Trop de temps était passé pour que ça soit possible. Elle avait perdu l'envie de le chercher : sans doute toujours déçue en croisant un rouquin de ne jamais retrouver Dante. Rien que d'y repenser, même quelques secondes, lui minait le moral. C'était aussi bien qu'elle tourne le dos à son client, et qu'il ait l'attention attirée par autre chose, comme les éclats de voix qui se laissaient entendre désormais, plus forts et véhéments avec les secondes. Elle tournait toujours le dos au mâle, se releva, épousseta les jupons maculés de terre et de brins de fourrage, puis daigna composer un visage concentré en rapportant son regard sur le sombre personnage -qui ne l'avait pas encore payée, d'ailleurs. Mais l'heure n'était pas à réclamer sa pitance. Rajustant son corsage malmené, Arda s'assura que ses seins étaient bien rangés et soupira en constatant que l'étoffe ne s'était pas raccommodée par magie pendant qu'ils étaient affairés à copuler. Elle s'en occuperait plus tard. Il y avait peut-être plus urgent actuellement. C'était en tout cas la pensée qui la traversa lorsque le colosse roux attira un pauvre type qui annonçait la "bonne" nouvelle.

Elle s'approcha, une ride inquiète se dessinant sur son front. Ça n'était pas qu'elle appréciait particulièrement la noblesse, ou encore le roi. Non, ça, elle s'en fichait comme d'une guigne. Ce qui ne la rassurait que moyen, c'était que l'autre avait sorti une lame qui devait être bien acérée, et que si elle pouvait éviter d'assister à un meurtre, ça l'arrangeait. Mais point d'effusion de sang, juste de la salive projetée par un imbécile postillonnant et presque en transe. Les clameurs s'élevaient de plus belle dans les ruelles bordant l'auberge, et Arda commençait à se demander pourquoi elle restait là. Certes, le cerbère et sa proie lui barraient la route : la chienne était coincée dans l'écurie jusqu'à ce qu'on l'autorise à dégager sans demander son reste. Pas possible de se faufiler entre eux, ou de frôler le canasson. Elle était sûre qu'il lui collerait un coup de sabot en plein dans le menton et adieu belle dentition ! C'eût été un drame, donc elle ne bougeait pas. Sans doute aussi parce qu'attifée de la sorte, elle redoutait de faire plus de dix mètres sans être prise à parti. Et vu qu'elle avait durement gagné l'argent dans sa bourse, et qu'elle tenait à la vie, elle préférait ne pas être le défouloir d'une horde de crevards assoiffés de sang et de cul. Alors elle ne bougeait pas et ne tentait pas le diable. Diable qui s'était emparé de l'intrus empoigné, qui venait de hurler un cri peut-être de ralliement… et de se faire assommer par le combattant au crin de feu. « Il faut sortir de la ville. Tout de suite. » Il avait tourné la tête dans sa direction. Un instant, Arda regarda derrière elle s'il n'y avait pas quelqu'un d'autre à qui il aurait pu s'adresser. C'était improbable. Insensé. Voilà que le client ayant des principes se la jouait preux chevalier désireux de sauver une putain ? Elle le dévisagea, interdite, n'osant pas faire de mouvement supplémentaire. « Arda » fut le seul mot qui semblait justifier un tel revirement de situation.

Elle ne lui avait pas dit son prénom, ni celui-là, ni aucun autre.
Elle ne lui avait à vrai dire rien dit du tout sur elle.
Comment pouvait-il donc savoir qui elle était ?

Le temps parut se suspendre tandis que l'esprit de la catin mettait bout à bout les informations. Elle n'avait pas en face d'elle un quelconque soldat de ses débuts, à qui elle aurait pu faire la sottise de donner son prénom et qui se serait souvenu d'elle. Celui qu'elle avait cru être un client comme un autre n'était rien de tout cela. C'était pour cela qu'il avait fait allusion à sa cicatrice. Pour cela même qu'il y avait prêté attention. Parce qu'il savait, que des années auparavant, il avait laissé cette marque sur le corps de la créature à la chevelure couleur rouille. Le voile se levait et elle savait qui lui faisait face. Il était vivant. Elle le savait, sans pouvoir l'expliquer. Elle l'avait toujours su. Il était vivant. Gorge nouée, oubliant pour un instant que le monde s'embrasait tout autour d'eux et que le chaos ne tarderait plus à régner, Arda aspira une grande bouffée d'air, ayant du mal à croire à ce à quoi elle assistait. Puis, un murmure. « Dante. » Elle le reconnaissait sans l'avoir vu depuis des années si longues qu'elles lui avaient paru des siècles. Son frère. Enfin, un de ses nombreux frères. Mais c'était Dante, celui avec qui elle avait été la plus proche, et dont le départ l'avait laissée dévastée. Immobile quelques secondes, elle n'en attendit pas plus pour se jeter au cou de l'homme armé. Cramponnée contre lui, pleurant à moitié, bouleversée par ces retrouvailles, elle avait presque oublié que la ville se soulevait. Elle s'en souvint à temps alors qu'elle vit accourir deux hommes en armes vers les écuries, lâcha le rouquin pour ne pas entraver ses mouvements et recula prestement en prévenant son frangin de la menace imminente : « Derrière toi ! » Elle-même n'avait pour toute arme que la dague avec laquelle elle avait entaillé l'avant-bras du fou de la matinée. Elle savait s'en servir, il avait bien fallu qu'elle apprenne. Et puisqu'elle ne servait à rien et que Dante saurait sans doute se débrouiller tout seul (et qu'elle risquait plus de le gêner qu'autre chose si elle intervenait), elle s'accroupit auprès de l'évanoui et lui subtilisa sa bourse -ça vaudrait bien la gène occasionnée. Ses ouailles emplies des cris populaires qui appelaient au soulèvement des petites gens, et des hurlements horrifiés des pensionnaires de l'auberge, bourgeois malchanceux pour la plupart, Arda savait qu'il faudrait virer vite et bien. Et la seule solution semblait être le cheval qui avait tantôt henni face à la lame de Dante. La catin, leste et preste, surveilla l'entrée de l'écurie, au cas où d'autres combattants voulaient se joindre à la leçon de danse dispensée par son frère, puis ne voyant nulle menace supplémentaire, entreprit de défaire les rênes de l'équidé et essaya de se faire obéir de la craintive carne qui devait sentir l'agitation plébéienne. « Tout doux, mon beau. Gentil. Gentil. Calme. Là… Shh. » Le coursier manqua de la mordre alors qu'elle voulait poser sa main sur son museau, arrachant un "Saloperie de bourrique !" à une Arda colère. Elle héla alors l'homme de la situation tout en retenant le cheval qui menaçait de ruer et de talonner ce qui venait derrière lui. « Dante ! Tu sais diriger ces machins ? »



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MessageSujet: Re: [event] Fucked by fire. (Arda)   Dim 18 Mai - 19:40

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arda et dante
Ce qu’il cueillit dans ses bras ne fut plus l’effigie de cette roulure daubeuse qu’il pensait jusqu’alors avoir coudoyé hanches scellées. Pantois quant à cette inespérée divulgation, il crut bon la bercer tout contre son buste jusqu’à ce que l’abîme du chaos ne les noie tous deux. Une tout autre ivresse floculait déjà dans ses veines en marbrant sa carne d’une chaleur incomparable aux autres fièvres concupiscentes jusqu’ici émiettées en son for intérieur. L’émoi était faste, ambassadeur d’un remous qu’il n’aurait pu – ni aurait voulut – en aucun cas garrotter, et ses bras ciselés torsadaient sous textile pour mieux la happer et ne jamais plus la laisser s’éloigner. Cette sœur perdue dans une mer agitée refaisait surface comme prodige de chimère, mais plus encore que la chair de sa chair, elle était le fanal étincelant au loin pour le guider à rive sûre, une souvenance tangible pour lui remémorer autant son passé que son humanité. Annales ouvertes et poussiéreuses, il lui semblait presser une étrangère plutôt que la gamine laissée naguère aux abords de leur ferme, sanglotant mille flots qui s’étaient si bien mêlés à ceux de leur mère, et priant mille dieux qui jamais ne les avaient écoutées. Il ne voulut estimer les automnes qui les avaient séparés, soudain effrayé par le nombre qu’il pourrait découvrir, autant de grains émiettés dans leur immarcescible lien de géminés arrachés l’Un de l’Autre. Viendrait inéluctablement l’heure où leurs gemmes se poseraient sur leurs reflets pour redécouvrir ce que la vie avait fait d’eux, mais à cet instant de tohu-bohu général, rien ne valait mieux que de reprendre esprit. A l’éclat de voix, les sens du belliciste revinrent de but en blanc, plus encore maintenant qu’il lui fallait faire montre d’une protection rapprochée. Lupin féroce aux flancs de sa femelle, il se découvrit plus néfaste qu’à l’accoutumée, hébergeant les rivaux avec une rage canine qu’il délivra dans sa dague ; esquivant le premier en fléchissant genou et penchant épaules vers la droite, il para le couteau de boucher du second, avant de lui asséner un coup de rotule dans les entrailles pour l’achever d’une morsure de lame flanquée sous mâchoire qui ressortit tout-de-go dans sa gueule exagérément ouverte. L’autre qui revenait à charge parvint à taillader une omoplate du Cerbère, faisant rugir la bête qui l’accueillit en parant derechef la main assassine pour la bloquer d’un bras mégalithique et planter droit dans le cœur le museau de sa Sanglante. La canaille battit le sol de sa carcasse inerte, laissant l’irascible reître ahané et maculé d’une mélasse sombre, avant qu’il ne porte ses lazurites sur le minois combattif et revêche de sa frangine. La sibylline créature dont elle parlait piétinait avec fougue l’ersatz d’arène qu’il avait fomenté de son pourpre ciment, apeuré autant par ce qui se déroulait sous ses globes écarquillés que par la rumeur externe promettant cataclysme et psychose anthropoïde. « Allez, ça devrait t’plaire, toi qui monte à longueur de journée. » Il eut une œillade cancanière ourlée d’un vague sourire. Il jugeait très certainement là la vocation d’Arda alors que lui-même affectionnait le genre, mais de client vorace, il était passé à frère soucieux. Voilà qui devait lui faire une belle jambe, elle qui goûtait à sa liberté de mouvement depuis plus de temps que ne devaient durer la plupart des mariages. Ce n’était toutefois guère le moment de blâmer les choix entérinés, et véloce, il vint jusqu’à elle pour monter en selle et saisir les brides aussi serrées que le destrier ne pouvait le supporter. Immobilisant sèchement la monture d’une poigne, il tendit un bras vers Arda pour l’aider à grimper derechef. Tandis qu’il gonflait muscles à la soulever, il eut un regard forcé vers les interstices de l’écurie à travers lesquelles il vit la silhouette de l’auberge vagir un incendie brutal par ses embrasures. AU FEU ! AU FEU !, hurlait-on quelque part, et le chasseur sentit là une lugubre prophétie en devenir : cette nuit, la Cité des Glaces allait fondre. De braises et de sang, la marée allait bientôt envahir toutes les artères d’Ibenholt.

S’assurant d’un coup d’œil que la frangine tenait bon contre son rachis, il talonna si fort l’étalon que l’animal partit au triple galop, fonçant sur le quidam en jaspant secousses, carambolages et secousses violentes de sabots. S’enfonçant dans les galeries immergées de quadrumanes séditieux, ils cavalèrent longtemps dans la cohue sans faire montre d’aucune prévenance. C’était au chacun pour soi et vaille que vaille. Les membres musclés du cheval manquèrent par trois fois recevoir collisions, lames et flambeaux clandestins, mais Dante fauchait de coups de bottes les potentiels vandales non sans laisser sa sœur œuvrer à son tour et comme elle le pouvait. Mais en s’approchant des portes de la ville, le belliciste fit brutalement halte en serrant les brides, levant la tignasse vers un établissement du nom de La Cape en Fleur. « 'Chier ! » Hystérique, le canasson tournait sur lui-même, martelant les dalles et secouant son crin de saccades nerveuses, tandis que le cavalier ne cessait de mirer haut les fenêtres de l’auberge. « ZORKHARR ! » Il hélait à pleins poumons, la mine tressée d’une grimace tendue. Comme personne ne semblait répondre mis à part le tintamarre ambiant, il récidiva dans l'idiome du barbare comme un lion rugit. « ZORKHARR ! VIEUX CON, SORS DE LÀ ! » Furieux, son timbre suppurait néanmoins d’un profond désarroi qu’il couronna d’un geste cassant, affolant bien plus encore l’étalon. La présence contre son échine fit ployer la balance : ils ne pouvaient rester une minute de plus dans ce pandémonium, aussi préféra-t-il reprendre allure en supposant l’ostrogoth loin d’un tel barouf, peut-être même déjà exilé hors de la cité. A l’approche de la frontière murée, des gardes s’occupaient déjà de brasser les leviers pour abaisser la herse, aussi eut-il à peine le temps d’éructer un « BAISSE-TOI », envers Arda que, déjà, le cheval les menait tout droit jusqu’au seuil. Les dents de la grille frôlèrent leurs crânes mais ils s’échappèrent à temps, sortant du capharnaüm en retrouvant un panorama déjà plus assaini.

Leur chevauchée se poursuivit durant de longues minutes, devenant de plus en plus quiète et limpide, un semblant de calme recouvré par la monture et les deux Firebeard. Puis, pesamment, les sabots se mirent au pas avant que Dante ne tire à nouveau les rênes. Obligeant l’animal à se détourner de peu, ils purent constater au loin l’effervescence chaotique dont même le vent faisait migrer les cris de révolte et de terreur. Ses orbes se déportèrent vers un flanc d’Ibenholt qu’il ne connaissait que trop bien, pensant à la prunelle fastueuse qui devait se confiner à même la demeure. Car si Zorkharr était homme à se dépêtrer de tout, il doutait que Zentha soit guerrière à combattre l’ensemble. « Rien d’cassé ? » S’enquit-il néanmoins, tournant figure vers sa protégée.


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This life, which had been the tomb of his virtue and of his honour, is but a walking shadow; a poor player, that struts and frets his hour upon the stage, and then is heard no more: it is a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing.

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MessageSujet: Re: [event] Fucked by fire. (Arda)   Mar 20 Mai - 1:59

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fucked by fire.

arda & dante
Ils étaient dehors. Hors d'Ibenholt et de ses venelles où les murs s'embrasaient sur leur passage. Loin de la clameur enflammée. Hors de danger, elle l'espérait. Elle s'était cramponnée, furieusement, à son frère pendant toute la cavalcade effrénée, se pressant contre son rachis en essayant toutefois de garder les yeux ouverts. Pour voir la réalité et ne pas risquer de partir dans cette espèce de semi-monde où elle basculait parfois, victime d'une absence dont elle ne se souvenait pas souvent. Ils s'étaient arrêtés, pourtant, à quelques dizaines de mètres de la sortie de la ville. Dante avait semblé se souvenir de l'existence d'un ami et l'avait hélé -en vain, elle supposait. Était-ce à lui qu'il pensait alors qu'il avait le regard rivé sur les toits de la ville basse d'Ibenholt, toits qui fumaient pour certains ? Elle n'en savait rien et ne lui demanderait certainement pas aussi tôt. « Rien d’cassé ? » Elle secoua la tête de droite à gauche, négativement, et précisa parce que l'heure n'était pas d'une clarté solaire. « Tout va bien. » S'appuyant sur l'encolure du cannasson, comme des soldats amusés lui avaient appris à le faire, elle descendit de la bête, cognant le sol de ses talons, et un juron jaillit d'entre ses lèvres alors qu'elle s'effondrait au sol, en piaillant un flot ininterrompu d'insultes dirigées à l'ensemble du panthéon de Middholt pendant une vingtaine de secondes. Pour enfin ponctuer ses blasphèmes d'un : « Par les couilles de Veloth, ouuuh, ça fait trop mal. » tout en roulant sur elle-même pour revenir en position assise par terre en se tenant la cheville droite avec un air douloureux. Dans le feu de l'action, elle avait balancé des coups de pied dans les passants qui gênaient et son pied droit avait heurté une tête coiffée d'un casque trop dur pour elle. Sur le coup, elle l'avait senti passer, mais la douleur s'en était allée depuis, noyée par l'adrénaline du moment. À présent à bonne distance de la capitale des Terres du Nord, il n'y avait plus rien pour détourner ses pensées et la douleur s'était faite vive, réveillée soudainement par le choc avec le sol. Résistant à l'envie stupide qu'elle avait de frapper la terre de son talon endolori, Arda finit par ravaler tout ce qu'elle avait de vocabulaire fleuri pour endurer en silence. Elle devait quand même montrer à Dante qu'elle avait réussi à survivre sans lui et qu'elle n'était pas écervelée ou douillette non plus. En d'autres termes, la donzelle souhaitait que son frère soit fier de ce qu'elle était devenue et sa condition professionnelle ne semblait pas être un obstacle du tout à ses yeux. « Espère même pas m'abandonner sur le bord de la route… » Ou je le dirai à maman auraient pu être les mots suivants, mais elle les retint. Leur mère était morte. Et leur père. Et avec eux, sept de leurs frères. Les guerres entre seigneurs nobles avaient arraché la vie à la plupart des Firebeard sans qu'ils aient le temps d'avoir des rejetons. Les deux autres survivants étaient peut-être d'ailleurs morts depuis qu'Arda les avait vus pour la dernière fois. Elle s'en fichait. Le plus important était toujours en vie, c'est tout ce qu'elle avait besoin de savoir. Assise dans l'herbe, se comprimant encore avec application la cheville droite, elle observait ce frère si longtemps absent. T'étais où ?, criaient ses prunelles sans qu'elle daigne articuler l'interrogation. Leurs retrouvailles avaient été quelque peu dérangées par un soulèvement populaire, donc elle n'avait pas encore eu le temps de le dévisager, et ça n'était pas en pleine nuit qu'elle allait pouvoir le faire non plus. Tout ce qu'elle distinguait, c'était une silhouette : s'ils avaient été dans une clairière baignée de rayons de lune, peut-être aurait-elle pu voir ses traits.

C'était lui. Dante. Un instant, elle aurait pu oublier sa cheville foulée. Elle s'imaginait se jeter à son cou de nouveau et reprendre les retrouvailles là où ils avaient été interrompus, mais c'était compliqué maintenant. Alors elle ne bougeait pas, régulait sa respiration qui s'était emballée avec l'atterrissage tout en douleur. Essayait de remettre de l'ordre dans ses pensées. Pour finalement, murmurer, presque effrayée par ce qu'elle reconnaissait : « Je savais que t'étais toujours en vie. Mais j'avais arrêté de te chercher. » Arda s'agaçait elle-même d'avoir abandonné cette quête. Lâchant sa cheville, elle passa ses bras autour de ses jambes pliées et posa son menton dessus. L'air frais s'engouffra sous ses jupons et caressa ses cuisses, mais c'était bien le dernier de ses soucis. « J'suis partie de la ferme pour essayer de retrouver ta trace. T'étais déjà loin. J'aurais dû savoir que ça n'amènerait à rien. Mais j'allais pas rester là-bas, quand même, hein ? » Un temps. « Ça a brûlé. » La dernière fois qu'elle y était revenue, deux ans plus tôt, sur le chemin d'une troupe, elle avait reconnu l'endroit et avait voulu avoir le cœur net. Point de sanglots dans sa voix : elle avait fait son deuil depuis. Elle soupira, se massa la nuque avant de relever les yeux vers le ciel nocturne. Ainsi posée, elle tournait le dos à Ibenholt, ses bâtiments qui seraient sans doute bientôt des ruines fumantes et ses habitants infâmes. « Dante ? », elle le fixait, l'air sérieux. « Merci. De pas m'avoir laissée dans l'écurie. » Précision inutile. Remerciement peut-être inutile, même. Mais elle avait besoin de le lui dire. Besoin de revenir dans le présent. Ça ne servait à rien de parler du passé, même si d'autres questions lui brûlaient les lèvres : pourquoi l'avait-il laissée, des années plus tôt ? avait-il trouvé ce qu'il cherchait ? cela valait-il l'abandon de sa sœur ? et puis quel était ce nom qu'il avait beuglé tantôt ? Un ami ? Un sbire ? Quelque chose d'autre ? Non, elle devait rester dans le présent. « Tu peux faire quelque chose pour ma cheville ? » Quand elle était plus jeune, parfois, elle l'avait pris pour un magicien, dans sa naïveté d'enfant émerveillée et un peu sotte. Elle avait cru que rien ne lui résistait, jamais. « Sauf me l'amputer, hein. » C'était toujours bon de préciser. On ne savait jamais. Elle ne l'avait pas vu depuis longtemps et il avait l'air rudement friand de danses sanglantes. Pas qu'elle craignait qu'il la charcute, non, mais… C'était toujours mieux de prévenir, plutôt que de guérir, non ? Et, dans ces tentatives de dialogue normal, elle tentait de dissimuler son trouble : elle ne s'était pas attendue à le revoir dans des circonstances pareilles. Elle l'avait quand même pris pour un client de base… Et il s'était révélé être tout autre. « T'es con, tu m'as manqué. », pesta-t-elle finalement en dérobant ses billes de la face fraternelle et en scrutant le sol sombre. Mine boudeuse, la catin oubliait ses minauderies et ses cajoleries de chatte miaulante : elle n'avait plus de rôle à jouer, en tout cas pas face à son frère. Pas d'enfance à s'inventer, ou de vie trépidante à raconter. Mais c'était ça aussi qui la perturbait : ils étaient si jeunes la dernière fois qu'elle l'avait vu et ils étaient désormais si vieux, si usés par les années. Était-ce une nouvelle vie qui commençait ? Elle en doutait très franchement. Cela dit, la refuserait-elle si une telle occasion se présentait ? Sans doute, oui : elle avait goûté à la liberté et elle dépérirait si on l'entravait dans un carcan de bonnes mœurs. Non, elle resterait telle quelle, en espérant que le frangin ne trouverait pas à redire. « T'étais où, dis ? » La valse des reproches commençait, quoiqu'elle risquait de se tarir bien vite vu qu'elle n'avait pas tant de raisons que ça pour lui tenir grief. Et puis il l'avait quand même sauvée, quelques minutes plus tôt.



crédit : code par quantum mechanics || gifs par Moriarty || #CC9966

so when your hope's on fire but you know your desire don't hold a glass over the flame don't let your heart grow cold I will call you by name I will share your road but hold me fast, hold me fast 'cause I'm a hopeless wanderer

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Cerbère des Bas-Fonds

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MessageSujet: Re: [event] Fucked by fire. (Arda)   Mar 20 Mai - 5:04

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arda et dante
Elle bramait mille jurons qui le firent sourire. Il aurait très certainement éclaté de ces rires graves et hilares qu’un homme est capable d’excaver en de telles occasions, si son esprit ne se fendillait pas encore entre ces deux dimensions dorénavant morcelées : le chaos de la ville et la quiétude de ses parages. Les artères brûlaient, le peuple glapissait et son inquiétude pourtant si indocile remuait férocement. Pour l’ami. Pour l’amante. Peut-être plus pour l’un que pour l’autre, lui-même ne savait plus faire la différence tant le prodige lui était occulte. Cerbère affranchi de toutes choses, qui aurait pu un jour le deviner altruiste ? A s’être crée des racines, quand bien même nomades, il les sentait suppurer de douleur en mirant par-delà la steppe Ibenholtoise les hautes murailles dorénavant fermées. Il avait au moins réussi à extirper de là une prunelle de ses yeux, vers qui il déportait d’ailleurs son attention en démontant destrier. « Espère même pas m'abandonner sur le bord de la route… » Un preste ricanement accueillit la bravade, branlant du chef négativement tant ça se passait de mots. L’adrénaline retombait et, avec elle, cette impression abyssale de n’avoir retrouvé qu’une étrangère. Elle redevenait, là, assise à même la terre et l’herbe, la petite gamine au crin de rouille. Elle redevenait sa sœur. Il s’assit pesamment aux côtés d’Arda, sangles cliquetant et cuir torsadant, oubliant jusqu’à attacher leur monture qui, après une telle cavalcade, ne demandait plus qu’à pâturer. Les muscles de ses cuisses vrombissaient encore d’avoir tant serré les flancs du cheval et la chair brûlait des irritations provoquées par le tissu. Il sentait tout cela à la fois et rien du tout. La fatigue combattait l’effervescence sanguine et les souvenances entraient en duel belliqueux contre la réalité présente. L’allégresse d’avoir pu retrouver sa frangine peinait encore à se faire une place dans ce capharnaüm déréglé. « Je savais que t'étais toujours en vie. Mais j'avais arrêté de te chercher. » Il déglutit et fit virevolter sa nuque pour chercher les gemmes opposées. Il ne lui en voulait pas. Pis, même, il sentait les remords griffer l’écusson de son être tant il était le plus à blâmer. Il était parti et, non sans avoir eu l’audace de ne jamais plus revenir, il s’était refait une vie où le père, la mère et la fratrie entière n’avaient plus eu aucune stalle dans son cœur de pierre. Même Elle. Tous morts, tous engloutis par les abîmes du déni pour ne plus avoir à ressentir ce qu’il ressentait cette nuit. Cette impression de déchirure qui rendait faible et alanguissait les sens. Angoisser pour autrui était une perte de temps à laquelle tous répondaient pourtant. Tant qu’il y avait un organe pour battre. Tant qu’il y avait un esprit pour penser. Tant qu’il y avait une âme et son armée d’affects.

Ému, ainsi se constatait-il. Ému malgré le panorama luciférien qui grondait dans leurs dos et les chimères qui le hantaient. « J'suis partie de la ferme pour essayer de retrouver ta trace. T'étais déjà loin. J'aurais dû savoir que ça n'amènerait à rien. Mais j'allais pas rester là-bas, quand même, hein ? » Il voulut répondre. Mais rien ne sortit. Tous deux savaient de quoi il était question. Et tous deux souffraient de cette hideuse ritournelle les rappelant à leur enfance. Là-bas, c’était l’antichambre de l’indigence. Là-bas, c’était la crasse, les bêtes, les tombeaux et l’affliction existentielle. C’était les effigies d’années squelettiques battues par les zéphyrs du nord qui grelottaient à s’en briser les os. « Ça a brûlé. » Il ne répondit toujours rien. Tant mieux, songea-t-il, et une pointe de chagrin lui transperça le gosier. Là-bas avait aussi été chez eux. Les flammes d’Ibenholt semblaient ressusciter la fable, et, un morne instant, il vit la ferme tomber dans son royaume de cendres. Ses occupants avec. Ses animaux avec. Le mobilier en bois construit par le pater. Les bouquets de fleurs sèches accrochés aux murs par la mater. Le plancher qu’ils avaient foulé. La table sur laquelle ils avaient mastiqué leurs modestes pitances. Le puits dans la cour et les croquis taillés à même la roche que chaque môme de cette pouilleuse dynastie s’était amusé à ébaucher. La grange dans laquelle il avait blasphémé le petit bouton de rose de celle qui était, fatalement, devenue bourgeon de toutes les vermines. Combien de fois s’était-elle faite butiner…? Était-il responsable de cette misérable éducation…? D’une mauvaise foi assumée, il repensa à leur génitrice ; une catin recueillie par un pâtre. Arda ne pouvait tourner autrement, et de tous les chiards Firebeard, elle avait été la seule et unique à hériter de mamelles et d’un sens inné pour écarter les cuisses. La seule à être née fille.

« Dante ? » Il fut tiré de ses mutiques plaidoyers en haussant sourcil et tournant à nouveau sa mâchoire hirsute vers elle. « Mh ? » Sa sœur semblait brutalement avoir pris dix ans. Il en fut décontenancé. « Merci. De pas m'avoir laissée dans l'écurie. » Il réprima un rictus tant l’ex-voto portait une grossièreté ridicule. Combien avait-elle dû souffrir pour en arriver à articuler ça ? La culpabilité revint, implacable et acharnée. « Arrête », morigéna-t-il, soudain rembruni. La requête le tira néanmoins de son sombre carcan, lui arrachant même une sourde risette lorsqu’il lui fut interdit de trancher la question. « J’aimerais mieux pas devoir te traîner sur une épaule comme un vulgaire sac d'haricots. » Il se redressait déjà pour aller voir ladite cheville meurtrie qu’il prit entre ses paumes avec une extrême précaution. « Toi aussi, tu m'as manqué, sale teigne », railla-t-il. Il venait de lui avouer qu’il l’aimait encore, toujours, et pour longtemps à venir. L’extraction dont ils étaient issus ne les avait pas formés aux simagrées graciles et raffinées, mais il était des liens qu’aucun grain ne pouvait corroder. Surtout pas le leur. Il s’agenouilla, le pied sur ses cuisses et ses pattes allant chercher de quoi emmailloter la carne ; il ne put que déchirer un pan de chemise dont le textile brailla un long cri d'agonie. Ceci fait, il en revint à l’articulation qu’il pansa avec lenteur et application, levant subrepticement ses lazurites sur le minois d’Arda à la question posée. La pénombre les nimbait et il lui fut impossible de clairement distinguer la mine qu’elle déversait sur lui. Était-elle en colère ? Éprouvait-elle de la rancune à son égard ? L’avait-il déçue ? Oui. Sûrement. De ça, il ne doutait pas.

« J’étais… loin. Très loin. » Ses phalanges, agiles et longues, s’agitaient avec mécanisme sur son travail. « J’ai passé du temps dans les armées, mais tu ne m’aurais jamais retrouvé. » Il ne savait pas vraiment s’il tentait de la rassurer. « Je suis parti le plus loin possible, vers l’Est, au Sud d’Askevale puis vers La Dorsale. » Ce qui prouvait un cruel besoin de s’éloigner à l'acmé du foyer et de ce qu’il avait pu être jusqu’alors : un famélique garçon de ferme qui s’exprimait plus par les poings que par le verbe. « Je suis resté quelques années homme d’arme. J’y ai appris pas mal de choses, surtout en côtoyant les officiers. J’ai roulé ma couenne quoi », fit-il en haussant ses larges épaules, sa besogne terminée. « Voilà, ça devrait aller comme ça. Au moins jusqu’à ce qu’on trouve une bicoque où s’abriter. Y’a un hameau, pas loin, en contre-bas, les nuits sont encore glaciales on tiendra pas avec le peu qu’on a sur nous. » Le pragmatisme lui allait si bien, lorsqu’il faisait montre de débinage. Mettant une fin abrupte à son récit, il revint près de sa frangine qu’il tenta de dévisager dans la nuit. Malgré les éclats arrogants de la Nacrée, il peinait à détailler la moindre ridule comme il l’aurait souhaité. « J’arrive pas à croire que je t’ai baisée. » Il eut un rire gauche. « T’as tellement changé… J’veux dire, la dernière fois qu’on s’est vus tu traînais ta frêle petite carcasse comme un bâton d’noyer. » Il déporta ses orbes sur le buste féminin d’où dégorgeait cette poitrine maladroitement contenue. « Et tes seins ressemblaient à deux framboises qu’on aurait scellé à une planche en bois. » Désinhibé de toute gêne, il porta une pogne contre les lacets et défit avec douceur l’entrelacs avant de se saisir fermement de l’une des rondeurs. Soupesant, pétrissant, malaxant ou juste cajolant dans sa paume. « T’as eu des gosses ? » Son timbre déjà plus bas roulait avec une certaine lascivité tant l’activité couronnait l’échange d’une brume impudique. « Non parce que j’arrive pas à croire que ces mamelles aient simplement germées comme des fruits à un arbre l’auraient fait. »


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Chienne de Veloth

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MessageSujet: Re: [event] Fucked by fire. (Arda)   Mer 21 Mai - 0:03

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fucked by fire.

arda & dante
Elle ne dit mot tandis qu'il lui retraçait son parcours. Elle essayait de l'imaginer, loin, dans ces contrées qu'elle avait traversé avec des régiments mais où elle ne l'avait jamais retrouvé. Il y avait quelque chose qu'il ne lui disait pas. Ça faisait plus de quinze ans qu'ils ne s'étaient pas vus, c'était impossible qu'il n'ait fait qu'être soldat. Pour autant, elle ne l'interrompit pas, le laissant poursuivre son récit. Elle demanderait des précisions quand il aurait fini. Elle hocha la tête lorsqu'il lui parla d'un abri pour la nuit déjà bien avancée. Et pourtant, elle restait dans l'herbe, fixant son pied bandé. Quelque chose lui disait que ça lui ferait sans doute encore mal quand elle se lèverait, alors elle préférait retarder le plus possible cette perspective. Ils se fixaient, tentant de percevoir les traits de l'autre dans cette pénombre nocturne, entrecoupée de rais de lune. « J’arrive pas à croire que je t’ai baisée. » Impossible de déterminer si c'était de l'émerveillement ou de la consternation qui pointait dans sa voix. Elle haussa les épaules tandis qu'il laissait échapper un bref rire malaisé. « T’as tellement changé… J’veux dire, la dernière fois qu’on s’est vus tu traînais ta frêle petite carcasse comme un bâton d’noyer. Et tes seins ressemblaient à deux framboises qu’on aurait scellé à une planche en bois. » Il avait quitté la demeure familiale alors que la puberté était à ses débuts chez Arda : la fille était devenue femme et, avec ces changements, avait gagné une paire de nibards qui attirait souvent des regards intéressés et des hanches à se damner. Et, histoire de rendre grâce à Veloth, elle avait mis son corps au travail. Après tout, c'était dommage d'être ainsi foutue sans rien en faire. Elle ne protesta pas tandis qu'il délaçait son corsage avec beaucoup plus de douceur que dans l'écurie. Déjà qu'elle protestait rarement quand un client la touchait, elle allait encore moins le faire avec Dante.  « T’as eu des gosses ? - Quoi ? » Ça n'était en rien une interrogation outrée. Plutôt qu'elle croyait avoir mal compris la question, et qu'elle voulait qu'il répète, ou précise. « Non parce que j’arrive pas à croire que ces mamelles aient simplement germées comme des fruits à un arbre l’auraient fait. » Il lui avait bel et bien demandé si elle avait des gosses. Elle n'avait pas mal entendu. « Je t'assure, t'es parti et pouf, le lendemain, ça explosait ma robe. T'aurais dû voir ça ! Ils attendaient ton départ pour sortir. Ils te plaisent, au moins, comme ça ? » Elle ricanait, moqueuse, coulant ses prunelles sur sa poitrine en contrebas, malaxée par la paume chaude du frangin.

Et puis le rire se tarit et la catin redevint sérieuse : « J'ai pas de gosse. J'ai réussi à me débrouiller pour jamais tomber enceinte. » La magie des décoctions contraceptives n'a plus de secret pour elle. « Tant mieux d'ailleurs, je sais pas ce que j'en aurais fait. C'est pas une vie, d'être môme de pute. » Elle occultait très clairement le fait que leur mère en avait été une : une repentie même. C'était pas demain la veille qu'Arda se repentirait. Tournant son buste vers le frère, elle l'observait, et comme elle n'y voyait pas assez bien à son goût, elle leva la main vers le visage du mâle et lui caresser la barbe. Ça le changeait. « Ça a bien poussé, ça aussi. Ça fait plaisir de savoir que Garo avait tort. T'es bien foutu en plus, t'étais pas comme ça quand t'es parti. » Garo était un de leurs frères, qui avait prédit que Dante serait jamais foutu d'avoir une barbe respectable. Elle ne savait plus comment il était mort, lui. Elle s'en foutait. Elle se moquait de tout, maintenant qu'elle l'avait retrouvé. Se mouvant légèrement, elle se blottit contre lui, la tête au creux du cou de Dante, et elle regarda devant eux, oubliant jusqu'au carnage qui régnait dans les venelles d'Ibenholt. Elle laissa le silence s'installer, se concentrant simplement sur la respiration de son frère, presque prête à s'endormir s'il n'avait pas fait aussi frais. « T'as pas fini ton histoire. », murmura-t-elle, exigeante, avant de continuer sans le laisser en placer une : « Tout ça pour que je te raconte ce que, moi, j'ai foutu. Tu te souviens, quand tu me disais de pas trainer toute seule dans les champs ? Que j'allais me faire attaquer et tout ça ? » Relevant la tête vers la mâchoire fraternelle, elle laissa planer un instant le suspense, avant de dénouer la tension : « Ben c'était des conneries. » Un petit rire gêné franchit ses lèvres puis elle avoua, l'air peu fier : « D'accord, il m'est arrivé quelques…mini, tout petits… trucs… mais j'm'en suis sortie. J'ai suivi des troupes de combattants, j'étais pas tout le temps seule. J'ai voyagé… On a essayé de me remettre dans le "droit" chemin, mais comme tu le constates, ça n'a pas vraiment marché. » Elle savait très bien que ce genre de concessions risquait d'éveiller une ire obsolète chez le frangin. Ça ne servait à rien de s'énerver contre ce qu'elle avait pu commettre comme folies par le passé : elle était toujours en vie et entière, n'était-ce pas ce qui comptait surtout ? Si.

La bise nocturne tourna et les fumées d'Ibenholt ne furent plus qu'un souvenir olfactif. Le fond de l'air se refroidit. Arda avait dormi à la belle étoile parfois, d'autres fois dans une tente soldatesque, assez souvent dans des auberges -quand les tenancières ne voyaient pas d'un mauvais œil la présence d'une putain, bien sûr. Elle avait connu le froid, la faim, la soif, la peur de fermer les yeux pour ne plus jamais les rouvrir. À croire qu'elle avait une bonne étoile, ou que les Quatre avaient choisi de ne pas trop s'acharner sur elle. Un frisson parcourut son échine et elle demanda, doucement : « On bouge ? Ça caille et j'ai bien envie de pas être frigorifiée pour la suite de ton récit. » La chair de poule la trahissait déjà, mais elle faisait mine de ne pas encore être transie de froid. Cajoleuse, elle tendit le cou pour murmurer à l'oreille de Dante d'une voix suave, sans gêne aucune : « À moins que t'aies une autre idée pour me réchauffer ? »



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MessageSujet: Re: [event] Fucked by fire. (Arda)   Ven 23 Mai - 7:18

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fucked by fire.

arda et dante
Rire guttural et phonème narquois, il accueillit la galéjade. Sûr que non, ces deux cantaloups ne s’étaient pas camouflés dans leur agrégat de chair en attendant que leur prédateur quitte le terrier pour mieux bourgeonner en paix. Les années s’y étaient prises en douceur, pour édifier ces trayons de déesse arable, et il ne doutait guère qu’un tel ouvrage fût le résultat d’une lente gésine. Les brasser, toutefois, rassérénait quelque peu la frustration du molosse qui avait dû se contenter d’un erg aride pour toute poitrine chez sa jeune sœur à peine éclose de l’enfance. Il retira son épaisse paluche vagabonde comme elle lui contait n’avoir jamais enfanté, tirant sur son minois semi-caché un rictus qu’il devinait condescendant. Arda aurait fait une bonne mère. De ça, il en était persuadé. Elle possédait tout l’harnachement nécessaire pour engendrer une kyrielle de rejetons aux toisons fauves, braillant et bagarrant poings fermés et yeux bleuis. Pour commencer, elle possédait les épaisses hanches fertiles de leur mère et, à n’en point douter, cette aptitude quasi monumentale à proliférer la graine. Si leur génitrice avait pu pondre une dizaine de marmots, qu’en aurait-il été de la frangine ? Indubitablement, avoir grandi dans une si fourmillante fratrie lui aurait légué la patience nécessaire de dompter la race Firebeard, terrible et apocalyptique ethnie d’énergumènes ayant jusqu’ici bravé les ères comme des cafards en plein cataclysme. Mais ce n’était que pure berlue, car tout ceci appartenait aux chimères de l’affabulation. Si Arda n’était jusqu’ici jamais tombée en cloque, ce n’était pas par l’opération d’un quelconque prodige, puisqu’à se faire fourrager l’entrecuisse, rien de plus sensé n’aurait pu lui arriver. Il la devina donc bréhaigne. Si c’était pour le mieux ? Il n’en savait foutre rien. Eux-mêmes étaient sortis d’un baisodrome apprivoisé, et si le résultat n’égalait certes pas les plus illustres entités, il trouvait que les quelques survivants de la portée s’en étaient plus ou moins… sortis. Par fierté, assurément, contesta-t-il en silence les dires de la roulure. Puis d’un ricanement sec, il railla. « Garo. Foutu pendard de roussâtre. J’me souviens lui avoir fait cracher ses trois quenottes du d’vant alors qu’il me dépassait déjà d’une bonne foutue tête. » Maigre et nerveux, Dante avait été le plus violent de tous ses frères. Un korrigan perpétuellement en colère que même les ainés peinaient à maitriser. Le seul qui paraissait ne rien avoir à perdre et, de fait, ne rien avoir à craindre. Coups ou punitions, les talions pouvaient pleuvoir que le chien sauvage n’en démordait littéralement pas. La seule qui avait pu lui apporter un corpuscule de quiétude n’était autre que l’unique fille de la meute, l’unique effigie douceâtre qui avait su assouvir l’ire de son frère sans chercher à la juguler. Et de ça, il l’avait tant aimée. A sa manière. Maladroitement. Gauchement. Sordidement. Mais il l’avait aimée. Il la recueillit dans ses bras avec cet écho de tendresse qui ne fit, au contact de leurs carcasses, que mieux ranimer les souvenances.

Mais la sérénité se rompit. « T'as pas fini ton histoire. » Diables non. Il ne l’avait pas achevée, loin de là. Et il ne comptait définitivement pas finir ses chroniques tant l’humiliation lui semblait inconciliable avec son confiteor. Délivré, il l’entendit narrer à son tour les péripéties qui l’avaient tenue éloignée du sillon fraternel. « Ouais. » Traîner seule dans les champs n’avait pas été l'unique névrose du molosse. Naguère, il craignait plus qu’un putassier ne tombe sur la belle gueule de sa sœur plutôt qu’un sanglier ne lui éventre la panse. Le Dante de l’époque aurait très certainement vagit d’un effroyable courroux en apprenant que Sa Chose était devenue La Chose, en libre service à qui graciait le mieux. Mais il n’était plus ce môme nerveux, et, bien que sa violence perpétuait en son sein, il s’était déjà fait à l’idée qu’Arda n’était plus qu’un moule à chibre. « "On" ? Qui ça ? Des abbesses en manque de miracles ? » Il eut un rire graveleux. « Le droit chemin, j’te l’ai fait quitter à coups d’reins alors que t’avais même pas ta treizaine sonnée. Faudrait carrément partir en croisade pour te retrouver là où j’t’ai laissée. » Infatué, il semblait faire fi de la dimension ignominieuse de sa jactance pour ne gondoler contre son palais que la sapidité licencieuse de sa victorieuse débauche. S’il ne serait incontestablement pas le dernier mâle sur terre à l’avoir saillie, il restait et resterait à jamais le boutefeu de son hymen. Ses commissures, dressées à l’oblique, laissèrent transparaître une ombre de canines, avant qu’il ne se redresse et, dans sa varappe, emporte la silhouette de la rombière. D’une affabilité contradictoire, il l’aida à s’appuyer tout contre son épaule en la tenant sous les aisselles pour l’aider à marcher sans trop de difficulté. « T’en fais pas. Des idées, tu m’en inspires à foison. Mais trouvons d’abord un toit et de la bectance. Je n’tiens pas à laisser mes parties givrer sous réserve qu’tu me réchauffes les nerfs. » Il étira ses badigoinces en la lorgnant de traviole avant de l’aider à remonter sur leur destrier.

* * *

Trois grands heurts ébranlèrent l’huis. Ils venaient de tomber sur un lieu-dit de quelques chaumières desquelles ne s’échappait plus qu’une brève cippe de fumée au travers des foyers. Il était tard et la peuplade extramuros ignorante des turbulences ibenholtoises dormait à poings fermés. Aussi, l’humble masure sur laquelle s’était jeté leur dévolu ne s’éclairait-elle d’aucun faisceau, jusqu’à ce que la lueur d’une maigre bougie ne vienne percer sous le bas de porte. Le Cerbère fit signe à son compère de venir prendre sa place, à temps pour que l’œilleton ne s’ouvre sous un regard scrutateur du propriétaire. « Qu’é’cessé ? Qui v’là bons dieux ?! » Il dévisagea la figure féminine avec moins d’hostilité qu’il n’aurait manifesté à l’égard d’un inconnu tel que le chasseur de primes. Laissant Arda flagorner leur hôte de fortune en se coulant dans l’ombre, il attendit que le faquin ouvre enfin l’huis pour venir obstruer l’entrebâillement de son épaisse botte. Impossible pour l’autre de refermer de sitôt, plus encore maintenant que Dante supervisait l’ouverture d’une force inouïe. Bousculant le pauvre hère sur son passage, il força la brèche et pénétra de toute sa stature en faisant flâner sa pogne contre le manche de sa dague. « Tu vas rester tranquille l’ami. » Mais son timbre, lui, n’avait rien d’amical. L’œil noir de dissuasion, il déporta ses orbes contre des microscopiques carrures qui venaient à leur encontre. Deux chiards pas plus haut que ses rotules. « 'paaaa ? Bougez pas les gamins. » L’intrus branla lentement du chef, fichant un sourire de squale sur sa gueule patibulaire. « Alors ça, c’est un excellent conseil. » Il eut un regard vers sa sœur et reprit en lâchant le corps de son arme, paumes levées. « On est pas là pour chercher des noises, parole. On veut juste se reposer du temps qu’le soleil revienne et qu’le frimas se lève. » Le patriarche, court sur pattes mais trapu, visiblement tiré d’un profond sommeil tant son crane soupesait une tignasse échevelée, acquiesça vigoureusement. « Ouais, ouais, bah, ça peut s’faire ma foi. Z’avez qu’à… z’avez qu’à prendre la couche d’mes gamins, là. » Il indiqua une paillasse peu large mais suffisante, dans un fond de la pièce à vivre. Ici, aucune cloison. L’ensemble ressemblait à un terrier de goupil. Au centre, un épais brasero crépitait encore dans l’atmosphère qu’il avait tiédie. « Bien. C’est parfait. » Il referma l’huis d’un mouvement brusque de talon.


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MessageSujet: Re: [event] Fucked by fire. (Arda)   Sam 24 Mai - 22:13

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arda & dante
« "On" ? Qui ça ? Des abbesses en manque de miracles ? - Un crétin d'elfe. Cherche pas. - Le droit chemin, j’te l’ai fait quitter à coups d’reins alors que t’avais même pas ta treizaine sonnée. Faudrait carrément partir en croisade pour te retrouver là où j’t’ai laissée. - C'est ce que je lui ai fait comprendre.  » Elle ricanait de nouveau sans chercher à développer plus ce pan de vie. Il n'avait pas besoin de tout savoir, et pourtant elle voulait qu'il en sache plus que le peu qu'elle avait déjà pu lui dire. Des voyages, c'était vaste et vague. Mais, d'un autre côté, c'était déjà du passé, toutes ces histoires, tous les hommes qu'elle avait pu croiser et ceux qu'elle avait pu avoir en elle. Elle ne craignait finalement pas tant que ça une potentielle jalousie : il avait bien compris qu'elle était devenue une fille publique. Est-ce que ça l'agaçait ? Elle n'aurait pu le dire. Et, à vrai dire, quelque part, elle s'en moquait aussi. Il était parti et elle n'avait pas réussi à le retenir, alors elle considérait qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait de sa vie.
***

Sous la lumière de la lune, des panaches de fumée leur signalèrent un hameau plongé dans un sommeil silencieux. Ça avait l'air paisible, tranquille, éloigné sinon physiquement mais en ambiance de tout le foin d'Ibenholt. Elle était descendue de la carne avec précaution et avança à petits pas lorsque Dante lui en fit le signe après avoir cogné contre la porte. Croisant les bras contre sa poitrine, histoire d'en dissimuler le décolleté pigeonnant qui n'inciterait pas forcément à lui ouvrir la porte, elle attendit que l'habitant de la bicoque vienne s'enquérir de qui avait frappé chez lui. Elle lui servit le baratin habituel : ils étaient perdus, éreintés par une longue route et auraient eu besoin d'un gîte où passer la nuit pour éviter d'être attaqués par des brigands ou dévorés par des loups. Un peu éloigné de la réalité, certes, mais elle fut assez convaincante pour que l'homme entrouvre la porte… et se fasse bousculer par Dante. Elle entra à la suite de son frangin, pour découvrir l'intérieur de la baraque, éclairée par la flamme de la bougie et un brasero où le feu rougeoyait les bûches sans pour autant produire d'immenses flammes.
 « Tu vas rester tranquille l’ami. » La menace pointait dans la voix du colosse roux et, un instant, Arda redouta qu'il dégomme le paysan qui ne leur avait rien fait de mal. Elle resta silencieuse pendant tout l'échange, fixant parfois son frère lorsque sa voix reprenait le dessus. Ne le tue pas., disaient les yeux de la catin. Ça n'était pas tant de la gentillesse ou de la prévenance : c'était surtout qu'elle préférait éviter de dormir à côté d'une mare de sang. Et puis, comme elle l'avait dit plus tôt à une sauvageonne allumée de passage à Ibenholt, il n'y avait vraiment que dans les champs que les gens étaient encore assez stupides pour ouvrir leur porte à des inconnus. L'entraide. Arda était trop méfiante pour songer à aider sincèrement quiconque. Sa survie lui importait plus que tout. Et si elle pouvait rester tranquille et ne pas se retrouver avec un mort de plus sur la conscience, ça serait bien. En plus il y avait des gosses. Ça serait quand même mieux de pas les traumatiser aussi jeunes. Quoique, elle s'en foutait, de ça aussi. Peut-être était-ce simplement qu'elle avait assez vu de sang pour cette soirée. « Ouais, ouais, bah, ça peut s’faire ma foi. Z’avez qu’à… z’avez qu’à prendre la couche d’mes gamins, là. » Son regard clair se déporta dans la direction qu'il avait indiqué. C'était toujours mieux que de dormir dans une écurie, ou sous un arbre. Dante avait l'air satisfait aussi, du moins c'est ce qu'elle comprit lorsqu'il referma sans douceur la porte. Les deux gamins sursautèrent et l'homme tressaillit, craignant sans doute d'avoir commis une erreur. Il envoya ses mômes dormir dans la paillasse d'où il était sorti -il n'y avait pas d'épouse dans le tableau- et désigna la table en bois aux deux intrus nocturnes. Arda resta debout, décroisant ses bras pour faire craquer ses jointures. Le fermier posa sur la table du pain et un broc de vin : tout pour s'assurer qu'il ne serait pas tué dans son sommeil par ces invités imprévus. Il n'osa pas dire un mot, resta debout, les bras ballants pendant une dizaine de secondes, attendant une réaction. « Merci., Arda finit par briser le silence. Tu peux retourner te coucher, on sera partis à ton réveil. Ça sera comme si on n'était jamais passés. » L'autre hésita, le regard allant et venant entre les deux roux, puis il finit par prendre son parti et rejoignit ses gosses dans sa couche, histoire de les rassurer peut-être. Dédaignant le banc, Arda se hissa sur la table et s'assit dessus en laissant ses jambes pendre dans le vide. « J'ai pas faim, mais bouffe un peu, toi, sinon il va pas dormir de la nuit. Et puis t'avais faim, non ? » Les superstitions liées aux traditions la faisaient rire assez souvent, mais c'était mieux que l'autre décide de dormir : ç'aurait été dommage qu'il craigne pour sa vie et envisage d'aller chercher un quelconque voisin pour les faire sortir.

Indécise, elle redescendit de la table, fit le tour du brasero en passant sa main au dessus des braises chatoyantes et crépitantes et s'assit sur la paillasse plus tôt occupée par deux mômes. Ôtant ses souliers, elle ramena ses jambes pour être assise en tailleur, les jupons cachant avec pudeur son pubis. Bras posés sur ses cuisses, elle avait cessé de dissimuler son corsage qui ne cachait pas grand chose. Elle faisait face à son frère. Dans un coin de la pièce, le père et ses deux enfants retombaient dans le sommeil dont les Firebeard les avaient tirés. Un ronflement vint signaler l'assoupissement du propriétaire de la bicoque. Était-ce ce qu'attendait Arda, ou bien était-ce une coïncidence ? Toujours est-il que la catin, après un coup d'œil vers l'autre paillasse, revint vers son semblable et qu'elle délaça son corsage sans cesser de fixer son frangin, dévoilant deux mamelles qu'il avait déjà eu le loisir de pétrir plus tôt. Encore assise, elle profita du fait que son corsage était complètement défait pour en libérer ses épaules et ses bras. Désormais le buste dénudé, elle avait arqué un sourcil et observait, mutine, celui qui, des années de cela, lui avait fait découvrir l'intérêt à ne pas être sur le droit chemin. Les secondes s'égrenaient. Les regards brûlaient. Enfin, d'une voix suave, l'aguicheuse créature demanda : « Je continue ? »



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MessageSujet: Re: [event] Fucked by fire. (Arda)   Mar 27 Mai - 9:15

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arda et dante
Il lorgnait le pain noir sans grand enthousiasme. Ce dont il avait surtout besoin, c’était de s’allonger sur la paillasse gracieusement offerte et, sans véritablement fermer ses deux herses de paupières, au moins reposer ses nerfs. Car à vif, ils étaient encore, désagrégeant les geôles de son crâne en des flots séditieux qui tourmentaient ses pensées. Il dénigra la pitance mais s’attarda sur le broc qu’il prit par la hanse avant d’en abreuver son bec de quelques longs gorgeons. La liqueur avait un goût de pisse sucrée à laquelle on eût vaguement immiscé du sirop de raisin. Rien à voir avec les vins dont il se payait parfois la rasade dans les plus illustres auberges de la capitale. Il avala pourtant, s’essuya d’un revers de bras les rares perles incarnates jaspant ses lippes et, de fait, sa broussaille de quelques jours, puis inclina l’échine vers la fenêtre adjacente. Sa paluche libre vint écarter un lourd pan de tissu bleuâtre qui divulgua bientôt un extérieur aussi sombre que l’obsidienne, à ceci près que, dans l’obscur panorama, se détachaient en fond de paysage les lueurs d’une Ibenholt révoltée. Des colonnes de fumée montaient si haut dans les cieux nocturnes que le mont de la cité ressemblait étrangement à une charogne putréfiée, panse grignotée. Il sentit Arda sauter de la table mais ne lui accorda pas un seul regard ; ses orbes s’accrochaient trop à la scène méphistophélique pour trouver un autre rivage sur lequel s’ancrer. Combien de temps la ville allait-elle rester close, et, par tous les dieux, combien de temps ce chaos allait-il encore régner en maître ? Il se foutait bien de cette gargantuesque épiphyte faisant sombrer la royauté et tous ses bacillaires, mais l’état actuel des choses pouvait entraîner bien plus que Jernvugge dans ce maudit sillon. La foule bramait tant dans les artères que plus aucune voix ne lui avait paru régir les autres ; tout ne lui avait semblé que cacophonie absurde et vandalisme désinhibé. Les parangons de l’aristocratie ne suffiraient pas à abreuver le courroux plébéien, car il s’était persuadé que la strate bourgeoise payerait à feu et à sang de n’être que l’écorce ensevelissant les galeries dorées du quartier des Chaumes. Il se prit à maudire la panthère Zorael de n’avoir que trop peu souhaité s’entourer d’une escorte, puis éructa en silence des salves de colère plus inquiètes qu’irascibles.

Il rabattit la tenture de fortune et ravala une nouvelle lampée de cette infâme piquette. La maisonnée du faquin dormait à poings fermés et la silhouette de sa sœur reposait déjà sur leur couche apprêtée. Elle déshabillait son buste, lascive, et retint enfin les lazurites du chasseur qui coulèrent de son minois aux rondeurs de ses seins. Le Cerbère ne se sentit pas immédiatement embrasé. Il fut même envahi par un linceul dépité comme il la voyait se comporter avec lui de la même manière qu’avec n’importe quel autre client. Qu’était-elle devenue ? Un lambeau souillé qui, à chaque nouvelle aurore, tentait vainement de reprendre son galbe nécessaire, celui qui la faisait vivre au travers des autres. Sans sa croupe et ses trayons, elle n’était plus rien. Il le vit dans les gemmes de sa puînée. Eut envie d’en chialer. Puis reposa le broc sans se presser et, au phonème bas d’Arda, répondit en s’approchant jusqu’à la paillasse. Une fois auprès d’elle, il tendit une patte et lui enlaça son crin de rouille d’une caresse pensive, la guignant de toute sa hauteur comme si elle n’était qu’une enfant perdue retrouvée à même le limon. « Pourquoi a-t-il fallu que tu deviennes ça. » Question rhétorique. Il n’attendait aucune réponse et encore moins des apologies. Ses doigts s’entremêlèrent aux mèches puis s’évadèrent contre l’opalescence du front, d’une tempe, de l’arrête du nez et enfin de la pulpe charnue. « T’es son portrait craché. » Leur génitrice suppurait de chacun de ces pores, des traits, en passant par la physionomie, jusqu’à cette propension lubrique à se faire mettre quelle que soit la situation. « Allonge-toi », ordonna-t-il enfin d’un signe du menton, dans un souffle rauque semblable au grognement d’une bête. Tandis qu’elle s’exécutait, il désangla son haut qui échoua contre ses bottes et déboucla son ceinturon qu’il laissa pesamment tomber à terre dans des cliquetis de métal, sa dague avec. Si le bougre venait à les assaillir en pleine nuit, il gageait que ses crocs seuls suffiraient à déchiqueter la carotide adverse. Soulevant les pans de sa chemise avant de déboutonner son froc, il hissa une rotule, puis l’autre, pour rejoindre la catin sur laquelle il finit de s’allonger, lui écartant une cuisse qu’il vint accoler à ses flancs. « J’ai comme un doute. A qui j’ai affaire, là ? La putain ou ma sœur ? » Un sourire aigre dégorgea de sa gueule en même temps que sa paume valsait sur la carne du gigot. Il la contempla un siècle durant, lui sembla-t-il, puis versa son faciès droit dans la nuque qu’il embrassa. Machinalement. Leurs entrecuisses se pressaient l’un contre l’autre et il dut de longues secondes durant se concentrer pour ne pas débander. Zentha revenait dans la cire de sa mémoire comme une chimère. Immolée vive dans la cour de sa demeure, hurlant son nom comme une hydre assoiffée de vindicte. Et puis la gamine prenait place. Celle dont il avait abusé maintes fois dans la grange en lui arrachant des miaulements de chatte. Une gosse qui n’avait plus rien à avoir avec la rombière sous lui, et qui, peut-être, n’avait elle-même rien à voir avec celle qu’il avait naguère tant désirée. Il balaya les allégories térébrantes en branlant du chef et courba sa colonne pour mieux venir ronger les mamelons durcis. Ses canines pétrirent, mordirent même jusqu’au sang, puis sa langue râpa, suça et cajola avant qu’il ne déracine son visage, brusquement occupé à mirer en-deçà, là où, prestement, sa paluche s’agitait pour défaire ses nippes et relaxer son membre. Une précipitation à la limite de l’indifférence. Il la saillit sans un mot et sans plus d’étreintes, rendu animal par l’acte qu’il renouvelait sur cette lande ravagée d’autres conquêtes, incapable d‘en extraire quelconque passion tant le fruit semblait aride, évidé de la moindre volupté. Il sentit même, dans la moiteur vulvaire, le reliquat encore tiède de sa semence. Et leur couche, mollement, se mit à grincer dans le silence de la masure.


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Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: [event] Fucked by fire. (Arda)   Mar 17 Juin - 2:36

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arda & dante
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« Pourquoi a-t-il fallu que tu deviennes ça. » Parce que t'étais pas là, elle aurait pu lui dire. Mais elle n'en fit rien, silencieuse devant cette question qui n'attendait pas de réponse. Il savait sans doute pourquoi elle avait glissé sur ce chemin de débauchée. La jugeait-il pour autant ? La condamnait-il déjà à l'opprobre et à la géhenne ? Elle n'en savait rien et ne voulait pas se poser la question tant la réponse l'effrayait. Une boule s'était formée dans sa gorge depuis que son frère lui caressait la chevelure, la renvoyant à un passé qui lui semblait bien lointain à présent. « T’es son portrait craché. » Tais-toi. Elle se taisait pour autant, laissant ses prunelles seules parler pour elle. Elle le laissait retracer ses traits fins, sans émettre un son. Buste nu, elle lui laissait les rênes pour la suite. La désirait-il encore comme il l'avait laissé entendre plus tôt, ou bien avait-il l'impression de se retrouver face à leur défunte mère, catin comme sa fille. Arda aurait préféré qu'il ne la compare pas à leur génitrice. Elle n'avait rien de commun avec cette dernière, du moins était-ce ce qu'elle s'était répété assez souvent pour y croire un peu. La suite lui permit de cesser de penser à leur famille éteinte et de ne concentrer ses pensées que sur lui. Ils se retrouvaient, à tâtons presque, comme s'ils ne savaient plus faire. Devait-elle y voir de la gêne ? Elle décelait une forme d'inquiétude chez Dante, mais elle n'était pas sûre. Cela faisait si longtemps, savait-elle encore ce qu'il pouvait penser ? « J’ai comme un doute. A qui j’ai affaire, là ? La putain ou ma sœur ? - T'as décidé d'être stupide ce soir ou quoi ? » Cette remarque-là, elle ne l'avait pas retenue. Oui, elle était une catin. Il n'empêchait qu'elle était sa sœur. Il fallait qu'elle lui dise qu'elle ne le ferait pas payer pour qu'il veuille bien oublier un instant ce qu'elle faisait comme travail pour survivre ?

La suite reprit des formes plus proches de ce dont elle pouvait se souvenir, à cela près que ses seins étaient loin d'avoir la taille qu'ils avaient aujourd'hui, que son corps était autrefois celui d'une gamine, et que maintenant elle était une femme. Ses doigts fins se mêlèrent aux mèches du frérot tandis qu'elle fermait les yeux et serrait les dents et les lèvres pour être silencieuse. Des soupirs pourtant, parfois, se frayèrent un chemin jusqu'à l'exhalaison. Et puis il entra en elle sans plus attendre et sans mot dire. Machinalement, presque. Et la question, de revenir : que voyait-il en elle désormais ? La putain, ou sa sœur ? Elle ouvrit les yeux pour tenter au moins de le contempler et d'inscrire son portrait dans sa mémoire. Tout ça pour déceler autre chose à laquelle elle ne s'attendait pas. Elle déglutissait avec difficulté, pour finalement poser une main sur l'avant-bras de Dante, comme pour l'arrêter dans ses allers et venues dépassionnées. Ni lui, ni elle n'y prenait du plaisir, il ne servait à rien de se leurrer. Elle était plus touchée par les quelques paroles de son frère qu'elle ne le pensait, et lui pensait à autre chose. Ou plus précisément, à une autre personne. Une catin apprenait à repérer les failles de ses clients, même en une seule fois. Il y avait les hommes qui avaient besoin de dominer, d'autres qui avaient besoin d'être dominés, il y avait ceux qu'il fallait rassurer, il y avait ceux qui avaient une envie pressante… et il y a ceux qui pensaient à une autre, avec qui ils ne pouvaient être à l'instant présent, ou qu'ils tentaient d'oublier. « Dante… », commença-t-elle doucement, sans avoir besoin d'élever la voix pour se faire entendre dans ce presque silence. « Dante ? », répéta-t-elle, un instant hésitante. Avait-elle le droit de s'immiscer comme ça dans sa vie alors qu'il était sorti de la sienne depuis si longtemps ? Ne devait-elle pas le laisser en paix ? Ne pas insister ?

La putain et la sœur se livraient un duel sans merci à cet instant précis. Peut-être aurait-elle dû faire celle qui ne voyait rien, la naïve, l'aveugle créature, aussi sotte que du temps où ils étaient encore tous les deux à la ferme familiale. La jeune Arda, à peine pubère, n'aurait rien demandé, trop craintive peut-être. Avant, elle ne se mêlait pas de ce qui ne la regardait pas. Encore maintenant, d'ailleurs, il fallait qu'elle soit dans un de ses bons jours pour s'intéresser à autre chose qu'à elle-même. Mais c'était Dante dont il était question. L'argument était de poids et suffisait à balayer toute éventuelle retenue. Il était inquiet. Ou malheureux ? Ou les deux peut-être. Elle ne savait pas. Mais en tout cas, il n'était pas intéressé par ce qu'elle avait de mieux à lui offrir pour le moment. Les putains sentaient ce genre de choses, mais la plupart du temps, appâtées par le gain, elles ne posaient pas de questions et laissaient leurs clients à leurs affaires une fois la chose conclue. Sauf qu'Arda ne pouvait pas se plier à cette règle tacite du corps de dames de joie auquel elle appartenait. Pas quand son frère longtemps perdu de vue était au cœur de la question. Pourrait-elle le soulager d'une quelconque manière ? Saurait-elle l'aider, même ? Elle n'en savait rien. Mais une part d'elle-même voulait lui montrer qu'elle n'était pas qu'une fille de joie, et que sous ses jupons tachés de foutre et ses formes, elle restait et resterait à jamais sa sœur. « Je sais que tu penses à une autre femme que moi. », finit-elle par avouer, ses prunelles ancrées dans celles de son frère. Son cœur battait fort, presque à l'en faire trembler, mais elle soutint quand même le regard fraternel. « Elle est à Ibenholt, c'est ça ? » Qui avait bien pu retenir ainsi le regard et les attentions de son frère ? Une pointe de jalousie s'érigea tandis que la femme constatait qu'une autre qu'elle avait su trouver grâce aux yeux de son ainé. Mais elle ne pouvait se voiler la face plus longtemps : quinze ans loin des yeux, c'était aussi quinze ans loin du cœur. Il n'était pas revenu dans la ferme au bout de quatre ou cinq ans, et elle avait décidé de le retrouver par elle-même, malgré l'absence de nouvelles. Il l'avait oubliée peut-être, et en chemin il en avait rencontrée une autre, sans doute plus belle et plus intelligente que sa gueuse de sœur. Sa moue compatissante mua un instant en rictus déçu et désabusé, puis elle murmura, comme pour lui donner une raison de mettre fin à cet ébat fantoche et à s'extirper d'elle : « Tu me fais mal » Mal physique ou psychologique ? Elle ne prit pas la peine d'expliciter, détournant un regard brillant vers le brasero, comme honteuse d'être dans une telle situation.



crédit : code par quantum mechanics || gifs par Moriarty || #CC9966

so when your hope's on fire but you know your desire don't hold a glass over the flame don't let your heart grow cold I will call you by name I will share your road but hold me fast, hold me fast 'cause I'm a hopeless wanderer

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Cerbère des Bas-Fonds

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MessageSujet: Re: [event] Fucked by fire. (Arda)   Dim 6 Juil - 14:35

Fiche © Quantum Mechanics & Moriarty


Fucked by fire.
arda & dante
Tout embesogné à la trivialité de sa tâche, le reître ne porta pas de suite attention aux appels de sa puînée. Les faibles chuchotis de la donzelle n'étaient que froufrous en comparaison au souffle de buffle qui s'exilait de la gueule masculine, et si la saillir semblait n'être qu'un mécanisme primitif pour son frangin, l'acte en lui-même ne fut point dénaturé de sa quintessence primaire : baiser et se taire. Qu'avait-elle à vouloir babiller de la sorte ? Était-ce ce qu'elle glaviotait à ses clients ? Bandaient-t-ils donc à l'ouïr miauler ainsi ? Il pesta un grognement et l'enfourcha plus avant, espérant œuvrer suffisamment bien – ou vigoureusement – pour assécher la salive de la juvénile et ne plus entendre que le ressac igné de son labeur. Mais, à contrario, Arda s'effaroucha plus encore et tint là des propos qui ne plurent guère – doux euphémisme – au belliciste. Quoi d'autre encore ? Des leçons de sagesse ? Lui contait-elle la bonne-aventure sa queue entre les cuisses ? Les reins firent halte et il la mira longuement, ahané et mécontenté, le portrait entre-déchiré par sa fierté de bélître et son aménité fraternelle ayant recouvré l'amie et la sœur avec qui tout partager. Une décennie, et plus encore, les séparaient toutefois, et la sibylline sensation de n'être qu'étrangers se creusait entre deux salves de souvenances ; elle renia en quelques piètres mots leur incestueuse union, et déchiffrer ce qu'il lut contre le visage revêche ne l'incita que moins encore à faire preuve de commisération filiale. Pis, même, fronçant sourcils il emmaillota la frêle carrure de sa benjamine en la concassant sous son poids et bras, bâillonnant les babines de la chatte sous une paluche courroucée. « T'oserais me faire croire que je suis le seul type de tout le royaume à n'pas avoir le droit de te tringler comme je l'entends ? » Il avait repris sa cadence, moins encore dulcifiée par ses élans de soudard hostile que le rejet de la catin humiliait davantage que celui de la sœur. « T'as qu'à faire semblant. » Et leur sommier de fortune de grincer, ravalant les murmures agressifs du chasseur pour n'éprouver que le silence de la maisonnée.

La géhenne dura, jusqu'à ce qu'une petite tête ne se dresse d'entre la couche voisine et ne piaille en constatant l'étrange scène dont il était question. Le garçonnet n'avait jamais vu quelque coït que ce soit, et celui qu'il scrutait instamment n'avait guère l'air d'être parangon de volupté, tout au contraire, même. La tignasse échevelée attira les prunelles féroces du Firebeard qui, lèvres serrées en un heaume de bête, se mit à lorgner le bambin. Non pas qu'il en fut ému ou rendu responsable de la mine qu'il bronchait, mais arrêter sa corvée fit ébouler la fièvre impérieuse jusqu'ici ressentie. Il n'avait même plus la trique. Et ce môme qui l'observait comme on contemple une tarasque sortie tout droit des enfers... Son menton hirsute en revint à la puînée et Dante sembla pâtir d’une douche froide. La délivrant, il se retira enfin et s'écroula aux côtés de la roulure maltraitée. Ses braies furent remises et un bras suintant s'étendit sur son front, inhumant la face désarçonnée du dogue. Elle n'avait eu que trop raison, et l'idée même lui était insupportable. Sa propre sœur lisait bien mieux en lui que son propre esprit n’en était capable. Les secondes fluèrent, puis les minutes, et, finalement l'Ignoble articula. « Pardonne-moi. » Pour ce qu'il venait de faire et plus encore de n'être jamais revenu. Pour l'avoir sciemment abandonnée avec le reste de leur fratrie, cette bande d’abêtis qui avait pourtant eue toute son entière affection. Puis il se tourna avec lenteur et fit renaître la tendresse en une étreinte d'abord timide, puis effective. « Tu vois, les choses ne changent pas. Je reste le fieffé connard que j'étais. » Une patte libre s'était effeuillée vers la cicatrice dont il avait jadis été l’ornemaniste, et, caressant tout du long, il finit par la cercler de ses bras noueux, écrin de chair et de nippes dans lequel trouver repos, autant physique que psychique. « Et tu restes ma frangine. » l'Adorée, la Relique d'un chiard perdu dans les limbes et jamais plus retrouvé. Le museau dans la crinière de rouille, il contempla par-dessus le minois enfantin qui les reluquait toujours et, un peu plus, il enserra la belle contre lui. Avant de sombrer tout de go, exténué.


you won't be leaving here unharmed
This life, which had been the tomb of his virtue and of his honour, is but a walking shadow; a poor player, that struts and frets his hour upon the stage, and then is heard no more: it is a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing.

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