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 L'EVASION DE JORA EBONHAND

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Dame Fatalité

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Dame Fatalité
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MessageSujet: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Jeu 15 Mai - 15:16

Fiche © Quantum Mechanics
la fatalité
 l'évasion de Jora Ebonhand
 
J
ernvugge bouillonne, Jernvugge s'embrase. Si, jusque-là, l'effervescence qui agitait le palais royal était due à l'allégresse des festivités, une fraction de seconde avait suffi à tout faire basculer: l'attentat sur les enfants de Jorkell venait de faire plonger l'ensemble du palais dans un chaos sans nom. Déjà, on pouvait entendre le son du tocsin qui retentissait partout dans la cité, signe que l'on faisait mander des renforts dans toute la Citadelle ainsi que dans les bourgs alentour. Autre bruit qui ne trompait guère sur l'urgence qui saisissait Jernvugge: le tintement des armures des soldats qui traversaient en long et en large le siège de la monarchie d'Ibenholt sous les aboiements de leurs chefs qui cherchaient tant bien que mal à extraire l'inexpugnable vérité des rapports parfois contradictoires qui leur parvenaient en ce moment. L'imprévu, la fatalité, voila ce qui frappait maintenant le palais royal, semant la confusion parmi ceux qui étaient censés en assurer la sécurité. Est-ce pour cette raison que les deux gardes se retrouvèrent là, dans les parages de la Salle Ovale ? Éclairant les lieux de leurs torches, ils semblaient en patrouille, mais leur allure ressemblait plutôt à celle de flâneur en visite. L'un d'entre eux, vraisemblablement le plus âgé et visiblement le plus bedonnant, rompit le silence relatif de la Salle du Trône ( hrp: la Salle Ovale étant directement reliée à celle-ci ) :

« - On devrait plutôt retourner voir le capitaine. Y a rien qu'des ombres par ici. » L'autre le regarda, l'air passablement agacé. Il semblait à l'affût. Si l'autre parlait à voix haute, lui chuchotait presque: « - Justement ! J't'ai dis que j'avais entendu du bruit par là. J'suis pas fou ! Toi, par contre, t'es un sacré froussard. » L'autre rétorqua presque aussitôt: « - Et c'est comme ça qu'on se retrouve pas poignarder par des elfes ou que sais-je ... Allez viens, on s'tire ! Y a personne que je te dis, et quand bien même: si y a quelqu'un, que Dagoth l'emporte! »

Cependant, et malgré les supplications de son acolyte, le garde ne renonça pas. Éclairant les abords du trône de Jais de sa torche, un bruit sourd venant de la Salle Ovale attira son attention. Qui pouvait bien occuper la pièce réservée à la tenue du Conseil à pareille heure et, surtout, en pareil jour ? Confiant sa torche aux bons soins de son partenaire qui, lui, préféra rester en arrière, le téméraire saisit la hampe de sa hallebarde à pleine main. Il y avait quelqu'un là dedans, il en mettrait sa main à couper ! Alors, à pas feutrés, il approchait de la porte la Salle Ovale. Et, s'il ouvrait à ce moment, sans doute pourrait-il encore entr'apercevoir les silhouettes de Jora, Ehvan, Irinwe et Jack qui s'effaçaient dans la pénombre, juste avant que le passage secret ne se referme sur eux, les séparant définitivement

Pendant ce temps, Jora et son escorte poursuivent leur chemin. Pour le moment, rien ne se distinguait à l'horizon sinon la pénombre que ne parvenait pas à chasser la torche que leurs complices leur avaient fournie. Les couloirs humides, étouffants, semblaient pourtant relativement fréquentés: dans la terre que l'on avait vraisemblablement déposée là afin d'étouffer les bruits de pas sur le pavé ou le parquet qui recouvrait le sol, de nombreuses traces de pas, certaines récentes, témoignaient de la vie qui animait ce passage pourtant ignoré de tous ... Ou presque.

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Fouine de Jernvugge

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Fouine de Jernvugge
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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Jeu 15 Mai - 15:24





C

........ela faisait de longues minutes que la fouine en ce castel attendait patiemment dans l'aile Est de Jernvugge, près d'un grand escalier desservent de ses larges volées les différents étages de la dite aile du phénix, où se trouvaient sa propre chambre de bonne ainsi que celle d'Irinwe. Le petit sablier qu'elle avait accroché au pendentif de son amie ne cessait de voir ses grains s'écouler avec lenteur, le temps semblait suspendu et l'attente interminable. Même si les couloirs étaient vides de toute vie en cette heure probablement tardive, Morgana se voulait aussi discrète que possible et vaquait de parts en parts, dans un continuel ballet de coton, afin de ne pas éveiller de soupçons si elle venait à croiser quelqu'un. Des différents conduits enfermés dans les hauts murs résonnait le tonnerre du Grand Bal se déroulant dans l'aula royale, les bruits n'étaient que substances déformées voir incompréhensibles, mais habituée, l'ouïe à toute épreuve, ayant chantonné des jours et des jours l'air qui donnerait le signal de la fuite inespérée de Jora Ebonhand et de sa suite, Morgana se plaisait à penser qu'elle saurait reconnaître le glas en question.

Soudain, le silence, morbide, l'écho des festivités ne couvrait plus la solitude de sa situation, elle entendait presque le son des perles rencontrant le fond du clepsydre. C'était inattendu et tout aussi bref, à peine remarquait-elle le calme ambiant que le brouhaha reprenait de plus belle, l'agitation de la célébration retentissait d'un éclat nouveau, le fracas avait changé. Il s'est passé quelque chose. Les cris avait remplacés le charivari, la musique était toujours audible mais couverte pas une terreur qu 'il était impossible d'ignorer. La servante dû faire preuve de concentration et parmi le bruit troublé, elle décela les premières notes de la colère d’Alenefjell. Il était là, le signal, l'avertissement pour lequel elle patientait en ces lieux, il lui fallait maintenant agir et remplir ce à quoi elle s'était engagée auprès de l'elfe qui en contrebas risquait sa vie et celle de la princesse pour la sortir de sa prison dorée. N'ayant guère réfléchi à un plan d'action concret quant à la diversion, une idée toute simple lui vint à l'esprit. S'armant de toute la force dont elle pouvait faire preuve, elle s'attela à renverser les lourdes armures disposées de façon décoratives dans le couloir. Le métal était lourd et les cuirasses explosaient au sol dans un vacarme à réveiller un mort dans son tombeau. Comme elle s'y attendait, l'intérieur était rembourré avec de la paille durcie par du torchis, la suite lui venait tout naturellement. Une fois les éléments rassemblés, la jeune fille attrapa une torche éclairant le passage et la jeta sur le tas en s'écartant. La rencontre des fibres sèches et des flammes fût plus violente qu'elle ne s'y attendait, et manquant de se blesser devant l'embrasement, elle constata que le capitonnage brûlait à une vitesse grandissante. Prenant ses jambes à son cou, véritablement effrayée par ce qu'elle venait de commettre, Morgana se mit à courir désespérément dans les artères vides du palais en hurlant à plein poumons « A l'aide ! Au feu ! Au feu ! » La chaleur se faisait de plus en plus intense et la fumée emplissait l'air de ses vices, il était bientôt impossible à la servante de rester près des lieux de son méfait. Tout en continuant à crier, elle s'éloigna puis arrivant à un croisement. S'enroulant dans une draperie elle acheva de se dissimuler et attendit.

Encore et encore, mais personne ne semblait venir. Qu'y avait-il donc en bas qu'un brasier menaçant le château ? Ne pouvant se résoudre à rester plus longtemps passive, emportée par l'ivresse de l'action, la belle s'empressa de faire ce que personne n'attendait d'elle, ce qu'Irinwe lui avait défendu de faire ; les rejoindre, dehors s'il y étaient, et fuir en leur compagnie. Adieu Jernvugge ! Adieu Ibenholt et tes maudits corbacs ! Bonjour liberté chérie. Emportée par la tempête de cette idée interdite, elle se dirigea vers la partie du palais que d'ordinaire elle ne visitait que rarement, l'aile la plus à l'ouest de la bâtisse, abritant le tristement célèbre et convoité Trône de Jais. Le passage secret qui devait sortir l'héritière de son état de captive se trouvait là, dans la Salle Ovale, laquelle accueillait les hauts conseils du royaume et qui en cette soirée allait être l’échappatoire de ce projet désespéré. Au vu de la non-réaction quant à alerte de l'incendie, Morgana pensait ne trouver personne dans la sombre annexe, mais quand elle entra en trombe dans l'espace aux angles arrondis, il était déjà trop tard pour renoncer. Dans sa course folle elle n'avait entendu les cliquetis de la maille qui se déplace, le bruit feutré d'une arme lourde que l'on supporte. Tombant nez à nez avec un officier de la garde royale, accompagné d'un acolyte dans son dos, l'humble servante senti son plan ainsi que celui de ses compagnons déraper dans un gouffre de désolation. Elle ne pouvait s'enfuir, faire chemin arrière, encore moins accéder au passage à son tour. Pourvu qu'ils aient pu passer … Par Catharis pourvu qu'ils aient fait vite … Supplia t-elle silencieusement tandis que celui qui lui faisait face, dans un rictus de surprise, lui lança avec véhémence. « Hé toi, là ! T'as rien à foutre là ma p'tite ! » Par chance il détacha du regard l'accès déjà refermé et s'approcha d'elle, menaçant. « Je...Je répond à la demande de sa Majesté Ravncrone, monsieur. On m'a mandé afin d'apporter mon aide en bas, au grand Bal, suite à ce qui est arrivé. » Morgana bluffait, elle ne savait ce qu'il s'était passé lors des festivités et misait sur la gravité de l’événement. « Dans ma précipitation je me suis fourvoyée dans les méandres de Jernvugge et me suis retrouvée en ces lieux ... » Elle haletait encore, cela aurait pu passer pour un aveu véridique. Sa robe et ses cheveux sentaient encore le roussi, pitié qu'on ne fasse pas le rapprochement avec le feu qui devait déjà lécher la pierre quelques étages plus haut. Sa mission démarrait en cet instant, la diversion qu'elle devait opérer afin de faire de l'entreprise une réussite.

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Corbeau de Ravenhole

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Corbeau de Ravenhole
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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Jeu 15 Mai - 16:49

Fiche © Quantum Mechanics
greer claymerie
le grand bal/l'évasion
L
e chaos est son domaine, une orageuse vésanie dans laquelle il trouve l’eurythmie, stoïque statue de roc battue d’impavidité qui ne souffre pas de la houle mortifère et du ressac morfal. Dans l’essaim de frelons agités il n’a pas quitté des yeux la nivale sylphide qui hante ses jours, le loup traquant l’agnelle avec un zèle renouvelé ; lueur mercuriale qui anime la prunelle avide de vénerie. Oh, elle l’a ignoré, superbement ignoré tout au long de la soirée, insensible à son regard squale lové contre elle, insensible au souffle halitueux qui traversait ses lippes, s’écrasant sur le roc de son menton pour être délogé d’une langue avide qu’il étirait sur ses lèvres. Oh, elle l’a titillé, ses graciles courbes s’arrimant à un corps masculin puis à un autre pour ne laisser au fond de sa gueule qu’un remugle cendreux et indigeste. S’il avait pu poser ses pattes sur ces charognes, il leur aurait fait endurer d’indicibles tourments, creusant leur chair de ses propres ongles pour retirer chaque parcelle d’Elle, vestige imperceptible, qui aurait pu se poser sur une peau autre que la sienne. Et dans cette entropique panique, seul le fumet métallique d’un substrat qui fend les chairs pour se faire mare rubiconde attire son regard carnassier, sa vigilance se relâche un instant pour vriller vers le corps catatonique un regard curieux. À travers les vagissements et les vociférations il distingue la chevelure carbone, les yeux d’émeraude qui battent une mesure erratique, épigone d’un cœur affolé. La lady Lorsei. Une vespérale princesse dont il n’a pas oublié l’odeur sucrée de la carnation, mais c’est sans même l’ombre d’un remord qu’il s’imprègne de la capiteuse exhalaison d’un sang qu’il sait  plus bleu que rouge. Son instinct lui intime de river ses yeux d’orage sur la sylphide au crin d’argent au moment même où elle se soustrait à la marée humaine, happée par l’angle obtus d’une coursive. Les sens en alerte il salive, faisant se mouvoir sa lupine carcasse vers elle, se faisant sillage de ses pas, à bonne distance. La clameur bat une mesure saccadée sur sa carne, les coquilles humaines s’évertuant tantôt à glapir tantôt à mugir alors qu’il fend la houle carnée, insensible aux folies meurtrières qui étreignent les insurgés. La conspiration n’est pas son domaine et le corbac n’a strictement rien à foutre de leurs affres. Dans le couloir désert, il perçoit l’écho des pas précipités, se laisse avaler par les ombres longilignes qui tissent sa peau d’une pèlerine de sépulcre. C’est tapi comme une bête traquant sa proie qu’il les épie, leurs moindres mouvements s’imprégnant dans l’argile orageux de ses yeux, quand ils disparaissent enfin, s’immergeant dans les ténèbres de la Salle ovale, le lombric tisse des pointes de jais du trône un sanctuaire alors que le cliquetis des cuirasses se fait entendre à l’autre bout de la pièce. Deux roquets ne tardent pas à arpenter la pièce, la lueur cuprique de leurs torches faisant fuir les fantomatiques ombres qui dansent sur les murs orbes. Le corbac remonte son capuchon sur sa tête, se glissant sans bruit dans l’interstice mussée par une lourde draperie frappée du freux alors que les flammes torchères lèchent les ténèbres qui le dissimulaient quelques secondes auparavant. La prunelle acérée, il esquisse un sourire, déjà alléché par la perspective de plonger son surin dans les orbites des crevards, mais l’iris carnassier est déjà attiré vers une silhouette ivoirienne qui, à pas feutrés se glisse dans la salle du trône. Voilà qui est inopiné. Dans l’angle de la draperie, un sourire de squale se dessine sur ses lippes minces et l’éclat laiteux de ses dents miroite un instant dans le clair-obscur alors que la femelle se dirige tout droit dans un guet-apens. Lorsqu’un cerbère la hèle, Greer rive son dos aux aspérités de sa cachette, amusé par la biche qui ne tardera pas à se saigner de rubis dans les bras morfals des loups en armure. Dire qu’une simple estafilade disséminée par son surin sépare l’agnelle d’une mort certaine…

Mais il est beaucoup plus divertissant de la voir se débattre pour échapper aux crocs mortifères des chiens affamés. Pourquoi s'en priver ?


a beast in human skin
« I'll seek you out. Flay you alive. One more word and you won't survive. I'm taking it slow. Feeding my flame. Shuffling the cards of your game. »

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Perle de Nacre

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Perle de Nacre
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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Jeu 15 Mai - 19:47



L
a tête lui tournait, chaque pas lui donnait la sensation que son galbe s'affaisserait bientôt sous la pesanteur de l'ébranlement – tout s'était produit vite, si vite. Avant même de parvenir à lénifier l'eurythmie qui pulsait à ses tympans, la princesse s'était vue entraîner dans une dérobade honteusement opportuniste, sous couvert de la déveine qui avait poignardé le rumen de la régente de Ravenhole. Point le temps de se pâmer face à l'horreur de la situation, et il n'était pas plus question d'offrir une quelconque ouverture à un autre spadassin qui patientait pour éviscérer le dernier emblème de la Main Blanche, elle avait tourné l'échine au malheur de Lorsei pour talonner de très près ses compagnons. L'adrénaline l'avait portée à travers les corridors jusqu'à la Salle Ovale, où elle s'était retenue de couiner dans les bras du Clanfell à l'instar d'une souris épouvantée le temps que l'elfe leur ouvre la voie. Le sentier vers la liberté était là, devant ses mirettes chatoyantes qui ne prirent pas la peine de s'étonner en apercevant les torchèrent qui les éclaireraient tel un feston de lucioles. « Nous ergoterons plus tard Ehvan, je t'en prie, allons-y ! » Implora la jouvencelle en le tirant par la manche pour l'encourager à ce faire, car elle ne tenait pas à lanterner dans les environs en sachant que l'Usurpateur finirait, tôt ou tard, par remarquer sa disparition. Le sablier du fatum avait d'ores et déjà été tourné, et la course folle des grains d'obsidienne amplifiait à chaque instant l'appréhension d'une Ebonhand qui luttait contre elle-même pour garder contenance. Elle agréa aux propos du lion d'un signe de tête, puis lui ploya un sourire sincèrement ému, avant qu'ils ne s'enfoncent dans les tréfonds de Jenrvugge, l'oiselle veillant à avoir sa préceptrice d'un côté et son bouclier-lige retrouvé de l'autre.

Râble légèrement voûté, allures de fuyarde sur ses gardes, ses phalanges frôlaient les deux nymphes qui l'accompagnaient avec la ferme intention de les agricher si une quelconque menace émergeait. Son regard biaisa en direction de la Claymerie lorsque celle-ci déchira le bas de sa robe, et elle profita pour lui glisser un commentaire à timbre mesuré. « Je suis contente que tu sois là... » Là, dans ce souterrain, ainsi qu'à ses côtés de façon générale, heureuse qu'elle ne se soit pas parjurée comme certains l'avaient fait. Les commissures de ses lèvres s'évasèrent brièvement, puis elle revint sur l'horizon où la matière aréneuse dispersée sur le sol avait été percée d'empreintes de chausses – qui n'étaient assurément pas les leurs. « J'espère que ceux qui étaient là avant nous ne le sont plus, cet endroit n'est pas censé être peuplé que je sache... vivement que l'on en soit sorti... » Elle déglutit puis fit silence, avivant les tisons de la confiance qu'elle plaçait en l'adonis qui dirigeait leur petite cohorte. S'il y avait bien une personne apte à les mener hors de ce noir songe, c'était lui, elle n'avait que trop honteusement douté de son serment durant sa captivité. Puis, sa mine chagrine se baissa, les tourments s'esquissèrent sous la dentelle d'ébène et d'ivoire de son masque qui en estompait l'intensité. « Cela aurait pu être moi... » Entonna t-elle finalement d'une voix fluette et frémissante, s'adressant à qui voudrait bien l'entendre. « A la place de lady Lorsei... Si j'avais été plus proche qu'elle, c'est mon ventre qu'il aurait tranché... J'abhorre l'idée que mon nom soit associé à celui Ravncrone, mais il faut que je m'y fasse... cet homme n'est pas le seul à désirer ma mort... »



Ghost of a Rose
Her eyes believed in mysteries, She would lay amongst the leaves of amber. Her spirit wild, heart of a child, yet gentle still and quiet, he loved her... When she would say... "Promise me, when you see, a white rose you'll think of me."

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Le Jeune Lion

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Le Jeune Lion
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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Jeu 15 Mai - 22:14

Les doigts du jeune homme étaient crispés si fort sur sa torche qu'il était étonnant que le métal ne se  torde pas sous la pression qu'il exerçaient. Ses yeux redevenus azurés faisaient sans cesse l'aller-retour entre le chemin qu'éclairaient leurs torches et les jeunes femmes derrière lui, comme s'il craignait de ne voir surgir la Garde Royale d'entre les murs. Ils étaient certes sur le chemin de la liberté, mais Ehvan n’omettait pas que cette liberté risquait fort d'être pavée d’embûches. Et dire qu'il avait failli ne pas s'inviter au bal ! Comment auraient-elles fait, sans lui ? Loin de lui l'envie de se féliciter de quoi que ce soit, mais force était de constater qu'elles auraient été fort vulnérables sans lui... Il ne doutait nullement des capacités de Jack, après tout ils avaient été frères d'armes fut un temps, mieux valait qu'ils soient plusieurs à pouvoir assurer la sécurité de Jora et Irinwe. Cependant, désarmés comme ils l'étaient, il fallait qu'ils fassent vite et trouvent la sortie de ce maudit dédale au plus vite. Chaque minute était précieuse, chacun des pas qu'ils faisaient indispensables.  Le lionceau avait retrouvé ses réflexes de capitaine, et il était mu par une détermination sans faille. Il escorterait Jora jusqu'à Sorhelm quoi qu'il lui en coûte. Et il comptait sur l'aide des deux jeunes femmes qui l'accompagnaient pour l'y aider.

Il lança un regard horrifié à la princesse lorsque celle-ci s'exprima sur le triste événement qui leur avais permis de prendre la fuite, et c'est en grognant à moitié qu'il lui répondit. « Il n'est pas question de laisser pareille horreur t'arriver, tu entends ? Tu n'es pas l'Usurpateur, tu n'as rien à voir avec ces corbeaux de malheur... ni même avec ton père. Les elfes comme le reste de Middholt le saura bien assez rapidement, crois-moi. Je me chargerai moi-même de répandre la bonne parole à ton sujet s'il le faut. » Il sourit maladroitement, piètre tentative de rassurer la jeune femme qui devait encore trembler de tous ses membres. Pourtant, il savait qu'elle avait raison. Beaucoup ne s'embarrasseraient pas à faire la différence entre elle et son paternel, entre elle et les Ravncrone. Il devrait la protéger de tant de périls qu'il en avait déjà le tournis. Mais il avait prêté serment et il tiendrait parole jusqu'à ce qu'elle soit assise sur le trône... Ou jusqu'à ce qu'il tombe sur plus fort que lui. Voilà pourquoi il serait important qu'il trouve rapidement des personnes de sa confiance à rallier à la cause de Jora, car il n'était plus aussi naïf qu'autrefois, il n'était pas aussi invulnérable qu'il l'avait cru, Synric et la poix enflammée d'Askevale l'avaient démontré. « Je te promettrai bien encore une fois que tout ira bien, mais je ne voudrais pas que tu te lasses de mes promesses. »

Les yeux du jeune lion se rivèrent de nouveau sur le chemin qui s'étendait devant eux, l'esprit dérangé par un mauvais pressentiment. Finalement il s'arrêta un instant et remit sa torche entre les mains de Jora, le temps de récupérer les deux dagues qu'il avait si habilement dissimulées sous sa tunique et dans l'une de ses bottes. Il en tendit une à Jack, qu'il savait aussi habile que lui – il n'était de toute manière pas question de remettre une lame entre les mains de la princesse. Et à ce sujet... « Lorsque nous serons loin d'ici, à l'abri, je t'apprendrai à te défendre. » Il ne lui laissait pas le choix, il récupéra d'ailleurs sa torche et se remit en marche avant que la demoiselle ait eu le loisir de protester.


Just a cub no one ever taught how to roar
No one ever said you have to be dead and buried to be a ghost.

   

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Panseuse d'Ibenholt

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Panseuse d'Ibenholt
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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Jeu 15 Mai - 23:15



C
e n’est plus l’heure de douter - surtout maintenant qu’ils font face au passage secret taillé dans la roche qui est censé les mener hors du chateau. Irinwe est crispée de la tête aux pieds, essayant tant bien que mal de se concentrer sur la seule chose qui l’importe véritablement. Et pourtant, le désarroi lui noue la gorge alors que la hante la menace de l’elfe qui s’en est attaqué à la corneille. Les doigts vissés sur l’une des torches mises à leur disposition le long des parois humides, la préceptrice s’assure que tout le monde la talonne avant de s’engager dans le conduit obscur. Elle remarque bien assez tôt les quelques empreintes laissées dans la glaise, probablement par les servants que Sylarne a du mettre dans la confidence, et son expression se vrille d’anxiété. En entendant les inquiétudes d’Ehvan quant à la présence de ses flambeaux, l’elfe se pince les lèvres en replaçant son loup sur son nez. « La personne qui nous a permise d’orchestrer tout ceci monseigneur. » Sa sœur, en l’occurrence, mais Irinwe estime le moment malvenu pour se livrer à quelques explications. Le jeune lion prend les devants pour leur ouvrir le passage et la préceptrice invite Jack et Jora à passer devant elle pour pouvoir fermer la marche. Jetant une brève œillade vers la pierre qui s’est scellée derrière leur groupe, elle convient finalement à talonner l’héritière de prés. Claquemurée dans ses sombres pensées, l’elfe ne prête qu’une oreille distraite aux dires de ses comparses, mais lorsque Jora vient à prononcer toutes ses angoisses de vive-voix, la belle glisse un bras autour de ses épaules pour la réconforter. « Ma lady... Ce n’est pas le moment de penser à tout ceci. » Et pourtant, c’est que ça la tourmente, elle aussi - de voir ses pairs soulevés avec tant de démence contre les noms ambitieux qui ont orchestré la Nuit des Larmes. Jora est innocente mais son père ne l’était guère, et qu’importe le discernement lorsqu’il s’agit de crier vengeance. C’est en tout point ce que redoute la préceptrice de l’héritière, qui a elle aussi haï la figure paternelle mais qui s’étrangle dorénavant dans cette toile d’attachement qu'elle a sciemment tissé. « C’est tellement insensé. » Susurre-t-elle entre ses dents, furieuse et fébrile. Elle n’a pas les mots pour réconforter lady Jora car elle n’a pas la force de s’apaiser elle-même. La donzelle coule son échine contre la paroi froide du tunnel, son regard évasif perdu vers les ténèbres plus en avant. C’est qu’elle laisse volontiers le soin à Ehvan de faire taire les turpitudes de l’oiselle Ebonhand tandis qu’elle abdique - du moins, pour l’instant. Les prunelles de la servante croisent celles de Jack et le visage lisse qu’elle tente de garder serein depuis le début de leur tribulation se meut en une expression confuse. « Ça va être terrible là-dehors. » Les cris, la panique, les exécutions. Le chaos, encore et toujours. Irinwe se sent dépossédée de toute verte, en l’espace d’un battement de cils. Vont-ils traquer tous les elfes après ça ? L’instigateur de tout ceci a-t-il voulu brouiller les pistes ou s’agit-il d’une réelle vendetta ? La préceptrice redresse l’échine dans une profonde inspiration, forçant ses traits à la détermination. « Il nous faut avancer, maintenant. Le palais est en émoi et je crains que ça ne soit pire dans la ville basse. »


Things We Lost in the Fire
When the days are cold and the cards all fold. And the saints we see are all made of gold. When your dreams all fail and the ones we hail are the worst of all and the blood’s run stale. I wanna hide the truth. I wanna shelter you. But with the beast inside, there’s nowhere we can hide. — #d42845

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Bouclier des Ebonhand

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Bouclier des Ebonhand
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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Dim 18 Mai - 2:09

I
ls s'engouffraient dans l'obscurité du corridor secret... qui n'avait pas l'air si abandonné que cela. Jack marchait en silencieuse derrière Evhan et la princesse lorsque celle-ci porta son attention vers la chevalier pour déclarer qu'elle était heureuse de la savoir parmi eux. Le coeur de la Claymerie se réchauffa. Elle savait très bien que depuis le début de la captivité de Jora, celle-ci ne lui faisait pas entièrement confiance. Savoir qu'elle lui "pardonnait" emplit la femme aux cheveux de nuit d'une certaine fierté. Jacqueline la suivrait partout, elle serait à jamais sa fidèle garde et c'était en partie pour cela que le roi l'empêchait d'approcher la princesse. Mais maintenant qu'elles fuyaient dans ce passage sinueux, Jack se promettait de garder un oeil sur la jouvencelle. Mais en même temps, elle espérait pouvoir rester à Ibenholt, que personne ne découvre son rôle dans la fuite de Jora. Pour simple réponse, elle hocha la tête vers l'avant tout en souriant à la lumière blafarde des torches. Son compagnon d'armes s'assura ensuite de réconforter la princesse qui avait l'étrange idée que les Elfes auraient voulu s'en prendre à elle. Toujours silencieuse, elle écouta ses collègues fuyards, l'esprit distrait par ses sens aux aguets qui tentaient de repérer quelconques dangers. Elle fut tirée de ses réflexions lorsqu'ils s'arrêtèrent tous. Jack regarda Evhan sortirent deux lames de ses habits. Il lui tendit l'une d'elle ensuite et la chevalier s'empressa de l'attraper pour reprendre leur route au plus vite. Maintenant libre de son masque et de sa robe trop longue, elle allait pouvoir se défendre un peu mieux s'ils rencontraient des ennuis... ce qu'elle redoutait plus que tout. Elle croisa alors le regard d'Irinwe qui semblait totalement désemparée et elle leur fit par de son inquiétude face aux risques qu'ils couraient. Jack cachait elle-même son inquiétude derrière des traits impassibles et elle échappa un sourire face à la soudaine détermination qui s'affichait ensuite sur le visage de la servante elfique.

Comme Jack n'avait pas de torche, elle était plus libre de ses mouvements et s'assurait de la sécurité du petit groupe. Ses yeux s'étaient quelque peu habitués à la noirceur mais elle n'arrivait toujours pas à décerner les ténèbres devant eux. Mais elle voyait bien que les couloirs avaient été récemment utilisés et Jack espérait ne pas tomber dans une embuscade. Elle partageait donc les appréhensions du grand chevalier à ses côtés mais elle restait aussi sur ses gardes. Le silence qu'elle gardait était oppressant. Elle était inquiète. Son visage restait ferme et déterminé, mais le fait qu'elle n'ait pas osé parler ou se prononcer sur quoi que ce soit démontrait la tension qui crispait chacun de ses muscles. Elle ignorait ce qui les attendait et elle détestait l'inconnu. Si la Fatalité s'acharnait sur eux, elle serait la première à réagir car son esprit était rivé devant elle... certaine que quelque chose ne tournait pas rond. Alors, elle s'approcha lentement de Jora, ne laissant que quelques centimètres entre leurs corps tel un bouclier vivant. Elle ne portait pas le titre de Bouclier des Ebonhand pour rien. Elle pouvait sentir un air frais sur ses joues brûlantes d'anxiété et elle savait que la sortie s'approchait lentement... bientôt, ils quitteraient ce passage inquiétant...


Fighting for her queen until the end
THE NIGHT GOES ON, WAITING FOR A LIGHT THAT NEVER COMES

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Dame Fatalité

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Lun 19 Mai - 13:43

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la fatalité
l'évasion de Jora Ebonhand
L
es deux gardes restent dans l’expectative, leurs regards se croisant et se recroisant dans un ballet presque ininterrompu, comme s'ils cherchaient tout deux à lire dans leurs pensées respectives, sans prendre le risque de communiquer leurs doutes à haute voix. Visiblement, ils semblaient tracassés. Les consignes étaient claires: personne n'avait le droit de circuler dans les couloirs du palais sans pouvoir attester de sa bonne foi. Mais comment obéir à un ordre pareil alors que tout Jernvugge était plongé dans la confusion la plus totale, les directives contradictoires de chacun se perdant au milieu des foules en fuite, devenant totalement inapplicables ? S'il y avait une réponse, les deux gardes ne semblaient pas la connaître. Le plus jeune, celui qui s'apprêtait à pénétrer dans la Salle Ovale, braquait sa hallebarde sur Morgana, tandis que le plus vieux éclairait l'intruse de sa torche. Disait-elle la vérité ? Si elle mentait, si elle avait ne serait-ce qu'un rôle minime dans tout ce qui se tramait en ce moment et qu'on venait à apprendre qu'ils l'avaient laissé filer, les Dieux seuls savaient quels châtiments on leur réserverait: le renvoi, le fouet, ou peut-être pire ... Il fallait prendre une décision, mais ce n'était visiblement pas le fort des deux hommes qui restèrent plantés là, en silence, quelques instants, jusqu'à ce que l'un d'entre eux, celui qui éclairait les lieux de sa torche, daigne finalement lâcher quelques mots:

« - Bien ... Bien m'dame, c'vrai que c't'un bordel sans nom ici bas. Ils auront bien besoin de bras supplémentaires, au Bal. Il paraît que la Princesse est presque morte. Alors, vous pouvez pa... »
Il fut néanmoins interrompu par l'autre garde, celui à la hallebarde, qui sembla frapper comme de plein fouet par l'évidence: « - Mais, attendez, vous venez des étages, pas vrai ? » Le chemin d'où venait Morgana ne laissait aucun doute sur sa provenance, aussi il n'attendit guère de réponse:  « - Comment Sa Majesté aurait-elle pu vous donner des ordres, alors qu'elle est en ce moment même au Bal ? » Sans attendre, l'autre dégaina lui son arme, une épée courte. Visiblement, les doutes sur l'histoire de Morgana venaient de prendre une tout autre ampleur. « - Montrez-nous votre ordre, écrit et scellé, et vous pourrez passer. Autrement ... »

Il ne prit même pas la peine de finir sa phrase qui resta là, en suspens, tout en étant pourtant plus que limpide: si elle ne parvenait à prouver sa bonne foi, elle serait mise sous arrêt. Déjà, les deux gardes se rapprochaient doucement de Morgana qui restait interdite de tout mouvement. Comment prouver son innocence, alors que l'on est coupable ? Arme à la main, le plus gros tâchait de la contourner lentement. Visiblement, ils ne souhaitaient ni la brusquer ni risquer qu'elle soit tentée de prendre la fuite: une course poursuite n'était jamais chose aisée pour les membres de la Garde et leurs lourds équipements, aussi la jeune femme avait toute les chances de leur glisser entre les pattes. Non, il fallait procéder par étapes, afin qu'elle ne cède pas à la panique. Et leur plan fonctionnait plutôt bien, jusqu'à ce qu'une voix retentisse, là, à l'autre bout de la pièce:

« - Ne bouge pas ! Sinon je te plante ma lance en travers de la gorge, et crois-moi que tu glouglouteras comme un dindon. » Ces mots venaient de fendre le silence de la pièce, mais ni les deux gardes ni Morgnan ne les avaient prononcés. « - Qu’est-ce que tu fous, planqué comme ça ? » ajouta la voix inconnue, avec une assurance improvisée, factice.

Si Greer se retournait, il verrait alors que celui qui venait de le débusquer ne plaisantait pas le moins du monde: la face défigurée par l'angoisse et la voix presque tremblante d'appréhension, le troisième garde, visiblement une estafette que l'on avait chargée de faire le lien entre le capitaine de la garde et ses différents subalternes, semblait prêt à céder à la panique ambiante et la pesanteur de la chaotique atmosphère qui s'était abattue sur Jernvugge semblait sur le point de le faire craquer. La lance, autre arme qui équipait parfois les gardes, qu'il braquait d'une emprise vacillante, là, juste à la base du cou de Greer ne faisait que porter la touche finale à ce tableau quelque peu pathétique, mais néanmoins préoccupant pour le voyeur: alerté par l'urgence de la situation, un des deux autres gardes, celui à la torche, se portait déjà à l'assistance de son collègue qui ne semblait animé que par l'unique envie d'en finir au plus vite. Après tout, l'attitude de Greer le rendait suspect ... C'était, pour la garde, une raison souvent plus que suffisante pour justifier que l'on plante son arme en travers de la gorge d'un intrus pareil.
Grâce à l'action de Morgana, le passage secret emprunté par Jora et le reste du groupe a eu le temps de se refermer et un bruit sourd, comme un claquement, le leur confirme. À la lumière de leur torche, ils progressent peu à peu dans la direction indiquée préalablement par leurs complices. Les tunnels sont humides, froids, interminables. Ils savent, pourtant, qu'ils finiront par tomber sur cette sortie qu'on leur a promise, cette échappatoire inespérée dans ce qui devenait, à mesure qu'ils avançaient dans les étroits couloirs secrets de Jernvuggue, un plan de plus en plus audacieux ... Trop, peut-être ? Soudain, un courant d'air un peu trop brusque, trop violent, éteint les flammes déjà vacillantes de l'unique torche que possède le groupe: visiblement, celui qui était chargé de préparer leur périple n'était pas des plus consciencieux. Désormais, Jora, Ehvan, Jack et Irinwe doivent progresser dans le noir quasi total, seuls quelques filets de lumières passant, ici ou là, par l'interstice d'une pierre abîmée ou manquante, leur permettaient, de temps à autre, de s'orienter. Par chance, le tunnel ne semble s'étendre que dans une seule direction, facilitant alors leur progression: plongé dans la pénombre, le seul danger est de trébucher sur les aspérités d'un sol parfois inégal. C'était, du moins, la seule source de préoccupation jusqu'à ce qu'ils arrivent, au détour d'un couloir, au bout de la première partie de leur périple.  

Dans le noir total se découpait maintenant, à l'horizon, un petit halo de lumière, très faible car la nuit était déjà tombée, mais suffisant pour laisser deviner au groupe qu'il s'agissait bien là de cette issue qu'on leur avait promise. Par ailleurs, le bruit caractéristique de l'eau qui s'écoule en trombe ne laissait aucun doute: ils venaient d'atteindre l'aqueduc qui transportait les eaux usées de Jernvugge. Une aubaine, si, dans la lumière de leur échappatoire, ne se dessinait pas la silhouette d'un individu partiellement plongée dans l'obscurité, si bien qu'il était impossible pour le groupe de l’identifier clairement. Tout juste parviendraient-ils à deviner qu'il s'agissait d'un homme, encore que cela ne pouvait être une certitude, et l’œil expert d'Ehvan ou de Jack pourrait, sans trop de difficulté, associer l'ombre longiligne qui se détachait du bras de l'intrus à celle d'une lance, assez courte, dont la silhouette se découpait assez nettement. À part ça, l'ombre ne trahissait aucun autre de ses secrets: aucun indice ne pouvait laisser présager de la véritable identité de ce nouvel obstacle, ni même s'il était bel et bien seul ...

Dans leur malheur pourtant, les fugitifs bénéficiaient d'un avantage: privés de leur torche, ils étaient parfaitement invisibles puisque la distance et l'obscurité les camouflaient alors. Toutefois, dans la panique générale qui s'était emparée de Jernvugge, comment savoir si, au bout du tunnel, on trouverait ami ou ennemi ... ?

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Corbeau de Ravenhole

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Lun 19 Mai - 22:02

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greer claymerie
l'évasion
P
ulsatile, le cruor afflue jusqu'à ses tempes, irrigue les jaspures qui s'étirent sous sa carne tiède. Les anfractuosités du métal s'étirent sur le vélum de sa carnation, embrassant avec facticité une nuque qui n'a de cesse de se soulever pour s'affaisser aussitôt. Sa prunelle carnassière se cloue aux ombres spectrales qui s'étirent sur le mur, dévoilant par épigones fantomatiques une silhouette cuirassée d'une trempe qu'il devine artificieuse. Dans l'interstice qui se fait cloaque tout n'exhale désormais qu'âcre fumet de sueur ou qu'haleines humides qui avalent leurs souffles. Les lippes anthropophages s'étirent, laissent se dévoiler crocs diaprés qui happent chaque parole fébricitante alors qu'il ouvre la gueule, mimant d'une simiesque façon une stupéfaction postiche. La pointe effilée mord sa chair sans grande conviction. Ah, l'impudent lombric qui se croit protégé sous une membrane métallique plus rouillée que galvanisée, se gaussant d'un misérable éperon contre un squale vorace. Tout dans la voix du dogue transpire la crainte, un courage factice dont il s'empanache pour ne pas défaillir et Greer s'en amuse, captant les épars rayons sélénites de ses orbes gris d'orage pour les faire miroiter dans un clair-obscur inquiétant. Les menaces sont melliflues à ses oreilles et il tend son occiput vers la lame effilée qui entame la chair inaltérée pour laisser suppurer un sang méphitique, la gueule toujours maculée d'un sourire famélique. Sans même se retourner, il s'amuse de son phonème qui, lui, ne suppure aucune inquiétude. « Mais je t'en prie, vas-y. Parce que quand j'en aurai marre de mirer tronche de roquet à travers les ombres du blet, je te promets que c'est avec ta carne que je vais repeindre les murs. » Profitant de la menace brutale, il étire promptement une main derrière son dos, attachant une patte au bois fuligineux de la lance pour l'arracher brutalement des mains du cerbère, pivotant sur lui-même avant de lui enfoncer dans l'épigastre, un sourire aux lèvres. Le râle du martyrisé caresse son faciès séraphique alors que le tortionnaire empoigne le casque pour le faire sauter, agrippant de ses serres prédatrices la naissance d'une chevelure pour lui fracasser le crâne sur la paroi rocheuse avec une force inouïe, faisant grêler un substrat poisseux sur les aspérités pétrées qui arrachent aux os une supplique brutale. Relâchant l'exuvie qui s'écrase lourdement sur le sol, il la gratifie d'un regard de rapace, posant un talon sur l'enveloppe inerte pour retirer la lance qui s'extirpe des tissus carnés avec un chuintement morbide. Déjà l'ophidien prédateur quitte le berceau qui le dissimulait, s'avançant vers la pièce adjacente d'où lui parvenaient les voix des autres vigies galeuses. Les lèvres carnivores du corbac s'étirent un peu plus lorsqu'il attache ses prunelles à l'agnelle qu'ils ont acculée au mur, puis il esquisse une simiesque révérence avant de jauger les épées qu'on brandit désormais devant lui. Il ne tarde pas à enserrer la lance de ses serres, le corps tendu dans une vénerie qui l'allèche. « Messieurs... Mademoiselle. » Le temps se suspend, fugace moment de mutisme avalé par les ombres torchères, puis un garde s'élance vers lui, levant son épée pour la faire mordre le bois de la lance qui se fracasse, faisant couler une averse de fragments de bois sur les voliges. La réplique ne se fait pas attendre et le tortionnaire lève le coude, l'abattant sur la nuque du quidam qui s'effondre avec un grognement sourd. Profitant de son avantage, le bourreau enjambe prestement le corps avachi, frappant la torche de l'autre factionnaire qui la laisse rouler sur le sol, tentant de dégainer rapidement sa rapière, ses gants chromés glissant sur la garde avec nervosité. Mais le corbac ne lui laisse pas le temps de réagir, lui clouant avec violence la pointe effilée du pilum au fond de la gorge, perçant son occiput qui se disloque pour venir se river dans la base métallique du heaume. Jetant un subreptice regard à l'oiselle affolée, il prend appui sur la lance, posant ses deux pattes en travers du bois avant d'appuyer avec force ; le craquement morfal d'une mâchoire disloquée et des chairs d'une bouche fendue comme seul triomphe. Le cadavre vient choir abruptement sur le sol, les membres encore parcourus de capricants spasmes et la gueule bée, déchirée d'une écume rubiconde. Mais déjà les prunelles du charognard sont captivées par le crevard qui rampe sur le sol, désorienté, et le squale s'empare de sa nuque, le soulevant de terre avec une facilité déconcertante avant de l'obliger à mordre de ses dents le rebord d'un siège. Un coup de pied bien placé achève de faire craquer le crâne qui exhale un dernier gargouillis poisseux avant d'abreuver Greer de son dernier souffle. Et dans le silence qui suit le requiem des mâchoires qu'on disloque, le chasseur s'émaille d'une fébrilité lascive qui le pousse à se saisir de la colombe révulsée, se saisissant de ses nippes pour l'obliger à mirer son visage déchiré d'un sourire criblé d'une appétence viscérale. Il attache un doigt à son menton délicat, le relève sans aucune douceur et passe une patte sur le parchemin de sa peau soyeuse avant de lui glisser, la voix éraillée d'une menace qui est tout sauf larvée : « Emmène-moi à la princesse Jora, parce que sinon ce sont tes délicates petites lèvres à toi que je ferai sauter autour de ma lance… et la mienne est loin d'être en bois, me suis-je bien fait comprendre ? » Déjà le cliquetis des cuirasses se fait entendre dans la salle du trône, un nouveau flot de factionnaires se déversant dans la salle qui jouxtait leur sanctuaire.

Il faut faire vite.


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Perle de Nacre

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Perle de Nacre
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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Lun 19 Mai - 22:54



L
e regard du fauve eut l'effet d'un carreau qui vint se ficher en pleine poitrine, et elle sut, à la seule nitescence de ces prunelles qu'elle connaissait par coeur qu'elle venait de se complaire en inepties. Ou plutôt, en véracités proscrites, qu'il était fort inopportun de soulever séance tenante. Ils auraient tout loisir d'épiloguer sur la chose une fois hors d'Ibenholt, un objectif qu'il ne fallait pas perdre de vue car ils n'auraient qu'une chance pour l'atteindre. La véhémence de la réponse n'eut de pareille que le zèle qui se transfigura en sourire gauche, et se miroita sur le minois de la princesse dans un mimétisme inconscient, avant de succinctement se blottir contre l'elfe pour glaner un semblant de réconfort, même chimérique. Puis, leur marche s'interrompit, l'Ebonhand craignit un instant qu'ils soient arrivés à l'orée d'une embûche, mais il ne s'agissait vraisemblablement que de prudence de la part de l'adonis qui ne s'était pas précipité dans l'aire des Corbeaux les mains vides. Elle tint alors la torchère de ses deux menottes et contempla la flamme faire resplendir les lames brandies, jusqu'à s'entendre dire qu'il lui faudrait améliorer ses facultés martiales. « Moi ? Oh... » Le Clanfell avait déjà fait volte-face pour poursuivre, sans lui laisser l'opportunité d'objecter – ce qu'elle n'aurait de toute manière point fait. Elle se contenta d'arborer une moue songeuse, qu'elle obliqua en direction d'Irinwe. « Penses-tu qu'ils soient déjà au fait de ma disparition ? Furètent-ils déjà dans les moindres encoignures de Jernvugge ? Ahh... J'espère que ceux qui ont choisi de rester ici seront saufs, lord Jorkell va assurément retourner toutes les landes à ma recherche... » et il ne s'arrêterait aux lisières d'aucuns royaumes.

La jouvencelle eut tout juste le loisir de jeter une oeillade à la Claymerie qu'elle trouvait lugubrement circonspecte, avant que sa vision n'échoue dans le noir le plus complet. Jora émit un léger glapissement et ne sut plus à qui s'agricher, ses phalanges se hâtèrent et accrochèrent les premiers vêtements qu'elles trouvèrent : ceux d'Ehvan et de Jack. « L'odeur, maintenant le noir... Qu'allons-nous avoir ensuite ? » Elle ne se mût qu'une fois l'ordre lancé par l'un de ses compagnons, le souffle erratique et veillant à ne buter sur aucun obstacle pour ne pas choir et se meurtrir – cela aurait été d'un ubuesque inacceptable. Avait-elle déjà coudoyé une telle appréhension dans son existence ? Et pourtant, ce n'étaient là que les prémices de son odyssée, le pire restant probablement encore à poindre. Ses prunelles se fixèrent ensuite sur la luciole lointaine qui devint naturellement leur ligne d'arrivée, et les dieux savaient qu'elle se languissait de sortir de cet aqueduc à l'infecte fragrance. A chaque pas, l'espérance de définitivement fuir se rapprochait, et avec elle, le galbe sibyllin d'un individu, mais de quel côté de la frontière politique se situait-il ? Désormais immobile dans la pénombre, la demoiselle relâcha ses deux comparses et prit le bras de sa nourrice. « Attention... » Susurra t-elle aux chevaliers ci-présents sans savoir s'ils allaient oeuvrer en binôme ou non. « Devait-il y avoir quelqu'un pour nous accueillir ou doit-on nous inquiéter de ce quidam ? » Ses mirettes se posèrent sur le peu qu'elle était encline à percevoir de sa gouvernante qu'elle venait d'interroger.



Ghost of a Rose
Her eyes believed in mysteries, She would lay amongst the leaves of amber. Her spirit wild, heart of a child, yet gentle still and quiet, he loved her... When she would say... "Promise me, when you see, a white rose you'll think of me."

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Fouine de Jernvugge

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Lun 19 Mai - 23:40





S

........on mensonge était aussi bancal que les sales draps dans lesquels Morgana était en train de s'étouffer, elle le savait. Mais quitte à préserver la délicate existence de l'héritière Ebonhand  et le succès déjà bien précaire de leur entreprise, mentir en valait la chandelle. La servante n'avait cependant pas la prestance des grandes dames qu'elle assistait, et son discours désorganisé, culotté, avait tout les raisons de ne pas convaincre. Or quand l'un des gardes lui demanda la preuve palpable qu'elle avait bien été envoyée là par Sa Majesté, remettant même en cause son excuse, elle n'avait d'autre choix que de perpétuer ses fabulations, s'enfoncer toujours plus loin dans sa tromperie, au péril de sa vie.  « Et bien....mhh...C'est...c'est à dire que...que j'ai été réveillée par d'autres domestiques, mh, … qui ont réclamé mon aide dans l'aula..sur ordre de Sa Grâce.... » Ce n'était guère le relent de fumée froide de ses frusques qui les avait interpellé mais ils ne semblaient désormais plus enclin à avaler sans broncher les salades qu'elle leur servait. Acculée, menacée par la lourde hallebarde du soldat, la belle n'avait d'autre recours que se rendre, tout avouer, ou tenter une échappée folle de laquelle elle ne pouvait en sortir vivante. Elle n'eût guère le loisir de prendre une décision, une voix vint interrompre la pesanteur de la situation, voix dont elle ne connaissait l'origine et qui s'adressait à un énième acteur de la scène, apparemment dissimulé dans l'ombre.

Tout s’enchaîna très vite, aussitôt ils entendirent un autre timbre, menaçant au possible, démoniaque, précédé d'un bruitage de succion atroce, le fracas d'un corps s'écrasant contre le sol dur, le crissement particulier des os se brisant sous l'impact, le déchirement de la chair transpercée. La bête s'avança dans l'obscurité, s’annonçant à ce public abasourdi, n'ayant pas encore le temps d'être choqué du spectacle macabre, quand un des gardes s'élança vers le monstre, épée au poing, et qui dans sa charge brise en morceaux la hampe de l'arme d'hast. Mais le vilain n'avait guère besoin d'artifice, et à mains nues il maîtrisa avec aisance l'homme entraîné au combat, avant d'achever son compagnon lui faisant face en l'embrochant avec la pointe de sa lance. Le tableau est insoutenable, Morgana manque à plusieurs reprises de perdre conscience devant cette violence inouïe se déroulant sous ses yeux candides, mais comble de l'horreur, l'animal se saisit de sa maigre personne et dans un moment d'intense douleur, lui caresse le visage de ses phalanges poisseuses. La servante en a le souffle coupé, aussi souhaite-t-elle disparaître à cet instant et ne jamais avoir croisé la route de cet énergumène. Son cœur bat à la chamade dans la prison d'os de sa poitrine, risquant d'exploser. Le bourreau doit se repaître de la sentir ainsi effrayée, mais il lui est impossible de contrôler cette panique qui l'anime et la foudroie. Cherchant à lui répondre, seul un grognement sourd parvient à s'échapper de cette gorge stérile, paralysée d'effroi. Soudain il la relâche, la toise de ses billes malsaines qu'elle aurait souhaité crever, si elle en avait le courage. Attrapant une torche, la jeune fille se met à tâtonner les murs de la rotonde, cherchant dans ses souvenirs des bribes lui rappelant comment actionner le mécanisme du passage. S'appliquant à ne pas regarder les cadavres jonchant la pièce, elle trouve enfin le rebord ouvragé de la cheminée, fébrile, elle fourrage le sombre foyer dans la quête du levier salvateur. Enfin elle trouve appui sur ce chibre boisé sur lequel elle fait peser toute sa modeste masse. Dans un craquement sourd, la pierre se met à frémir et la brèche à se dessiner. « Si vous voulez bien me suivre...m'sieur.... » Lui lança-t-elle dans une saccade.

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Corbeau de Ravenhole

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Mar 20 Mai - 17:33

greer claymerie

L'évasion de Jora Ebonhand


A
ffolée l'oiselle piaille, sous le pennage carné se démène un cœur suppurant la panique, un fumet âcre pour eux tous qui est néanmoins, sur sa langue, plus sucré que l'Agathée. Charognard, le sombre volucre se pourlèche les babines, une spéculaire démence au creux des prunelles qui se moirent de l'éclat vésanique des siennes. Elle a compris l'avertissement, ainsi il relâche ses serres des nippes, laisse la sylphide se munir de la torche pour chasser les ombres anthropophages qui s'étiraient, faméliques, sur leur étrange conciliabule. La vénerie gonfle les jaspures qui s'étirent sous son derme et des crocs laiteux se diaprent sur fond noir alors qu'il songe qu'il n'est désormais qu'à quelques pas de Celle qui anime ses nuits insomniaques et le pousse à hurler à la face mercuriale de la sélénite. Lorsque l'agnelle réussit à ouvrir grande la gueule du passage secret, le corbac déforme ses lippes en un sourire carnassier, agrippant de nouveau la mijaurée par la peau du cou, osant une paume lubrique sur le parchemin de sa joue virginale. « Bien joué, ma toute belle. » Étirant un doigt vers le ventre béant de la coursive noyée de spectres ombrageux, il lui adresse un clin d’œil équivoque. « Après toi... » Sans même attendre qu'elle esquisse un geste, il cloue une main à la cambrure de ses reins, la poussant sans douceur dans le tunnel halitueux, les crissements métalliques se rapprochant indéniablement de leur précaire position. Après s'être laissé avaler par les chimériques légions obscures, il enserre à nouveau la jeune femme, vrillant ses éperons dans un bras frêle pour l'obliger à avancer, lui arrachant la torche d'une dextre impérieuse pour avancer dans la dédaléenne coursive ténébreuse. Une patte calquant les anfractuosités des murs orbes, il se guide à l'instinct, osmotique chasse qui le portera sans doute jusqu'à la brebis qu'il cherche sans relâche. Il peut presque sentir l'albâtre de sa chevelure entre ses doigts sibyllins, la prunelle azuréenne et hyaline contre son faciès séraphique, l'exhalaison sucrée de sa carnation ivoirienne... Il est si près. Et pourtant si loin. Sans ménagement il progresse à pas pressés, tirant l'hirondelle captive pour la pousser ensuite, resserrant l'étau de ses mains et son emprise sur elle, infortuné pion pour qui il n'a aucun égard. Dans cet étroit canal, tout est amplifié. L'écho de leurs pas porte aussi celui des factionnaires qu'il entend se déverser dans la digue des parois, s'approcher des deux intrus avec une rapidité effarante. Mais si le corbac se complaît dans la traque et le traquenard, il sait se faire ombre parmi les ténèbres. Lorsqu'ils arrivent à une fourche, il fait cesser leur course effrénée, son haleine frigorifiée se butant aux aspérités pétrées. Son flair lui indique la voie, mais il ne réussira pas à se soustraire à la filature s'il ne crée par diversion. D'un geste vif il lance la torche dans la coursive qui mène vers la gauche et pousse la nymphette dans l'autre passage, la plaquant avec force sur le mur humide et glacé avant de glisser une paluche sur les lippes féminines. « Esquisse le moindre bruit et je te ferai avaler la torche embrasée... »

Puis il se tait, mussant les deux silhouettes dans l'obscur empire des ombres faméliques.

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Panseuse d'Ibenholt

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Mer 21 Mai - 0:33



R
ongée par la nervosité, Irinwe ne sait guère quoi penser. L’attaque portée aux Ravncrone et la faute imputée aux elfes est comme un coup de pied donné dans une ruche d’abeilles et les conséquences risquent d’être désastreuses. Et que dira-t-on de la fuyarde Ebonhand, ayant choisi le bon moment pour s’échapper ? En profitera-t-on pour l’accuser de tous les torts ? Si ce n’est guère le moment opportun pour songer au tumulte qui va ébranler Ibenholt des jours durant, Jora n’hésite pas à formuler à voix haute tout ce que sa servante se demande tout bas. Biaisant un œil qu’elle veut rassurant sur la physionomie grelottante de la princesse, l’elfe n’en reste pas moins prudente sur ce qui se trame un peu plus avant. « Ne vous en faites pas pour les autres ma lady. Ils sauront se débrouiller pour s’écarter de tout soupçon. » Du moins, c’est ce qu’elle espère. Plus leur groupe évolue dans le dédale obscur des souterrains et plus le froid s’engouffre, faisant vaciller la flamme de leur unique torche qui ne tarde d’ailleurs pas à s’éteindre pour les plonger dans le noir le plus total. S’inclinant instinctivement en direction de leurs pas, l’elfe guette l’obscurité dans le pressentiment de voir quelqu’un émerger à leurs trousses. Elle crispe la mâchoire, inquiète par la perspective de finir le trajet sans la moindre lueur pour les guider. « Maudite torche. » Gronde-t-elle dans un soupir agacé. Décidément, rien n’allait se dérouler comme prévu. Essayant de suivre ses compères pas à pas, respiration malmenée par l’inquiétude grandissante, la préceptrice se concentre sur les aspérités qu’elle foule tout en tâtonnant les parois qui la cernent. Que cela se finisse maintenant. Flairant l’air frais qui circule dans l’aqueduc, signifiant que la sortie n’est pas bien loin, Irinwe s’empresse de talonner ses prédécesseurs avant qu’ils ne s’arrêtent derechef sous une impulsion d’alerte. Sentant la menotte de l’héritière s’accrocher à son bras, la servante enroule un bras autour de ses épaules, le regard porté sur l’intrigante silhouette postée plus loin, non loin de la sortie. « Non... » S’étrangle l’elfe dans un murmure inquiet. « Personne n’était censé nous attendre dans les tunnels. Du moins, pas que je sache. » La belle déglutit difficilement, prunelles acerbes dirigée en direction de la charpente armée. Se pourrait-il que Sylarne leur ait envoyé du renfort en vue de la situation inquiétante ? Ou quelque ennemi aurait-il ouï leur plan ? Mâchoire crispée d’appréhension, Irinwe serre la main de l’héritière, la menant tout contre la paroi pour s’y appuyer. Elle cherche tant bien que mal les regards des deux chevaliers pour saisir leur intention quant à l’importun. « Il ne nous a pas encore vu, et nous sommes tout prés de l’extérieur. Pouvez-vous... Lui tomber dessus et l’empêcher de crier ? » Demande-t-elle, hésitante, à Jack et Ehvan. « Nous n’avons pas le temps de tergiverser et je suis peu certaine de pouvoir retrouver le chemin en sens inverse si toutefois ils sont plus nombreux là-dehors à nous attendre. » La belle soupire longuement avant de conclure. « Je peux m’avancer jusqu’au bout pour voir si le champ est libre - du moment où vous l’aurez saisi. » Après tout, n’est-elle pas la moins utile de l’équipée ? Elle, la simple servante qui est peu sûre de pouvoir protéger Jora. Si toutefois on leur avait tendu une embuscade, la donzelle estime pouvoir se débrouiller pour faire office de diversion.


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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Mer 21 Mai - 13:04

Les flammes de leurs torches soufflées, la petite troupe était condamnée à avancer dans les ténèbres. Un minuscule point de lumière blanche fait office de phare pour eux et ce n'est qu'après avoir passé un instant à tergiverser en silence qu'Ehvan invita ses compagnes à continuer d'avancer. Il jeta la torche à présent inutile, et ses doigts se refermèrent autour du poignet de Jora, qui s'était accrochée à lui aussitôt leur source de lumière disparue. Il tenait toujours fermement sa dague d'une autre main, prêt à en faire usage si la situation devait mal tourner. Tout ceci ne lui disait rien qui vaille, un terrible pressentiment lui serrait la gorge et son cœur battait à un rythme effréné. Il aurait donné le peu qui lui restai pour que tout ceci se termine vite, pour qu'ils atteignent Sorhelm dans l'instant, vivants et entiers. Las, ils étaient condamnés à faire la route seuls, et à se débrouiller par leurs propres moyens pour assurer leur sécurité. C'est de la folie, songeait-il. Il en avait rêvé, de ce jour où il viendrait délivrer la princesse, mais à présent qu'il était arrivé, il réalisait avec amertume qu'il s'était bercé de douces chimères. Rien ne se déroulerait comme prévu, rien n'irait bien comme il l'avait promis... Ehvan enrageait, maudissait Ravncrone de toute son âme, si bien qu'il n'eut pas été étonné d'apprendre que les oreilles du souverain sifflaient. Et par tous les dieux, qui donc pouvait avoir assez de pouvoir et de moyens pour les aider dans leur entreprise ? Le jeune lion ignorait encore tout de l'identité de leur bienfaiteur – bienfaitrice apprendra-t-il par la suite – mais déjà il savait qu'elle lui déplairait grandement. Sentir l'air frais qui annonçait la proche sortie du tunnel lui fit le plus grand bien, toutefois le soulagement fut de courte durée. Car une silhouette se détachait dans la faible lumière et à entendre les demoiselles, le badaud n'avait rien à faire là. L'elfe avait raison, il ne fallait pas qu'ils soient vus. Il fallait surprendre l'homme et l'empêcher de faire quelque chose qui mettrait en danger la réussite de leur entreprise – comme donner l'alerte, par exemple. Après avoir abandonné la princesse aux bons soins de son amie, le jeune lion s'adressa à Jack. « Je m'en occupe... Reste avec elles, sait-on jamais, que le danger surgisse du chemin d'où nous venons. » Il ploya un léger sourire à la guerrière. « Comme aux Tours, tu te souviens ? Je m'occupe de nous dégager la voie et toi, tu surveilles nos arrières. » Il lança un regard qu'il voulut rassurant à Jora, puis se déplaçant à pas de loup – ou plutôt de lion en chasse – s'approcha de l'homme. Avant que celui-ci n'ait eut le temps de s'apercevoir de la présence du Clanfell dans son dos, Ehvan avait plaqué sa main sur sa bouche, et sa lame contre sa gorge. « Tu ne bouges pas. » Le ton était sec, aussi tranchant que l'était son poignard. Brusquement, le lion plaqua l'homme contre la pierre. « Je vais te poser une question, et tu n'auras qu'une seule chance d'y répondre, est-ce bien clair ? Ouvre seulement la bouche pour couiner et je te promets que je te réduis au silence pour l'éternité. Et si il y a bien un homme qui tient ses promesses, c'est moi. » Il laissa de longues secondes s'écouler, le temps que l'importun comprenne bien qu'il ne plaisantait guère. « Qui es-tu, et que fais-tu ici ? » Il souleva légèrement sa main pour laisser à l'homme une chance de s'exprimer mais ne la retira pas, prêt à la plaquer sur ses lippes à la moindre tentative de crier. Et tandis que sa paluche s'écartait, sa lame, elle, mordit légèrement la chair.


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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Dim 25 Mai - 1:30

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l'évasion de Jora Ebonhand
T
andis que les deux fuyards se ruent à travers le passage secret, trois gardes, alertés par le chaos semé par Greer quelques instants plus tôt, se lancent déjà à leur poursuite, deux d'entre eux n'hésitant pas à les suivre dans le passage secret qu'ils découvrent avec effarement, tandis que le troisième se voit désigné, non sans soulagement, pour avertir le reste des hommes du Guet car, pour eux, aucun doute n'est permis cette fois: ce sont là les mêmes terroristes qui ont semé la mort dans tout Jernvugge, et il est impératif de les mettre hors d'état de nuire. Déjà, ils s'imaginaient couverts de gloire pour avoir rapporté à leurs supérieurs la tête de ceux qui avaient attenté au sang de leur Roi. Bientôt, les gardes perdent la trace de leur proie. Sans un mot, ils poursuivent leur chemin dans l'obscurité presque totale, seule leur torche trahissant leur approche alors que Greer et Morgana se sont dissimulés dans l'ombre des tunnels. Assez vite, leurs deux poursuivants arrivent là, à quelques mètres d'eux, juste là où s'offrent à eux deux choix. Ils semblent hésiter un moment, échangeant des regards inquiets alors que l'urgence de faire un choix s'abat sur eux. C'est pourtant la torche lancée par Greer qui semble les décider et, toujours dans le silence plus absolu, l'homme qui portait la torche la jette lui aussi dans le couloir où Morgna et Greer avaient trouvé refuge, dévoilant la présence de celui qui, dans les ténèbres des tunnels, apparut aux deux hommes comme une bête féroce dont ils auraient pénétré la tanière. L'effroi ne dure que quelques instants, et déjà ils se ruent sur lui. Dans l'étroitesse des couloirs, l'avantage est clairement leur: juste assez large pour leur permettre d'avancer de front et donc de se protéger mutuellement, ils se ruent sur les deux fugitifs qui ont fait l'erreur d'arrêter leur course. Et maintenant, ils ne pouvaient que fuir ou combattre, alors qu'on entendait déjà les aboiements du reste du peloton qui commençait à s'engouffrer dans le tunnel.

Au même moment, Jora et son escorte prennent la décision de s'emparer du mystérieux intrus. Lorsqu'il sent la présence d'Ehvan qui fond sur lui, l'inconnu tente de se défendre, sans succès, et le Chevalier parvient à le neutraliser. Visiblement agité, l'homme n'entend pas se laisser faire de la sorte et se débat farouchement, mais l'étreinte du Jeune Lion est trop forte, et il finit par se résigner, la sensation de la lame qui pique sa gorge lui faisant définitivement renoncer à l'idée de se rebeller plus franchement encore. Pourtant, il met quelques secondes à comprendre ce qu'il vient de se passer. Finissant par retrouver ses esprits, il lâche, la voix à mi-chemin entre la peur et la colère:

« - Abruti ! Je suis là pour vous aider ! » Comme il ne sentait pas l'emprise d'Ehvan se relâcher, il finit par ajouter, cette fois encore plus agacée d'avoir à se justifier: « - L'écusson, sur mon pourpoint. Foutus idiots. » Un coup d’œil rapide permit à Ehvan de voir, sur les vêtements de l'homme, apparaître le lion rugissant, symbole reconnaissable entre mille, et surtout par le cadet de la fratrie Clanfell. Alors qu'il sent l'autorité de son garde se relâcher, l'inconnu reprend: « - Je suis au service de votre sœur. C'est moi qui ai posé la torche. » Désormais libre de ses mouvements, il remet de l'ordre dans sa tenue avant de récupérer son arme. « - Quand j'ai appris ce qu'il se passait à l'extérieur, je me suis dit qu'il valait mieux que je vous prévienne. Après réflexion, j'aurais eu meilleure idée de vous laisser vous débrouiller » Il ne plaisantait visiblement pas. Face à l'incrédulité d'Ehvan et du reste du groupe qui l'avait rejoint, l'homme de main Clanfell consent à s'expliquer à nouveau: « - L'attaque des Elfes a mis toute la ville en état d'alerte. Toute la ville est mise sous quarantaine, personne n'a le droit de sortir, et surtout pas les Elfes. » Ses yeux pleins de morgues se portent alors vers Irinwe, et il continue: « - Vous risquez de croiser une ou plusieurs patrouilles sur les routes. Je me suis dit que vous auriez besoin de ça. » Il se met alors à fouiller l'intérieur de son pourpoint, d'où il tire un papier scellé avec les armoiries de la Garde d'Ibenholt. « - C'est un laissez-passer, au nom d'Ehvan Clanfell. Présentez-le aux gardes, et ils ne devraient pas vous poser problèmes. Enfin, tâchez tout de même de vous faire discrète, l'Elfe. » Son ton était presque dédaigneux, et son regard traîna un instant sur la dame de compagnie. Finalement, son attention se reporte sur la grille métallique qui, juste à leurs pieds, trahissait la présence de l'aqueduc qui irriguait les eaux usées du palais. Une odeur nauséabonde vint s'imposer aux odorats du groupe, alors que, dans la profondeur des tunnels, les échos des premiers heurts attirèrent les oreilles les plus affutées. Subitement, le garde complice des Clanfell fut comme frappé par l'urgence de la situation, et déclara: « - Vite, sautez là-dedans ! Ça pue, mais ça n'est pas très profond, et vous ne risquez pas de vous perdre. Avancez jusqu'à ce que vous tombiez sur une grille, elle sera ouverte. Elle donne sur l'extérieur des remparts. Pour le reste, fiez-vous au plan, mais soyez prudents, l'attaque a complètement chamboulé la routine de la Garde ! » Alors que de nouveaux bruits résonnèrent dans les tunnels secrets de Jernvurgge, l'homme s'enfuit dans la direction opposée d'où étaient venus Jora et son escorte, disparaissant bientôt dans la pénombre sans demander son reste, jugeant visiblement en avoir bien assez fait pour des quasi-inconnus.

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Dim 25 Mai - 17:01



Q
ui pouvait donc bien être l'olibrius en faction dans un endroit comme celui-ci ? Ce n'était point un lieu que l'on devait avoir marotte à surveiller, pour le peu de personnes qui connaissaient l'existence de ce dédale sous-jacent. Et si sa nourrice n'était point au fait de la présence d'une quelconque figure amicale, la princesse craignait qu'ils ne soient tombés sur leur première embûche – embûche qui serait cependant promptement abattue par le sigisbée et sa comparse prête à intervenir en cas de nécessité. Les facultés martiales de leurs deux égides suffiraient assurément, elle en était tant persuadée qu'elle fut frappée de stupeur et d'indignation à la suggestion d'Irinwe, de laquelle elle serra davantage les phalanges quitte à lui faire mal. « Tu n'iras nulle part ! Jack et Ehvan savent parfaitement ce qu'ils font, il n'est pas question que tu risques ta vie plus que tu ne l'as déjà fait jusqu'à présent, je te l'interdis ! Tu restes avec moi. » Sa deuxième main s'ajouta à la première pour assurer un étau qui se voudrait dissuasif dans l'hypothèse où l'elfe n'en ferait qu'à sa tête. Puis, silencieuse, elle retint sa respiration en voyant le jeune lion se diriger à pas feutrés vers l'individu qui leur causait décidément tant d'émoi. Et d'antagoniste potentiel il passa finalement à allié, sbire de la souveraine consort, un sujet que Jora aurait aimé aborder avec le Clanfell en d'autres circonstances que celles-ci. Les femmes purent sortir de la pénombre et approcher du binôme pour participer à la conversation – ou plutôt au monologue saupoudré d'incongruité de la sentinelle. L'Ebonhand sourcilla aux commentaires inopportuns lancés à l'attention de sa gouvernante, mais préféra se taire et écouter attentivement les recommandations, plus surprise qu'elle n'aurait dû l'être quant à la méticulosité de Sylarne. Elle fronça le nez aux émanations pestilentielles, mais ce n'était point le moment de jouer les précieuses jouvencelles, surtout alors que des échos leur annoncèrent qu'ils étaient talonnés. En moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, le garde disparut, et mieux valait qu'ils en fassent de même.

« Il me faudrait quelque chose pour dissimuler au moins mes cheveux, ils sont trop voyants et reconnaissables, ils pourraient nous porter préjudice une fois à l'extérieur. » Les bruits de rixe se firent plus intenses. « Vite, il faut y aller ! Irin, tu veux bien y aller avant moi ?... » Non pas qu'elle voulait l'envoyer à une quelconque mort, mais elle était sûre de se sentir plus en confiance en sachant la sylphide en bas pour l'accueillir, et elle s'écarta donc pour lui céder la place. Elle lutta un instant contre les pans trop larges de sa robe, avant de se positionner aux abords de la grille ouverte, d'en aviser un moment le fond, puis d'y sauter à son tour. Mais à l'arrivée, les choses ne se passèrent point exactement comme prévu, et si Jora retomba bien sur ses pieds, elle bascula vite sur son séant. « Arghh ! Ma cheville ! Ma cheville... ! » Déclara l'oiselle dans une plainte étouffée au minimum phonique, grimaçant au possible en saisissant sa jambe et la partie qui s'était gauchie sous l'impact, qu'elle put directement voir rougir et gonfler. Elle se débarrassa enfin de son masque et des fioritures inutiles qui l'importunaient, puis se tint à sa préceptrice aussitôt venue en renfort. « Gnnh ! Ahou... ça fait mal... ! Rah... aide-moi à me relever... »



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Her eyes believed in mysteries, She would lay amongst the leaves of amber. Her spirit wild, heart of a child, yet gentle still and quiet, he loved her... When she would say... "Promise me, when you see, a white rose you'll think of me."

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Lun 26 Mai - 0:09



S
ordide. Il n’y a pas d’autre mot pour qualifier l’endroit censé les guider à l’air libre. L’odeur est entêtante et les rats sont partout - grattant la pierre froide, couinant leur mécontentement et trottinant dans les conduits plongés dans l’obscurité. Irinwe a le cœur bien accroché malgré cet ahurissement constant qui la malmène de pas en pas. Même si la situation ne prête pas à la réflexion, elle ne peut s’empêcher de tourner et retourner les évènements récents dans sa tête, s’entêtant à vouloir trouver un coupable à désigner pour toute cette machination. S’humectant les lèvres avec anxiété, ce n’est que lorsque la suite du plan s’ébauche dans les murmures de ses compagnons que la préceptrice propose son aide. Si Irinwe est rassurée de voir Ehvan prendre les devants, elle étire finalement une moue confuse quand Jora s’agrippe à sa menotte, refusant de la voir prendre des risques inconsidérés. Surprise par la vive réaction de l’héritière, la préceptrice se complait à lui offrir une risette malgré l’ombre omniprésente qui les empêche toutes deux de se mirer. « Très bien, ma lady. Vous avez raison. Et n’ai-je pas promis de ne point vous lâcher d’une semelle ? » Une émotion contenue arrache un soupir à la belle qui vrille son regard vers la silhouette du lion qui s’éloigne. Guettant l’évolution d’Ehvan vers la carrure inquiétante qui se languit, Irinwe étreint les mains de Jora jusqu’à entendre un semblant d’approbation. Puis, rassurée par la perspective d’avoir affaire à un allié, la préceptrice entraîne Jora à sa suite tout en suivant Jack pour rejoindre les deux galbes masculins. L’inconnu s’indigne d’avoir été traité comme tel, et l’elfe le détaille avec perplexité. A la mention de sa race et de l’œil dédaigneux que lui adresse ce dernier, la donzelle se pince les lèvres avec inimitié. Les Elfes ne vont-ils pas encore payé le prix de cette nuit ? Nuit des Larmes, prix du sang.
Les phalanges de la belle se resserre sur la paume de sa main, venant jusqu’à entailler la chair meurtrie. Elle a tant de rancœur pour ces gens-là. L’homme offre un parchemin à Ehvan en indiquant son utilité et Irinwe salue silencieusement cette initiative qui leur facilitera la tâche. Elle redresse brièvement le chef lorsque leur allié consent à lui lâcher une recommandation et c’est d’un sourire en coin qu’elle lui répond. « L’Elfe essaiera de faire de son mieux. Comme toujours. » Elle n’a aucun compte à rendre à l’impertinent - c’est du moins ce que fureur gronde en son sein. Coinçant son bras contre celui de Jora, les donzelles s’écartent quand on leur désigne la grille par laquelle se laisser glisser. Elle gage que l’odeur qui s’échappe des bas-fonds pourrait incommoder le plus crasseux des gorets. Irinwe tente de surpasser ses hauts le cœur en se mordant les lèvres puis lorgne brièvement l’émissaire s’esbigner sans demander son reste. Alertée par les bruits de pas qui se répercutent dans un écho tapageur, Irinwe prend les devants pour offrir le bout d’étoffe qui lui voilait la tête. « Tenez ma lady. Couvrez-vous la tête avec ça. » Face à la timide demande de la prunelle Ebonhand, l’elfe se fend d’un sourire. « J’y vais. » Irinwe s’assied sur le rebord de l’ouverture, s’emmêlant les bras dans le tissu de la robe avant de daigner se couler du mieux qu’elle peut. Aidée par sa grâce elfique et sa légèreté, la donzelle retombe sans mal sur ses pieds, retenant tant bien que mal sa respiration dans une volonté de ne pas rendre gorge. Elle se redresse dans l’eau vaseuse, sourcils froncés, puis tend ses bras vers Jora. « Allez y ! » S’écartant légèrement pour ne pas se la recevoir sur le coin du museau, Irinwe patauge dans l’eau nauséabonde avant d’assister à la chute peu contrôlée de sa petite protégée. A moitié avachie, la pauvrette gémit de douleur et Irinwe se presse de venir s’agenouiller à ses côtés. « Par Xyhmis. » Lâche la préceptrice en essayant de percevoir les mirettes de l’héritière. « Jora, est-ce que ça va ? » Vissant son avant-bras à celle de la jeune fille, l’elfe s’empresse de la tirer pour la remettre sur pieds avant de sangler un bras autour de sa taille. « Oh non... Pouvez-vous encore marcher ? » De toute manière, a-t-elle le choix ? Guidant la belle jusqu’à la paroi crasseuse pour laisser Ehvan et Jack les rejoindre sans faire davantage de blessés, Irinwe s’empresse de juger la gravité de la foulure. « Vous allez vous appuyer sur moi ma lady. » Voilà qui n’arrange rien à leur situation mais le temps vient à manquer pour offrir quelconque soin à l’oiselle blessée.


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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Lun 26 Mai - 4:02

F
ace à la silhouette indésirable qui se trouvait sur leur chemin, ils stoppèrent leur course folle vers la liberté. En silence, elle hocha d'approbation à l'ordre de son capitaine, afficha un petit sourire à peine visible dans la pénombre et l'observa fondre sur l'inconnu. Elle aurait voulu lui prêter main forte, mais la sécurité de la princesse était plus importante que son orgueil mal placé. La Claymerie se posta devant les deux jouvencelles, tel un bouclier humain, s'assurant de les garder près d'elle alors qu'Evhan s'en prenait au vigile. Ennemi ou allié ? Il semblait que cet homme était de leur côté, là pour les avertir et leur prodiguer de bons conseils. Jack n'était pas certaine de pouvoir lui faire confiance. Mais que choix avait-ils vraiment ? Lorsque l'homme disparut dans la noirceur du couloir sinueux, le petit groupe reprit sa route et Jack escorta les deux donzelles alors qu'Evhan prenait la tête de la cohorte. Dague en main, Jacqueline entendit soudain des bruits inquiétants venant du chemin qu'ils venaient d'emprunter. À ce moment, ils arrivaient au fameux aqueduc dont l'odeur leur agressait les narines depuis un moment déjà. La Bouclier ne se laissa pas importuner par les effluves nauséabondes et se posta près d'Irinwe et Jora pour faire face au corridor dans l'éventualité de devoir intercepter quelconques poursuiveurs. Elle laissa le trio s'engouffrer en premier le tunnel écœurant. La chevalier leur tournait le dos lorsque la plainte de douleur de la princesse s'éleva. Avec horreur, Jack se retourna et observa la scène, quelques mètres plus bas. « Milady! » Avant même qu'Evhan puisse réagir, elle se jeta habilement dans l'aqueduc. Elle vint agripper le bras libre de l'héritière alors que l'elfe se postait de l'autre côté. La Claymerie leva les yeux vers Evhan qui les rejoignait. L'odeur horrible qui régnait n'effleurait même pas les pensées de la femme à la chevelure abyssale, trop concentrée sur son devoir ; protéger les deux jeunes femmes. « Je peux la porter, surveille mes arrières. » Lança-t-elle au Clanfell.

Elle n'était pas du genre à donner des ordres, encore moins à son capitaine mais elle ne désirait pas s'attarder. Et elle faisait confiance au Lion. La sécurité de la princesse lui importait plus qu'à elle... elle n'était pas aveugle, elle pouvait bien voir que le blond voyait en la jeune fille plus que sa princesse. La savoir blessée était une distraction pour l'homme, elle le savait. Elle le connaissait que trop bien. Et elle allait l'aider à porter ce fardeau. Immédiatement, sans même attendre l'acceptation d'Evhan, elle aida Jora à faire quelques pas vers l'avant, la soulevant de terre pour que son pied abîmé n'effleure pas le sol boueux. « Vous pouvez compter sur moi, milady. Nous allons sortir d'ici et prendre soin de cette cheville. » Elle détourna son regard du capitaine pour le plonger dans celui de la princesse et lui sourit, cachant son anxiété. La Bouclier jeta ensuite un coup d'oeil au couloir qu'ils venaient de quitter, se demandant ce qui pouvait bien se passer là-bas. Loin de se douter qu'un autre Claymerie suivait chacun de ses pas... s'il n'avait pas été intercepté par quelques gardes. Refoulant de sombres pensées, elle regarda ensuite vers l'avant, ne pensant qu'à fuir cet endroit dégoûtant et puant. Et, surtout, cet endroit dangereux...


Fighting for her queen until the end
THE NIGHT GOES ON, WAITING FOR A LIGHT THAT NEVER COMES

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Lun 26 Mai - 19:25

Ainsi donc c'était elle leur mystérieux allié ? À présent, Ehvan comprenait mieux pourquoi personne n'avait jugé bon de l'en informer. Il était encore à mille lieues de faire confiance à son aînée, il lui faudrait faire bien plus qu'aider l'héritière Ebonhand à prendre la fuite pour entrer dans ses bonnes grâces. Si Sylarne les aidait, elle avait forcément quelque chose à y gagner. Il en était persuadé, si bien que sa méfiance s'en trouva gonflée. Si des bruits de pas n'avaient pas résonné, il n'aurait pas laissé le quidam filer si facilement. On les talonnait de trop près pour qu'il puisse se permettre de perdre du temps à palabrer. Il leur faudrait faire confiance à un parfait inconnu, ce qui aurait été suffisant pour enrager le lionceau sans qu'en plus ce dernier ne lui fasse part des instructions de la reine. Il ignorait jusqu'où le fameux laissez-passer leur permettrait d'aller, il n'oubliait pas qu'il était considéré comme un rebelle aux yeux de la souveraineté et que cela suffirait sans le moindre doute à ce que l'on ignore le bout de papier. Et en plus de cela, fuyait avec la princesse déchue et une elfe ; on aurait difficilement pu trouver trio plus mal formé. Comme ses compagnes, les relents nauséabonds lui firent froncer les narines, mais il se remémora un instant l'odeur de ses propres chairs brûlées et l'instant suivant, la pestilence lui apparaissait bien plus supportable. Ramassé sur lui-même comme un fauve aux aguets, il laissa Irinwe passer la première, suivie de Jora... Qui se réceptionna bien maladroitement, si bien que sa cheville en fit les frais. Ehvan eut un claquement de langue agacé, dirigé non pas à l'intention de la princesse, mais bel et bien du sort qui s'acharnait. Pestant contre tous les dieux de la création, Ehvan rejoignit ses compagnes d'infortunes, Irinwe et Jack étaient déjà occupées à soutenir Jora. Il posa un regard inquiet sur cette dernière avant d'acquiescer aux paroles de sa sœur d'armes et de désigner d'un geste plein d'ironie le chemin crasseux qui s'étendait devant eux. « Après vous... » Il jeta un dernier regard en arrière, soucieux de voir apparaître des silhouettes ennemies, puis il reprit sa marche en tâchant de ne pas songer à ce dans quoi il mettait les pieds.

Après d'interminables instants à patauger dans la boue et autres immondices, la petite troupe rejoignit enfin l'extérieur et son air frais, plus que bienvenu après la puanteur qui les avait pris à la gorge. Ehvan inspira profondément, retira enfin le masque qui dissimulait sa figure et l'abandonna à ses pieds et sa crinière retrouva sa teinte dorée. S'il n'osait trop miser sur l'efficacité du laissez-passer, mieux valait qu'il abandonne ses masques en tous genres pour lui donner une chance supplémentaire. Devant les fuyards s'étendait un champ et au bout de celui-ci, les écuries. Il leur fallait faire vite pour les gagner, chaque minute passée au pied du château était une minute de trop. Il s'approcha alors des demoiselles, et il subtilisa la princesse à ses protectrices en la soulevant dans ses bras. « Évitons de malmener cette cheville davantage, tu veux ? Et puis, il nous fait faire vite. Ce n'est pas comme si tu pesais bien lourd. » Une délicate façon de dire que si elle devait marcher seule, ou avec un appui, elle les ralentirait et il n'y avait aucun temps à perdre. Jora était un poids plume dans les bras de l'imposant fauve, qui entama sa traversée du champ sans laisser loisir à la princesse de protester. Leur liberté, sa liberté semblait si proche que c'en était presque trop beau. Drapé dans son éternel scepticisme, il darda un regard sombre sur les écuries qu'ils venaient d'atteindre. S'y précipiter sans vérifier que l'endroit était sûr, il n'en était pas question. Avec précaution, il déposa la princesse au sol. Ses traits étaient déformés par l'angoisse, il jetait de nombreux coups d'œil vers le champ. « Je n'aime pas cela, tout est bien trop parfait, trop facile... »


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Fouine de Jernvugge

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Ven 30 Mai - 23:09

[quote="Morgana Vallière"]



S

........es tremblements se faisaient cataclysmes physiques, de chaudes larmes qu'elles ne pouvaient contrôler lui ruisselaient le long des joues. Haletante, reniflant sans cesse ce stress incontrôlable, la servante obéissait sans objecter à cette bête d'apparence humaine qui exerçait sur elle, consciemment sans doute, un pouvoir hors normes. Lentement il la poussa dans les boyaux sinistres du passage, et tout aussi lentement elle s’avança dans les ombres qui les engloutirent comme s'ils n'avaient jamais existé. Les lueurs de la torche trahissaient les marques récentes sur sol meuble et quelque peu boueux de l'évasion de Jora, mais cela ne pouvait-être un problème non, elle n'avait pas le loisir de s'en soucier, le passage se refermerait sur eux comme il l'avait fait sur la troupe précédente et personne n'aurait vent de cette folie. Personne. Le silence régnait comme dans une église vide, quelques gouttes venaient clapoter en des flaques nauséabondes, le souffle de Morgana semblait amplifié, l'écho de son cœur s'activant comme un démon aussi. Soudain le bourreau l'attrapa, probablement alerté pas quelque chose autre que ces pesants et réguliers bruits. La plaquant contre la paroi humide, il jeta à terre leur seule source de lumière, les rendant pis qu'aveugle dans ces ténèbres labyrinthiques. La jeune fille sentait sa respiration acre, quelque chose lui rappelant le souffre, le fer, le sang. Un haut le cœur lui monta dans le ventre et elle manqua de dégobiller sur son  tortionnaire, réprimant sa réaction viscérale et ravalant la bile qui lui noyait la gorge ;les menaces de l'homme n'avaient été que trop persuasives. Aussi elle entendit à son tour la raison de ce brusque arrêt, et bientôt ils furent rattrapés par un petit groupe de gardes, probablement alertés par le carnage laissé dans la salle ovale. Dans un premier temps ils ne remarquèrent pas leur présence, acculés ainsi dans le noir, mais cela ne fût que de courte durée. Brusquement ils se ruent sur eux, l'homme la lâche dans la précipitation et se poste sur la défensive, prêt à recevoir ses adversaires. Tombant lamentablement sur le sol froid, Morgana se met à ramper vers le fond du couloir, cherchant à s'éloigner du carnage à venir. Elle ne remarque pas le soldat qui la voit ainsi tenter de prendre la fuite, lui attraper les cheveux afin de la relever et la tirer vers l'homme encore adossé au mur. Tout est si rapide, si fulgurant, tout comme la douleur dans son crane quand la main gantée la gifle avec vigueur. «  Pitié ! PITIE ! Je n'y suis pour rien, je n'y suis pour rien. » Sanglote t-elle en cherchant un moyen de sauver sa maigre peau de cette affaire qui ne fait qu'empirer. « C'est lui, lui qui m'a traîné dans ces immondes galeries, je n'ai pas eu le choix ... » Elle le désigne de ses doigts vacillants, détournant ses yeux de son regard d'acier.

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Corbeau de Ravenhole

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Lun 2 Juin - 17:44

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greer claymerie
l'évasion
F
orlancé animal qu'on débusque de sa tanière, le lupin tortionnaire ouvre ses paumes pour laisser s'échapper l'oiselle captive alors qu'un cerbère étire sur la carne de sa proie révélée un glaive qui vient fendre les chairs de son flanc pour en mordre l'épiderme crayeux. Sans l'esquisse d'un gémissement, le lombric vrille des prunelles acérées sur la crevasse lézardant l'étoffe anthracite, obombragée d'une rigole vermeil qui ourle la plaie pourtant bénigne. Ses babines se retroussent sur des canines morfales alors qu'il cloue son surin à la carotide de l'assaillant, à la frontière entre le heaume et la cuirasse, où se dévoile un liseré carné. Retirant prestement son arme, il ne s'octroie même pas l'orgiaque plaisir de se repaître des borborygmes qui fusent de la gorge bée avant d'éviter une nouvelle entaille qui, cette fois, aurait entamé de ses incisives métalliques le vélum de son faciès séraphique. D'un geste vif, il lacère le cou offert et prodigue à l'exuvie en devenir un puissant coup de pieds, puis se retourne, sa vénerie se soulignant des requiem d'une bouche exsangue qui embrasse les anfractuosités du sol rocheux. Ne reste que le factionnaire qui s'arroge l'écervelée, empoignant son crin comme il aurait attaché ses dextres à celui d'une jument. Amusé, le loup toise sa proie, inclinant du chef pour mieux jauger l'angle qui sépare le quidam de l'étreinte frigide de la Camarde. Mais l'otage du vigile n'émeut pas le moins du monde le freux qui, d'une main rapide, lance son surin qui, après avoir creusé un sillon rubicond dans le cou de la donzelle, vient se ficher dans celui de son bourreau. Malgré les vagissements de la biche blessée, Greer arrime sa main à celle de la jouvencelle, l'entraînant avec lui dans sa course effrénée. Tout n'est que mânes voraces qui viennent ourler leurs corps diaphanes alors que les étiques ombres embrassent leur course jusqu'à la sortie. La sélénite les accueille aussitôt dans son cortège de clairs-obscurs mercuriaux alors qu'il aperçoit de ses pupilles fauves le groupe des fuyards qui s'élancent jusqu'à une écurie. Poussant l'agnelle affolée vers les champs, il la laisse choir sur un berceau d'émeraude, se plaquant sur l'écorce rugueuse d'un arbre pour ne faire qu'un avec la pénombre alors que ses orbes d'orage suivent les silhouettes chromées qui se déversent par la gueule des égouts pour se jeter sur la vulnérable servante. Elle fera office de diversion suffisamment longtemps pour permettre aux évadés de tailler leur chemin dans la procession des ombres et dans le banquet des ténèbres. Du moins, l'espère-t-il.

Et c'est les yeux parementés d'obscures voiles qu'il suit le périple de la sylphide aux cheveux ivoiriens, une langue caressant la soie rêche de sa lippe famélique.
Bientôt. Bientôt ils seront enfin réunis.


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Dame Fatalité

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Mar 3 Juin - 1:39

Fiche © Quantum Mechanics
la fatalité
l'évasion de Jora Ebonhand
A
peine Greer et Morgana avaient-ils entamé leur fuite que le peloton de gardes, alertés par l'estafette qui était parvenue à les guider jusqu'ici, se portait au-devant des corps de leurs camarades dont les corps gisaient là, au milieu de ces tunnels oubliés, le corps encore remuant. Sans attendre, la troupe forte d'une douzaine d'hommes se lance à la poursuite de ceux qu'ils étaient désormais bien déterminés à attraper afin de venger les leurs tombés sous les coups de l'animal qui prenait désormais la fuite devant la folie vengeresse qui animait les factionnaires. Sans relâche, ils traquèrent leurs proies à travers la pénombre des couloirs secrets de Jernvugge, éclairant de leurs torches les traces de Greer et Morgana qui se mêlaient désormais à celle de Jora et son escorte. Ils n'eurent aucun mal à les pister jusque dans les aqueducs, puis à les suivre lorsqu'ils empruntèrent la sortie qui menait au bas des remparts. Désormais s'étendaient face à eux les champs qui, uniquement éclairés par l'astre lunaire, les séparaient encore de Jora et son escorte. D'abord hésitants à l'idée de s'élancer ainsi dans la nuit noire alors qu'ils venaient de perdre la trace de leurs cibles, l'un d'eux ne tarda pas à remarquer la silhouette de Morgana qui se ruait comme elle pouvait à travers la pénombre en direction des écuries. Il n'eut alors qu'à la désigner du doigt aux autres gardes pour que la meute enragée s'élance de nouveau à la poursuite de la biche ensanglantée.

« - Halte ! Arrêtez vous où on vous fait descendre ! » aboya alors l'officier commandant, sa lourde voix brisant le silence de la nuit alors que Morgana continuait sa folle échappée. Perdant son avance au fur et à mesure qu'elle avançait, celle-ci se révélait néanmoins suffisante pour que la fugitive affolée parvienne à quelques dizaines de mètres seulement de l'écurie où s'affairaient Jora, Ehvan, Jack et Irinwe. Constatant qu'ils ne la rattraperaient pas, l'officier fit signe aux archers de son escouade de se préparer à faire feu. Quelques secondes. Voilà le temps qui s'écoula entre le moment où ils bandèrent leurs arcs et celui où, déchirant le ciel étoilé qui couvrait Jernvugge, la nuée de flèches s'abattit sur Morgana. Une seule fit mouche, perforant le mollet de la jeune femme dans un cri de douleur effroyable, la forçant à s'effondrer au sol, interdite qu'elle était désormais de tout mouvement. Déjà, les gardes se ruaient sur elle, prêts à lui régler son compte. Seuls les appels au secours de Morgana en direction des écuries semblèrent alerter l'un des hommes d'armes, qui s'approcha de l'officier alors en train d'ordonner que l'on capture Morgana, et dit: « - Les écuries, sergent ! Elle n'était peut-être qu'une sentinelle ! » Alors un ou deux dizaines de mètres seulement de la bâtisse où avait trouvé refuge Jora et son escorte, l'officier n'eut aucun mal à faire le lien entre le lieu vers lequel se dirigeait à toute allure sa nouvelle captive et celui où elle semblait désormais appeler à l'aide. Sans un mot, il fit signe à ses hommes de se tenir prêts et hurla:

« - Sortez maintenant et aucun mal ne vous sera fait ! » Devant l'absence de réaction, il réitéra sur un ton plus agressif encore: « - Rendez vous, où j'égorge votre amie. Est-ce plus clair ?! »  Et il ne semblait on ne peut plus sérieux, alors qu'il se saisissait de Morgana par les cheveux, la traînant sans douceur jusqu'à la rendre visible depuis les écuries, la lame de son poignard s'appuyant désormais contre la peau fine et délicate de la jeune femme qui suppliait alors pour sa vie, appelant encore et encore à l'aide Jora sans jamais la nommer, énième preuve s'il en fallait de son dévouement qui, pourtant, risquait désormais de lui coûter la vie.

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Perle de Nacre

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Mar 3 Juin - 14:21



L
a Providence avait cette fois décidé de leur jouer un bien mauvais tour, et la culpabilité de ne pas avoir été suffisamment prudente en se réceptionnant la hanterait toute son existence durant si cela devait leur coûter leur évasion. Et il n'était pas même question que leur tentative se ponctue d'un échec et de châtiments à la hauteur de l'impudence, raison pour laquelle plutôt que de se lamenter sur les salves de douleur qui lui ankylosaient le pied, la princesse avait sommé qu'on l'aide à se remettre debout – un exercice qui ne fut pas indolore. « Gnnh... ! » Se retint-elle de gémir tout en s'appuyant sur sa préceptrice, réajustant son couvre-chef improvisé de l'autre main. Les dents serrées, elle agréa à l'évidence. « Tout va bien ! Même si je dois ramper pour le reste du chemin, nous y arriverons... ! » Ce fut finalement l'égide Ebonhand qui se substitua à l'elfe, bien avisée de lénifier les craintes du jeune lion qui eut lui-même la conscience d'esprit de ne pas se perdre en tourments inopportuns. A demi avachie sur la Claymerie, Jora sautillait en hâte pour ne pas gâcher un temps précieux, se molestant intérieurement pour garder courage de ne pas ralentir la cohorte qui avait tant risqué pour la délivrer. Et outre sa cheville, son sens olfactif n'en était pas moins mis à rude épreuve avec la pestilence de l'endroit qu'ils se devaient pourtant de traverser, un baptême du feu qu'elle n'était point prête d'oublier une fois toute ceci derrière eux. Et justement, sur leurs talons, de probables importuns qu'il serait mieux de semer. Fort heureusement, ils parvinrent enfin en bout de tunnel et retrouvèrent bientôt l'air épuré de l'extérieur, que l'oiselle s'empressa d'inspirer à grandes goulées. Ses prunelles balayèrent le champ devant eux, dernière ligne droite, elle l'espérait, de ce lot d'improvisations qui n'avait que trop duré. Courir se promettait laborieux, si bien qu'une monture inopinée l'extirpa du sol avant même qu'elle n'argue quoi que ce fut. « D'accord... tâchons de faire vite. »

Elle s'agricha au cou du sigisbée et se laissa ballotter de ses grandes foulées, non sans observer au-dessus de son épaule pour s'assurer que nul ne les suivait de trop près. Le coeur battant la chamade, elle priait toutes les déités pour que ce mauvais songe cesse et qu'elle puisse enfin prendre l'essor tant attendu, celui pour lequel tant s'étaient battus. La stabilité précaire du par terre, elle la retrouva sitôt à l'orée des écuries, qu'Ehvan considéra avec méfiance. « Va donc vérifier, avec prudence je te prie, nous restons avec Jack jusqu'à ton signal. » La donzelle en profita pour s'asseoir un instant auprès de ses deux compagnes, reposant ainsi sa cheville le temps que le chevalier s'en aille en éclaireur, et il ne fallut guère longtemps pour qu'il les appelle à lui. La trinité le rejoignit séance tenante, les chevaux étaient scellés et prêts à les emmener au loin, ils étaient si proches de la réussite que cela en devenait suspect. Et alors que Jora s'apprêtait à grimper sur l'échine d'un destrier, les divers cris dont le glapissement de Morgana la fit frémir d'effroi. Tout bascula, et la belle blêmit en plaquant une main sur ses lippes d'incarnat lorsque le choix de la vie ou de la mort leur fut brandi à quelques mètres de là. « Par tous les dieux... » Susurra t-elle, avant de biaiser un regard horrifié sur ses camarades. « Ils vont la tuer ! Nous ne pouvons pas... » Pas la laisser mourir ? Pas docilement se rendre ? Même si elle ignorait l'implication de la naïade dans cet amas de complots, elle ne souhaitait et de loin pas son trépas. Mais les risques étaient conséquents... « S'ils nous attrapent, c'en est fini, je retournerai dans ma tour d'ivoire et vous serez tous trois condamnés au gibet, mais... » Elle les considéra tour à tour. « Que... que devons-nous faire ? »



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Le Jeune Lion

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Jeu 5 Juin - 13:07

Jusqu'à quel point la chance leur sourirait-elle ? Arme au poing, sourcils froncés, Ehvan si glissa précautionneusement dans les écuries. Il fut le premier étonné de n'y trouver personne, exception faite des bêtes qui leur permettraient de chevaucher loin de Jernvugge, mais s'étonna davantage de trouver de quoi se vêtir, se sustenter et surtout se défendre au cours du périple qui les attendait. « Il semblerait que ma chère sœur ait pensé à tout », maugréa-t-il dans sa barbe, toujours aussi peu rassurant quant à l'implication de Sylarne dans cette évasion jusque là trop belle pour être vraie. Elle avait forcément quelque chose à y gagner, il en était absolument persuadé... Qu'avait-elle jamais fait qui ne soit pas dans ses propres intérêts ? Peut-être les aidait-elle dans le seul et unique but de les dénoncer... ? Et par tous les dieux, comme avait-elle pu savoir qu'il viendrait, lui qui n'avait fait part de cette décision à personne, pas même à la reine Nelrenethys ? Cela n'avait aucun sens... Accrochée à la selle d'un cheval se trouvait une missive, qui attira immédiatement son regard. Il s'en saisit, mais dans la pénombre, il lui était impossible de la lire, si bien qu'il la fourra dans la poche intérieure de sa veste pour ensuite l'oublier aussitôt. Certain que personne ne surgirait de l'ombre pour s'en prendre à eux, le jeune lion héla enfin ses compagnes pour qu'elles le rejoignent. Il n'y avait plus une seule seconde à perdre, plus vite ils s'éloigneraient de ces lieux maudits, mieux ce serait. Il laissa aux demoiselles le soin de choisir leurs montures, puis s'approcha de Jora dans le but de l'aider à se mettre en selle. Ce fut à cet instant que le cri d'une demoiselle perça le silence, bientôt  suivi par les sommations des gardes qui étaient parvenus à les suivre. Ehvan blêmit immédiatement, et alors qu'il s'éloignait de la princesse pour se saisir d'une épée, il put apercevoir une pauvre demoiselle, poignard sur gorge. Une grimace dégoûtée déforma ses traits. Il savait ce qu'il avait à faire, quand bien même cela allait à l'encontre de ses principes. C'était le seul et unique choix qui s'offrait à eux. Il lança un regard navré à la pauvrette, puis disparut de nouveau dans l'ombre des écuries. Il resta silencieux un instant, puis se tourna vers ses compagnes. « Mettez-vous en selle. Et c'est un ordre. Ne perdons pas une minute de plus ici. » Le ton employé était plus froid qu'à l'accoutumée, ne laissait aucune possibilité de négociation.

C'était une décision terrible qu'il venait de prendre, mais il ne pouvait en être autrement. C'était elle ou eux. Et puis quoi qu'il en soit... « Quoi que nous fassions, elle est condamnée. Si nous nous rendons, elle sera exécutée en même temps que nous tous, qu'elle ait quelque chose à voir dans  notre évasion ou non. Pour l'exemple. Elle mourra de toute façon. » Si elle mourait dans ce champ, au moins éviterait-elle la torture et les humiliations publiques... Non, aussi ignoble que puisse être cette réalité, ils n'avaient pas le choix. Il n'était pas question de tous les condamner pour pour offrir un répit qui ne durerait de toute façon que quelques jours à la jeune femme. « Allez ! Hâtez-vous avant qu'ils ne décident de venir nous débusquer ! » D'un geste, il les encouragea à grimper sur leurs montures et fit de même, le cœur lourd d'une culpabilité dont il espérait pouvoir se décharger par la suite. Pour l'heure... Ce fut l'étalon sur lequel il avait grimpé qui le déchargea de sa personne, hennissant et ruant brusquement après que quelque chose – ou quelqu'un – l'ait effrayé. Ehvan atterrit lourdement dans un tas de paille, tandis que la bête allait bousculer la monture d'Irinwe dans son mouvement de panique. Le lion jura. « Par tous les dieux... Maudit canasson ! » Il bondit sur ses pieds rapidement, et récupéra les rênes du destrier, sur lequel il grimpa une nouvelle fois, plus nerveux qu'il ne l'était déjà. « Tiens-toi tranquille, si tu ne veux pas finir dans la panse du lion... » Droit sur sa monture, il jeta un regard vers l'extérieur. Les glapissements terrifiés de la demoiselle leur parvenaient toujours. « Je suis sincèrement navré pour votre amie, mais il faut que nous partions... ! »


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Panseuse d'Ibenholt

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MessageSujet: Re: L'EVASION DE JORA EBONHAND   Jeu 5 Juin - 23:51



E
lle ne supporte plus ce cloaque puant. Au delà de cette infrangible confiance maternelle qui lui donne cette image toute tranquille, l’elfe n’en mène pourtant pas large dans la profondeur de ses affects où grandit le ressentiment lui nouant les entrailles. Ce n’est pas la première fois qu’elle vit une situation qui l’emmure dans l’angoisse et remue toute la hargne vindicative filtrant dans ses veines de sang mêlé. Elle est loin d’être à ses premières désillusions, l’elfe qui s’est montrée indocile il fut un temps. Elle a vu ses parents mourir, a été réduite à servir le responsable de leur exécution et a accepté de perdre toute fierté - son identité et sa famille. Sa nouvelle se résume en un seul prénom dorénavant. Jora. Et celle-ci, elle ne compte pas l’abandonner au sort du complot des ambitieux. Le regard voilé par la blessure de l’héritière qui risque de compliquer leur évasion, la préceptrice ne rechigne pas à laisser sa protégée entre de bonnes mains. Accueillant l’initiative de Jack avec un sourire inquiet, la belle suit d’un regard trouble les deux femmes évoluer dans la mélasse obscure à leurs pieds pour enfin gagner l’air frais. Le petit groupe sonde immédiatement la clairière qui les sépare des écuries et Ehvan les presse de s’y rendre en s’emparant de la princesse pour pouvoir la porter avec plus de facilité. Retroussant ses étoffes maculées pour mieux s’élancer, Irinwe suit de prés ses comparses tout en jetant quelques coups d’œil effarés autour d’elle, traquant la moindre silhouette suspecte qui hanterait les lieux. Mais non, ils sont seuls et ça ne manque pas de distiller suspicion chez les évadés, surtout une fois arrivés auprès des bêtes scellées. Biaisant un regard perplexe vers le jeune lion, elle partage son appréhension d’une moue dubitative avant d’encourager Jora à s’accrocher à l’encolure de son destrier pour l’aider à grimper. « Je crains que nous ayons guère le temps de nous appesantir sur la facilité de notre évasion. » Laisse-t-elle échapper avant de se hisser sur son cheval et de s’assurer d’un œil prévenant que tout ira bien pour la jeune lady. Que le frère de la reine se méfie des intentions de cette dernière n’est pas bien rassurant mais Irinwe estime qu’ils seront probablement vite fixés sur les perspectives louables ou non qui les attendent au détour de leur fuite. La nervosité des chevaux vient s’ajouter à l’atmosphère préoccupante et l’elfe essaie de calmer sa monture d’une main vissée aux rênes. C’est une voix familière qui ébranle les renâclements agacés pour faire tourner les têtes en direction du champ en contrebas. Le visage transi par l’effroi et le cœur serré par la stupeur, Irinwe braque ses prunelles sur la silhouette qui se débat entre les pattes de la garde. « Oh non... » S’étouffe-t-elle dans un murmure plaintif. Malgré l’obscurité environnante, c’est sans mal qu’elle reconnait la carrure chétive de Morgana aux prises des soldats qui menacent de l’égorger s’ils ne se rendent pas. Partagée entre indignation et frayeur, la préceptrice secoue légèrement la tête en lâchant sur le ton du désarroi.
« Non, pourquoi... Morgana ? » Que fait-elle là ? Pourquoi s’est-elle mise en danger en les suivant de la sorte ? Le sentiment est fulgurant - elle lui en veut parce qu’elle ne l’aurait jamais pensé assez têtue pour les filer dans cette entreprise. Pas assez stupide pour risquer sa peau et l’honneur de sa famille dans cette folie. C’est qu’elle se rappelle de leur discussion et de l’implication réelle de la servante dans leur dessein. Que dire ? Que faire ? Le sang coule et ça n’en finit plus - à croire que cette malédiction lui colle à la peau. Crispée sur sa monture, Irinwe n’a d’yeux que pour la donzelle en danger, trop interdite pour prêter oreille aux dires affolés de Jora. Elle ressasse les promesses et toute la bonne volonté de cette amie si attachée à la famille Ebonhand qu’elle s’est jetée dans telle insouciance. Et c’est à eux que revient le choix terrible, qui n’a pas de dénouement heureux. Soit ils y passent tous, soit elle y passe elle, la jeune téméraire qui a voulu se battre pour cette cause. Les paupières alourdies par la confusion se referment sur les prunelles tourmentées par maints souvenirs. La mâchoire se crispe imperceptiblement quand Ehvan articule la décision - la plus adaptée pour leur survie, mais la plus cruelle aussi. Laisser Morgana entre les mains de l’ennemi où elle connaitra sûrement un sort funeste mais tenter leur chance pour s’en sortir. « Morgana comptait nous aider à prendre la fuite en distrayant les gardes pour que nous puissions atteindre la Salle Ovale. » La remarque semble glaciale et les traits de la belle se figent dans un constat désarmant. « Je lui avais pourtant dit de ne pas risquer sa vie ou de ne guère salir son nom. » La préceptrice se pince les lèvres, réprimant le chagrin de cette responsabilité. Elle aurait du lui interdire. Elle aurait du lui mentir - probablement pour la sauver. Le regard porté vers les silhouettes, Irinwe se fait surprendre par la rebuffade du destrier d’Ehvan qui vient frôler les flancs du sien. Plantant ses talons dans les flancs de sa monture pour la maintenir au calme, l’elfe parvient à attraper les rênes de l’indiscipliné avant qu’il ne quitte les écuries. Bien que cocasse concernant le jeune lion qui s’ébroue dans le foin, la situation ne prête pas à quelconque risette. La mine basse, dents serrées sur cet élan insensé qui voudrait lui faire tenter de sauver la vie de Morgana, Irinwe confie la bride du canasson à son propriétaire avant d’acquiescer brièvement du chef. « Ils sont trop nombreux et l’on ne peut rien faire pour elle. » Il n’y a plus qu’à espérer que la donzelle puisse se défendre face aux accusations portées. L’elfe entend encore sa propre promesse faite à la jeune servante à qui elle a offert le collier de sa mère en gage de retrouvailles prochaines. Et l’amertume imprègne ses papilles et rembrunit son regard - car encore une fois, le sentiment d’avoir échoué se rappelle à elle.


Things We Lost in the Fire
When the days are cold and the cards all fold. And the saints we see are all made of gold. When your dreams all fail and the ones we hail are the worst of all and the blood’s run stale. I wanna hide the truth. I wanna shelter you. But with the beast inside, there’s nowhere we can hide. — #d42845

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L'EVASION DE JORA EBONHAND

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