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 Pour mieux se fuir, pour ne pas entendre l'horrible vérité, parce qu'on a honte de son vrai visage. [ Lorkhan - Nelrenethys ]

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MessageSujet: Pour mieux se fuir, pour ne pas entendre l'horrible vérité, parce qu'on a honte de son vrai visage. [ Lorkhan - Nelrenethys ]   Lun 9 Juin - 22:37





B

........as les masques. La mascarade n'avait que trop duré. L’événement qui se devait être un étalage de faste et d’opulence, célébrant comme de coutume Veloth, simulacre du pardon des pêchés, n'avait été que le théâtre de tous les drames, frappant en son sein l'élite middholtienne toute rassemblée en ce point  où convergent les complots ; ce maudit trône de jais. Infamie que ces tragédies successives ayant mis à mal cette soirée où se jouait une énième partie des échecs du pouvoir, et plus grand malheur encore que ces prestes accusations envers sa personne. Ne se sentant déjà pas à son aise dans la glaciale atmosphère de Jernvugge, Nelrenethys en était à présent certaine ; elle n'était guère la bienvenue à Ibenholt, et les divers attentats perpétrés lors des festivités avaient achevé d’éveiller la méfiance des hommes envers sa race. C'est une fois encore avec une profonde lassitude à l'égard de ces fourmis belliqueuses que la souveraine des Elfes retournait à son isolement forcé, ayant pris congé des convives se trouvant dans l'infirmerie où on l'avait conduit afin d'y demeurer en sécurité. Mais qu'était la sécurité dans ce castel où chacun se ravirait de voir son chef choir ? Aussi prit-elle la décision de quitter le palais au plus tôt, le lendemain, sans fioritures ou autre faux semblant, le spectacle d'hypocrisie de ce soir avait eu raison de sa bonne volonté quant aux convenances. Remerciant chaleureusement Dame Blackthorn qui l'avait accompagné jusqu'à ses appartements, elle entreprit de déverrouiller la lourde porte lui promettant un espace d'apaisement sommaire.
Quelle ne fût pas sa surprise, la vision de désolation, une fois sur le seuil de cette pièce dévastée. Les lourds voilages de velours jonchaient lamentablement un sol couvert de débris divers, porcelaines, verreries, mille et un objets brisés. La Reine ne céda cependant pas à la panique, la raison avait toujours pris le dessus même dans les situations les plus brutales. « Lady Blackthorn, ...Blaze .. ! » Héla -t-elle dans le couloir sans aucune réponse ne se fasse entendre, hormis l'écho de sa propre voix ricochant contre les moellons. Personne ne vint, alors elle s'enferma dans ce qui était le cocon dans lequel elle pensait trouver la quiétude, violé, lui aussi. Toute sa suite avait été minutieusement fouillée, ravagée. Que cherchait donc t-on ? La réponse était aussi limpide que le capharnaüm ambiant, c'était en ces lieux qu'on avait élaboré et mis en œuvre les instruments de sa disgrâce. C'était là une preuve formelle de son innocence, son implication dans les forfaits dont on l'accablait sans fondement était caduque. Il lui fallait alors laisser tel quel ce désordre et l'utiliser pour défendre sa cause, car Nelrenethys s'attendait à ce que l'on vienne lui demander des comptes. Aussi l'elfe décida de passer la nuit avec ses suivantes dans d'autres quartiers qu'occupaient ceux qui l'avaient accompagné, quartiers qui avaient eux aussi été fouillé mais avec sans doute moins d'acharnement.

La fatigue et l'abattement eurent raison de l'état de méditation dans lequel elle s'était plongée. Doux et éphémère repos que celui qu'on lui avait accordé car le son sourd des coups portés contre le bois ne tarda pas à la sortir de son sommeil. «  Votre Majesté. Nous sommes membres de la garde royale,  nous vous ordonnons d'ouvrir.  » Beuglait-on derrière le battant en alternant les heurts. Quelle heure pouvait-il être ? Probablement tard, le soleil perçait déjà largement derrière les rideaux. Les compagnes de Nelrenethys commencèrent à s'inquiéter en chuchotant, effrayées. « Ne vous inquiétez pas, tout ira bien. » Leur dit-elle afin de les rassurer alors qu'elle ne se doutait en rien du pourquoi cette demande inopinée. Recouvrant son corps gracile d'atours traînant sur le dossier d'une chaise, la souveraine entreprit d’entrebâiller le battant. Malgré le peu de travail quant à sa toilette les charmes de sa haute naissance l'illuminaient comme une aura. «  Je vous prie ? Que me vaut donc cette visite inattendue ? » Bailla t-elle en les questionnant. « Le Prince Lorkhan vous demande, Votre Grâce, nos instructions sont de venir vous chercher et de vous conduire à la Salle Ovale où il vous attend.» Intéressant. Ainsi l'enfant freux souhaitait s'entretenir avec elle ? Elle aurait pensé que cela aurait lieu dans un contexte différent, pas à la sortie du lit et encore moins en des lieux lui suggérant un interrogatoire plutôt qu'une discussion. « Veuillez nous suivre, Madame. » Le ton était plus autoritaire encore, faire attendre la main du roi n'était pas envisageable. « Comme il vous plaira. » Répondit Nelrenethys en sortant. Escortée par deux soldats aussi loquaces qu'aimables, elle parcourut les boyaux interminables de Jernvugge et après plusieurs minutes d'une déambulation muette et sans intérêt, ils arrivèrent près de la salle du trône où les gardes la quittèrent. La pièce était plongée dans l'obscurité, les fenêtres dissimulant la lumière extérieure, quelques bougies projetaient de maigres flammes sur les murs courbes. Au fond se tenait celui qui avait sollicité sa présence, contemplant l’âtre d'une cheminée finement ouvragée comme si c'était un élément nouveau dans ce décor ancestral. « Mon Prince. » S'annonça la Reine sans courber l'échine.



Lay down your sweet and weary head. Night is falling, you have come to journey's end. Sleep now and dream of the ones who came before. They are calling from across the distant shore. Why do you weep? What are these tears upon your face? Soon you will see all of your fears will pass away. Safe in my arms you're only sleeping

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MessageSujet: Re: Pour mieux se fuir, pour ne pas entendre l'horrible vérité, parce qu'on a honte de son vrai visage. [ Lorkhan - Nelrenethys ]   Lun 16 Juin - 15:31

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Pour mieux se fuir [...]

Lorkhan & Nelrenethys
Une nuit. Une nuit et tout avait basculé. Était-ce ainsi, alors, que tout pouvait se terminer ? Une nuit, une misérable nuit, puis plus rien. Quelle absurdité ! Quelle ... vanité. Oui, vanité: car tout était vain, au fond. A quoi bon s'évertuer, s'échiner, alors qu'un si court laps de temps suffirait peut-être à tout ruiner, à détruire chaque fait, chaque geste: bref, tout ce qui avait pu être accompli jusqu'alors. On dit que la nuit porte conseil, mais c'est faux. Lorkhan, lui, avait toujours détesté la nuit. Il l'avait toujours craint, en réalité, autant qu'elle le fascinait. Enfant, déjà, il avait remarqué qu'elle était porteuse d'une maladie à laquelle, à sa connaissance, ni les hommes ni elfes n'avaient pu apporter aucun remède. Ce mal, vicieux, insidieux, s'insinuait en vous à chaque fois que la pénombre chassait le jour. Seul dans son lit, le jeune Prince d'alors ne pouvait que constater le funeste retour de ce que l'on appelait mélancolie, regrets. Tristesse, aussi. Se mélangeait alors aux leçons et aux discussions du jour les idées sombres, les vieilles blessures, et les rancœurs du passé. Condamné à ressasser alors, à se demander pourquoi, jusqu'à s'en rendre malade, jusqu'à craquer peut-être; condamné par ses propres démons, sa propre impuissance, jusqu'à la délivrance du matin, enfin, et le retour d'un jour nouveau, prometteur. Menteur, aussi.

Cette nuit, le petit prince devenu grand faisait l'amer constat que les années ne changeait rien, que le temps n'était pas un remède efficace. Oh, les vieilles blessures étaient refermées, aujourd'hui, mais de nouvelles s'ouvraient au fur et à mesure, perpétuant le cycle, nourrissant le vice. Toutes ses pensées allaient alors vers Lorsei, envers les Elfes, envers tout ce qui, ce soir, menaçait de bouleverser son existence à jamais. Se pardonnerait-il d'avoir été si peu vigilant ? Sans doute. Il avait depuis longtemps compris la nécessité d'être capable de s'adapter, de se pardonner. Les remords, alors, étaient un poids trop lourd à porter et le chemin qui lui restait à parcourir était long, trop long pour qu'il s'autorise à être ralenti ainsi par des démons. Lorkhan ne savait se complaire dans la noirceur, le regret, et s'il y était sujet comme tout à chacun, il n'était pas de ceux qui nourrissaient leurs démons pour mieux les subir, se satisfaisant d'un triste sort, par nature, par bêtise, par crainte peut-être ... Alors, il tentait plutôt de les apprivoiser. Cela prenait parfois du temps, mais il y parvenait toujours. Au fond, son ambition, son destin peut-être, finissaient toujours par reprendre le dessus. Dans les moments comme celui qu'il traversait alors, cela rassurait Lorkhan. Au moins, il y aurait une lumière au bout du tunnel. Il l'espérait.

Encore fallait-il parcourir ledit tunnel, et qu'importe l'obscurité, qu'importe la pénombre; car c'était nécessaire. Vital, même. Ce soir, il était difficile pour lui de remettre de l'ordre dans ses pensées. Il devait pourtant reprendre la main sur les évènements. Lorsei, les Elfes, Nelrenethys ... Et Jora aussi. Que pouvait-il faire, alors ? Malheureusement, la plupart des solutions à ses problèmes étaient encore, à ce moment, hors de portée. Tous, ou presque, en réalité. Alors que son esprit errait sans but ou presque, il finit par avoir l'illumination. Nelrenethys. Fouillant dans la poche intérieur de son pourpoint, il en tira le papier froissé que lui avait remis la Reine des Elfes. Relisant les mots qui y figuraient, le Prince eut du mal à y croire. Etait-ce une farce ? Une facétie de la Reine Australe ? Ca ne pouvait être que ça, ou alors ... Ou alors, quelqu'un essayait de tirer des ficelles bien trop lourdes pour lui. Et qui pourraient s'avérer dangereuses pour le Prince. Il devait éclaircir ça au plus vite. Alors, apaisé par l'idée d'avoir enfin trouvé quelque chose qui ne lui avait pas encore échappé tout à fait, Lorkhan trouva enfin la délivrance d'un court sommeil.


Lorkhan avait choisi la Salle Ovale. C'était le centre décisionnel d'Ibenholt et, depuis que Jorkell avait pris le pouvoir, de Ravenhole et d'Askevale aussi: nul doute que cela serait plus impressionnant qu'une simple discussion au détour d'un couloir. En effet, la Main du Roi souhaitait que son interlocutrice prenne pleine conscience de ses accusations. Après tout, ne venait-elle pas de l'accuser de vouloir la faire assassiner ? Cela méritait quelques explications. Alors, il l'avait fait convoqué de bonne heure, impatient qu'il était d'en découdre. Il ne se sentait jamais aussi bien que lorsqu'il était plongé, malgré lui ou non, au cœur d'intrigues et de complots. Quand elle arriva alors, il ne put s'empêcher d’afficher un sourire ravi. A ce moment alors qu'importait sa blessure à l'épaule, qu'important les attentats, qu'importait Jora ! Même Lorsei lui semblait être plus lointaine qu'alors. Prêt à tout pour reprendre la main, il était plus concentré que jamais sur Nelrenethys.

« - Votre Majesté. » lâcha t-il alors, lorsqu'elle se présenta à lui dans la pénombre de la Salle Ovale. Elle semblait courroucée. Enfin, comment ne pas l'être ? Hier, il l'avait pratiquement accusée d'avoir commandité les attentats commis par les Elfes. Aujourd'hui, il se montrait plus raisonnable: « - J'espère que vous avez passé une nuit agréable, malgré les évènements de la veille. » Il se tut alors, avant de reprendre: « - Enfin. Ne perdons pas notre temps en bavardages inutiles. Je souhaitais tout d'abord ... expliquer ma réaction à votre égard. » Il sembla chercher ses mots, et si sa voix n'exprimait nul remord, elle était beaucoup plus réfléchie que la veille. « - Je me suis manifestement laissé emporter par le chaos qui s'est abattu sur Jernvugge hier soir. Puissiez vous un jour me pardonner mon indélicatesse. » S'il consentait à admettre que la forme était mauvaise, il évitait soigneusement de se désavouer sur le fond. L'idée que, peut-être, les soldats de Nelrenethys puissent avoir été susceptibles d'être gagné par la folie meurtrière de leurs congénères, semblait justifier les ordres qu'il avait donné. « - Toutefois, ce n'est pas tant pour ça que je vous ai fais demander ... » dit-il simplement.

Déjà, il sortait le papier froissé qu'elle lui avait confié la veille.


-
Lorkhan Ravncrone,
hand of the king and heir to the throne
« Anger is running through my vains, so fucked it's driving me insane. No health, no hope, nothing but pain. 30 years to go you said i should be the best, you said i have to prove myself, you said we're a family. 30 years ago. Stuck in the holy money game, gave me a number for a name, stole my life and kept the change. Hey man there's a riot goin'on ! »

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MessageSujet: Re: Pour mieux se fuir, pour ne pas entendre l'horrible vérité, parce qu'on a honte de son vrai visage. [ Lorkhan - Nelrenethys ]   Lun 16 Juin - 23:48





L

........'ombre que projetait l'homme était dansante sur les hauts murs sombres, fascinante, avec quelque chose d'effrayant. L'atmosphère de la salle ovale était pesante et il était aisé pour Nelrenethys de deviner que la promesse faite à ses suivantes serait un piètre mensonge, elle ne savait que penser de cet entretien qui s'ouvrait sur des augures plutôt funestes. Pour un mortel, jeune de surcroît, Lorkhan Ravncrone avait pourtant la prestance de son aïeul, un charisme dont on ne pouvait être indifférent, une beauté vénéneuse de jouvenceau renforcée par le sang du charognard coulant dans ses veines. Ainsi posté, se tenant droit comme pour exagérer la stature qui s'imposait, il émanait de lui quelque chose de bien trop solennel, aux antipodes de l'être que la souveraine avait côtoyé lors du dîner quelques jours plus tôt. Le ton sec qu'il employa en s'adressant à la reine contredisait la douceur de ses paroles. « Il est vrai que celle-ci aurait pu être plus agréable, votre Grâce. Peut-être est-ce un propos qu'il nous faudra aborder ici même étant donné la situation. » Répondit l'elfe en conservant toute sa superbe et en cherchant vainement à dissimuler son agacement. Ce miel sorti des lippes du corbac lui rappelaient les dires de sa candide petite sœur lors du grand bal. Douce ironie que de s'enquérir du bien-être de la victime désignée comme inquisitrice de nombreux maux. La suite la laissa pantoise. Ainsi le ténébreux se confondait en excuses. Aussi polies et retenues étaient-elles, cela avait de quoi surprendre. Interloquée, Nelrenethys avait du mal à retenir sur ses traits crispés toute la stupéfaction que lui inspirait celui qui la veille encore l'accusait à tord à et travers. Ruminant quelque peu sa rancœur, elle prit son mal en patience avant d'oser s'exprimer de nouveau.  
« Il va de soi que j'accepte vos excuses, Lorkhan. » Lui dit-elle posément en s’avançant dans la pièce, lui faisant face de toute sa hauteur. « J'aurais agi de même si cela avait concerné ma famille ou encore ma patrie, ma cité. Quand bien même vos actes passés soient légitimes, gardez à l'esprit que ma présence en vos terres et en votre compagnie ne sont point manigances ou autre traîtrises. Il est coutume chez les miens d'agir frontalement, que ce soit pour nuire ou honorer. » Exagération que ces paroles, évidement Sa Majesté des Elfes ne pouvait lui dévoiler le fond de sa pensée et les plus grands projets encore auxquels elle aspirait en secret. Mais cela avait une once de sincérité, jamais elle ne s'était rendue à Ibenholt avec pour but d'attenter à qui que ce soit, laissant même ses intérêts propres de côté. L'homme affichait toujours une moue indéchiffrable, il était bien difficile à cerner pour un éphémère insecte, et guère impressionné au demeurant. Voyant qu'il triturait ses atours avec insistance comme pour rechercher un quelconque objet, Nelrenethys se demandait à quoi rimait alors cette visite. Ainsi ce n'était pas la raison de sa venue ?
Elle n'eut guère le temps de se poser plus de questions que déjà, il sortait d'une poche intérieure un bout de parchemin qu'elle reconnut aussitôt, son contenu et sa funèbre annonce se répétant dans son esprit comme une macabre litanie. Et cette signature, était-ce la sienne ? Était-ce qu'il allait lui avouer ?
« Je crois....Que nous avons tous deux besoin d'explications. » Entama t-elle le souffle court tandis que ses pensées vagabondaient à de mornes images lui rappelant la peur qui le prenait en tenaille depuis qu'elle était entrée en possession de la missive. Trébuchant vers un des lourds sièges ornant la salle ovale, elle entreprit difficilement se s'y installer. Elle n'avait plus l'air aussi digne à présent, plus aussi altière, mais qu'importait, cela était trop grave et elle ne pouvait feindre ne pas être touchée. Aussi se décida t-elle de tout dévoiler à son interlocuteur à qui elle avait montré sa plaie, sa faiblesse..
«  Peu après mon arrivée à Jernvugge, j'ai été fort indisposée et n'ai pu recevoir les éminences présentes au castel, à mon grand désarroi. Et malgré toutes les invitations qui m'étaient destinées je n'en acceptait qu'une seule. Envoyée par Sire Crendal Flynn. A dire vrai, je pensais que notre discussion tournerait autour des finances et des marchés entre nos royaumes, sujet déjà bien litigieux et prenant.... C'était sans compter sur ce qu'il avait à me montrer. » Elle désigna d'un hochement de tête le papier. «  Aussi m'avertissait-il que ma personne n'était guère la bienvenue en ces terres, et dans un aveuglement tout dû à la peur j'acceptais son aide apparemment aussi venimeuse qu'un poison versé dans une coupe de vin... » Hoquetant, la respiration lente et saccadée, la reine parlait autant à Lorkhan qu'à elle même, comme si elle crevait enfin cet abcès qui avait gangrené son cœur. « Lorkhan, dites moi ce qu'il en est vraiment ... » L'implora t-elle.



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MessageSujet: Re: Pour mieux se fuir, pour ne pas entendre l'horrible vérité, parce qu'on a honte de son vrai visage. [ Lorkhan - Nelrenethys ]   Mer 2 Juil - 21:16

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Pour mieux se fuir [...]

Lorkhan & Nelrenethys
L'espace d'un instant, l'image presque abstraite qu'il avait de la mythique Reine des Elfes sembla s'effondrer, là, dans un fracas pourtant silencieux, la lourde atmosphère qui pesait déjà sur la Salle Ovale n'étant troublé que par les premiers mots de Nelrenethys. Depuis toujours ou presque, il l'avait imaginé comme chevillée à son statut de souveraine, n'existant que par et pour son titre, et elle était, pour lui, l'incarnation d'une forme pure, presque trop, de ce qu'était être alors roi ou reine, elle qui irradiait de cette majesté intemporelle, immortelle. A ce moment, pourtant, elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Ou peut-être ne lui était-elle jamais apparu aussi réelle qu'à cet instant, presque ... humaine. Elle tituba jusqu'à un des sièges qui agrémentaient la Salle Ovale, semblant y trouver un appui plus que nécessaire alors que les mots qu'elles prononçaient paraissaient lui déchirer le cœur. Jouait-elle la comédie ? Le Prince n'avait jamais été du genre à se laisser toucher et, dénuer de quelque don d'empathie que ce soit, il ne parvenaient pas à croire en la sincérité de Nelrenethys. Après tout, elle ne serait pas la première à user de pareils stratagèmes, d'autant plus que l'émotivité ne faisait pas réellement partie de ce qui caractérisait les Elfes Austraux. Pourtant, il ne pouvait qu'admettre une chose: il imaginait fort mal son interlocutrice être capable de se livrer à pareils petits jeux.

Il l'écouta alors. Dans quel mauvais pas avait-on voulu le mettre ? Lorkhan n'en croyait pas ses oreilles: si le contenu de la missive l'avait déjà mis hors de lui, apprendre qu'elle avait été remisé à Nelrenethys par Crendal Flynn ne faisait que faire redoubler sa colère. A quoi jouait-il, ce misérable parvenu qui jouait les grands seigneurs sous prétexte qu'il avait réussi à supplanter les idiots qui lui servaient de marchepied ? Le Prince n'avait jamais apprécié le Grand Argentier d'Ibenholt et il savait que ce dernier ne le portait guère dans son cœur non plus. Pourtant, jamais il n'aurait pu imaginer qu'il se risque à pareil mouvements! Ah, le misérable insecte ! Malgré tout son talent pour dissimuler ce qui l'anime, Lorkhan peinait cette fois à faire taire la rage qui lui faisait maintenant bouillir le sang ! Comment ce foutu gratte-papier, tout juste bon à tenir ses comptes, osait-il le défier ainsi ? Il ne paierait rien pour attendre, non, bien au contraire. Lorkhan saurait trouver sa vengeance, c'était certain. En attendant, pourtant, il était impératif qu'il regagne son calme. Après tout, et même s'il enrageait de découvrir la triste vérité qui se cachait derrière ce message, il s'agissait là d'une victoire pour lui: Crendal était débusqué, et Nelrenethys ne semblait plus croire à la véracité des accusations portées contre lui. Tout n'était pas perdu.

« - J'ai bien peur que quelqu'un, ne cherche à se jouer de Votre Majesté. » dit-il alors d'un ton calme, posé, à des années lumières de ses véritables humeurs. Il devait pourtant donner l'impression de maîtriser la situation, ce qu'il était en passe de faire, par ailleurs. « - Il semblerait que, lorsque notre vie ou celle de nos proches se retrouvent menacées, nous soyons prêts à tomber dans les stratagèmes les plus grossiers. J'en ai donné la parfaite illustration hier soir, et vous semblez vous même victime de cette triste vérité. » Il se tut alors, laissant le temps à Nelrenethys de reprendre ses esprits, avant de continuer, sur un ton beaucoup plus animé: « - Allons ! Pensez-vous que je sois capable de m'abaisser à pareilles requêtes ? Croyez-vous que je puisse me rendre coupable de telles atrocités ? » Veillant à ne pas se caricaturer, il fit attention à ne pas exagérer son indignation. Il soupira alors: « - Je connais toutes les rumeurs, les histoires qui courent à propos de moi, de mon père, et des Ravncrone en général. Sachez que j'en suis le premier blessé. Nous avons déjà eu l'occasion d'en parler, et vous savez quels idéaux je sers vraiment. » Il se rapprocha de Nelrenethys, s'asseyant juste en face d'elle: « - Mais que vaut ma parole, n'est-ce pas ? Je ne suis que le fils de l'Usurpateur, digne représentant des Ravncrone. Je comprends que vous doutiez de ma sincérité. Alors que Dagoth emporte les mots ! Contentons nous des faits. » Il sembla réfléchir, pourtant, tout était clair dans sa tête: « - Quels intérêts aurais-je à vous faire réclamer votre tête ? Votre mort, que m'apporterait-elle ? Surtout en comparaison de ce que j'aurai à y perdre: mon honneur, votre amitié, ainsi que celle de votre peuple. » Lorkhan semblait sincère. Il ne mentait pas, cependant, puisqu'il était réellement innocent dans cette histoire. « - Mais soit. Admettons que je veuille votre tête. Pensez-vous réellement que je prendrai le risque de procéder ainsi ? De lancer pareil appel à qui voudra bien l'entendre ? Soyons sérieux. » C'était vrai: après tout, n'avait-il pas qu'à souffler ses ordres au chef des Sycophantes lui-même pour que celui-ci les exécute ? S'il se gardait bien de se servir de sa relation avec Vex comme argument pour convaincre Nelrenethys - c'eut été une bêtise de la lui révéler - , c'était sans doute là la preuve la plus parlante de son innocence.

Pourtant, tout chez Nelrenethys le laissait penser qu'il n'aurait pas besoin de grand chose de plus pour la convaincre. Alors, à la manière d'un avocat parachevant son plaidoyer, le Prince ajouta, non sans un sourire satisfait: « - S'il est clair que je n'ai rien à gagner à tout cela, qu'en est-il de celui qui vous a remis ce papier ? » Au fond des yeux semblaient désormais brûler un feu ardent, comme si, au fond, se retrouver ainsi contrarié suscitait en lui une forme d'énergie nouvelle. « - Ainsi, Votre Majesté, qui verrait de nouvelles opportunités commerciales s'offrir à lui s'il s'attirait la confiance de la Reine des Terres Australes ? Auprès de qui s'endetterait Jorkell, si jamais votre défiance ainsi entretenue le contraignait à lever de nouvelles armées ? Qui, alors, jouirait de votre confiance d'un côté, tandis que ses pièces d'or s'assureraient d'avoir celle de mon père ? » Il répondit alors: « - Certainement pas moi. »

Il se tut alors, laissant le poids de ses mots s'abattre Nelrenethys, espérant ainsi porter le coup fatal qui achèverait sa défiance, pour mieux la reporter vers le véritable coupable: Crendal Flynn.


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Lorkhan Ravncrone,
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MessageSujet: Re: Pour mieux se fuir, pour ne pas entendre l'horrible vérité, parce qu'on a honte de son vrai visage. [ Lorkhan - Nelrenethys ]   Ven 4 Juil - 18:13





L

........a conclusion que tirait le Prince-au-Fers résultait de l'évidence même. Le Maître de mercantes étant à l'origine du statut dépositaire de Nelrenethys, lui ayant révélé sans raison une information qu'il aurait tout aussi bien pût conserver pour sa propre personne, son implication dans l'affaire était toute désignée. Mais quelque chose clochait. Malgré l’acharnement de Lorkhan quant à accuser Sire Flynn d'avoir organisé toute cette machination, cela était trop pointé du doigt, trop simple. L'homme était beaucoup plus subtil dans ses manigances, le constat était trop directif pour un être que l'on qualifie de fourbe et manipulateur. D'ailleurs, que savait la Reine à son propos ? Des souvenirs épars d'un passé lointain, elle ne l'avait pas revu depuis des années avant leur rencontre au jardin de glace. «  Je n'y comprend rien ... » Lacha-t-elle, toujours avachie, perdant pied quant à ses certitudes et acquis au milieu de ces hyènes d'humains.
«  Les premiers temps, il est vrai que j'ai cru en la véracité de ce message, surtout de sa provenance. Même en m'interrogeant sur le sujet il m'était impossible de savoir avec exactitude si Flynn avait dit la vérité sans détours. Et puis j'ai gardé en mon cœur cette lourde menace, m'offusquant auprès de votre sœur lorsqu'elle m'adressa la parole lors du grand bal, pour ensuite subir l'affront que vous connaissez. »
Le bellâtre savait se montrer convainquant, bien que peu encline à se faire bercer comme une jeune pouliche, la Reine avait en son fort intérieur un espoir qu'il n'y soit pour rien, un besoin de réponses franches et sans fioritures. La prestance du ténébreux n'avait d'égal que son éloquence, même mis à mal lui restait impassible et conservait toute l'allure de son rang.  « Votre sincérité me touche, mon Prince. Vous me voyez ainsi rassurée que nous puissions parler à cœurs ouverts, je ne venais pas vous visiter avec l'intrusive pensée de vous accuser à tord, mais entendre cela de votre part agit en moi comme le plus puissant des onguents. »

Un rictus se dessina et ses royales joues se détendirent, réajustant son assise et essuyant les quelques perles ayant trahi ce trop-plein émotionnel, Nelrenethys se retourna vers le corbeau qui se tenait derrière elle. «  Alors, Flynn aurait cherché à nous rouler, probablement votre cadette aussi si la signature s'y réfère. Nous monter l'un contre l'autre est évidement un subterfuge dont l'intérêt est certain, mais nous voyons tous deux que quelque chose de coïncide pas. De part notre rang et les relations qui s'imposent à la bonne entente des royaumes, il était impossible que nous nous toisions à distance ruminant une haine ainsi révélée. Cela rend cette piste presque complètement caduque, Flynn n'est pas un stupide marionnettiste et c'est entre autre ce qui l'a dédouané, à mon sens, de sa responsabilité quant à la missive. » Ce qu'elle ne révéla pas c'est qu'elle avait donné sa confiance à cet être dont tous chuchotaient le nom et taisaient les brigues.
« Grand bien nous fasse de nommer untel ou untel responsable, pour l'heure, nous n'en saurons sûrement pas plus. Parlons donc d'autre chose étant donné notre impuissance momentanée. Comment se porte Lorsei ? S'est-elle réveillée ?» Enchaîna l'elfe en changeant de sujet. «  Avez-vous eu de nouvelles informations concernant l'attentat ? » Cette question se relia subitement la raison première de sa venue, et si Flynn avait été l'inquisiteur de cet autre méfait ? Avait-il quelque chose à voir avec cela aussi ? Si c'était le cas, il aurait alors plusieurs coups d'avance sur ses adversaires sur l'échiquier de Middholt.



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MessageSujet: Re: Pour mieux se fuir, pour ne pas entendre l'horrible vérité, parce qu'on a honte de son vrai visage. [ Lorkhan - Nelrenethys ]   


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Pour mieux se fuir, pour ne pas entendre l'horrible vérité, parce qu'on a honte de son vrai visage. [ Lorkhan - Nelrenethys ]

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