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 Asylum seeker [Sylarne]

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MessageSujet: Asylum seeker [Sylarne]   Mer 11 Juin - 7:14

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Sylarne & Leogran
   Asylum seeker
Le silence était maître dans le velours de la nuit. Tout était enrobé d’une quiétude omniprésente lorsque la lune trônait. Aux cimes des Tours, il y avait bien quelques chevaliers que les ténèbres dévoraient malgré le giron d’une flamme, mais ils étaient tous cois au point qu’on eut dit de simples ombres mussées dans les ombres. À des mètres plus bas, une silhouette remuait dans ce tableau paisible, préparant sa monture qu’elle avait guidée hors de l’écurie et qu’elle attelait désormais de quelques besaces. Leogran était prêt à partir, ne serait-ce que peu de temps avant que l’aurore pointe, comme il avait été convenu le jour précédent auprès de ses confrères. La route s’annonçait longue et éprouvante, aussi avait-il pris bien soin de réfléchir avant de donner son verdict, lequel s’était soldé en un départ définitif, la bride tournée en direction de sa terre natale. Il était grand temps que les choses bougent; sa retraite dans le Val durait depuis plusieurs longs mois et l’oisiveté qu’il avait adoptée depuis sa vieille querelle avec le pater était due pour le renvoi. Si son orgueil guettait, prêt à annihiler la moindre envie d’un pardon auprès de son père, aucune fierté ne saurait l’empêcher de reconquérir ses racines qu’il avait honteusement délaissées depuis. De plus, sa décision n’était que le fruit de son indicible volonté à vouloir porter secours aux siens. Comme il n’aidait pas à la cause de sa famille en se terrant sous la pierre, il n’avait aucune raison de prolonger son séjour, si ce n’était s’éprendre davantage de ces lieux sereins qui portaient l’illusion d’être coupé du monde, protégé de ses atrocités. Un envoûtement trop néfaste pour celui qui brûlait d’envie de servir les intérêts des Snowhelm.

L’héritier se hissa du haut de son destrier, lequel piaffa sous le poids nouveau que devait supporter sa colonne. La robe obscure que portait l’animal semblait faite de satin sous la nitescence de la lune; impressionnante bête à la crinière ondulante suite à l’agitation nouvelle. Quelques minois curieux convergèrent sur le voyageur en devenir, mais peu surpris de son départ, ne s’attardèrent point, disparaissant derechef sous le couvert de la nuit. Il avait déjà fait ses adieux auprès des hommes avec qui étaient nées les prémices d’une bonne fraternité. Son départ en catimini n’était en rien le résultat d’un plan fomenté en vue d’échapper à de rudes adieux. Au contraire, tout ce qui devait se dire avait été dit avant que ne se couchent les esprits et Leogran gardait précieusement en mémoire la promesse d'un retour, ne serait-ce que pour une visite, lorsque se seront calmés les temps. Il talonna sa monture; les hennissements de cette dernière ne furent plus qu’échos sous le tintamarre de ses premières foulées, jusqu’à ce que le cheval et son cavalier disparaissent dans les lueurs timides qui striaient l’horizon.

***
Les kilomètres s’égrenèrent au fil de la journée. Les champs de blé muèrent en un paysage blanc à perte de vue, entrecoupé de montagnes et de rocailles. Les landes de son enfance vinrent l’ébranler d’une douce nostalgie, non sans hisser des abîmes de sa mémoire des souvenirs allègres. Une éternité s’était échouée entre lui et ces terres hiémales. Si son cœur était gorgé de liesse à l’idée qu’il approchait petit à petit de sa destination, il fut question d’une autre paire de manches que de faire avancer son destrier, lequel n’avait pas goûté à l’impitoyable climat d’Ibenholt depuis des lustres et souffrait à devoir combattre le vent à chacune de ses foulées. Les sabots claquaient à cadence ralentie depuis qu’ils avaient fait la transition. Plus les heures s’écoulaient, moins vite allait son destrier et plus ardu était le périple. Les vents vespéraux se levaient et se mariaient aux courants nordiques pour accoucher de dangereuses rafales. Les flocons virevoltaient nombreux, présages d’une tempête qui allait leur être fatale si tant était qu’ils demeuraient sans couvert. Comble du malheur, la lumière n’allait pas tarder à s’évanouir pour redonner à la lune son royaume. Peu enclin à vouloir jeter son dévolu sur la chance alors qu’il reconnaissait à dame nature son imprédictibilité et ses caprices, Leogran avait planifié dès la première chute de neige de faire un détour pour Clanjord qu’il savait être la propriété de la famille Clanfell. Aussi les remparts du fief se profilaient enfin au loin, sombres enceintes dans lesquelles il espérait retrouver son vieux camarade et un gîte où s’y terrer.

Il éperonna son destrier de sorte qu’il entame sa dernière ligne droite. Les efforts du vaillant animal mangeotèrent ce qu’il restait de la distance, terminant abruptement les saccades du haut d’une pente escarpée, là où trônait la bouche béante qui menait dans les entrailles du fief. L’un des hommes postés à l’entrée vint à sa rencontre, le visage flagellé par les vents, les traits épousant les formes de la sévérité. « Halte ! Il s’agit de la propriété de la famille Clanfell. Déclinez votre identité ou repartez d’où vous venez. » Et l’héritier obtempéra juste après avoir découvert son faciès jusqu’alors à l’abri de la nature furibonde. « Ser Leogran Snowhelm. Je suis un ami de Ser Synric Clanfell. J’espérais pouvoir m’entretenir avec lui. » Il s’en tint à cette courte introduction. « Ser Synric n’est pas à Clanjord. »  Il s’en doutait. Un moment d’hésitation flotta, puis la mâchoire dansa de nouveau pour libérer une information intéressante, encouragée par le patronyme de forte notoriété. « Sa sœur et reine consort, dame Sylarne Clanfell, est présente, néanmoins. Soit. Menez-moi à elle. »

***
On l’avait fait attendre dans le hall du manoir seigneurial pendant que le garde prévenait sa reine du visiteur impromptu qui avait mis pied sur son fief. Au moins ici il était à l’abri de l’emportement des vents qu’il entendait hululer au loin, lors même que nul ne saurait dire s’il en resterait ainsi jusqu’à l’apaisement des cieux. Si le seigneur Synric aurait très certainement ouvert son domaine à l’héritier, il n’était pas dit que sa sœur jumelle en fasse de même. Certes, le jeune chevalier avait ouï moult rumeurs au sujet de cette lionne, tous favorisant l’image d’une femme digne de respect, au caractère fait d’acier afin de seoir parfaitement au rôle important qu’elle occupait sur l’échiquier. Une de ces intelligentes dames qu’il était heureux de rencontrer, quand bien même rien ne lui indiquait qu’il ait été l’objet de paroles tout aussi flatteuses. Le train de pensées qu’il suivait prit fin lorsqu’on l’invita enfin à pénétrer dans ce qu’il jugeait être la salle principale du castel. L’œil guigna rapidement la myriade d’oriflammes qui tapissaient les murs avant de se concentrer entièrement sur la silhouette gracile de sa reine. Une fois la distance consommée par sa procession lente vers le centre de la pièce, il s’inclina respectueusement comme le voulait le protocole; ébauche d’une courbette qui lui épargna le genou. « Majesté. » L’échine redressée, le regard vissé sur l’hôtesse, Leogran admira la vénusté flavescente. Une vraie Clanfell. À l’image qu’il s’était fait d’elle lorsque Synric étalait le plus beau dialogue au nom de sa sœur. Jamais il ne l’aurait accusée de laideur, elle qui calquait son physique sur un jumeau de toute aussi belle apparence; le voilà que sa pupille se pâmait sur l’image qui lui était offert. «  Je suis Leogran Snowhelm, ma reine. Ami de votre frère, le seigneur Synric Clanfell. » se reprit-il avec naturel. « Pardonnez mon incursion sur votre propriété. Les temps étant très peu cléments, j’ai cru pouvoir faire halte à Clanjord. Les routes sont dangereuses, mon cheval est trop épuisé; aussi espérais-je pouvoir trouver asile sur vos terres durant une courte nuit. » Sa nuque se courba derechef pour agrémenter sa requête d’une politesse conforme aux enseignements qu’il avait reçus étant tout jeune. Ses yeux jonglèrent à ce moment entre plancher et reine, corroborant un certain embarras : celui de faire éruption à l’improviste sans y trouver la figure escomptée. « Je partirai sitôt les vents calmés. » qu’il rajoute, comme pour solliciter l’aide a minima.


 
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I will strike down upon thee with great vengeance and furious anger those who would attempt to poison and destroy my brothers. And you will know my name is Leogran Snowhelm when I lay my vengeance upon thee.

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MessageSujet: Re: Asylum seeker [Sylarne]   Jeu 26 Juin - 23:22

sylarne & leogran

Asylum Seeker


S
illons moissonnés de givre, les vastes fiefs de la maison cinabre s'étendaient sur des lieues ; alleux creusés de mines ubéreuses et de bois giboyeux se partageaient cette bicéphale richesse qui était la leur alors que sur le linceul toujours tavelé de quelques nivaux orfrois s'échinait une agreste populace sommée d'extirper de son tellurique berceau les quelques fenaisons dont s'émaillait le sol fruste de la seigneurie. Clanjord avait toujours été le fer de lance des dépendances Clanfell, son faste manoir s'érigeant sur la crête d'un hameau prospère et éponyme, concentrant comme épicentre l'ensemble des opulences générées par si prolifères ouvriers. Or, ce n'était point pour s'assurer de la fécondité de telles entrailles fangeuses ou rocheuses qu'elle s'était déplacée sous bonne escorte le long de la route du Roi pour rejoindre le terroir ancestral, mais bien pour exercer feu et lieu, s'acquitter des procès et autres affaires de jurisprudence ainsi que pour recevoir preuve des inféodations comme il en était dans les us nobiliaires remontant aux systèmes claniques. Amarrée à l'écrin adamantin de sa joue, une dextre servait d'unique piédestal à son chef lesté des soporifiques procédures dont on empanachait son auguste présence, discourant tantôt sur les redevances des exploitations tantôt sur les litiges entre métayers et c'était d'une voix ferme qu'elle tranchait les ennuyeux palabres de ses subordonnés avant de se retirer dans ses quartiers une fois déversé le crépuscule baignant les nuées caligineuses d'un jour moribond. Retirée dans l'huis qui lui servait d'appartements, elle laissait les mânes enténébrées jouer de nuances clair-obscures sur le vélin de sa peau, offrant à la Sélénite naissante les adamantines courbes de sa féminité alors qu'elle quittait le berceau textile de ses nippes, ses seins encore engoncés dans le corsage de spectres cuprifères tissés par les flammes qui dévoraient la lithiase de l'âtre. Tout en ces murs noyés de l'ascétisme campagnard l'horripilait et c'est accompagnée par la déréliction qu'elle exhumait insipide anamnèse et souvenirs monochromes. C'était en ce lieu qu'elle avait souffert la déhiscence de son âme jumelle, envoyée sans coup férir aux Tours d'Airains pour y fossoyer sept années entières, c'était entre ces murs qu'elle était née spectre d'elle-même, cabretant quelque deuil qu'elle porta des années durant, allant même jusqu'à le tirer entre les remparts d'Ibenholt et ceux, non moins denses, de Fortrekke. Désormais tout n'était que caduques souvenances d'un passé qu'elle préférait voir au cénotaphe plutôt que ressuscité par quelque pensum neurasthénique. L'eau creusant alluvions halitueux sur son épiderme, elle embrassa la brûlante étreinte des flots, sa chevelure ondoyante glissant sur sa poitrine pour s'étirer en corolles flaves autour de son corps dénudé. Ce n'est que lorsqu'elle fut ointe de baumes exhalant fleur d'oranger et lait d'amande qu'elle fut dérangée par une de ses suivantes qui troubla de sa voix éthérée le silence lénifiant qui empanachait son escient placide. « Un chevalier s'est présenté aux limites de Clanjord, Votre Majesté. Il dit se nommer Leogran Snowhelm et être un ami de votre frère. Il cherche refuge en votre domaine pour s'abriter de la tempête... » Le patronyme eut le mérite de champlever le grès de son minois d'une perplexité intéressée qui se paracheva par un sourire amusé. Ainsi le fils de l'Ours se présentait-il à l'orée de la tanière léonine pour en espérer le gîte. Jamais elle n'avait pu poser ses prunelles férales sur la progéniture de la maison de guède, mais elle avait entendu fuser entre les lèvres de son géminé quelques panégyriques bribes sur l'héritier Snowhelm. « Veillez à lui apprêter l'aile ouest et faites monter un repas dans sa chambre dès que nous aurons terminé de nous entretenir. Mais d’abord faites porter quelques amphores de myr dans l’aula, je ne voudrais pas que ce cher ser Snowhelm trouve à se plaindre de l’hospitalité des Clanfell… »



G
uipures serties de rubis, parements d’écarlate niellés de liserés cuprifères et d’orfrois mordorés. Partout où le lion tapissait les voliges de ses pas naissaient fleurons et se diapraient festons, mais dans l'aula, c'était sur l'écrin d'un siège de noble facture que siégeait la léonine souveraine, sa flave crinière dévalant les vallons de ses épaules pour se jeter tout de go dans le creuset de son giron nippé de pourpre tavelé de smaragdins arabesques. L'heure était à l'amusement et la perspective de recueillir entre les murs de son castel la progéniture Snowhelm était, en définitive, une antalgique vision après l'ennui esquintant des tracas quotidiens qui parementaient le suaire des dépendances Clanfell. C'est avec vivacité que la prunelle auréolée de sinople détailla l'héritier de l'ours cendré, frôlant chaque anfractuosité depuis les calots sombres jusqu'à la naissance d'une barbe émaillée de rouille, les pupilles se dilatant à la contemplation de ce qu'elle considérait comme un minois plus que tentateur sans toutefois ne laisser rien paraître de cet intérêt plus que diplomatique. Niellant la lithiase de son faciès d'un sourire évanescent, elle le mira alors qu'il esquissait révérence et l'apostrophait, faisant fuser un phonème qu'elle associa aisément à l'atavique gravité qui caractérisait la voix des Snowhelm. Ainsi le fils présentait de nombreuses similitudes avec le pater, aussi bien l'insondable tonalité que les yeux de braises et la laconique prose. Mussée dans le silence et parementée d'un flegme à peine fané par un sourire qui croissait à chaque syllabe prononcée, elle ne put s'empêcher de confier à l'empyrée pétrée du castel un léger rire qui, toutefois, n'avait rien de narquois. Ses prunelles flamboyèrent, se chamarrant des éclats épars des torches et des lustres alors qu'elle attachait ses doigts au sempiternel sébile qui semblait ne jamais quitter le berceau de sa paume. « Si Synric est véritablement votre ami, lord Snowhelm, vous n'êtes pas sans savoir que je pourrais vous accueillir vous et l'entièreté des Chevaliers d'Airain pendant une décennie sans jamais manquer de vin ou de frugalités... » Une politesse qu'elle trouvait touchante, mais tout aussi divertissante, croisant ses longues jambes sous les replis soyeux de sa jupe constellée de broderies rehaussées de pierres fastueuses. Hissant un index sur la cime de son calice, elle le laissa en tracer l'ellipse une seconde, reportant son attention sur son vis-à-vis, un sourire équivoque ornant la pulpe charnue de ses lèvres. « Mais je vous prie, soyez à votre aise entre ces murs aussi longtemps qu'il vous plaira. Au nom de l'affection que mon frère vous porte, je ferai tout ce qui est en mon possible pour vous rendre le séjour des plus agréables. »



D'
un geste évasif, elle l'invita à prendre place dans un des nombreux fauteuils qui parementaient la salle, quittant elle-même l'auguste siège qui présidait sur toutes les âmes du fief pour se laisser choir avec grâce sur une méridienne, lovant plus profondément sa coupe dans sa paume avant de la porter à ses lèvres, les prunelles léonines toujours amarrées au visage du fils Snowhelm. Sur l'arantèle de son escient s'esquissaient les interrogations quant à sa présence en terres boréales et il était de notoriété publique que la connivence père-fils n'était plus de mise sur le canevas de la maison de guède. C'est hérissée par la curiosité qu'elle inclina du chef, générant une avalanche de cheveux d'or et qu'elle laissa ses lèvres se creuser de son habile syntagme. « C'est un moment mal choisi pour faire votre retour à Ibenholt, ser Snowhelm. Les tensions y sont à leur comble et les temps qui tissent les cieux jusque-là sont imprévisibles et tempétueux... » La chevauchée jusqu'à Clanjord ne laissait présager que le retour du fils prodigue dans la ville Veuve de Septentrion et si elle savait que le chevalier y rencontrerait effectivement son père entre les murs de Jernvugge, elle ignorait si le fils partageait les probités du patriarche et ses idéaux concernant l'héritière Ebonhand, mais elle ne comptait pas faire du chevalier un ennemi. Les liens d'amitié qu'il partageait avec son géminé seraient peut-être synonymes de félicité pour la maison écarlate et Sylarne veillerait à ce que la liesse de leur connivence soit justement entretenue. On servit à l'invité du vin de myr et on posa sur la crédence quelques agapes, puis la reine attacha à nouveau le malachite de ses yeux à l'onyx des siens, la soie de sa lippe s'étirant en un sourire amène. « Navrée d'avoir à vous imposer  ma présence alors que vous cherchiez celle de mon jumeau. J'espère au moins pouvoir prétendre à vous divertir un tant soit peu par mimétisme et ainsi me faire modeste épigone de lui-même... » Niellant sur son masque équanime une expression aux pans narquois, elle reprit, féline : « Au moins serez-vous à même de juger qui des deux jumeaux Clanfell est le plus supportable. » Une taquinerie qu'elle s'autorisa à damasquiner dans l'argile de son pensum alors qu'elle gouttait à nouveau les délivrances œnoliques de sa libation.


FICHE ©️ QUANTUM MECHANICS


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MessageSujet: Re: Asylum seeker [Sylarne]   Mer 2 Juil - 4:44

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Sylarne & Leogran
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Les yeux marron de Leogran cessèrent d’osciller entre tapis et vénusté lorsque la voix chanta à ses oreilles pour y porter des discours verveux que la naissance n’épatait point. Si le regard était toujours empreint d’un zeste d’embarras, ledit malaise trouvait lentement son baume dans la chaleureuse hospitalité tout juste dévoilée par la dame Clanfell. Sérénité et humanité chez sa vis-à-vis étaient devenues un terreau fertile prompt à laisser germer confort et bonne entente, cela malgré une austérité qu’il voyait brasiller au fond des calots. S’il fut fort soulagé de recevoir la généreuse approbation à sa requête, il ne se limita qu’à quelques mots pour partager sa gratitude, avec de surcroît un sourire qui vrilla futilement ses lippes. « J’apprécie grandement votre abondante générosité. Soyez sûre que je tâcherai de vous rendre la pareille lorsque l’occasion se présentera. » Aucune promesse ne saurait traverser la barrière de ses lèvres sans être mariée à la ferme intention de la tenir. « Je partirai néanmoins tel que convenu, soit à l’aube. Je ne veux pas abuser de votre hospitalité. »

D’un regard, l’éphèbe suivit la direction qu’indiquait la dextre de la lionne pour découvrir les nombreux fauteuils à sa disposition. Il trouva plus adéquat d’engoncer son séant dans celui situé face à la reine, de sorte que la distance et l’angle soient favorables à la discussion. La sombre mirette qu’il dardait sur son interlocutrice transsudait toute l’attention qu’il lui vouait à l’instant, cela malgré la furieuse envie d’embrasser de pied en cap la silhouette gracile délimitée d’une cascade d’or, qu’il puisse graver dans son esprit le moindre centimètre de beauté qui constituait le portrait. La réflexion un poil déplacée demeura prisonnière des méandres de son être, et disparue sitôt sa curiosité piquée au vif par une première, mais nébuleuse, révélation. Sa placidité se vit alors ébranlée d’un sourcil arqué, mais discret, communiquant silencieusement ses soudaines interrogations au sujet des tensions. S’il ne dit mot immédiatement, ce fut pour fouiller tout d’abord le bric-à-brac de sa mémoire, à la recherche d’un indice qui puisse le sauver de la complète ignorance. Il n’avait guère ouï de clabaudages depuis plusieurs jours, faute à ses récents caprices de solitude et les dialogues succincts sur son départ. Si les questions, nombreuses, lui brûlèrent la langue d’un empressement peu répressible, il ne savait trop s’il devait attribuer les dires de la lionne à un constat général d’Ibenholt ou à de houleux événements toujours inédits ou récents. Il se fit violence pour conserver le silence, jugeant préférable de ne pas bousculer son hôtesse avant que les courtoisies n’aient été entièrement échangées.

On lui apporta une coupe de vin tel que le préconisaient les usages. Il remercia le service d’un léger signe de tête. Le palpitant soudain comprimé dans un étau d’inquiétude, nulle effusion d’enjouement ne suivit le badinage de la reine, même si le dialogue qu’il lui délivra sitôt ses lèvres closes laissait présager qu’il avait bien ouï les remarques : « Ne vous inquiétez point. Il me duit tout autant de faire – enfin – la rencontre de sa si remarquable sœur. Ser Synric n’a eu de cesse de colporter en votre hommage le plus beau discours pour vous décrire. Je devenais impatient de vous découvrir en personne. Et voilà que cette tempête m’offre inopinément l’occasion de réaliser ce souhait. Je suis comblé. » Un masque de sympathie chassa rapidement ses affres avant qu’il ne disparaisse brièvement derrière la coupe surélevée. Le vin eut l’effet d’un brasier dans sa gorge; quelle indicible sensation bienfaisante après avoir combattu le climat hiémal une journée durant. Peu familier aux longs voyages depuis qu’il avait épousé la sédentarité, il sentait peser sur chaque parcelle de son corps la fatigue accumulée durant cette traversée, et accueillait avec une grande reconnaissance tout le confort dont il n’aurait pu bénéficier hors de ces murs. À l'abri de la tempête, en si charmante compagnie. « Si je puis me permettre, il ne s'est en rien trompé. Vous exsudez beauté et intelligence, tel qu'il vous a décrite. C'est un réel honneur, vraiment, de pouvoir discourir de la sorte avec vous. » Propos flatteurs transmis avec audace, mais dit respectueusement pour seul but de complimenter.

« J’ai connu votre frère alors que je séjournais au Val. » commença-t-il comme il jouait sur l’inclinaison de la coupe pour faire balloter le liquide sous l’onyx qui guettait. « Il a su m’être d’une bonne écoute. Nos échanges, au départ empesés, sont devenus légers au gré de nos découvertes. Il s’agit d’un homme admirable, et sa compagnie, même si sporadique, me faisait un plus grand bien. Je ne peux me targuer de le connaitre depuis bien longtemps, mais nos rencontres ont toujours été intenses et de bonne entente. » Et le regard jusque-là pétillant et perdu dans les derniers souvenirs qu’il gardait de son frère d’armes retrouva la moire du cheveu d’or, s’arrimant derechef à la reine en la plus délicate attention. « J’ai bien peur que mon départ du Val ne repousse nos retrouvailles à une époque trop lointaine pour être précise. Pourrez-vous lui transmettre mes salutations lorsque vous le croiserez, si cela ne vous embarrasse pas ? » Leogran se permit une seconde gorgée avant de poursuivre. « J'ai l'impression que la dernière fois remonte à des éons... Comment se porte-t-il ? »


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