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 Crendal Flynn *Les établissements bancaires sont plus dangereux qu'une armée en campagne.* [Terminée]

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ARRIVÉE : 18/06/2014
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MessageSujet: Crendal Flynn *Les établissements bancaires sont plus dangereux qu'une armée en campagne.* [Terminée]   Sam 21 Juin - 3:25



Crendal Flynn



 

Jeux des apparences

Que la grâce des dieux t'accompagne, Crendal Flynn, Fils du Levant. Que leur clémence te préserve des complots et de la périlleuse valse des poignards, toi qui a déjà affronté quarante deux hivers et s'en est sorti indemne. Que tu sois Membre du Conseil d'Ibenholt, Oligarque des mercantes, créancier des Rois de Middholt ou simple vagabond, sache que c'est d'un œil intrigué que te jaugent les rois et les reines de jadis, passant tes jours au fil d'une rapière qu'on appelle Jugement. Puissent les augures du mois de Avril t'apporter prospérité et bonne fortune et puisse tes congénères de Ibenholt t'apporter leur appui et leur soutien dans les intempéries. Souhaite que ton statut de statut social bourgeois t'empêche de glisser dans le gouffre de l'oubli et puisse ton cœur éperdu de veuf trouver libération dans les neiges des Terres du Nord. Bienvenue au Cimetière des dieux, bienvenue sur Middholt, bienvenue sur l'échiquier...

Jeux des ambitions

Moralité :

A quoi est-on prêt lorsque la Providence nous place dans les bas-fonds d’une société à sa naissance, et que quarante-deux ans plus tard, on devient l’homme le plus riche d’un continent ? Poser la question c’est y répondre. On est prêt à tout. A tout pour monter, à tout pour survivre à l’ascension qui mène vers les sommets du pouvoir. Les valeurs, face à l’ambition, sont toutes relatives. L’amour, face aux richesse, devient moins ardent et l’honneur lorsqu’il faut éliminer un adversaire, est un poids mort.

Est-ce à dire que notre bon ami usurier serait un amoral ? Un asocial ? Quelqu’un qui se fiche de toutes les conventions ? Non, la chose serait trop aisée. Crendal croit dans les valeurs de l’ordre moral. De même qu’il croit certainement en tous les bienfaits de l’amour et de l’honneur. Mieux, il peut parfois se prendre à aimer l’ordre, à aimer que les choses se passent bien et que tout soit stable. Quel homme ne désire pas la paix dans les corps et les âmes ? Néanmoins, tout cela n’est rien face à l’ascension d’un homme. Rien.

L’on ne s’élève pas par pur cynisme. On s’élève par un cynisme ciblé. De même que le désordre n’est utile que par touche. Crendal est résolument convaincu que toute société repose sur le fait que 99% de la population est honnête et que le 1% restant dirige. Il ne voit pas cela comme une fatalité, mais comme une nécessité. Ce 1% étant celui qui dispose de l’intelligence et des moyens d’entreprendre de grandes choses. Tout au long de sa vie, il s’était demandé comment il avait pu survivre quarante-deux ans et comment les Rois, jusqu’à très récemment, pouvait régner aussi longtemps. La réponse en était simple : 99% des gens se contente de plus ou moins ce qu’ils ont à leur naissance. Un manant aspire à devenir un manant un peu plus riche, ou à tout le moins à maintenir son niveau de vie. Un grand noble aspire à maintenir le prestige de sa maison…Mais combien de manants aspirent à devenir de grands nobles ? Combien de grands nobles aspirent à diriger le monde ? Y a-t-il vraiment des grenouilles qui veulent devenir des bœufs ? Et de bœufs qui veulent devenir des dragons ? L’expérience de Crendal a montré que non. L’ambition des gens est la plus part du temps fort limitée. Ce n’est pas le cas de la sienne. Crendal n’a pas de limites à son ambition. Il ira aussi haut qu’il peut, gravissant chaque échelon, chaque marche dussent-elles n’avoir aucune fin. Tout ce qui importe, c’est de monter. Crendal est un égoïste et un égocentrique. Il ne s’intéresse qu’à lui-même. Son intérêt pour les autres n’est vu qu’à l’aune du sien propre. Il faut être au courant et en contact avec d’autres simplement parce que cela est une nécessité inaliénable de la montée vers le pouvoir suprême.

L’homme ne doit pas, malgré tout, prendre un avantage sans réfléchir, la méfiance est toujours de mise. Crendal a appris parfois à ses dépens que gagner une petite victoire ne signifie rien. De même, personne ne donne jamais rien sans attendre une chose en retour, à part les imbéciles et ils sont moins nombreux qu’on pourrait le croire. Ainsi Crendal a développé au final la technique parfaite pour être au-dessus de tous soupçons. Il se présente à tous comme un simple fournisseur de services qui, pour peu qu’on le paye, donnera toujours satisfaction. Crendal n’a aucune intention de devenir Roi ou de diriger un pays, il veut être puissant, il veut être là où réside le vrai pouvoir. Le vrai pouvoir pour Crendal ne réside pas dans la Couronne mais dans l’homme indispensable qui la sert. Or, Crendal se sait indispensable. Non seulement à la Couronne mais à de très nombreuses personnes. Sa puissance financière inégalée dans les Royaumes le rend incontournable, son passé d’homme de la pègre lui donne le réseau adéquat chez la vermine pour toujours avoir les mains propres. Et sa redoutable rhétorique et sa grande culture en font un invité des mondanités aimable. Dans cette situation, seul son cerveau et son sourire sont suffisants. Inutile de se faire mal au cou avec une Couronne, ce qui signifierait d’avoir des vassaux à domestiquer, un peuple à s’occuper, un ordre à maintenir… Pourquoi s’occuper de tout cela lorsque l’on peut diriger celui qui doit le faire ? A quoi bon être noble sois même lorsque tous les nobles sont vos obligés ? Le vrai pouvoir est de pouvoir faire bouger les pièces comme elles doivent se mouvoir, c’est-à-dire selon sa volonté. Or il n’existe pas de meilleure façon de diriger les choses que de laisser croire aux autres qu’ils dirigent.

Telle est la valeur que Crendal accorde à la vie humaine : personne n’est irremplaçable, tout est une question de circonstances. Un homme n’est pas une fonction, si une fonction meurt rarement, les hommes qui l’occupent, eux, sont fragiles. Crendal choisi toujours de mettre en place soit des hommes fragiles, soit des hommes qu’il a fragilisés volontairement afin que lui, puisse les aider et donc devenir indispensable. Dès lors qu’il cesse d’avoir du pouvoir sur eux, il les lache et les remplace par d’autres. Il cultive donc les sourires, les services et les amabilités auprès de tous. Se gardant bien d’exprimer lui-même un désir. Les désirs personnels avoués sont des leviers utilisés par les adversaires. Il faut être une ombre, un fantôme, donner l’illusion de ne vivre que pour les autres alors qu’en fait se sont eux qui vivent pour nous.


Allégeance : L’allégeance d’un homme d’argent qui prête à des hommes politiques va à l’homme politique qui a la meilleure capacité de remboursement et, surtout, capable de maintenir un régime stable qui lui survivra afin que le successeur puisse aussi payer ses dettes. Ou alors, à un homme politique sur lequel Crendal détient quelques affaires juteuses qui feront de sa cible son obligé. Naturellement, en soi, Crendal n’a d’allégeance qu’envers lui-même. Il n’a pas enchainé les cinq Royaumes par la dette ni bâti un empire fantôme pour que son destin repose dans les mains d’un autre hommes. Naturellement, sa position fait qu’il doit obéir aux ordres, mais les gens connaissent la valeur de l’Oligarque et personne n’ose lui demander quelque chose dont on sait que cela va directement contre ses intérêts.

Il ne sait qu’une seule chose, c’est qu’il soutiendra ceux qui affaiblissent le pouvoir elfique. Cela va de soi, comment un débiteur immortel peut rembourser une dette à son créancier mortel ? C’est absurde et c’est pour cela que Crendal prête assez peu aux elfes, exceptés à ceux de très haute naissance ou à la monarchie. C’est aussi pour cela qu’il a toujours regardé d’un bon œil la chute de la Royauté elfique. Hélas, le patriarche Ebonhand par le bain de sang qu’il avait commis, n’avait en aucun cas aidé, il serait bien trop contesté. Du reste, cet imbécile avait mis la main sur les mines de Platine, ce qui le mettait financièrement à l’abris de l’esclavage par la dette que Crendal entendait imposer au Royaume. En plus de cela, cet idiot avait spolié son allié principal de presque tout ce qu’il avait promis.

Crendal vit là l’occasion inespérée de se tailler la part du Lion, assurément l’Ebonhand n’allait pas régner trois mois. On ne peut pas s’asseoir sur un trône et prendre tous le butin en trahissant tout le monde lorsque c’est à la force des épées que l’on s’est fait Roi. Crendal accepta donc de financer les armées de Jorkell, de les armer et de les nourrir afin qu’il prenne le pouvoir. En échange de larges concessions sur les mines de Platine en guise de gage de remboursement. Certes, la situation était plus en sa faveur, mais l’Oligarque avait déjà entrevue les failles du systèmes Jorkell, asservir trois citadelles au mépris des régnants locaux, une héritière Ebonhand toujours en vie et un mariage fort hasardeux du prince héritier avec une lignée qui détestait son pouvoir dans l’espoir futile de les rallier pendant que les humiliations se continuaient. Las, Jorkell possédait le meilleur des pouvoirs, celui de la force et de l’expérience.

Est-ce à dire que Jorkell ne possède plus aucune rivalité capable de le faire tomber ? Quelle importance. Si quelqu’un prend le trône, il ne pourra le faire sans Crendal. Si Jorkell veut garder son trône, il ne pourra le faire sans Crendal. Au final, Tout le monde a besoin de Crendal.
.


Jeux du passé

I) Naissance misérable.

Naître n’est pas une chose aisée. Naître chez les indigents est une chose abominable, terrible et marquante. Crendal Flynn naquit dans le quartier des Chaumes. Ironie du sort, le chaume de sa maison était tellement ridicule et dégradé qu’il en méritait peu le nom. Crendal ne sait pas grand-chose de son père, si ce n’est que ses parents avaient bien contracté une sorte de mariage, sans doute un de ces concubinage « officialisé » comme c’était de rigueur à défaut d’avoir les moyens de célébrer une union. En tous cas on ne considérait pas la mère de Crendal comme une fille mère. Cela devait bien avoir quelque signification. Celle d’être un sang un peu plus propre que les trois quarts des enfants de son statut social ? Surement. Bien que cela ne changeait pas grand-chose. La légitimité d’un enfant était intéressante uniquement si on comptait lui léguer autre chose que des dettes. Or, la mère de Crendal, lavandière de son état, n’aurait pas pu lui léguer autre chose. Elle gagnait à peine de quoi manger pour elle-même, alors gagner de quoi nourrir un nourrisson était impensable. A moins de se priver, ce qu’elle fit. L’enfant était en très bonne santé et même robuste. Il semblait vif et avait prononcé son premier mot à huit mois, marché à neuf. Le destin des enfants intelligents pauvres dépend d’une seule chose. Qui les repère le premier : un moine ou un voleur. Dans les deux cas, la carrière est très différente. Le très jeune Crendal fut repéré d’abord par un voleur qui offrait un extra à sa mère en échange de sa permission de faire « travailler » le gamin. Il le faisait mendier et voler dès ses six ans et lui apprenait les ficelles du métier de voleur. Bien sur, si cela arrondissait les hivers, cela offrait à peine de quoi survivre. Le voleur prenait naturellement plus de 90% des larcins du jeune Crendal, et malgré le talent du jeune garçon, cela ne lui laissait pas grand-chose.

Très jeune déjà, Crendal ne se contentait jamais de ce qu’il avait. Il se sentait frustré par sa condition. Il regardait sans cesse le castel. Là où il imaginait la noblesse ripailler et danser pendant que lui, Crendal Flynn, dont tout le monde s’accordait à dire qu’il était un brillant gamin, mourrait de faim comme le dernier des manants, comme le dernier des métayers de la campagne. A quoi bon être né dans une ville sinon pour profiter des multiples opportunités qu’elle pouvait offrir aux plus forts ? Il avait dix ans, lorsqu’il se jura qu’un jour, il mangerait et danserait avec les Rois.
Ayant dépassé son employeur voleur, il le quitta et se mit à voler, au sens propre comme au figuré, de ses propres ailes. Certes cela ne le sortait pas de la grande pauvreté, mais au moins il pouvait jouir de son travail sans qu’un autre vienne lui en retrancher la majeure partie. Certains voleurs plus importants employaient même les talents de Crendal pour des larcins un peu plus risqués, ou des rapines dans des échoppes. Deux ans de ces travaux lui permirent d’économiser. Il espérait investir ce petit pécule, le destin en décida autrement. Sa mère venait de mourir. Sa vie de dur labeur misérable, la promiscuité et le manque d’hygiène avaient eu raison d’elle. dix pièces de Platine… Deux ans de travail. Parties en un enterrement. On pouvait pardonner beaucoups aux enfants devenus voleurs, mais pas qu’ils laissassent leurs parents sans sépultures dignes quand ils mourraient. Crendall devait partir de zéro.

II) Le destin.

A l’âge de quatorze ans, Crendal n’avait jamais réussi à retrouver la série d’opportunités qui lui avait permis d’économiser son pactole pendant deux ans. Certes, il vivotait mais rien de cela ne pourrait amener le jeune homme de quatorze ans à la grandeur qu’il voulait faire sienne. Il se rendait compte, au final, que seule un petite minorité de voleur captaient par leur réseau les bénéfices intéressants et les meilleurs coups. Il fallait donc trouver une solution pour renverser le destin. Les Dieux l’entendirent, car, il prit sur le fait deux voleurs en train de discuter d’un coup qu’ils préparaient. Manifestement ils étaient idiots. Parler d’un vol en pleine rue comme cela était le meilleur moyen de se faire égorger. Crendal se mit à réfléchir. Les dénoncer lui rapporterait surement une bonne récompense. Il se rendit donc jusqu’aux locaux du marchand et lui raconta tout ce qu’il avait entendu. Le marchand lui promis que s’il disait vrai, alors il le récompenserait et lui trouverait une place intéressante pour un jeune homme comme lui dans son entrepôt.
Naturellement, la tentative de vol eu lieu et les deux idiots finirent écorchés vifs par la milice privées du marchand qui récompensa de vingt-cinq pièces de platine Crendal qui n’en crut pas ses yeux. Il n’avait jamais possédé autant d’argent. La bonne information, le bon jour, venait de lui rapporter davantage en quarante-huit heures que tous ses efforts et toute sa malice en quatorze ans de vie. C’est à ce moment-là qu’il comprit une chose fondamentale. Aussi malin que l’on puisse être, aussi habile de ses mains, ce n’est pas la technique qui fait le bon voleur, se sont les renseignements. La technique et l’intelligence ne permettent que de les rentabiliser, mais au final, c’est l’information qui fait le profit.

Il se spécialisa donc dans la recherche d’informations. Il écumait discrètement les tavernes les plus sordides, se faisait embaucher comme homme de main dans les bordels où il payait les putains afin qu’elle parlent et fassent parler leurs clients identifiés préalablement. Il pouvait ainsi renseigner le riche marchand sur les coups fumeux de la ville. Celui-ci, impressionné par l’ingéniosité du jeune homme décida de le prendre sous son aile comme espion et bras droit. Crendal dépensait son argent de façon avisé, il s’était procuré une ridicule maison, mais dépensait tout son argent dans son éducation. Il savait déjà lire écrire et compter car il avait passé un peu de temps chez les religieux quand il était tout jeune. Il s’était payé lui-même un précepteur qui lui enseignait surtout l’histoire et les bonnes manières. Le Riche marchand voyait cela d’un bon œil car pour faire des coups dans les coins les plus huppés, il était bon que Crendal connaisse un peu les manières du monde.  Après tout, le secret d’un bon espion est qu’il peut se faufiler partout et se fondre dans la masse. L’affaire fut prospère. Crendal se mit à l’abri du besoin et son patron devint, pour un marchand véreux, odieusement riche. Il avait acquis presque le tiers des entrepôts et des greniers à blé de la capitale. Une première dans l’histoire de la ville. Un quart des voleurs travaillaient sous ses ordres, et presque la moitié des marchandises volées passaient par son recel. En d’autres termes, Crendal et son patron étaient devenus les principaux truands de la capitale. A vingt et un ans, le jeune homme, dans la force de l’âge, avait développé un vaste réseau d’espions et de marchands, des fournisseurs en gros ou au détail. Son patron lui avait également octroyé le droit de racket sur toutes les tavernes du quartier des Chaumes. Autant dire que cela faisait énormément d’argent qui tombait entre les mains de Crendal.

Evidemment, l’organisation criminelle de Crendal et de son patron obsédait la Garde. Ils ne parvenaient jamais à leur mettre la main dessus, les marchandises semblaient voler toute seule d’un bout à l’autre de la ville, et tous les tuyaux qu’on pouvait leur donner étaient faux. Crendal graissait la patte des sergents de la garde. Rares étaient ceux qui n’étaient pas issus eux aussi d’un coin pourri de la ville et dont la solde ne suffisait pas à nourrir leur foyer. Deux ou trois pièces de platine par ci par là et tout était joué.

Il y avait cependant une pomme de discorde récurrente entre Crendal et son patron. Les bordels. L’organisation des bordels de la ville était immémoriale. Les plus vieilles filles géraient les établissements, la pègre ne touchait pas un denier sur ces affaires là pour la simple et bonne raison que les rares fois où ils avaient essayés, les filles ne l’avaient pas tolérées et on avait vu parfois des révoltes de prostituées. Or, les bordels, peu importe leur standing, étaient des outils de régulations sociales. Disons même le principal, si problèmes il y avait de ce côté-là, la Citadelle y mettait son nez, et tout le monde y perdait car c’était le désordre.

Crendal, lui, voulait mettre fin au fait que les filles soient immunisés contre le racket sous prétexte que les nobliaux pouvaient leur rendre visite et donc qu’ils ne toléraient pas que la pègre mette le bazar en espérant prendre le contrôle du commerce des charmes. Elles se trouvaient sur leur territoire, elles devaient payer, point. Son mentor, qui avait connu une tentative de prise de contrôle et la guerre des rues qui s’en était suivie était en radical désaccord. Il pensait que cela pouvait mettre un coup financier à leurs affaires dont ils ne se remettraient pas. Crendal n’insista pas, mais il lui sembla que le règne de son mentor était terminé et qu’il était grand temps de passer la succession.

III) L’ascension.

Crendal avait jaugé ses soutiens. Graissés les pattes de la garde, les gros bras le soutenaient. Le riche marchand était vieux. Et tout le monde savait qu’avec le jeunot Flynn, tout le monde allait devenir riche dans l’organisation. Il ne perdait pas de vue son plan concernant les bordels de la ville. Il lui fallait donc trouver un prétexte pour évincer celui à qui il devait tout en accomplissant cet objectif. Il donna donc l’ordre aux gros bras d’aller faire un massacre dans deux bordels huppés de la ville. Tout le monde devait y passer, les filles, les clients et les bâtiments. Une semaine plus tard, ce fut fait. Crendal dénonça les petites frappes et mis dans son mentor avec. Celui-ci fut arrêté, emprisonné et mourut en prison. Tout était prêt. Crendal dirigeait à présent les affaires. Et la liberté dont jouissaient les catins n’allait pas durer longtemps. Avec deux établissements de luxe en moins dans la capitale, il y avait une demande à fournir. Crendal dépensait donc des sommes importantes. D’abord il racheta les terrains des deux établissements à un prix supérieur au marché. Il dépensa trois mille cinq cent pièces de platines pour les rénover en cinq ans, et presque dix milles pièces de platine en esclaves, de la bonne et douce chair fraiche pour ses maisons. L’investissement était de taille et il avait dû s’endetter auprès d’usurier de la pègre pour ce projet. Il transféra d’ailleurs le centre de l’organisation dans l’un de ces bordels. La stratégie de crendal était simple : offrir pendant un moment au bon peuple des passes de grand noble. D’abord, il donna une passe gratuite d’une heure aux soldats de la garde, par jour. Et il s’endetta davantage auprès des usuriers afin de baisser le prix des passes de sorte que près de 25% de la population de la capitale pouvait se payer une superbe créature dans des draps de soies pour environ une journée de salaire moyen de la ville.

La conséquence en fut immédiate. Nombre de bordels commençaient à péricliter. Chaque fois cela se passait de la même façon. Crendal rachetait l’établissement une bouchée de pain, mettait les plus vieilles à la rue, faisait défigurer les rebelles et les remplaçaient par des esclaves. Il se mit à prendre une part de 70% sur chaque passe. En l’espace de quatre ans, il possédait presque la moitié des lupanars de la ville. Il était criblé de dette, mais son plan avait réussi. Pas mal de nobles, client de ses établissement, connaissaient son nom. Il était très apprécié par le guet de la ville pour la passe gratuite par jour dans ses plus luxueux bordels.

Il lui fallait régler ce problème d’usurier. Naturellement, Crendal n’avait pas l’intention (il ne l’avait jamais eu) de rembourser un centime. Il organisa donc l’assassinat méthodique de tous ses créanciers. La pègre de la capitale avait compris le message : Crendal Flynn était le chef.
Son contrôle sur le monde sous-terrain assuré, il fallait à présent se mettre en position de développer sa machine de guerre financière dans toutes les Couronnes. Mettre un pied dans le monde respectable. Certes, l’entreprise de son ancien patron avait des branches respectables, mais elles servaient essentiellement à couvrir les activités illégales. Crendal décida de développer la branche des greniers à blés. Après tout, on peut fournir aux hommes un entrecuisse accueillant pour obtenir sa gratitude, mais jamais homme ne sera plus fidèle que celui que l’on nourrit. Il utilisa donc son réseau pour prendre des parts importantes dans les sociétés de commerce de grain, et de presque toutes les denrées de première nécessité. Il paya des intermédiaires pour aller acheter la fidélité de certains agriculteurs. Utilisa une partie de sa fortune pour acheter et regrouper des terres afin de monter de véritables plantations latifondiaires. Il se dit très rapidement que fournir les seigneurs locaux en blé pour nourrir leurs gardes était une bonne idée afin de tisser un réseau local de fidélité. Il leur faisait des prix d’amis, ou des prix de gros.

IV) Oligarque.

Très rapidement, la guilde des marchands dont il faisait parti, repréra son ascension rapide dans la spéculation des produits agricoles. En effet, Crendal, avait raflée secrètement toutes les cargaisons de blé d’une région et provoqué une disette. Les prix s’étaient envolés et il avait revendu le tout. C’était également un spécialiste de la contrebande de grain, dans les régions om la récolte avait été mauvaise, il importait des quantités faramineuses de blé sans payer les droits de douanes, ce qui arrangeait tout le monde. Devenu très riche, Crendal touchait à toutes les affaires, légales ou illégales.

Ses sources de revenus assurés, sa fortune très élevés, il se dit que l’argent ne doit jamais dormir mais toujours fructifier. Il créa donc sa banque. Spécialisé dans les prêts de luxe pour les nobles et dans la gestion de leurs fortunes. Curieux de ce jeune marchand dont l’ascension financière était si rapide, quelques maisons de petites noblesses tentèrent de placer leurs dernières économies chez Flynn. Après avoir doublé voire triplé leur placement en quelques mois, par des placements illégaux ou des spéculations savamment manœuvrées et quelques coups de poignards, très rapidement ce fut un succès. Mais ce furent surtout ses prêts de luxe qui attirèrent le plus de nobles. Ils empruntaient en hypothéquant des terres, des impôts ou des charges auxquelles Flynn plaçait un de ses hommes.

Tout semblait lui sourire, et son nom devenait synonyme de profit dans la Guilde des Mercantes.
Flynn devait franchir le pas difficile qui le séparait du Conseil des Oligarques, c’est uniquement grâce à ce statut qu’il pourrait commencer à acquérir le pouvoir qu’il convoitait. Fort riche, il lui fallait une alliance avec l’un de ceux-là. A nouveau, il changea l’emplacement de son organisation. D’un bordel, place trop vulgaire et trop significative d’une richesse acquise dans le sang et le foutre, il acheta un beau bâtiment pour en faire le bâtiment principal de sa banque. Il prenait ainsi une respectabilité de gros marchand. Certes il tenait toujours la pègre d’une main de fer, car elle lui fournissait le réseau de crapules et de vendus pour ses sales besognes. Mais de très loin, ses magouilles légales étaient à présent sa source de revenu. Et puis, bien que rentable, il y avait ce qu’il appelait ses « œuvres de charités » à savoir une majorité significative des bordels de la ville, qu’il ne gérait d’ailleurs même plus directement depuis son déménagement, mais par le biais d’un lieutenant auquel il concédait un quart des revenus d’iceux.

A près de vingt-huit ans, il était grand temps pour le financier de trouver femme qui convienne à son statut. Seule une avait attiré son regard. Il s’agissait de la fille d’un des seuls hommes des Cinq Royaumes encore plus riche que lui. Oligarque évidemment. Crendal venait de faire son entrée au Conseil et avait très rapidement choisi sa cible.
Il négocia habilement le père, courtisa subtilement la fille, de six ans sa cadette. Elle était fort belle et Crendal n’eut donc aucun mal à éprouver de l’attachement pour elle. Naturellement il épousait plus le coffre-fort du père que la fille.

Le mariage était heureux, mais hélas, son beau-père était trop entêté et sa femme trop intelligente pour laisser Crendal libre de ses mouvements. S’il pouvait dompter sa femme, son beau-père était de la même trempe que lui. Il fallait l’éliminer. La chance lui sourit, ce dernier venait de perdre son fils héritier, ce qui naturellement lui brisa le cœur. Dans un geste de compassion apparente, Crendal invita celui-ci à boire un verre.

Il le laissa boire jusqu’à ce que celui-ci fut ivre. L’un des hommes de mains de Crendal lui mit un coup de trique derrière la tête pour l’assomer. Crendal ordonna qu’on aille le jeter dans la rivière près d’un bordel qui ne lui appartenait pas. Tout aurait l’air d’un accident.
Le plan se déroula comme prévu et l’on repêcha le cadavre deux jours plus tard. Crendal ne fut pas soupçonnés ni de près ni de loin. Sa femme hérita du pactole.

En dépit du fait qu’il ne l’avait jamais humiliée, jamais trompée, jamais battue, elle s’obstinait dans une sorte d’aigreur qui agaçait de plus en plus l’Oligarque. Il décida qu’il lui fallait donc abattre sa femme. Mais il se laissa une période d’au moins cinq ans, afin que les deux morts ne paraissent pas suspectes.

V) Consécration.

Les années qu’il s’était fixé comme délai passèrent. Il fallait donc en finir avec sa femme. Cinq années, elle avait eu tout ce temps pour s’améliorer, pour comprendre qu’il fallait qu’elle se taise et laisse son époux disposer de l’héritage. Elle n’avait même pas été fichue de tomber enceinte. En d’autres termes, un échec total sinon par la fortune qu’elle pouvait lui ramener en passant dans l’autre monde. Il fit appel à un assassin de première classe, il y mit le prix.  Elle fut morte. Il prit un air déprimé, porta le deuil plusieurs mois au-delà de la période de décence, il fut attristé en public, tout sourire une fois seul.

Il se souvenait de toutes les fois où la faim l’avait tenaillée. Tous les larcins, tous les coups fourrés et tous les amis qu’il avait dû écraser pour arriver là. Avec la fortune de sa femme, il fusionnait la seconde et la première fortune des Cinq Royaumes en une seule. Il devenait l’homme le plus riche, un homme dont le réseau allait des monts enneigés du Nord jusqu’aux Terres de l’Automne. Crendal avait des yeux partout et des débiteurs dans toutes les grandes familles à quelques exceptions notables. Même les elfes faisaient parfois appel à ses services, pour tout et rien. La monarchie ne pouvait se passer de l’empire commercial de Crendal. Ne serait-ce que pour le ravitaillement des grosses villes, dont la quasi-totalité de la nourriture était fournie par lui. Il avait veillé, dans ce domaine, à écraser tous les concurrents ou à les racheter après les avoir mis au bord de l’asphyxie.

Hélas, aucun bouleversement politique à l’horizon et Crendal devait donc se contenter de sa place d’homme le plus riche du monde, sans rien ne pouvoir réellement en faire. Il savait attendre. L’heure viendrait.

L’heure vint en l’année 931. Lorsqu’une alliance entre Jorkell Ravncorne et Hulgard Ebonhand se forma afin de marcher sur Ibenholt. A cette alliance disparate se joignit les Clanfell… Les heures de la monarchie elfique étaient comptées.  Or, les humains étant beaucoup plus faciles à tuer que les elfes et vivant bien moins longtemps, Crendal savait que cette Couronne qui serait nécessairement acquise au prix du sang allait occasionner des troubles, et qu’il pouvait en tirer parti. Il n’aida donc pas la monarchie elfique et attendit de voir ou le vent tournait.

Le vent tourna en faveur des hommes, comme le pensait Crendal. Ceci dit, très rapidement, la nouvelle monarchie Ebonhand lui apparaissait comme un régime mort-né. Forgé dans le sang de la précédente dynastie et surtout, dans la spoliation d’un homme, Jorkell Ravncorne. Crendal le connaissait de réputation et il n’était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Du reste, cet imbécile d’Hulgard s’était approprié la part du lion des mines de platines de l’est.  Le mettant sur une masse de liquidité considérable ce qui n’était pas du tout au goût de Flynn. Il savait que Jorkell allait agir, il devait simplement le laisser venir. Il vint. Crendal fit le désintéressé et même le choqué face à la proposition de Jorkell. Trahir, tout de même, c’était là une chose sérieuse. Crendal risquait sa tête.  Il argua donc qu’on ne pouvait pas trouver 2 millions de florins facilement et qu’il demandait là une somme astronomique (que Crendal possédait mais il fallait faire monter les enchères).  Crendal et Jorkell négocièrent et arrivèrent à l’accord suivant : Crendal fournissait l’argent avec un taux d’intérêt de 35%. Si Jorkell montait sur le trône, Crendal devrait être remboursé en proprété minière pour l’intérêt et en florins sonnant et trébuhants pour le principal. De plus il devait entrer au Conseil.

Un placement juteux puisque Jorkell l’emporta et donc que Crendal put obtenir sa part des mines de platine qu’il convoitait. Du reste, Jorkell remboursait avec une régularité métronomique ses échéances. Tout semblait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Crendal cependant, en prenant part au gouvernement de Jorkell, et grâce à son réseau, savait bien que la main de fer du Roi n’était pas indestructible et que dans l’ombre, ses opposants se rassemblaient. Or Jorkell lui apportait des profits substantiels, et surtout, Jorkell avait besoin de Crendal. Enfin, si Jorkell cessait de devenir rentable, alors il faudrait simplement solder les actions qu’il avait mises sur lui en le finançant. Et financer un projet plus viable. De toute façon, le plus important ce n’est pas la personne qui porte la Couronne qui importe que de mettre quelqu’un qui honorera les créances de la Couronne.

Et  Crendal obtient toujours son dû.


Jeux du réel

Pseudonyme/prénom : Lotha/Gwenaël Âge : 23 ans Localisation : Paris. RP : 2000 mots.  Occupation: Etudiant en Histoire Le mot qui vous décrit le mieux: retors Comment avez-vous découvert Frostfall ?: google. Commentaire/Suggestion ?: Aucun.

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Ours cendré d'Ibenholt

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MessageSujet: Re: Crendal Flynn *Les établissements bancaires sont plus dangereux qu'une armée en campagne.* [Terminée]   Sam 21 Juin - 9:05

Oh noes, un nouveau Crendal Rire
Bienvenue parmi nous terrible serpent !


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What a piece of work is a man. How noble in reason. How infinite in faculty. In form and moving how express and admirable. In apprehension how like a god. The beauty of the world. The paragon of animals. And yet, to me, what is this quintessence of dust ?

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Reine consort d'Ibenholt

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Reine consort d'Ibenholt
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MessageSujet: Re: Crendal Flynn *Les établissements bancaires sont plus dangereux qu'une armée en campagne.* [Terminée]   Dim 22 Juin - 4:34

Ça alors, je dois dire que c'est du rapide !  Razz 

Que puis-je dire sinon que j'ai adoré ta fiche et qu'elle correspond parfaitement bien (et même mieux) au PV ? Baver
Tu as su cerner ce cher Crendal à la perfection et avec toi aux commandes, je suis certaine que notre Oligarque sera des plus retors. Arrogant

En tout cas, je te valide officiellement et je te souhaite bienvenue parmi nous. Câlin

Puissent ta fortune et tes précieuses informations t'éviter de terminer dans la gueule des loups. Ah vraiment ?



Validé(e) !

Félicitations, très cher pion, et bienvenue sur l'échiquier de Frostfall. Gare à toi, parce qu'ici, la félonie est un plat qu'on sert à toutes les sauces...

N'oublie pas de recenser ton avatar et de rédiger ta fiche de lien dans la section gestion des personnages. Si tu souhaites avoir ton rang personnalisé, c'est ici que tu dois te rendre !

Sur ce, nous te souhaitons bon jeu sur Frostfall et espérons que la Fatalité te sera favorable !




it lies in all of us
« It will stir... Open its jaws and howl. It speaks to us, guides us. Passion rules us all and we obey. What other choice do we have ? »

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MessageSujet: Re: Crendal Flynn *Les établissements bancaires sont plus dangereux qu'une armée en campagne.* [Terminée]   Dim 22 Juin - 16:52

Je suis aussi prompt à faire ma fiche qu'à servir Votre Altesse Révérence  et à la remercier pou cet accueil au combien chaleureux.

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MessageSujet: Re: Crendal Flynn *Les établissements bancaires sont plus dangereux qu'une armée en campagne.* [Terminée]   


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Crendal Flynn *Les établissements bancaires sont plus dangereux qu'une armée en campagne.* [Terminée]

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