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 Le Grand Bal

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Jeu 8 Mai - 15:51

Intrigue 1
  Maquerade! Paper faces on parade Masquerade! Hide your face so the world will never find you Masquerade! Every face a different shade Masquerade! Look around, there's another mask behind you.   



Vex cherchait à lui imposer sa présence tout autant que sa soi-disante envie de sexe. L'homme choquait et s'assurait de posséder l'avantage dans la plupart des conversations grâce aux mots et aux gestes lubriques... Ezhaathe avait refusé depuis longtemps toute forme d'affection ou de plaisir charnel, encore hantée par de vieilles douleurs qu'elle ne pouvait surmonter. Bien sûr, femme forte évoluant dans un milieu d'homme, elle avait du apprendre à faire avec : accepter les regards, les sous entendus, les gestes déplacés et les attaques... Elle avait du apprendre comment les punir aussi, pour ne pas faire voir la petite fille terrorisée par ce genre de conduite mais la déesse aux yeux noirs, indifférente aux appétits des mortels.

Délibérément, la Pirate avait accepté d'être mal à l'aise, de donner cette impression d'oiselle prête à être cueillie. La tenue offrit des appâts dont la jeune femme se moquait bien d'habitude : il y avait des hommes prêts à la suivre partout pour son corps, mais la plupart étaient auprès d'elle pour ses rages et ses colères plus que pour des seins blancs ou le secret d'une croupe. Jamais elle n'aurait pu s'élever ainsi, sinon, et un homme aurait eu tôt fait de l'évincer pour prendre le contrôle de sa flotte en reléguant Ezhaathe au rang de chaufferette de lit.

Elle s'effarouchait, fasiait les troublée et troublée elle l'était peut-être mais pas de la manière dont Vex la percevait. L'homme réclamait son droit à quelques coups de reins, mâle brut à la recherche de saillie. Néanmoins s'il avait vraiment eu quelque chose à lui offrir il n'aurait pas été si direct, préférant l'allécher par des informations plus ou moins détaillées pour mieux la ferrer ensuite. Aussi Ezhaate se recula finalement de lui, un sourire fin sur les lèvres.
Elle secoua la tête simplement, sans autre mot, sans autre phrase, refusant de dévoiler elle-même ses raisons au nom d'une alliance incertaine.
Ils n'auraient rien l'un pour l'autre ce soir, mais leur joute avait été loyale à la manière des Anonymes : danser pour un instant entre les ombres, se tester et se séduire pour comprendre l'autre, le contrat de l'autre....

"Mon lit restera froid de toi encore un peu, il semblerait..."

La jeune femme s'éloigna, il était vrai qu'elle ne paraissait pas à sa place ici mas non pas parce qu'il y avait trop en elle de la vierge farouche désormais, mais parce que l'on devinait sa nature de tourments et de tempêtes sous le masque et les beaux atours. Dangereuse à sa manière, ses jeux n'étaent pas ceux des cours et des politiques, en cela Ezhaathe pouvait se montrer létale et rapide.

Elle rejoignit un coin de la salle, portant un intérêt attentif au discours du roi Jorkell, étudiant tout autant les postures des corps que les mots du souverain. Pour le moment, ces informations ne possédaient aucune valeur mais si Ezhaathe avait à évoluer par la suite au milieu de la cour, elle pourrait ainsi commencer à se faire une idée du langage corporel des courtisans et de tout ce qu'elle pourrait en tirer.


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Prince aux Fers

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Prince aux Fers
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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Sam 10 Mai - 16:51

Fiche © Quantum Mechanics
lorkhan ravncrone
le grand bal
Lorkhan voguait sur les flots d'invités qui, peu à peu, avaient remplis presque entièrement les salles de Jernvugge qui concentraient les festivités. Lehvinia ancré à son bras, il entreprit de la guider à travers la houle, s'amarrant tantôt à un groupe de gentilshommes de sa connaissance, tantôt à une foule de notables et autres bourgeois parfois venus de par-delà les frontières d'Ibenholt, souvent de Ravenhole, et avec qui il pouvait, selon les cas, être plus ou moins liés. Oh, bien sûr, on aborderait, ce soir, aucune conversation sérieuse mais, sous couvert des masques et des faux-semblants, le Prince gageait là d'un certain respect à celle qui, d'ici quelques instants, deviendrait plus officiellement encore sa fiancée: en l'introduisant ainsi à ceux qui, d'une manière ou d'une autre, avait ses faveurs et réciproquement, il lui témoignait de sa volonté de ne pas la tenir à l'écart de ses affaires. Du moins, pas de celles où il n'avait que faire qu'elle fourre son nez. Pour les autres, celles qui comptaient vraiment, il était trop tôt pour qu'il ne lui accorde ne serait-ce qu'une once de confiance, surtout depuis que, lors de leur précédente rencontre, la Princesse d'Askevale s'était montré beaucoup plus ... vive d'esprit qu'il ne l'avait soupçonné auparavant. En attendant qu'elle fasse ses preuves, il la tiendrait à l'écart de ses plans les plus cruciaux.

« - Ser Barnon ! Heureux de voir que vous ayez pu faire le voyage jusqu'ici ! Mon père sera ravi de vous voir, soyez en certain. » lâcha le Prince alors qu'il abordait un groupe de nobles venus de Ravenhole, n'accordant une attention que succincte aux autres nobles présents autour de lui, bien qu'il nota la présence d'Emphyria Crowgale, récurrente depuis son arrivée, si bien qu'il commença à penser que cela ne pouvait être un hasard. Pourtant, il porta son attention vers Lehvinia: « - Ser Barnon ici présent est un des bannerets de mon père, et membre du Conseil de Ravenhole. C'est aussi un de mes ... »

Les présentations furent interrompues par l'irruption soudaine des hérauts du Roi qui, comme le voulait le protocole, annonçaient l'entrée imminente de Ses Majestés le Roi Jorkell et son épouse, la Reine Sylarne. D'un coup, le tumulte des rires et des éclats de voix cessèrent, et tous les invités se murèrent dans un silence presque religieux alors que les maîtres des lieux pénétraient dans la salle, son père grimpant sur le promontoire prévu pour l'occasion. Le moment tant attendu, tant redouté, arrivait enfin. Sans attendre, il adressa un regard évocateur à Lehvinia. Désormais, faire machine arrière devenait encore plus compliqué: c'est là, au milieu de la foule, que se scellerait leur destinée commune.  Alors, il n'y avait plus qu'à se taire et écouter que Jorkell prononce les mots fatidiques ... « j’ai la joie de vous annoncer les fiançailles entre mon héritier Lorkhan et Lehvinia Dragonfall, fille d’Hareld, roi d'Askevale. » Quelques secondes, quelques mots, et voila que tout était terminé. Déjà, l'assemblée applaudissait son Maître et, alors que celui-ci rejoignait à son tour la Mascarade, on se ruait vers le Prince de Ravenhole et à la Princesse d'Askevale afin d'être parmi les premiers à leur adresser sa bénédiction ou ses félicitations. Et pourtant, même pris au cœur de la tempête de gentilshommes et autres nobles dames qui s'abattaient sur lui et sa promise, Lorkhan parvint à croiser son regard. Elle était enfin là et, si un monde les séparait à cet instant, il put la caresser de ses prunelles quelques secondes durant, avant d'être happé de nouveau par la réalité et son attention délaissa la Lionne pour revenir vers Lehvinia, profitant d'une courte accalmie. Alors qu'il se retournait vers sa promise, Lorkhan fut quelque peu déstabilisé par la cohue autour d'eux et ne put empêcher ses mains d'effleurer franchement la poitrine de Lehvinia alors qu'il tentait de retrouver son équilibre, évitant de peu une chute que son égo ne lui aurait pas pardonné.

« - Veuillez excuser ma maladresse, ma Demoiselle ! » dit-il alors, passablement gêné par le contact charnel qu'il venait d'imposer à sa promise. Néanmoins, il tâcha de vite retrouver son aplomb, trop habitué qu'il était à tirer parti des situations les moins favorables pour laisser passer pareille occasion: « - Il faut croire que la foule voit notre union d'un bon oeil, à essayer de nous rapprocher si vite ... Ou bien est-ce quelque inconscient qui m'y aura poussé ! » finit-il par dire sur le ton de la confession, avant de se fendre d'un large sourire.


-
Lorkhan Ravncrone,
hand of the king and heir to the throne
« Anger is running through my vains, so fucked it's driving me insane. No health, no hope, nothing but pain. 30 years to go you said i should be the best, you said i have to prove myself, you said we're a family. 30 years ago. Stuck in the holy money game, gave me a number for a name, stole my life and kept the change. Hey man there's a riot goin'on ! »

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Le Jeune Lion

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Sam 10 Mai - 20:17

Lui, oublier sa promesse, abandonner son amie ? Pour un peu, Ehvan se serait presque offusqué que Jora ose seulement envisager ces deux possibilités. S'il l'avait fallu, il se serait jeté dans cette mascarade à visage découvert pour elle, et ce même si cela signifiait signer son arrêt de mort. Pour elle et sa cause, il était prêt à tout. À tout ou n'importe quoi, ce n'était qu'une question de point de vue, une question dont son esprit s'embarrassait de temps à autre, mais pas présentement. Son attention était non seulement focalisée sur sa compagne, mais également sur tous ceux qui les entouraient. Car s'il n'ignorait pas que Jora possédait ses partisans aux autre coins des royaumes, il se doutait bien que ceux-ci n'avaient pas eu la merveilleuse idée de se joindre à l'événement. Et même si cela avait été le cas, comment le savoir ? Ces choses là ne se hurlaient pas à tue-tête. Si la situation s'y était prêtée, il se serait enorgueilli d'entendre la jeune femme lui dire qu'elle refusait qu'il se sacrifie pour elle, hélas il savait fort bien qu'il avait pris des risques pour venir jusqu'à elle, et que rien ne garantissait qu'il garderait l'anonymat jusqu'à la fin de la soirée. « L'essentiel est que tu sois libérée de ta prison, Jora. Tu es bien plus précieuse que moi. Ne t'en fais pas, tout ira pour le mieux... » Mensonge, ou piètre tentative de la rassurer ? Il y avait des deux, et celui que le jeune lion essayait de convaincre n'était assurément pas celui que l'on croyait...

Ehvan guigna discrètement en direction de la louve que son amie venait de désigner, et il fut soulager de savoir qu'il y avait au moins une personne alliée à leur cause au milieu de tous ces serpents. Il devait personnellement une fière chandelle à Irinwe, qui avait pansé ses blessures après la bataille d'Askevale, et avait empêché la douleur de lui faire perdre l'esprit et tous les points cardinaux. Lorsqu'il lui faudrait laisser Jora pour ne pas éveiller les soupçons de la foule, il s'en irait vers elle, pour qu'ils puissent accorder leurs violons. « Ne comptons que sur les quelques braves en qui nous pouvons avoir confiance. Un homme à la détermination de fer en vaut mille hésitants. Et puis, moins nous serons, plus nous passerons inaperçus aisément... J'ai confiance en Jack, c'est elle qui m'apportait de tes nouvelles. Évitons de la laisser une si bonne alliée et amie derrière nous, qu'en dis-tu ? » Encore ce maudit sens de l'honneur qui s'exprimait... Soudain, la mélodie cessa et l'orchestre fut applaudi, ce qui signifiait la fin de la valse. Ehvan grogna doucement avant de s'incliner face à Jora, pour ensuite se saisir de sa main pour y déposer un chaste baiser. « Surtout ne t'éloigne pas. Reste là où je peux te voir, je t'en prie... » Il se redressa et son regard mordoré accrocha celui de la jeune femme. « Aie foi en moi, je vais briser les barreaux de ta prison et faire de Jorkell le géronte de sa propre farce. » Il ricana doucement puis s'éloigna de la princesse, à contre-cœur.

Heureusement pour lui, Irinwe se trouvait non loin d'eux, si bien qu'il n'eut pas à se mêler à la foule pour la rejoindre, ce qui seyait grandement à ses affaires. Toujours respectueusement, il s'incline face à la suivante de son amie. « Ma Lady, me permettez-vous de vous inviter à danser ? » Elle le connaît. Elle ne devrait pas avoir davantage de mal que Jora à le reconnaître, du moins il l'espère. Bien qu'il puisse de nouveau user de ses dons pour rendre leur éclat azuré à ses prunelles, il ne le fait pas, ne souhaitant pas tenter la malchance...


Just a cub no one ever taught how to roar
No one ever said you have to be dead and buried to be a ghost.

   

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Panseuse d'Ibenholt

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Sam 10 Mai - 22:21



S
e dérobant à sa trajectoire initiale, les yeux biaisés en direction de Jora et de l’homme qui la courtise, Irinwe fait mine de s’intéresser aux mets qui garnissent les tablées voisines. Alanguie dans une posture contemplative, daignant accorder quelques sourires aux nobles qui la cernent, l’elfe n’en oublie pas pour autant ce pour quoi elle est ici. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’elles ne puissent s’enfuir par le passage secret dans la réserve. Elle, Jora et Jack. Elles n’ont qu’à attendre que tout se mette en place et que la fête batte son plein, profitant de l’euphorie générale pour disparaitre aux regards des curieux. Irinwe s’est enquise de vérifier elle-même le passage secret censé leur offrir la liberté. Dans le tunnel sordide qui s’enfonce dans les profondeurs de la terre, la donzelle a cru bon de déposer un baluchon rempli de vêtements qui seraient susceptibles de les faire passer inaperçues au milieu du peuple. Chose qui semble indispensable étant donné que le palais va être aux abois une fois l’absence de Jora remarquée. Feignant de porter sa coupe de vin à ses lèvres, Irinwe promène son regard tout autour d’elle pour discerner ses alliées. Jack est d’ores et déjà dans les bras d’un inconnu qui la fait valser tandis que Morgana s’occupe probablement du service, attendant patiemment que La colère d’Alenefjell rythme les danses pour les aider à se frayer un passage jusqu’à la réserve sans être vues. Un soupir agacé franchit les lippes d’Irinwe qui se retourne pour déposer son verre, ne percevant pas de suite la présence évanescente de la souveraine des Elfes s’attarder à proximité. C’est le vif éclat sonore de porcelaine qui lui arrache un sursaut et lui fait braquer ses prunelles azurées sur l’échanson confus qui s’empresse de ramasser les débris. L’elfe constate que le vin d’Agathée lui a allègrement arrosé les pieds mais ne s’en offusque pas plus que de mesure. Surtout que la silhouette gracile drapée de rouge nacré qui se dresse non loin n’est autre que Nelrenethys elle-même. Si Irinwe blêmit à cette approche, elle ne manque pas de révérence, s’inclinant poliment lorsque que la reine des Elfes s’excuse pour cette déconvenue. « Dame Nelrenethys... » La salue-t-elle malgré la remarque allusive que celle-ci lui livre quant à la faute du jeune homme face à son illustre présence. « C’est un honneur. Ce n’est pas si grave, ma robe n’est pas tâchée. » Les prunelles sibyllines des deux elfes se confrontent en l’espace d’un battement de cils, mais déjà la brune les détourne - angoissée par l’idée que la souveraine ait pu lire en elle comme dans un livre ouvert. Irinwe perçoit cette lucidité qui l’habite, tout comme cette aura enivrante qui ne saurait la quitter. « Ma dame... » La reine s’incline et la préceptrice en fait de même, attendant que celle-ci se détourne pour finalement se redresser. Arrachant des mains du serviteur le linge pour éponger elle-même les restes de vin, elle finit par le gratifier d’un bref hochement de tête. Elle, se faire servir ? Jamais.
Irinwe se redresse, rassemblant les quelques morceaux d’orgueil qu’il lui reste pour se fondre à nouveau dans son rôle de convive. Jora est toujours en face à face avec son mystérieux homme masqué et la préceptrice devine à la gestuelle et à l’émoi de la nymphette qu’il ne lui est pas inconnu. Transie entre curiosité et vif intérêt, Irinwe le voit s’arracher à l’héritière pour se diriger vers elle. Prise de court, la donzelle incline la tête, croisant brièvement les prunelles attentives de Jora, avant d’en revenir à l’homme qui l’invite à danser. Elle se complait à l’observer durant une poignée de secondes, muette, avant de lui rendre la politesse et de lui souffler d’un ton doucereux. « Avec plaisir monseigneur... » Aussi proche de lui, Irinwe a tout le loisir de l’observer avec pudeur et l’évidence même ne tarde pas à éclore sur son visage dans un sourire discret. « Pardonnez-moi si j’en viens à vous marcher sur les pieds. Cela fait très longtemps que je ne me suis pas exercée. » Lui glisse-t-elle tout en se laissant guider, ses prunelles irrémédiablement attirées par le damier des carreaux. « C’est un vrai plaisir que de vous revoir... Mais c’est dangereux, aussi. » Irinwe se rappelle sans mal le temps passé en compagnie du jeune Clanfell, à panser son dos brûlé suite à la terrible bataille qui lui a coûté tant. Bon nombre de questions se bousculent dans la tête de l’elfe qui se fait pourtant violence pour préserver discrétion et détachement. « Nous suivrez-vous monseigneur ? Si c’est le cas, vous devriez tendre l’oreille. La colère d’Alenefjell rythmera au mieux nos pas. » Une allusion faite au signal qu’Irinwe ose espérer compréhensible pour son vis-à-vis. Son regard trahit un certain réconfort, car avec Ehvan auprès d’elles, la sécurité de Jora est davantage assurée.


Things We Lost in the Fire
When the days are cold and the cards all fold. And the saints we see are all made of gold. When your dreams all fail and the ones we hail are the worst of all and the blood’s run stale. I wanna hide the truth. I wanna shelter you. But with the beast inside, there’s nowhere we can hide. — #d42845

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L'Ombre Pourpre

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Dim 11 Mai - 19:53


" Hide you and Play, it's just a game "

Il était parfaitement difficile de changer les habitudes. Vex comme la jeune pirate cherchaient constamment un moyen d’en apprendre davantage des boulots de l’autre. Concrètement, aucun des deux ne lâchaient l’affaire tout en ne dévoilant finalement rien de privé. Ils s’étaient déjà entraidés mais tout était toujours question de main mise et de dominance, de supériorité et de cynisme. Il s’appréciait par leur détestable sentiment l’un pour l’autre. Chacun avait son territoire et lorsqu’il y avait empiètement, cela ne plaisait point. Il était intimement convaincu que non seulement il ne l’aurait pas dans son lit, ais en plus il n’aurait réellement pas plus d’informations que ça sur la raison de sa présence à ce bal. Le fait qu’elle soit invitée titillait sa curiosité. Par qui ? Pour quoi ? Quitter son bateau et se pavaner dans cet attirail étaient plus que surprenant pour le caractère de la jeune femme. Elle devait avoir une bonne raison et malheureusement, il n’aurait pas la réponse aujourd’hui. Il devait peut-être s’en prendre qu’à lui –même de ne pas avoir été tendre dans ses propos, mais c’était bien connu qu’il ne tenait pas sa langue et que quand il avait envie de dire quelque chose, la privation n’était point sa meilleure amie. Toujours est-il qu’il la laissa lui échapper en l’observant le quitter tout en souriant avec perversité à sa démarche féminine malgré elle. C’était un plaisir pour les yeux et il se ferait une joie un jour de la remettre à sa place dans une partie de jambes en l’air.

A nouveau seul, il se contenta d’aller d’abord s’abreuver car c’était jour de fête et bien qu’il restait vigilant et attentif à tout ce qui pouvait se dérouler devant ses prunelles visibles mais au faciès caché par ce masque de loup, il voulait également s’amuser. Que Crendal soit là était une chose, mais il avait surtout vu l’opportunité d’aller titiller une nouvelle fois celle qui revendiquait le trône mais qui n’était qu’une donzelle encore peu efficace tant qu’à présent. Cependant, il appréciait son caractère encore rempli de candeur qu’il voulait constamment pervertir, bien trop blanc pour pouvoir faire face à la noirceur qui l’entourait. Mais il semblait persuadé que le temps aurait tôt fait de la forger et quelque part il était particulièrement curieux de pouvoir observer ce phénomène de ses propres yeux. Si un jour elle avait le cran de dépasser Lorkhan, cela ne pourrait que titiller ses intérêts. Mais pour l’instant, elle ne faisait que l’amuser, ce qui n’était déjà pas mal en soi. Elle semblait constamment accompagnée d’un homme, bien qu’il ne pouvait déceler son visage, mais lorsque celui-ci s’éloigna, il trouva l’occasion rêvée de s’approcher sans chercher une autre proie tant qu’à présent. Déposant sa coupe quelque part sur son chemin, il s’approcha de Jora et sans un mot s’inclina avec la plus grande des courtoisies avant de plonger son regard ténébreux dans le sien, tandis qu’une risette mêlant des sentiments indescriptibles se dessina sur ses lippes visibles. Il tendit la main l’invitant à la prendre et glissa ces quelques mots dans le but évident de pouvoir lui permettre de retrouver son identité.

« Ne vous avais-je pas dit que si je vous retrouvais au bal je vous inviterais à vous joindre à moi pour une danse ? Une belle façon de clôturer notre escapade diurne ne trouvez-vous pas ? »Son sourire se faisant remplit de davantage de malice, il l’entraîna à sa suite et l’accaparant dans une étreinte moyennement mesurée, se mit à danser en sa compagnie comme il l’avait fait précédemment avec Ehzaathe. Mais le jeu était différent, l’intérêt tout autant. La proximité entre eux était réduite au possible, sa main posée sur le bas de son échine. Se penchant lentement sur le côté il vint susurrer quelques mots « Vous êtes vous remise de cette après-midi ? Je dois dire que j’ai beaucoup aimé vous voir dans cet état… Ce n’est pas tous les jours qu’une jeune fille de bonne famille laisse enfin ses barrières de noblesse se briser. Je ne comprendrai jamais la retenue que vous vous infligez… Cela dit, sachez que je serai toujours libre pour vous emmener faire une escapade peu réglementaire. » c’était à n’en pas douter évidemment. Il était au fond bien plus dans ses habitudes de faire les choses à sa manière que dirigé par un protocole guindé. « L’homme qui ne vous quittait plus semblait particulièrement intéressé par votre personne. J'ai cru qu'il ne vous quitterait jamais. Avez-vous des petits secrets que les masques permettent de cacher à vos bourreaux ? » ce n’était nullement une attaque personnelle, il aimait simplement jouer de ses observations et contenter sa curiosité avec les réactions qu’il pouvait susciter. Il espérait d’ailleurs en avoir une belle qui permettrait de peaufiner ses découvertes.




Fragrance of Blood
Down ! Bloody knife ! O, down ! Why does thy red face frown ? Why slash thus in the air, as o’er a throat laid bare ? See, the red blood-drops fall, trickling adown the wall. Ha ! How they follow me, like a dark gory sea. No rest by day or night, blood blinds my very sight. My lips are steeped in gore ! No peace ! No ! Nevermore !

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Reine consort d'Ibenholt

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Lun 12 Mai - 4:20

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sylarne clanfell
le grand bal
T
out s'épanchait en elle en volutes fuligineuses, immarcescibles fleurs dipsomaniaques qui s'épanouissaient sous la nivéale carnation d'une érubescence croissante. Et si certains vautours s'étaient déjà détournés de l'improbable conciliabule, d'autres nécrophages se repaissaient à même l'insolite apostrophe d'une reine envers un ignoré populacier. Si d'ordinaire la férale souveraine n'aurait pensé à aborder un inconnu sans raison pratique, l'empire de son avinée encéphale n'en était pas moins plus hégémonique que toute considération pragmatique et elle appréciait les friselis courroucés dont elle était désormais la source. Vénerie constante, la cour n'était que jeu dans lequel elle s'épanouissait d'ordinaire, y excellant comme prédateur émérite, mais se lassant invariablement des mêmes proies, des mêmes appâts et des mêmes prises, se faisant vétuste chasseuse ennuyée par une si redondante mascarade. Engoncée dans la valse des duperies qui crachaient leur ressac chronique d'intrigants nacres sans visages, elle n'en était pas moins émancipée de leur carcan oppressant, se gardant bien de jouer l'impostrice dans un monde pastiche. Ainsi quand le rhapsode fit claquer cette langue mielleuse qu'il nommait d'argent, elle ne put qu'esquisser un sourire amusé, lui faisant boire ses propres chenues jactances. « Épargnez-moi vos melliflues aménités, Langue d'Argent, même vos plus guillerettes mélodies ne parviendraient à me rendre ce mariage supportable. » Toutes les vénustes distractions qu'on aurait pu lui servir pour la plonger dans une antalgique amnésie ne sauraient lui rendre un gramme de la rare félicité qui se chevillait à elle autrefois. Il lui semblait alors que tous les masques tournaient vers elle leur orbites creuses et leur bouches vides, simiesques effigies qui lui jouaient une dantesque vaudeville destinée à la plonger dans la démence la plus complète. Un doigt lilial s'était machinalement amarré au quai cristallin du sébile alors que ses léonines prunelles se moiraient dans la vacuité du gobelet, appuyant tacitement les subséquentes paroles du trouvère. Fardant ses lippes d'un sourire leste et vrillé d'amertume, elle reposa le malachite de ses orbes sur le visage séraphique du virtuose. « Il y a longtemps que le vin ne me sustente plus et alors qu'on le croirait capable d'engourdir les plus sombres géhennes, il ne fait, au contraire, que les exacerber. Comme l'huile qu'on jette sur le feu, il attise les plus atrabilaires brasiers... » Une fugace ombre ceignit son visage opalin des clairs-obscurs d'une mélancolie qui dévorait sa médullaire placidité avant d'être avalée par la lucifère étreinte des lustres et candélabres. Elle ne voulait ni de la libation proposée ni de la sollicitude du quidam à qui elle adressait ces saturniennes imprécations, mais elle n'ignorait pas que le plus indigent des anonymes pouvait se faire variable dans une équation qui n'échappait pas à l'insaisissable entropie d'une fatalité dont les lois demeuraient inconnues. Son faciès de marbre s'ébranla, un résigné sourire marquant ses traits d'une douceur plus que rare en cet instant de déréliction partagée. La férale souveraine s'approcha du rhapsode, osant étirer une main vers le bois fuligineux du violon avant d'y souligner les moindres aspérités de ses doigts adamantins. Relevant vers lui des prunelles nitescentes, elle s'empara d'une lustrine écarlate frappée des armoiries Clanfell avant de la déposer entre les mains du jeune homme. « Si d'aventure il vous arrivait de revenir en Ibenholt, sachez que vous serez accueilli à la cour comme mon invité. » Mussant son silence derrière un dernier sourire, elle esquissa une révérence et se soustraya au regard azuréen du ménestrel, les corbacs faisant office de haie d'honneur alors qu'elle était avalée par la foule.


it lies in all of us
« It will stir... Open its jaws and howl. It speaks to us, guides us. Passion rules us all and we obey. What other choice do we have ? »

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Lun 12 Mai - 20:48

En voilà, une bien jolie mascarade ! Elle soupire, déjà lasse d’avoir à subir cette ennuyeuse festivité vespérale. Les mondanités de ce genre n’avaient jamais réussit à s’attirer ses faveurs et son attention, étant éternellement devancées par l’ataraxie que provoquait chez Emphyria la solitude, ainsi que le calme de l’érudition.

Elle réajuste son masque d’ivoire, lisse les plis de son étoffe parme aux fines broderies écrue, et se munie d’un complaisant sourire. Si les festivités n’étaient pas à son goût, elle devait avouer que l’idée d’organiser ce bal masqué  se prêtait terriblement bien à l’atmosphère de la Cour, où s’entremêlaient complots et simulacres, et où elle se sentait tellement à son aise. Son  sourire se fait plus ample encore sur ses lippes charnues alors qu’elle effleure de son dextre diaphane les ornements dorés qui décorent son masque. Il respire la pureté tant il est immaculé, se confond presque avec son épiderme diurne, et lui confère une aura, alors qu’elle n’est que perversion, et désillusions. L’ironie l’amuse alors qu’elle comprend qu’elle n’est en vérité qu’à l’image de ce bal, mais que contrairement à lui, son masque n’est pas éphémère.

Emphyria s’empare d’une coupe de vin de Myr qu’elle porte rapidement à ses lippes, tandis que les douces sonorités produites par l’instrument d’Avétis lui arrachent un sincère sourire ; il était, décidemment, véritablement doué de ses doigts … Mais elle ne prête pas plus grande attention à son amant passé, et traîne, lentement, sa silhouette callipyge entre les convives, alors que les paroles de sa souveraine lui reviennent en mémoire. « Enquerrez-vous auprès de Lehvinia Dragonfall, tentez de savoir ce qu'elle souhaite obtenir à travers cette alliance avec les Ravncrone et ce qu'elle ressent à l'égard de ses éventuelles épousailles.». Et plus important encore que d’obéir à sa reine, Emphyria aurait droit à une faveur. Une faveur. Elle imaginait déjà ce qu’elle pourrait être, et son rythme cardiaque s’accélérait déjà d’excitation. Ses prunelles céruléennes s’affairent alors à dénicher la princesse héritière d’Askevale au milieu de la foule. Chose aisée, puisque cette dernière est au bras de Lorkhan, dont émanait une grâce naturelle, Lorkhan, toujours aussi élégant, comme à son habitude. Elle s’approche d’eux d’un pas léger, tandis qu’ils conversent avec diverses personnalités qui ne possède nullement son intérêt, ou du moins, ce soir là. Mais très vite, Emphyria est coupée par le rapide discours du roi, qui annonce officiellement au monde entier ce dont il était déjà averti. Alors, dès que la voix de son oncle s’éteint dans les confins du charivari mondain, elle s’élance vers les nouveaux fiancés, ignorant même la conversation qu’ils avaient bien pu avoir avant son intervention.

« Je tiens à vous féliciter, Vos Grâces, pour l’annonce de vos fiançailles, dit-elle dans un sourire ravi, avant de s’élancer dans une courte révérence. J’imagine que cette alliance vous apporte à tous deux une joie extrême, n’est-ce pas ?.»

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 13 Mai - 0:09

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Lehvinia Dragonfall
Le monde est un grand bal où chacun est masqué.
C'est un bras assuré qu'elle tenait, se laissant guider à travers cette foule de convives. A sa vue se présentait un océan de masques ornés de richesses en tout genre ; une marée scintillante qui pouvait se refléter dans le bleu intense de ses prunelles. Un sourire était figé sur ses fines lippes rosées, alors que son regard arpentait l'immense salle de réception. La Dragonfall avait été habituée à ces festivités, ces grandes ripailles et festins où il tout guiguet était exclu de service ; et les règles de bienséances étaient ancrées dans sa jolie caboche. D'une oreille attentive, elle écoutait son promis lui présenter tous ces gentilshommes. Ces derniers la saluaient avec respect, devinant sans le moindre doute qui se trouvait sous ces dorures. Pour sa part, Lehvinia ne reconnaissait que très peu de monde, habituée à d'autres cours et de ce fait, d'autres visages. Elle n'en était pas moins avenante, ayant toujours eu à cœur de tenir son rôle d'héritière et de représenter les siens avec élégance et honneur. Éclats de rire cristallins résonnaient à la première taquinerie venue, révérences pleuvaient à chaque pas et détours. Elle faisait mine de s'intéresser à ces gens, alors qu'en réalité tout cela reposait sur le paraître. Les regards glissaient sur elle, bien qu'ils se voulaient parfois insistants. Elle devinait les curieux, qui la détaillaient et allaient de leurs petites messes basses, du simple fait qu'elle se tenait aux côtés de Lorkhan.

Le souverain d'Ibenholt fit son entrée accompagné de son épouse, détournant alors l'attention de tout ce beau monde pour la concentrer sur cet unique et même point, royal. L'assemblée avait été plongée instantanément dans le silence le plus complet. Les yeux rivés sur le couple couronné, tous demeuraient suspendus aux lèvres de leur hôte. Lehvinia ne faisait pas exception. Les précédents mots de Lorkhan résonnaient d'ailleurs dans son esprit, comme un lointain écho alors qu'ils ne remontaient qu'à quelques instants... Prête, elle avait pensé l'être. Les doutes, elle les avait toujours chassé sans grande difficulté, d'un revers de la main léger et délicat. Et pourtant, elle sentait son cœur tambouriner en sa poitrine, propulsé par une infime dose d'adrénaline. Jorkell prit place, dominant alors la foule, et entama son discours. Il se montrait accueillant, d'une bienveillance presque excessive. Et puis vint l'annonce des fiançailles, les confirmant alors à ceux qui pouvaient encore en douter. Très vite, on chercha à obtenir un brin d'attention de la part des héritiers, afin de leur transmettre leurs vœux et félicitations. Si la belle avait eu quelques troubles de claustrophobie, elle aurait aisément défailli. Il s'était formé autour d'eux un tel attroupement, qu'on en venait à les bousculer dans l'empressement. Le sourire de la princesse s'était pourtant accentué, faisant naître deux fossettes dans sur ses joues légèrement fardées.

Le second acte de cette mascarade venait de débuter. Les attentions arrivaient de tous les côtés, si bien que Lehvinia en formulait des remerciements sans réellement savoir à qui elle les adressait. La brunette ne savait plus où donner de la tête, littéralement happer dans ce tourbillon de fausse courtoisie, débordant de bons sentiments trop sucrés pour pouvoir en apprécier les saveurs. Un regard en direction de son promis fut suffisant pour constater qu'il était lui aussi assiégé de toute part. Si bien qu'en se retournant, il perdit l'équilibre et manqua de chuter aux pieds de la dragonne. Le rapprochement fut inévitable, et les mains baladeuses bien malgré elles. Lorkhan s'excusa aussitôt pour cela, formulant le tout avec une once de gêne, très vite dissimulée sous l'aplomb que la princesse d'Askevale lui connaissait désormais. « Si inconscient que ça... ? » Pensant que ce contact n'était connu de personne d'autre, sans doute trop occupé à littéralement les étouffer de leurs mots, Lehvinia préféra jouer la carte de la légèreté en cette soirée si particulière. Il ne s'agissait là que d'un accident après tout.. Elle esquissa un léger sourire alors qu'elle le toisait du coin de l’œil, s'assurant que tout allait bien. Jusqu'à ce que l'on requiert à nouveau son attention.

C'est un magnifique masque d'ivoire qui se présenta à elle, apportant avec lui quelques mots gentils ; des félicitations à glisser dans l'énorme bouquet que formaient celles de ces voisins. « Je vous en remercie, ma Dame. » Lehvinia salua la jeune femme d'un signe de la tête. « Les mots ne sauraient exprimer avec fidélité ce que je ressens. Une joie extrême, dites-vous ? Cela pourrait fort bien convenir, je le crois. »


dark paradise.
Every time I close my eyes, it's like a dark paradise.No one compares to you. I'm scared that you won't be waiting on the other side.

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 13 Mai - 2:29

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la fatalité
  le grand bal
 
I
l s'engouffre dans la foule, ses orbes moirées de turquin s'attachant à chaque pastiche animalier qu'elles rencontrent. Son capuchon imite l'indigo d'une nuit qu'on éclaire de lanternes versicolores et de chandelles, lustrine indisciplinée qu'il ramène sur ses oreilles effilées et sur l'épigone d'un masque frappé d'écorce d'un blanc burgauté. Aux cerbères qui flanquent l'entrée il tend le vélin de cire cacheté, qu'on s'empresse de lire afin de le laisser passer. Ce soir, il s'improvise chapelier, histoire de tous les leurrer. Il erre un instant parmi les corps élégamment nippés, l’œil preste et affûté. En un instant il repère le freux, un volucre avec qui il partage en cet événement le sombre pennage. Se glissant comme rigole silencieuse entre les travées jonchées de danseurs et d'intrigants, il bat la mesure d'une angoisse qui s'étiole dans son cœur, pressé par le temps et les aléas d'une entropie qu'il sait déjà trop présente. Le plan. Rien ne se déroule jamais comme prévu, il le sait. Et pourtant il a accepté de se faire instrument entre leurs mains, instrument de leur martyre et de leur vengeance. Son souffle un instant se rompt lorsqu'il croise enfin le chemin de la corneille. Lorkhan Ravncrone, un nom qu'il a si longtemps soufflé avec morgue, sa voix s'unissant à celle de ses frères et sœurs dans une vendetta assourdissante. Une main bien campée sur la garde d'argent, le sang pulse à ses tempes, le couvrant d'érubescences coupables alors qu'il attend le bon moment. Une, deux, trois secondes. Il dégaine et l'acier solvite fend les airs dans un sifflement caractéristique, le mouvement brusque alertant les sens de la Main du roi qui se dérobe une seconde trop tard pour éviter la fureur de l'estoc, mais pile au bon moment pour que l'assassin n'atteigne pas la poitrine. Une lésion déchire les nippes princières à la hauteur de l'épaule, une coupure qui laissera une profonde entaille. Qu'une cicatrice de plus à ajouter à celles du Prince aux Fers, qui semble dorénavant commander au métal. Pris de cour, l'insurgé se jette en avant, visant le ventre sans jamais l'atteindre. Lorkhan, dans une tentative désespérée de stopper le rebelle, s'est saisi de la lame effilée à deux mains, son dextre profondément entaillé suppurant le sang toujours bien arrimé à la lame coupable que l'assassin n'a pas le choix de lâcher. Paniqué, l'insurgé s'engouffre de nouveau dans la foule alors que se répand rapidement les éclats de consternation et que s'ébranlent les factionnaires dans un cliquetis de métal mortifère. Mais déjà, une autre corneille a croisé la route de l'assassin qui fond sur la fille aînée des Ravncrone, la plaquant sur le sol pour l'immobiliser, ses doigts rapides agrippant une seconde dague qu'il vient loger dans le ventre de la belle Lorsei Ravncrone. À l'angle de la hanche gauche le surin a arraché à la jeune femme un substrat sanguin qui s'étire sous les voiles de sa robe et alors que le forcené tente de déloger son arme pour attaquer de plus belle, il voit s'approcher les cerbères, le cœur affolé, se relevant pour prendre la fuite, abandonnant dans son sillage la régente de Ravenhole déjà entourée d'une foule de curieux réclamant l'aide d'un guérisseur. Le sang pulsant dans ses tempes, l'insurgé est pris au piège, jetant un regard nerveux de tous les côtés, s’élançant vers la droite. Mais il est rapidement rattrapé par les gardes qui se saisissent de lui, tentant de le maîtriser alors qu'il hurle à l'assistance médusée : « Le Freux et la Main blanche ne trouveront de repos que lorsque nos frères auront été vengés ! » Une main gantée tente de le bâillonner, mais l'Elfe se débat, échappant au silence qu'on tente de lui imposer. « Plus d'un millier d'entre nous furent tués et nous ne trouverons de repos que lorsque nous vous aurons arraché mille autres vies ! Tuez moi et dix me remplaceront. Tuez les dix et cent les remplaceront. Tuez les cent et mille les remplaceront encore ! Nous sommes légions et nous vous tueront tous ! » Les factionnaires le firent enfin taire, le traînant sans ménagement vers les cachots devant les yeux ébahis des convives. Déjà on se masse vers la catatonique régente pour lui porter assistance, le sang fleurissant sous son corps pour s'étirer sur le marbre noir de Jernvugge alors que se précipitent vers elle les guérisseurs du castel.

Sombres augures que celles d'un attentat lors de l'équinoxe du printemps. Veloth s'amuserait-il à ses cruels jeux d'enfant ?

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 13 Mai - 3:35




Lorsei fit mine de retenir un petit rire poli, en réponse à l’adresse de la Reine Nelrenethys, l’auguste invitée de Sorhelm qui avait fait une entrée bien remarquée. « Douce, en effet, » affirma-t-elle. Ah, l’ironie ; l’entièreté de cette réception était un persiflage incessant dont la régente avait déjà envie de s’extirper. Néanmoins, elle était ravie d’avoir pu faire la preuve de l’hospitalité de la famille Ravncrone en souhaitant un agréable séjour à la Reine des Elfes, sachant fort bien que son père ne se tâcherait pas de le faire. « Appréciée, sans nul doute ; si ce n’est sans doute pour vous que bien faible satisfaction, sachez que je suis enchantée de vous savoir parmi nous. » Avec une petite révérence, elle prit congé, souhaitant éviter d’avoir à amuser la reine pendant encore trop longtemps ; elle était, après tout, dans un environnement où tous s’attendaient à voir la famille royale reconnaître et constater leur présence et si elle n’avait pas envie de faire mauvaise impression, salissant ainsi le nom de sa famille, elle n’avait pas davantage l’intention de faillir à ses responsabilités de représentante de Ravenhole.
Lorsei fit un détour par une grande table où elle troqua sa coupe vide contre une pleine ; l’objet délaissé disparut aussitôt, emporté elle ne savait où par un serviteur affairé. Sans doute avaient-ils, eux aussi, une pression indicible de la part du patriarche Ravncrone et de leurs autres supérieurs afin que la soirée se déroule sans anicroche. Que le vin coule et que la nourriture embaume ; voilà ce qui représentait généralement la recette du succès d’un tel évènement.

Une voix forte se fit entendre, une que Lorsei aurait reconnue parmi mille autres ; sourire aux lèvres, mi-admirative, mi-nostalgique, elle posa son regard smaragdin sur la figure autoritaire de son père, flanqué de Lorkhan, de Lehvinia et de la reine consort. Elle s’avança à travers la foule qui se massait devant l’homme aux cheveux d’argent afin de pouvoir mieux le voir, dans toute sa gloire et sa majesté. Le contenu de son annonce lui importait peu ; elle savait déjà que son frère était promis à cette peste de Dragonfall. Non, son regard se porta plutôt sur sa belle-mère. Lorsei comprenait ce qu’elle pouvait ressentir. Si en d’autres circonstances, elle n’aurait eu à son égard qu’un rictus narquois et un haussement d’épaules insensible, elle ne put s’empêcher de se mordiller la lèvre. Dans une telle situation, comment aurait-elle réagi ? Sans doute avec moins de discrétion que Sylarne avait pu démontrer. Non, la cible de son fiel s’était, depuis leur petit tête-à-tête, révélée être davantage Lehvinia que l’épouse de son père, bien qu’elle ne ressentait toujours envers la reine consort rien de plus qu’une sorte de sympathie à moitié obséquieuse. Lorsei reporta son regard vers une table, et se saisit d’un morceau de fruit juteux qu’elle porta à ses lèvres, peu soucieuse du liquide mielleux qui se répandait sur ses doigts pâles. La régente fronça les sourcils alors qu’elle entendait les murmures de la foule s’élever et quelques cris enterrer les chansons des ménestrels ; difficile pour elle de dire s’il s’agissait de cris d’extase ou d’horreur. Par conséquent, elle s’avança, aussi curieuse qu’inquiète. Un noble d’au moins deux fois sa largeur lui bloquait le chemin, aussi posa-t-elle sa délicate dextre sur son épaule afin de le faire s’écarter.

Derrière le géant se trouvait l’assaillant qui causait tant d’émoi parmi la foule, et la régente ne comprit que bien trop tard qu’elle s’était jetée dans la gueule du loup. Une exclamation de surprise se déroba à ses lèvres alors qu’elle tombait au sol, l’inconnu la plaquant de tout son poids contre le marbre ; le masque de la régente rebondit à quelques pas de là, laissant son agresseur se régaler de l’œillade terrifiée de Lorsei alors qu’elle voyait miroiter les lumières de la fête sur la lame qu’il tenait.

Jamais la princesse n’avait éprouvé une douleur aussi déchirante que celle qui se mit bientôt à brûler son ventre.

Ses doigts se portèrent, tremblotants, à sa large blessure alors que l’on maîtrisait le trouble-fête ; son visage se vida de ses couleurs dès qu’elle aperçut le rouge velouté de son propre sang recouvrant l’ensemble de ses doigts. On se massait autour d’elle, tentait d’attirer son attention, mais elle ne reconnaissait plus les visages, et les voix se firent de plus en plus distantes, bien que leurs locuteurs se rapprochaient constamment de ce corps qu’elle sentait engourdi par la douleur. Puis, le noir. Joyeux anniversaire, Lorsei.

Code by Silver Lungs



crédit : code par quantum mechanics || gif par permanentmochakisses || #336633
“Lend me your hand and we'll conquer them all ; but lend me your heart and I'll just let you fall. Lend me your eyes, I can change what you see ; but your soul you must keep totally free.”

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 13 Mai - 12:56

Intrigue 1
  Maquerade! Paper faces on parade Masquerade! Hide your face so the world will never find you Masquerade! Every face a different shade Masquerade! Look around, there's another mask behind you.   



Fer, sang et incompétence. Quelqu'un avait voulu cette danse, quelqu'un avait trébuché également et le prince n'était que blessé lorsqu'une autre femme avait à payer. L'esprit vagabond, Ezhaathe s'approcha de la régente à terre, comme d'autres convives lors que l'on partait s'enquérir des guérisseurs.
Quelque part, une femme fut prise de haut le cœur. La pirate observa l'oeil sanglant de la blessure, par dessus le tissu et les chairs déchirés. Elle arracha de sa propre robe un gros morceau d'étoffe qu'elle roula en boule sur la plaie pour y appliquer une pression et endiguer l'hémorragie. Autour d'elle, personne ne semblait vraiment agir, faire quelque chose. La tête de Lorsei reposait sur ses genoux à elle, à présent

 « Madame, si vous me comprenez alors appuyez avec moi, sinon j'ose espérer qu'un dieu quel qu'il soit vous prendra en pitié »

Cela n'avait aucun sens : pourquoi une tentative si vulgaire et voué à l'échec, lorsqu'au cours d'une danse un simple coup de stylet bien placé aurait pu avoir raison de Lorkhan Ravnecrone en toute discrétion ? Elle leva la tête, chercha le regard de Vex parmi la foule et se promit de le chercher plus tard pour prendre son avis sur cet assassin plus que pitoyable.

Ezhaathe ne prenait même pas conscience de l'odeur du sang de Lorsei qui l'imprégnait désormais, un parfum que les deux femmes se partageaient pour au moins ces quelques minutes. Elle ne frissonna pas, entendit des murmures, attendant que des personnes bien plus compétentes viennent la relayer.
Pourquoi aider la blessée ? Pas vraiment par bonté d'âme, une chose dont Ezhaathe avait appris à se défaire, plutôt pour s'immiscer ainsi dans les enjeux politiques de la cité. Rien de mieux qu'une tentative de meurtre pour se jeter dans le bain après tout. Ses mains étaient fermes sur la blessure, des gestes qu'elle avait eu à effectuer sur des frères anonymes, des membres d'équipages, elle-même parfois . La jeune femme ne craignait pas le sang ni la mort, du moins le pensait-elle. Les secondes et les minutes semblaient se distendre à présent et qui donc danserait après cela ? La fête était terminé, le glas tinterait pour une toute autre distraction désormais.
Où était Nelrenethys, avait-elle quelque chose à voir dans toute cette affaire, est-ce que cela retomberait sur elle d'une quelconque façon que ce soit ? Non, Ezhaathe devrait à tout prix empêcher cela. La reine des elfes ne devrait mourir que sous ses coups à elle, pas pour un quelconque roi ou tyran.

Où étaient les guérisseurs, à l'épaule de Lorkhan ? Celle de la jeune femme courait de plus en plus de risques de s'infecter, dommage pour elle. Une mauvaise fièvre risquait de la prendre, de la tuer ou bien même de la défigurer.

"Essayez vraiment de ne pas mourir, l'assassin était un incompétent...ce serait idiot"


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Perle de Nacre

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 13 Mai - 13:27



E
lle ne voulait pas corroborer au fait qu'elle était plus importante qu'il ne l'était, et pourtant, elle savait cela être la triste véracité. Ce n'était pas pour autant qu'il était à ses yeux remplaçable, il n'avait jamais été question qu'il s'abandonne à l'ennemi et il n'en serait pas ainsi. La donzelle écouta attentivement les instructions du jeune lion, hochant le chef d'une mine timorée et enchantée d'apprendre que Jack n'était pas une félonne, apprendre qu'elle les talonnerait avait quelque chose de réconfortant. Puis, la musique cessa, prenant les cavaliers de court qui furent contraints de se séparer là. Jora déglutit, l'angoisse commençait réellement à naître en ses entrailles, et à présent qu'elle avait goûté à l'étreinte d'Ehvan, elle n'était plus sûre d'être à l'abri autre part que dans ses bras. « D'accord, je tâcherai de rester à proximité sans attirer l'attention... » Puis il s'en alla, et du coin de l'oeil, elle le vit convier Irinwe à la prochaine valse. Ses mains jointes s'apposèrent sur sa poitrine en tentant d'en lénifier l'eurythmie qui cognait, elle n'eut qu'à peine le loisir de s'intéresser au discours de la Corneille et aux congratulations pour son corbeau de fils – et elle se passerait de se plier à l'exercice – qu'un individu l'approcha pour faire courbette devant elle. Qui donc, encore ? Une invitation de ce qui semblait être de prime abord un illustre inconnu.

« Sieur Strider, je ne devrais pas en être pantoise en effet, vous avez cette incroyable propension d'apparaître là où l'on vous attend le moins. » Le quidam l'entraîna à sa suite, et la jouvencelle ne put s'empêcher de jeter un furtif regard au benjamin Clanfell et à sa gouvernante dont elle fut à son humble avis un peu trop éloignée, mais il aurait été impossible de se rapprocher sans éveiller les soupçons. Veillant à creuser le fossé de la bienséance là où Vex tentait de défier la promiscuité, elle se sentit légèrement se pencher sur le côté lorsqu'il vint susurrer à son oreille. La journée avait été laborieuse après leur rencontre, elle lui devait son malaise et était loin de l'en remercier – fichtre coquin ! « Il n'y a pas matière à gouailler monseigneur, je n'étais point dans mon état usuel et cette expérience m'aurait au moins enseigner une chose : ne plus boire, surtout pas en votre compagnie. Vous êtes un parangon de tentation, et ceci n'est pas foncièrement un compliment. » Elle se doutait qu'il serait le dernier à nier cette conclusion, raison pour laquelle elle s'octroyait de faire ce commentaire. A la suite de quoi, l'Ebonhand resta coite en l'entendant l'interroger sur son précédent cavalier, mais n'eut-elle pas le temps de forger une réponse qu'un drame se produisit.

Les cris, l'effervescence, le fer qui tranche, et comme l'ensemble des convives, Jora fit volte-face pour prendre connaissance de la scène qui la glaça d'effroi. Et si l'offensive sur Lorkhan l'ankylosa, celle sur Lorsei la fit pousser un glapissement d'horreur et sangler ses lippes à l'aide de ses mains tremblantes. Les vociférations de l'instigateur ne contribuèrent pas à pacifier la peur qui lancinait en elle et la fit un instant quitter la surface du monde. Après avoir aperçu l'éclat vermeil du sang princier, la nymphe recula là où la majorité des sujets préférait s'avancer, et se mit à observer autour d'elle avec frénésie : et s'il y en avait d'autres ? Le Freux et la Main Blanche. Elle aussi, était une cible plus que potentielle nonobstant son statut de prisonnière, cela aurait pu être elle à la place de la fille Ravncrone, et la menace guettait toujours. S'essayerait-on à l'assassiner, elle aussi ? « Mon dieu... » Terrorisée, à tel point qu'elle crut entrer dans une crise de panique en heurtant un galbe argenté (Jack) qu'elle fut à mille lieues de reconnaître. Et dans cette foule, elle ne distinguait plus Ehvan, ni Irinwe, où diable étaient-ils passés ?



Ghost of a Rose
Her eyes believed in mysteries, She would lay amongst the leaves of amber. Her spirit wild, heart of a child, yet gentle still and quiet, he loved her... When she would say... "Promise me, when you see, a white rose you'll think of me."

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 13 Mai - 14:49



I

........l ne peut retenir un profond frisson lui secouant l'échine lorsque Dame Sylarne effleura du bout de ses doigts que les gens du communs prenaient pour des griffes l'instrument qu'il était en mesure de lui montrer en cet instant. « C'est un immense privilège que vous me faites, Votre Grâce, je ne puis refuser une telle invitation. » Voyant que la souveraine coupait cours à cette conversation saugrenue qu'il n'aurait jamais pensé avoir en ces lieux, il s'inclina en retour et entreprit de continuer, tant bien que mal, à tenir la note de l'hymne qu'il partageait avec l'assemblée. Si la fête battait son plein, ce n'était que par le nombre d'invités qui s'entassaient comme des poissons fraîchement pêchés, empêtrés dans un filet trop petit pour eux, car les masques avaient beau dissimuler leurs traits, il était aisé de lire sur toutes ces lèvres pincées et autre bouches crispées le malaise régnant dans l'aula du castel. Mais bien vite la tacitement glaciale atmosphère se changea en malaise palpable et bien réel. Une ombre protégée par l'anonymat assumé de ce rassemblement, d'un geste éclair aussi fugace qu'un coup de vent, abat son couperet sur une des pauvres âmes de l'assistance, bien trop vive et trop rapide, l'action paralyse un instant ces grandes gens agglutinées autour d'une victime d'une innocence probablement contestable. Des cris, des pleurs, des murmures, le bourreau a beau être prestement maîtrisé, le mal est fait et seule la triste contemplation du mal portant atteinte à cette soirée prometteuse reste à faire. Une vague d'agitation, une peur panique prend la foule à la gorge, quand Avétis entend entre ces braillements épars un nom, un nom qui lui déchire le cœur autant que le couteau ayant atteint sa cible quelques instants plus tôt. Lorsei, Lorsei, c'est elle la pauvresse ayant subi la folie vengeresse d'un diable incarné. « Non, ce n'est pas possible, Non, Non NON !» Murmure le ménestrel tentant de conserver son office, mais c'est impossible, il ne peut rester digne, agir comme si cela n'était rien de plus qu'un attentat contre une personnalité dont il se moque le destin, c'est Lorsei, son aimée, son amour, qu'il n'a pas revu depuis dix ans et qui se meurt en cet instant. La cohue entoure sa belle comme une armure humaine que l'on ne peut franchir. Laissez là...laissez là... De chaudes perles salées lui coulent sur les joues, il ne peut retenir sa tristesse, se laisse aller à ce chagrin qui le possède tout entier. Il tente de s'approcher de cette palissade de chair qui resserre son étau sur la régente et repoussé à plusieurs reprises, il s’effondre dans l'indifférence générale.

Bref repit que cette inconscience, le jeune homme est bien vite relevé et mis à l'écart de l'essaim toujours plus grossissant autour de la corneille qu'il ne peut voir et dont il s'inquiète toujours de l'état. Qu'allait-il advenir d'autre ? Reprenant quelque peu ses esprits, le visage toujours embrumé et humide, il distingue la silhouette familière de l'elfe venue à sa rencontre quelques heures plus   tôt, lui confiant une requête dont la bizarrerie n'avait d'égal que la drame qui se tramait sous ses yeux dont s'échappait un flot toujours continu. Avétis renifla péniblement. Il ne faut pas non, ...Ce n'est pas le moment. S'éloignant du centre de l'attention, il ramasse ses effets disséminés aux quatre vents près de l'estrade et plaçant l'élément boisé sur son épaule tremblotante, il se remet à jouer, s'attaquant cette fois à la célèbre cantique au doux nom de colère d’Alenefjell. Quelle douce ironie que les atrocités d'un volcan pour apaiser ce bain magmatique dans lequel tous barbotaient sans encore se noyer.



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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 13 Mai - 16:58

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Alors qu'il esquisse un large sourire à la remarque de Lehvinia qui, loin de s'offusquer de sa maladresse, préfère s'en amuser aussi, Lorkhan voit approcher Emphyria. Que voulait-elle ? Il n'était pas dupe: elle avait passé la soirée à tourner autour de lui et Lehvinia comme une foutue rapace. Est-ce qu'elle souhaitait simplement se montrer dans son entourage, comme c'était le cas de nombres de nobles de son envergure ? Non, il la connaissait trop bien pour imaginer cela, d'autant que sa position de dame de compagnie lui autorisait une place dans l'entourage direct de la Reine, bien plus préférable à cette gloire clandestine que recherchaient ceux qui tournaient autour des princes et des grands seigneurs dans l'espoir qu'on l'associe à eux. Elle poursuivait un but bien plus fallacieux que cela, il le savait, et la voir approcher ainsi à la manière d'un félin, non, à la façon d'un chaton à la pratique encore gauche lui faisait presque de la peine. Alors qu'elle déballait ses premières politesses, Lorkhan laissa Lehvinia s'occuper du cas de l'impudente. Oh, il aurait aussi son mot à lui dire, mais il ne s'agissait ni de l'heure ni du lieu pour cela. Devant les minauderies d'Emphyra, le Prince finit par dire:

« - Nous remercions ma Demoiselle de sa sollicitude, vraiment. » avec elle, il ne prenait même pas la peine de mettre les formes habituelles. « - Puissent les Dieux vous accorder la chance de trouver un fiancé. » Il marqua volontairement une pause, avant de reprendre: « - ... à la hauteur de ... »

Et soudain, le chaos. Son regard croise le sien, et il ne lui faut qu'une fraction de seconde pour comprendre ce qu'il se passe. Sans attendre, le Prince se détache de Lehvinia encore à son bras, écartant avec force sa promise. Le temps de mettre hors de danger la Princesse d'Askevale et déjà il se rue sur lui. Trop tard, trop lent: Lorkhan n'esquive pas assez vite, la dague de l'elfe vient se figer dans son épaule, lacérant sa peau, découpant sa chaire, arrachant un cri rageur teinté de douleur au Prince. Poussées d'adrénaline, le temps ralentit. Son agresseur arme un nouveau coup, prêt à porter l'estocade. Cette fois, tous deux le savent: le droit à l'erreur n'existe plus; alors la lame fuse à nouveau, fendant l'air dans un sifflement meurtrier. Ça ne dure qu'une fraction de seconde, qu'un instant, trop court, trop bref pour être calculé. Et voilà qu'ils sont là, tous deux, à lutter pour leur survie respective. Le Prince n'a d'autre choix que de faire front, la lame du poignard stoppée à même les mains, entaillant sa paume et écorchant ses doigts, faisant couler son sang qui goutte désormais sur le sol, lentement, trop lentement. Autour d'eux, les gens réalisent. Ca cri, ça hurle, ça appelle au secours. La panique, le chaos. Son regard croise à nouveau les prunelles ambrées de l'elfe qui comprend alors que le Prince n'abandonnera pas. Acculé, il n'a d'autre choix que de prendre la fuite. Sans un mot, sans attendre, Lorkhan se lance à sa poursuite. Son épaule ? Il ne la sent pas. Pas encore.

« - Gardes ... Gardes ... GARDES ! » Il n'est pas lion mais il rugit, de haine, de rage, de tout ce qui bouillonnait en lui à ce moment. Alors il fend la foule, cette fois personne ne le remarque ou presque. Il exulte, fulmine: qu'on se pousse de son chemin ! Mais déjà Lorkhan perd la piste de l'elfe qui a disparu dans la foule. Quelques instants, quelques secondes peut-être, a erré, à chercher un fantôme. Puis on hurle à nouveau, un cri d'horreur, de douleur. Le Prince se précipite, et ... Lorsei. La prunelle de ses yeux, Lorsei, sa Lorsei .. Son cœur rate un battement, sa vue se brouille. La douleur, la peur de la perdre, il manque de défaillir. Il doit faire face. Il a toujours fait face, pour elle. Il s'approche d'elle tandis que les gardes s'emparent déjà de l'elfe. Lorkhan ne lui accorde même pas un regard, il n'a d'yeux que pour elle. Lorsei. Lorsei. Il est à ses côtés, hurlant son nom comme s'il cherchait à la retenir. Une main se pose sur son épaule, le tire du corps, l'en écarte malgré sa résistance. « - Laissez faire les guérisseurs, votre Altesse ! » Les guérisseurs, les guérisseurs ... Les mots ne percutent pas pareil. Les mots ... Malgré ça, il finit par revenir à la raison.

Déjà, l'adrénaline qui avait mis le feu à ses sens retombe, libère cette douleur qui irradie son corps. Son épaule, ses doigts ... C'était comme s'il découvrait la morsure de l'acier, lui qui l'avait déjà tant souffert. Malgré ça, il ne demande aucun guérisseur; Lorsei reste la priorité. Du regard, il cherche son agresseur, mais les gardes l'ont déjà emmené. Les pensées se bousculent, les images affluent, se mêlant les unes aux autres pour dessiner un tableau aux couleurs floues, aux formes informes, vomitive: Lehvinia, Emphyria, l'elfe, le sang, Lorsei ...


-
Lorkhan Ravncrone,
hand of the king and heir to the throne
« Anger is running through my vains, so fucked it's driving me insane. No health, no hope, nothing but pain. 30 years to go you said i should be the best, you said i have to prove myself, you said we're a family. 30 years ago. Stuck in the holy money game, gave me a number for a name, stole my life and kept the change. Hey man there's a riot goin'on ! »

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Panseuse d'Ibenholt

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 13 Mai - 17:11



Q
uand va-t’elle se pointer, leur opportunité ? Probablement lorsque les festivités seront un peu plus avancées et que tout le monde aura trop bu pour se rendre compte de quoi que ce soit. L’elfe valse avec naturel, essayant de repérer d’un œil vif la silhouette de Jack qu’elle ne peut guère retrouver dans la foule. Rassurée de pouvoir compter sur Ehvan pour les escorter dans leur périple, Irinwe délasse ses épaules nouées, offrant un sourire enjoué à son cavalier. Repérant Jora aux griffes d’un noble dont elle ne reconnait guère l’attitude mais qui distille en elle un agacement viscéral, la donzelle s’approche légèrement de l’oreille alliée pour y murmurer. « Puis-je vous confier la tâche de ne pas quitter notre lady des yeux ? Je redoute de voir quelques soupirants s’intéresser bien trop à notre excursion. »

Un cri déchire alors l'assemblée.
L’elfe sent un long frisson lui ébranler l’échine et elle s’arrache à Ehvan pour offrir un regard effaré autour d’elle, cherchant instinctivement des yeux Jora qui semble s’être évanouie dans la foule. Toutes les mélodies s’étranglent dans de sinistres grincements et les voix des gens qui s’affolent se meuvent en un vacarme insupportable. Une main portée à sa poitrine, Irinwe se hisse sur la pointe des pieds pour apercevoir la raison de cet émoi. « Par Xyhmis... »
Lorsei Ravncrone se laisse choir entre les bras des convives à proximité, le tissu de sa robe imprégné par une tâche carmin qui ne cesse de s’agrandir. Les individus s’écartent sur le passage du coupable qui tente de fuir, talonné par la garde qui accourt. Irinwe s’avance dans une impulsion téméraire, percevant du coin de l’œil Lorkhan Ravncrone touché par une attaque parallèle mais épargné par la gravité mortifère, mais elle s’immobilise à quelques pas. Interdite.
La régente de Ravenhole est gravement blessée et déjà on en appelle aux talents de guérisseurs. Si l’elfe aurait pu se porter à son secours sans la moindre hésitation, la voilà qui vacille face à l’évidence même. Ceci est l’opportunité.
Irinwe blêmit en dardant ses prunelles sur le transgresseur dont les gardes se saisissent avec virulence. Un elfe, qui clame haut et fort qu’Ebonhand et Ravncrone paieront pour la Nuit des Larmes. Le cœur de la belle manque un battement et elle se recule dans une foulée vacillante - plus convaincue que jamais de devoir trouver Jora et l’extirper d’ici. De ce cauchemar. La donzelle revient sur ses pas pour se saisir d’Ehvan, l’attirant à son flanc pour lui chuchoter. « A la Salle Ovale, vite. Où est-elle ?! » La servante tourne sur elle-même, se hissant pour mieux distinguer l’argentée chevelure de leur protégée. Un assassin s’est-il aussi frayé un passage jusqu’à elle ? Si c’est le cas, elle ne se le pardonnera jamais. Que la vengeance de son peuple ait arraché l’oiselle si fragile et innocente à sa destinée. Ne prenant pas le temps de vérifier que le lion lui emboite bel et bien le pas, la donzelle se fraye un passage parmi les convives jusqu’à enfin discerner la parure familière de Jora. La détaillant d’un regard inquiet, l’elfe soupire en constatant que celle-ci n’est pas blessée. Elle appuie du regard dans sa direction et, soulagée de voir Jack dans son sillage, elle se presse en direction de la Salle Ovale tout en s’assurant que la cohue puisse les couvrir. Une vague inquiétude s’empare des traits de la belle qui cherche vainement Morgana des yeux avant de se tourner vers l’héritière pour lui offrir un regard désemparé. « Ma lady... Est-ce que ça va ? Vous n’avez rien ? » Prenant vaguement conscience du temps que ça leur coûte, la préceptrice se reprend et s’insinue dans la salle en question, fondant en direction de la cheminée pour trouver le levier qui puisse leur ouvrir le passage. Sa main tâtonne dans le vague avant de se refermer sur le dispositif qui fait bruisser la pierre. « Gardez vos masques, au moins tant que nous ne serons pas hors d’atteinte. »


Things We Lost in the Fire
When the days are cold and the cards all fold. And the saints we see are all made of gold. When your dreams all fail and the ones we hail are the worst of all and the blood’s run stale. I wanna hide the truth. I wanna shelter you. But with the beast inside, there’s nowhere we can hide. — #d42845

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Le Jeune Lion

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 13 Mai - 17:57

« Je vous suivrai jusqu'aux confins de Middholt » répliqua simplement le jeune lion à l'interrogation de sa compagne de valse. Il n'avait pas fait le chemin depuis Sorhelm pour rien, il avait la ferme intention de ressortir du palais en compagnie de Jora, sinon il n'en ressortirait pas. Il se contenta d'un hochement de tête pour signifier à sa cavalière qu'évidemment, il garderait les yeux rivés sur la princesse ; il n'était pas question de laisser quiconque mettre en péril leur expédition. Expédition qu'il découvrait, lui qui était venu dans le seul but de secourir Jora avait appris un peu trop tardivement à son goût qu'il n'était pas le seul à avoir songé à la mascarade pour permettre à la belle de s'échapper. Qu'à cela ne tienne, si Irinwe savait ce qu'elle faisait, il lui accordait volontiers sa confiance aveugle. Ehvan s'apprêtait d'ailleurs à la féliciter pour son soutien lorsqu'un cri déchira l'assemblée, interrompant ainsi l'orchestre ainsi que toutes les danses. Le cœur soudain serré par l'angoisse, il chercha à trouver la source de la soudaine agitation et lorsqu'il la trouva, ses lèvres s'étirèrent en une grimace. Il avait beau haïr les Ravncrone, la vision de la donzelle tâchée d'écarlate le troubla, mais il fut davantage secoué par les paroles du coupable. Que les corbeaux paient, il n'en avait cure, mais savoir Jora en danger le mit dans tous ses états. L'esprit quelque peu engourdi par la peur, il parvint toutefois à désigner la direction de la Salle Ovale à Irinwe, et emboîta le pas à cette dernière lorsqu'elle fendit la foule à la recherche de leur précieux cygne. Rassuré de la savoir intacte, il se pressa en direction de la Salle Ovale en compagnie des dames, bénissant silencieusement l'elfe qui leur avait offert l'opportunité de fuir, tout en regrettant amèrement que sa lame n'ait pas trouvé le chemin de la gorge de l'Usurpateur.

Une fois introduits dans la salle qui semblait abriter leur chemin vers la liberté, Ehvan prit davantage de temps pour s'assurer du bien-être de Jora, qui semblait trembler de tous ses membres. Il se fit violence pour ne pas la serrer contre lui, se contenta d'une douce caresse dans sa chevelure, pour ensuite se tourner vers Irinwe, qui avait trouvé le fameux passage secret. Il mira d'un œil à la fois sceptique et étonné l'âtre s'effacer pour laisser place à un long tunnel et fronça les sourcils en apercevant des torches. « Ces torches... Qui d'autre est au courant ? » Ce n'était pas un miracle qu'elles soient là, allumées et prêtes à l'emploi. Et maintenant qu'il y songeait, comment Irinwe savait-elle où trouver ce passage ? On les aidait, à n'en point douter, mais qui aurait eu tout intérêt à le faire et surtout... Cette personne était-elle digne de confiance ? Ah ! Il regrettait de porter un masque et non une armure, et ce n'étaient pas les deux malheureuses dagues dissimulées dans ses vêtements qui les tireraient d'une mauvaise passe s'il devait leur arriver malheur ! Il soupira longuement avant de s'emparer d'une torche, puis se tourna vers les trois jeunes femmes. « Restez derrière moi. Quoi qu'il arrive, vous ne faites pas un pas devant moi. Compris ? » Il tenta de se radoucir un peu et pressa doucement l'épaule de Jora pour la rassurer. « Je t'ai fait une promesse, Jora, et j'ai bien l'intention de tenir parole. »


Just a cub no one ever taught how to roar
No one ever said you have to be dead and buried to be a ghost.

   

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L'Ombre Pourpre

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 13 Mai - 18:55


" Hide you and Play, it's just a game "

Vex avait pris grand plaisir à soustraire la demoiselle pour la monopoliser le temps d’une danse dont il comptait bien profiter. Se rappeler la journée en sa compagnie et les bienfaits de l’alcool sur son organisme peu habitué était un plaisir certain. C’était bien pour cette raison qu’il ne se privait pas d’en faire écouter ses pensées ouvertement. Son sourire s’agrandit à l’idée même qu’il était propice à la tentation et qu’elle ne comptait par ailleurs plus boire en sa compagnie. Une bien triste nouvelle. « Je ne fais que tenter vers ce à quoi vous aspirez sans vouloir vous l’accorder. Oseriez-vous dire que vous avez passé un mauvais moment en ma compagnie ? » Une question dont la réponse laisserait en suspend un ressenti qu’il était difficile d’avouer. Mais il la savait également trop pure pour l’instant pour comprendre l’impact d’un comportement du genre et l’importance que cela pouvait être d’avoir une tolérance certaine envers ce breuvage traître. Lui-même en avait pâti mais désormais cette tolérance entretenue lui permettait d’apprendre beaucoup de chose sans jamais perdre le contrôle. Bien évidemment, quand il estimait qu’il était temps de profiter, il se laissait aller allègrement à la consommation abusive afin de se retrouver dans un état qu’il aimait à certains moments. Cette après-midi avait été plus le signe d’observer une princesse sous un jour différent. Cela avait bien fonctionné concrètement.

Tandis qu’il tournait avec la jeune femme, une silhouette étrange interpella son regard mais déjà était-il trop tard alors que l’instant d’après, un premier cri se fit retentir. Tout s’enchaîna très rapidement, une tentative d’assassinat fut entamée, suivie d’une deuxième. Dirigeant ses prunelles vers le phénomène, il s’écarta de la princesse qu’il repoussa instinctivement vers l’arrière avant de lui-même s’éclipser aussi vite qu’il n’était apparu à ses côtés, s’engouffrant pour pouvoir accéder à celui qui avait commis cet acte avec si peu de raffinement. Il était tellement peu doué qu’il fut vite appréhendé. LE contemplant un instant, il enleva son masque avant de tourner son faciès vers Lorkhan et puis la Dame Lorsei, blessée grièvement. Cela ne lui fit ni chaud ni froid. Des actes barbares, impliquant une révolte, traduisant des mésententes politiques, il en avait eu de tout temps. Il était vrai qu’il était en contact rapproché avec le deux protagonistes, et qu’il était bien heureux que Lorkhan ne soit pas mort sous les actes proférés. Mais il n’avait ici que peu de raison d’intervenir. Il préférait se reculer légèrement et observer les diverses réactions. Comportement qui put lui permettre de voir que celui qu’il recrutait pour obtenir des informations semblait fortement touché par ce qu’il venait de se passer, meurtri même dans son cœur, d’observer Lorkhan dont il ne savait guère s’il lui demanderait sa participation pour s’occuper de l’elfe qui venait d’interférer avec la vie de sa chère sœur, et mieux encore de contempler ce fameux inconnu revenir vers Jora après une autre femme qui avait déjà disparu pourtant et l’emmener à ses côtés. L’agitation était immense et il percevait beaucoup de choses, sans savoir si son implication était utile dans l’un ou l’autre événement. Le destin et son futur lui apprendrait bien vite le rôle qu’il devrait finalement jouer dans cette Mascarade qui tournait au cauchemar. En tout cas, ce dont il était certain, c’était que l’instigateur de ce carnage était un bien piètre assassin…




Fragrance of Blood
Down ! Bloody knife ! O, down ! Why does thy red face frown ? Why slash thus in the air, as o’er a throat laid bare ? See, the red blood-drops fall, trickling adown the wall. Ha ! How they follow me, like a dark gory sea. No rest by day or night, blood blinds my very sight. My lips are steeped in gore ! No peace ! No ! Nevermore !

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Reine consort d'Ibenholt

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 13 Mai - 21:26

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sylarne clanfell
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C
aligineuse vésanie, la peur l’éprenait, se rivant à son épigastre pour enfermer son souffle dans un ergastule oppressant. Autour d’elle s’étiolait le chaos, devant ses prunelles léonines une masse informe de sans visages, d’anonymes émaillés de masques nacrés, un instant happés par l’éclat nitide des lustres pour se soustraire à l’emprise de ses yeux dans un bruissement d’étoffes et une clameur criarde d’où fusaient consternation et panique fébricitante. Le sébile qu’elle tenait entre l’étreinte de ses doigts se fracassa en éclats vitrifiés sur le marbre strié de veinules, la déflagration du cristal la tirant d’une catatonie éthylique pour l’obliger à fendre enfin la houle humaine à la recherche de la seule âme qui l’importait dans tout ce capharnaüm de corps agglutinés. C’est frappée d’une asthénique stupeur qu’elle le vit se débattre contre l’acier solvite, ses paumes se rivant au fil tranchant de l’arme alors que cascadait le substrat vermeil entre ses doigts blessés. Sur le clapier médullaire de sa poitrine son cœur se fracassa soudainement, lui arrachant un souffle creux, impuissance abrasive qui émaillait la soie délicate de ses poumons. Elle aurait tant voulu s’amarrer à son corps pour s’assurer que le sang qui suintait des plaies n’était pas celui d’une mort imminente, aurait tant voulu couvrir ses mains mutilées des siennes pour les réchauffer, lui jurant qu’elle passerait chaque vespérale et diurne seconde à son chevet pour s’assurer qu’il se rétablisse entièrement d’un tel traumatisme, mais dans la troublée encéphale s’alluma le brasier lucifère d’une adrénaline qui acheva de chasser les dernières brumes d’un éthylisme qui n’était déjà plus qu’anamnèse. Déjà pourtant le prince héritier s’élançait à travers la masse des courtisans, pourchassant l’insurgé. Tendant une main vers lui, elle ne put qu’articuler un faible « Lorkhan » avait d’être elle-même violemment tirée vers l’arrière par deux factionnaires qui la soulevèrent à quelques pouces du sol pour l’entraîner à l’écart. Furieuse, elle les fusilla du regard, se débattant entre les bras puissants des cerbères qui protégeaient avec zèle la vie de la reine consort. « Lâchez-moi, imbéciles ou je vous ferai castrer céans ! » Les dextres ne desserraient pas pour autant l’étau qu’ils exerçaient sur elle, l’obligeant à s’immobiliser alors qu’ils dégainaient leur épée, prêts à s’occuper d’une éventuelle menace. Jorkell était-il à ce point attaché à sa reine pour l’écarter d’un danger imminent ? Elle feula, cynique. « Laissez-moi ! », insensibles, ils la tiraient davantage vers l’arrière, étirant leurs nuques comme des vautours pour voir ce qui se tramait à l’autre bout de la pièce. « Votre Majesté, nous devons vous protéger. » Sa colère fusa, le magma de ses imprécations se déversant avec fiel. Sa lithosphère n’avait été que trop liquéfiée par l’agression qu’avait essuyée Lorkhan. « Je vous ferai couler un masque de fer si vous ne me lâchez pas tout de suite, vous m’entendez ? » Un nouveau cri fendit l’empyrée de l’aula alors qu’elle profitait de l’instant de panique pour se soustraire au joug de ses gardes, s’enfonçant dans la foule en laissant derrière elle son masque. Le nom de sa belle-fille s’étiola jusqu’à elle à travers les clameurs, son cœur se comprimant une nouvelle fois dans sa poitrine. Happée par un mutisme forcé, elle pria intérieurement pour que la régente ne soit pas grièvement blessée, suivant des yeux la progression de son amant qui se ruait auprès de sa sœur, elle détacha néanmoins le sinople de ses prunelles des guérisseurs qui, déjà officiaient auprès de la martyrisée, repérant en un instant le visage séraphin de Strider parmi les curieux qui essaimaient vers le corps affligé de la fille Ravncrone. Alors qu’elle se frayait un chemin, la foule devenue insensible à son statut et à sa présence, elle agrippa le bras de Vex, plongeant ses orbes smaragdins dans ceux de l’assassin. La réminiscente emprise du vin avait déjà glissé de son occiput, sa nébuleuse vésanie faisant place au cristal limpide d’un flegme qui revenait plus aisément qu’il avait été chassé. Si les Ravncrone devaient faire les frais d’attentats, l’entropie risquait plus que jamais de s’insinuer dans les interstices d’un édifice qui se lézardait plus facilement qu’il avait été construit. Et leur chute entraînerait la sienne. Leur chute entraînerait celle de Lorkhan, une lubie de la Fatalité qu’elle ne pouvait se permettre. Alors que la précarité de son plan était jouée aux dés par un coup du sort, elle ne pouvait non plus s’autoriser un faux pas. « Venez avec moi, Strider… » Glissant sa main dans la sienne, elle l’entraîna à l’écart, ses yeux se rivant sur chaque silhouette dans l’espoir d’apercevoir le cygne Ebonhand ; un pennage ivoirien qu’elle ne tarda pas à entrapercevoir alors qu’il se dérobait à l’angle d’une coursive, flanqué d’une autre silhouette gracile et d’une autre à la stature colossale. Soulagée de constater qu’aucun cerbère n’avait suivi les évadés, elle plaqua l’homme de main à l’angle d’un couloir, scrutant les ténèbres qui s’étiraient à l’ouest et la foule cuprifère qui scintillait à l’est. L’angle obtus dans lequel elle s’était niché semblait offrir une vue moins que panoptique aux curieux, leur inopiné conciliabule passerait inaperçu. « J’ai besoin de vos services… » Sa placidité recomposée, elle scruta les prunelles de l’assassin, rectifiant d’une voix sardonique : « Ni voyez aucune allusion perverse, Strider. » Leur précédente rencontre avait laissé sur les lèvres du sycophante une éternelle expression lubrique qui la poursuivait dans ses moindres déplacements. Elle n’avait pas le temps pour les œillades, il fallait agir vite. « Puis-je vous faire confiance, Vex ? »


it lies in all of us
« It will stir... Open its jaws and howl. It speaks to us, guides us. Passion rules us all and we obey. What other choice do we have ? »

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Bouclier des Ebonhand

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mar 13 Mai - 22:47

© crédit tumblr
le grand bal
“ Intrigue numéro un. ”
   

L
a Claymerie avait remarqué l'ombre de l'homme elfique qui se faufilait parmi les convives alors qu'elle valsait toujours avec l'inconnu. Elle avait observé son parcours pour comprendre que l'étrange personnage se dirigeait vers le Corbeau. Bien qu'elle soit chevalier, jurant de protéger les personnages, elle ne réagit pas. Elle ne donna pas l'alerte ni même tenta d'arrêter l'étrange elfe. La parfaite diversion. Elle assista à l'attaque sans réagir, restant en retrait le plus éloigné possible de la scène. Puis, une autre attaque, qui lui avait échapper vint prendre les invités de court lorsque la régente Lorsei se retrouva avec la robe teintée d'écarlate, là où une lame était venue se loger. Les yeux ronds, Jack voulut intervenir lorsqu'elle heurta la princesse Jora. Aussitôt, elle oublia toutes les convives, tout ceux qui les entouraient. Elle ne pensait qu'à une chose, mettre l'héritière en sûreté, loin des lions et corbeaux affamés. Elle passa son bras autour de la silhouette frêle de la jeune femme et manqua d'attaquer Irinwe lorsque celle-ci apparut à leurs côtés, les invitant à la suivre vers la Salle Ovale. Sans un mot, elle hocha la tête. Aucune parole n'était nécessaire, ils savaient tous ce qu'ils étaient venus faire à cette festivité des masques et faux semblants. Evhan suivit la servante elfique et un sourire apparut sur les lèvres de la chevalier. Alors c'était lui le cavalier danseur de la princesse. Elle aurait voulu lui dire qu'elle était ravie de le revoir, le serrer comme un frère d'arme pour ensuite s'évader, mais elle se retint, préférant ne pas perdre de temps.

La quatuor s'enfuit agilement vers la Salle et un passage secret s'ouvrit alors grâce aux talents d'Irinwe. En retrait, Jack préférait fermer la marche pour s'assurer que personne ne puisse les suivre. Lorsque la porte se ferma derrière eux, le meilleur ami aggripa une torche et ils entreprirent le long chemin vers la liberté de la jouvencelle à la chevelure d'ivoire. Evhan prit les devants, ordonna que personne ne passe devant lui. Avec un sourire, Jack acquiesça. Elle préfèrait être derrière, encadrer les deux donzelles si les ennuis s'effondraient sur eux. Elle gardait le silence, ce qui n'était pas dans ses habitudes, mais elle savait que le jeune lion les guiderait. Car lentement, elle commençait à penser qu'elle les aiderait à fuir, mais allait-elle les suivre hors d'Ibenholt? Elle l'ignorait. Son coeur lui disait de rester dans la capitale, que son rôle n'était pas terminé parmi les Corbeaux. Mais en ce moment, elle devait absolument garder sa concentration, ne penser qu'à l'évasion de la princesse qu'elle avait juré de protéger avec sa vie, s'il le fallait.

Les quatre fuyards s'engouffrèrent dans le tunnel Les cris et les acclamations de la salle de bal étaient loin derrière eux et jusqu'à maintenant, ils n'avaient rencontrés aucun problème. Comment avaient-ils pu passer ainsi inaperçu? Marchaient-ils droit vers un piège ou une embuscade pour coincer les fidèles de la digne reine Ebonhand? Dans sa robe argentée, Jack se trouvait ridicule, et regrettait de ne pas avoir enfilé une armure. Mais elle aurait paru suspecte ainsi vêtue pour une danse. Elle tentait de marcher avec agilité, mais les tissus de ses jupons l'embêtaient alors, d'un coup sec, elle déchira le bas de ses voiles pour ne plus marcher sur le tissu. Le tunnel ne semblait jamais finir et la Claymerie se sentait de plus en plus agitée... Ils devaient faire vite... peut-être avaient-ils été suivis... Elle marchait presque sur les pieds d'Irinwe pour marcher plus vite... et elle restait muette, n'ayant toujours pas prononcé mots depuis le début de cette aventure... allait-ce bien finir?
code © quantum mechanics


Fighting for her queen until the end
THE NIGHT GOES ON, WAITING FOR A LIGHT THAT NEVER COMES

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Ours cendré d'Ibenholt

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mer 14 Mai - 4:55

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le grand bal.

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Il fendit la masse sans craindre de quelconques bravades. L’heure n’était décidément plus aux réjouissances et le carnaval des animaux s’était mué en fourmillement cataclysmique. Ici et là, les masques tombaient pour ne dévoiler que des mines faisandées, dégorgeant dans l’atmosphère qu’il devinait jusqu’ici harmonieuse des entrelacs de sueurs disparates et des effluves ferreuses aussi sinistres que capiteuses. La mine brimée de ridules sévères, il ravalait son épouvante comme il s’avançait vers l’attroupement de la salle en priant dieux et chimères qu’il ne découvre pas au sol des filaments nacrés abîmés de reflets écarlates. Lady Blaze, qui l’accompagnait jusqu’alors et qui fut la première de leur binôme à accourir, s’élança à l’opposé en lui préconisant un verbe qu’il sut entendre sans pouvoir y répondre. Ne pas se faire tuer, la belle affaire dans cette salle rendue nécropole. Il aurait voulu lui admonester pareille prohibition mais la tension de ses nerfs le rendait mutique. Balayant un dernier paon, coq ou vraisemblable animal de basse-cour, il parvint à débarquer aux pieds des guérisseurs qui s’affairaient avec confusion et trouble autour d’un corps allongé. Nul cascade opaline échouée sur le dallage, mais une crinière de jais longeant une figure lactescente. Un fleuve vermeil s’étendait sous la corneille, arrachant une grimace de chaos au colosse qui pouvait bien s’abominer de n’avoir pensé qu’à Jora ; Lorsei ci-présente était pareille enfant que l’agonie arrachait au patriarche Snowhelm une nausée bilieuse. S’il ne portait pas tous les freux à égale estime, l’ainée de la fratrie avait toujours su l’affecter et, autoritaire, il fit tonner son phonème grave à l’encontre des badauds fardés qui se pressaient tout autour. « DU VENT. » Beaucoup sursautèrent, certains même glapirent à l’image de leurs animaux totem. Il aperçût la Main elle-même affligée de sanguines meurtrissures, puis hélant une cuirasse qui passait d’aventure, il ne laissa guère le choix au garde que de faire halte à sa hauteur. « Évacuez la salle avant qu’on en vienne à se piétiner. » Souffrant d’un doute circonspect que le fantassin lui renvoyait, le seigneur rugit. « Tout de suite ! » Et l’on obtempéra enfin, aidé d’autres gardes, pour faire suivre les convives vers les seuils respectifs.

Se gardant bien de dire au roi ou au prince ce qu’ils devaient faire, il profita de l’évacuation pour embrasser du regard l’ensemble du quidam. Mais toujours, aucune trace de l’héritière Ebonhand. Il n’apercevait pas non plus Irinwe qu’il avait supposé être en compagnie de la captive, aussi en vint-il à conclure qu’elles étaient déjà loin. Un étau lui broyant la gorge, il revint aux thaumaturges toujours aussi empressés de calmer l’hémorragie de la régente de Ravenhole. Sous le spectacle, le lord quémanda. « Son état ? » Seules des grimaces lui répondirent. « Il faut la porter à l’infirmerie, vous n’arriverez à rien ici. » Quelques chefs branlèrent parmi les guérisseurs, finissant de panser au mieux la plaie ouverte avant de la laisser aux bras du patriarche Snowhelm qui la souleva avec autant de délicatesse qu’il le pouvait. Le vin qui s’était écoulé en flots dans ses veines en début de soirée semblait s’être évaporé – ou tout du moins tamisé – sous les saccades de l’adrénaline. Aussi fut-il à même de porter Lorsei sans flancher d’un seul muscle, pressé par la meute de soigneurs qui voulaient déjà l’emmener à l’infirmerie, il se tourna vers Lorkhan, le ton dépourvu de sympathie mais l’œil avisé. « Altesse, elle a besoin de vous. » Un moyen comme un autre d’emmener le Prince traiter ses blessures sans toutefois mentir ; il était le mieux placé pour savoir qu’une présence aimante était l’alcôve de toute guérison.


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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mer 14 Mai - 16:18

Car j'appartiens aux forêts et à la solitude.

La satisfaction dessinait sur le visage de Jorkell Ravncrone un sourire presque franc. Quelle joie de réduire cette lionne prétendument indomptable aux gémissements plaintifs. Est-ce vraiment le moment idéal... ? Faiblesse. Faiblesse de femme. Bêtises et vices. Son regard s’assombrit un instant, tandis qu’il tendait sa main vers un verre de vin qui se trouvait là. Mais il se reprit assez vite. Il se devait d’être aimable de figure en ce jour, il avait déjà assez d’ennemis pour s’attirer de nouvelles foudres de par son air renfrogné. Le Freux, froid et fier, jeta son œil clair alentour, cherchant un visage connu. Il faisait dans sa tête la longue liste des personnes qu’il se devait d’aller voir ce soir, et ceux parmi là qu’il aurait préféré éviter. Son fils, sa fille bien sûr, quoique la deuxième rencontre serait certainement plus heureuse que la première, Jora sans doute, pour s’assurer que tout allait bien, Lehvinia pour s’assurer de la joie qui se devait d’être la sienne à l’annonce de ses fiançailles – là-dessus, un rictus amusé tira sur la lèvre supérieure du roi, songeant à cette jeune femme qu’il donnait à Lorkhan. Cette histoire détestable et contre nature entre son fils et sa femme le rebutait au delà du possible, et il se demandait ce qu’elle ferait à la jeune Dragonfall, ou si elle ne pourrait pas la faire cesser en s’attachant le Prince aux Fers. Elle était belle après tout, pourquoi pas ? Ensuite il y aurait Crendal Flynn, auprès duquel ses dettes rendaient presque le corbeau charmant, soucieux qu’il était de ne pas se mettre à dos son créancier. L’or. Le nerf de la guerre, le centre du monde. Quelque soit les qualités de guerriers, de stratège, de gouverneur que l’on peut avoir, sans or on n’est rien. Il ne le savait que trop bien, il avait pris pour épouse la sœur de Synric. Il y avait évidemment Dame Nelrenethys dans la liste, il se devait de saluer cette reine des Elfes. Mais aucun de ces noms n’avait dans l’immédiat grâce aux yeux du souverain. Le silencieux, le solitaire Jorkell ne goûtait définitivement pas ce genre de festin. D’abord parce que cela lui coûtait bien trop cher, et ensuite parce qu’il préférait rester au calme à travailler loin de tous ces faux semblants. A la limite, les tournois pouvaient lui faire plaisir, il aimait les faits d’armes, le courage, et le peu de paroles que l’on attendait de lui. Ce soir il faudrait aller, présenter des respects, les recevoir, parler, parler, parler. Pour dire des futilités, pour comploter, pour prévoir. Combien de messes basses se faisaient dans cette salle alors qu’il portait la coupe à ses lèvres et que le liquide sanglant allait à ses lèvres fines et pales.

Mais la coupe n’atteint jamais sa course. Le vin se rependit sur le sol comme coulait à présent le sang de son héritier, tandis que le métal gémissait en rencontrant le plancher. Voilà bien que la soirée prenait une tournure des plus inattendues. Il lui fallut un moment, un moment de trop, avant de comprendre totalement les évènements en cours. « Gardes ! Gardes ! GARDES ! » Sa voix fait écho à celle du prince blessé, tandis qu’il cherche lui aussi à fendre la foule pour approcher sa fille touchée. « La Reine ! » crache-t’il sans vraiment y penser à l’un de ceux qu’il vient d’appeler et qui passe devant lui. Mais il n’a que faire de Sylarne, c’est une autre sorte de terreur qui l’anime. Ses enfants, son sang, son propre sang versé. Il fulmine, il rage, la haine et la colère fait pulser son sang dans ses tempes, il jette un dernier regard à l’elfe que l’on emmène. Cela ne restera pas impuni, cela ne se peut. On assassine son fils aîné, on s’en prend à ses deux cadets. Cela ne restera pas impuni. Il arriva auprès de sa fille non sans difficultés, peu après Dralvur. « Lorsei… » Son chuchotement est presque inaudible alors qu’il baisse son regard vers le sang sur le sol, son sang, son propre sang. En levant les yeux vers Lorkhan, sa rancœur devint encore plus aigre. Son fils, son seul fils à présent, blessé par un autre. Dans les yeux étincelants de la Corneille dansaient des images de massacres, de représailles terribles. La voix de son conseiller diplomatique le tira brusquement de ses pensées morbides. « Vous l’avez entendu ! » Tout ce qu’il y avait de calme et de souriant chez lui avait disparu. Il appuya cependant la dernière phrase de Snowhelm en accordant au prince un regard significatif. Il fallait qu’il se calme, il fallait penser l’esprit clair et débarrassé de toutes passions violentes. « Je ne pourrais jamais assez vous remercier… » Sa main s’était posée sur l’épaule de son Conseiller, mais sa phrase resta un moment en suspend. La Freux et la Main Blanche. Ce sont les termes de l’assassin. « Ebonhand… » Sa voix n’est plus qu’un murmure comme il se tourne vers la foule qui quitte la pièce. Non, Jora a été mise en sureté, il n'a pas à s’inquiéter. Mais une pensée étrange ne le quittait pas alors que son attention allait à nouveau à ceux qui avaient été blessés.

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le vol du corbeau annonce le charnier et sous ses ailes sombres se déploie l'ambition.

un homme responsable de ses actes est un homme de qui on peut tout craindre. Your mother's dead. Before long I'll be dead, and you and your brother and your sister and all of her children, all of us dead, all of us rotting underground. It's the family name that lives on. It's all that lives on. Not your personal glory, not your honor... but family. You understand ?

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mer 14 Mai - 16:54

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Shield the queen

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La dévastation avait laissé place à la rage. L'adrénaline pulsait désormais dans mes veines, me portant à réaliser de grandes enjambées quoique gênée par ma robe. L'étoffe bleu nuit ne protégeait nullement mon corps et si une lame le rencontrait, je m'en sortirai avec une entaille ou pire. Mais j'étais armée. Tenant d'une main le bas de ma robe, et de l'autre l'épée dont Lady Sylarne avait cru bon de m'honorer, je fendais bientôt la foule dans la Salle de Bal, après un dernier regard à Dralvur. L'aparté était terminé et mon devoir m'appelait en hurlant. Fendant la foule, j'arrivais non loin de l'endroit où la Reine aurait du se tenir et je n'y voyais que deux imbéciles qui ne savaient où aller et semblaient perdus. Je les connaissais, ils étaient censés garder Lady Clanfell avec moi, mais elle leur avait fait faux bond. Il n'était nullement le temps de faire un esclandre, mais je les rudoyais sévèrement avant de m'élancer dans la direction où, d'après eux, ma protégée s'était éclipsée. Ils ne savaient pas trop, à vrai dire, où elle avait pu partir, vu qu'elle s'était élancée dans la foule et s'était soustraite à leurs regards bovins. Pestant de nouveau contre des imbéciles pareils, je scrutais la salle un instant, tentant de déduire où elle avait pu partir. Un instant, un seul, j'en vins à me demander si elle n'était pas partie avec Lady Jora, en profitant du chaos. Mais non. C'était impossible. Improbable.

L'instinct protecteur guida mes pas jusqu'à un couloir sombre. Je ne savais pas si elle y était, mais lorsque je m'extirpai de la foule qui commençait à être évacuée, j'avançais vers les ténèbres et hasardais, m'attendant à n'entendre que le silence du désert : « Milady ? » L'épée prête à parer un quelconque coup venu de l'ombre, je restai vigilante, ignorant que la Reine n'était qu'à quelques mètres avec un homme retors qui ne m'inspirait nulle confiance (et nul respect, de surcroit). Les ténèbres les confisquaient à mes prunelles éblouies par tout le faste que je venais de traverser : il me faudrait quelques secondes avant que je puisse m'adapter au peu de luminosité. Je tendais l'oreille et jetai un coup d'œil derrière moi alors que les cris persistaient à retentir dans la salle des fêtes. Personne ne venait. Devais-je encore attendre quelques secondes que l'on me réponde ? J'avais l'impression d'être observée : je devais en avoir le cœur net. Je réitérai, faisant quelques pas en avant et resserrant ma prise sur la rapière d'acier solvite, happée par la nuit du corridor : « Lady Sylarne ? »


Spoiler:
 


choosing sides.
She was flitting to one side to the next, serving which ever lord or lady she fancied, they thought. Yet, Blaze lacked the wits to be a liar, and she was loyal past the point of sense. She just didn't know anymore who to be loyal to.
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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mer 14 Mai - 18:52

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lorkhan ravncrone
le grand bal
Peu à peu, le chaos qui s'était abattu sur eux s'estompait, les invités qui n'avaient pas pris la fuite de peur d'être les prochaines cibles de « l'Elfe Fou » se dispersant peu à peu afin de faciliter les allées et venues des gardes et des secours qui s'organisaient autour de Lorsei. Lorkhan, lui, restait là, presque interdit de toute action, encore pris dans le tumulte qui mettait sans dessus dessous son esprit. Que devait-il faire ? S'il s'écoutait, il prendrait directement la direction des geôles afin de faire souffrir au centuple son agresseur, celui qui venait peut-être d'assassiner la personne qui était sans nul doute la plus chère à ses yeux. A cet instant, l'idée de la voir peut-être mourir, là, sous ses yeux, lui fit entrevoir l'immense sensation de vide qui obscurcirait son coeur si cela devait arriver. Mais que pouvait-il y faire ? Elle, qui était venue à son aide alors que Lorkmir et ses acolytes lui faisait connaître l'Abîme ... Lui n'était pas guérisseur, et nombres d'entre eux s'affairaient déjà autour d'elle et ils entreprendraient bientôt de l'emmener en dehors d'ici, loin des pleurs et des tensions. Soudain, Lorkhan fut tiré de sa torpeur par les mots de Dralvur Snowhelm qui s'empara de sa soeur, ainsi que par l'arrivée de Jorkell. Tout deux l'exhortaient, plus ou moins clairement, à se calmer et à accompagner Lorsei dans l'épreuve qui l'attendait, et même sa blessure l'y incitait, le relançant sans cesse. Pourtant: « - Non, non ... Si elle  ... Si elle devait ...   » Les mots ne venaient pas.  Il avait peur. Peur de la voir mourir devant lui, là, juste sous ses yeux, sans qu'il ne puisse rien y faire. Pourtant, il savait qu'il devait s'y résoudre, c'était son devoir, et c'était sa dette.

Il ne fallut que l'irruption d'une nouvelle voix pour que Lorkhan ne se retourne, faisant tout de même signe à Dralvur de mettre Lorsei en sécurité. C'était un garde à la voix cassée, essoufflée. Lui aussi avait peur: « - Votre Majesté ! Votre Majesté ! Les Elfes ... C'est les Elfes ! Ils nous attaquent ! Et la foule, par tout les Dieux, la foule se rebelle ! » On lui fit signe de se calmer et, au bout de quelques instants, il parvint à reprendre son souffle: « - La Mascarade ... Ils nous ont surpris, là, ils sont sortis de la nuit, ces chiens ! On a rien pu faire, ils étaient trop nombreux, trop ... » Il ne trouvait pas les mots. « - Tout s'est passé si vite. Ils ont tué les autres gardes en faction, puis ils ont poignardé un Ebonhand. La foule s'est embrasée presque instantanément, c'est le chaos ! »

Lorkhan restait là, ébahi par les déclarations de l'estafette. Comment était-ce seulement possible ... ? Le récit qu'il venait d'entendre était tout sauf limpide, mais le Prince en avait compris assez pour demander, presque incrédule: « - Es-tu certain que ce sont les Elfes ? »  Le soldat acquiesça d'un hochement de tête qui ne trahissait aucun doute, avant d'ajouter: « - Ils arboraient un olivier sur eux. Les armoiries de Sorhelm. » Lorkhan n'en crut pas ses oreilles. L'attaque décrite à l'instant ne pouvait être une coïncidence, ça ne pouvait être le fruit du hasard. D'un coup, sa haine, qui s'était quelque peu assoupie, se réveilla comme un brasier que l'on venait de raviver tout à fait. Se tournant vers son Père et les gardes qui l'entouraient, il déclara haut et fort, aboyant presque, fulminant de colère: « - Que l'on fasse arrêter les Elfes, Père ! Trop de monde a déjà pu fuir, trop d'entre eux ont déjà pu quitter Jernvugge ! Ils s'en sont pris à Lorsei, ils sèment vraisemblablement le chaos en ville ! Et ils portent les couleurs de Sorhelm ! On ne peut prendre le risque de les laisser s'évanouir dans la nature ! » Et, tandis qu'il considérait les invités encore présents autour d'eux, son regard croisa celui de Nelrenethys: « - Et faites désarmer la garde de Sa Majesté, puis qu'on la mette en sécurité. Ce serait un drame si on venait à confondre les Elfes Austraux avec nos agresseurs, n'est-ce pas ? »

Cette fois, sa voix ne demandait pas: elle ordonnait. Et déjà quelques hommes déguerpirent au pas de course. Bientôt, tout Jernvurgge serait en état d'alerte. Tout comme l'était son corps: trop longtemps ignorées, les blessures du Prince se rappelaient à lui avec plus d'insistance à chaque fois. Ses pensées, rendues confuses par l'agitation et les dernières évélations de l'estafette, se mélangeait à sa haine et à sa colère. Il n'avait fallut que l'habitude de la raison pour qu'il parvienne à tempérer ses propos. Mais quoi ? Il ne pouvait plus reculer: s'il ne pouvait soigner lui-même Lorsei, il ferait payer ceux qui avaient osé s'en prendre à elle, fut-ce la Reine Australe elle-même.
 


-
Lorkhan Ravncrone,
hand of the king and heir to the throne
« Anger is running through my vains, so fucked it's driving me insane. No health, no hope, nothing but pain. 30 years to go you said i should be the best, you said i have to prove myself, you said we're a family. 30 years ago. Stuck in the holy money game, gave me a number for a name, stole my life and kept the change. Hey man there's a riot goin'on ! »

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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mer 14 Mai - 19:39

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le grand bal.

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Comme la Main expiait son épouvante, il toisa Lorkhan avec moins de rudesse qu’il ne l’avait fait jusqu’alors. « Son heure n’est pas venue. » Lui-même cherchait à s’en convaincre par l’élixir de son verbe, lorgnant le Roi Jorkell d’un œil circonspect. Il cherchait sa captive et son patronyme glissa jusqu’à l’ouïe du patriarche qui rassura derechef le souverain. « Elle est très certainement en sûreté, Majesté. Les gardes ont dû la ramener dans ses appartements. » Se gardant d’émettre un avis trop confiant et restant sur des termes présumés, il acheva toujours pour le suzerain, Lorsei à bout de bras. « Vous devriez vous aussi quitter le tumulte mon Roi, on ne sait pas si le danger est véritablement écarté. » Le corps entre ses mains s’épuisait de son sang, souillant la fastueuse étoffe dont était pourvu Dralvur et l’alarmant plus encore. L’un des guérisseurs le pressa à nouveau de s’en aller, ce qu’il s’apprêta à faire avant qu’un garde ne remonte la foule pour venir jusqu’au Prince, le souffle coupé. Son phonème statufia l’Ours qui marqua un arrêt et considéra le factionnaire avec une sourde anxiété. Il semblait que le Chaos, dans sa plus pure engeance, s’était liquéfié des arcades du palais pour vomir son effervescence dans les rues de la cité. Incapable de mettre le doigt sur l’épicentre réel d’une telle subversion, il accueillit l’ire de la Main avec malaise. La colère, la révolte et la vengeance semblaient être les cavaliers de ce cataclysme et, contaminé, Lorkhan faisait les frais d’une bile qui n’était pas pour rassurer Snowhelm. Fatiguant de son étreinte, l’esprit divisé entre l’état de la blessée et le bouleversement qui se jouait, le Conseiller héla sans courtoisie protocolaire la Reine de Sorhelm. « Majesté ! Suivez-moi je vous prie. » Il ne voulait en aucun cas laisser Nelrenethys aux mains de la garde d’Ibenholt, trop gangréné par les exactions passées des souverains qu’il avait servi. Si le ton se targuait d’un respect formaliste, son timbre, lui, fusait avec autorité. « Venez à l’infirmerie, vous y serez en sécurité. » Vous serez avec moi, intimaient ses onyx, avant de fouler enfin le carrelage rendu sale et sortir de la salle accompagné par la meute des rebouteux. La Reine du Sud, espérait-il, le suivant de près.


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MessageSujet: Re: Le Grand Bal   Mer 14 Mai - 21:01





L

........es honorables invités du grand bal devaient tous être présents à l'arrivée du maître en ces lieux, seigneur freux patriarche de la portée d'immondes traîtres qui avaient fait planer sur le royal chef de Nelrenethys première du nom l'ombre d'une menace. Ovations et courbettes, son annonce la Reine en avait déjà deviné la teneur, comme la plupart des gens de l'assemblée, rien n'était moins cérémonieux qu'une annonce se voulant officielle, mais l'elfe pouvait aisément comprendre se désir d'asseoir et d'affirmer sa place d'hôte de Jernvugge. L'atmosphère se voulait enjouée, à l'instar des épousailles à venir qui ravivaient l'éclat de deux royaumes s'unissant sous une même bannière, mais rien ne se déroulait comme espéré. La souveraine avait senti la présence du bourreau au milieu de l'assistance, les elfes dégagent une odeur spécifique et facilement reconnaissable pour quiconque savait la déceler, une aura même, teintée de leur ancestrale magie, la trace de leur longévité ne pouvait passer inaperçue, encore moins pour la représentante de leur glorieuse ethnie. Bien qu'appartenant à sa race, il suintait de son être une noirceur toute glaciale, aux antipodes de la douceur du Beau Peuple sudiste.
Ressentir sa compagnie était une chose, pressentir son action une autre. Trop vif, trop imprévisible, il faucha dans son sillage la malchanceuse Lorsei se trouvant sur son passage, avec qui Nelrenethys avait échangé quelques paroles un instant plus tôt. L'essaim en délire fut secoué de panique et nombre de frileux s'empressèrent de quitter l'aula tandis que d'autres s'amassaient comme des sangsues autour de la victime qui gisait lamentablement sur le carrelage duquel dégoulinait le fumet chaud de sa plaie sanguinolente. Chacun criait à qui voulait l'entendre, les dames pleuraient et se laisser aller à la folie de l'attentat, sous le choc. Faibles dindes, ainsi est la vie, la mort n'en est qu'un chapitre de plus. Se dit-elle intérieurement, comme excédée du comportement des stupides mortels qui en cette soirée faisaient légion. Non pas qu'elle ne ressentait rien quant à l'état de la régente, les affaires des corbeaux n'étaient pas les siennes, et forte comme sa fratrie, elle s'en sortirait, mais une autre préoccupation lui dévorait l'esprit, rongeant le peu d'armure lui restant en ce palais ouvertement hostile à sa présence. L'assassin, un elfe, sang de son sang, il était inévitable que ces crétins d'humains ne fassent un rapprochement avec sa personne. Pourtant ce n'était pas la crainte qui guidait ses réactions, mais la lassitude, toujours son ascendance avait été assimilée aux Nordiques, mais ils n'en savaient rien, ne connaissaient rien du schisme entre les deux peuples.

Comme elle s'y attendait, un balourd de la garde porta l'accusation fatidique, elle l'entendit beugler au Prince-aux-Fers et au restant de foule qu'ils étaient à l'origine d'offensives dans la cité. Toisant l'enfant corneille de toute sa stature, la souveraine demeurait impassible et guettait sa réplique, qui ne se fit pas tarder. « Un drame en effet, Votre Grâce. » Lui répondit-elle avec un flegme presque insultant. Avait-elle vraiment besoin de clamer son innocence dans cette affaire ? La blancheur de ses mains quant aux agissements de ces usurpateurs ? Ne pouvant cependant se permettre d’altérer les fragiles relations qu'elle avait noué quelques jours plus tôt avec l'homme pour qui elle nourrissait beaucoup d'estime, surpassant sa fierté et préférant la sagesse, elle s’avança vers Lorkhan en cherchant dans son corsage le parchemin qu'elle conservait. « J'espère, mon ami, que vous ne pensez sérieusement ce que vous insinuez, et qu'au fond de votre cœur vous savez que ce ne sont que de viles calomnies ! Je regrette ce qu'il vient d'arriver, aussi bien concernant votre sœur, qu'Ibenholt et sa populace. Sachez que je ne suis point venue en ces terres lointaines pour y semer les graines de la discorde, je n'ai encore moins voulu vous pétrir de belles paroles lors de notre entretien en mes appartements, en ces lieux je suis bien la seule âme s'adressant à vous avec honnêteté, j'espérais qu'il en était de même de votre part. » Reprit-elle en conservant sa superbe alors que la précipitation et la fébrilité prenaient possession de ses mouvements. D'un geste rapide elle attrapa la main de son interlocuteur, abasourdi, et y déposa le papier froissé. « Mon Prince, par pitié dites moi la vérité quant à ce message ... » Lui murmura Nelrenethys dans un souffle, interrompue dans sa supplication par Ser Snowhelm ,qui, avec toute l'autorité dont il savait faire preuve, l'invitait à le suivre. Un rayon de soleil dans la brume, un éclair dans l'obscurité, laissant le corbeau là, elle emboîta le pas de l'Ours qui se dirigeait vers les lourdes portes d'ébène qui précédemment s'étaient refermées sur son destin, dorénavant troublé.



Lay down your sweet and weary head. Night is falling, you have come to journey's end. Sleep now and dream of the ones who came before. They are calling from across the distant shore. Why do you weep? What are these tears upon your face? Soon you will see all of your fears will pass away. Safe in my arms you're only sleeping

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