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 [PV Greer Claymerie] The Two-headed Monster

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La Veuve Noire

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La Veuve Noire
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MessageSujet: [PV Greer Claymerie] The Two-headed Monster   Mer 28 Mai - 15:37

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Greer et Lumen Claymerie
   The Two-headed Monster
   
I
l faisait sombre, bien trop sombre. Les pas de son destrier, lourds et lents, la faisaient frémir d’une angoisse mêlée à de la frustration. Seule, l’ombre encapuchonnée croyait en sa bonne étoile pour sortir vivante de cet endroit. Arrogante défiance face à la Fatalité, Lumen était seule dans la sombre forêt de Dagoth. Encore un dieu auquel elle ne croyait pas, et qui, peut-être, pourrait se venger ici et maintenant de son manque d’humilité. Là, il pouvait la recouvrir de l’ombre qui tapissait le reste de la triste sylve, et la noyer dans le silence pesant qui planait tel une menace en ce lieu. Noble ou non, la Fatalité ne s’attardait pas sur ce genre de détail mortel lorsque venait son heure pour frapper, et emporter avec elle celle qui lui avait déjà échappé d’entre ses doigts squelettiques. Oui, se disait Lumen, portant ses bagues frappées aux armoiries de sa maison à ses lèvres, elle s’était déjà jouée de la mort et le refera si nécessaire. Rien ne pouvait arrêter celle qui forgeait son propre panthéon. Oubliez la mort de paille et  celle des combattants, oubliez ces poussiéreuses divinités. Croyez en elle et sa mort lente, insidieuse, et efficace. Le poison est sa seule rédemption.


T
out comme la frustration qui brûlait en elle. Perfide et durable sensation qui faisait serrer les dents de la belle. Lumen n’aurait pas dû se retrouver ici, et encore moins seule. Après la mort de son pauvre époux, elle s’était rendue en diligence à Ravenhold, quittant ses terres natales qu’elle avait jusqu’à lors connues pour se lancer dans le grand rien. Grand rien, car le frère qu’elle pensait trouver là-bas n’y était pas, grand rien, parce qu’au final, Ravenhold regorgeait de familles semblables en tout point aux Greyson, stupides bourgeois qui se sentaient pousser des ailes dès qu’un peu d’or rentrait dans leurs caisses. Ces mêmes gens sales, opportunistes, ces mêmes nobles respirant la suffisance avec leurs femmes qui croient avoir une quelconque puissance grâce à l’alliance qu’elles portent fièrement au doigt. La proximité du pouvoir fait croire à ces aveugles qu’ils en ont, mais il n’en est rien. Certes, Lumen leur sourit, Lumen les remercia de l'accueil et de l'hospitalité qu'ils avaient procuré à cette femme liée par le mariage à leur famille, branche lointaine des Freehold, maison de feu son mari. Elle leur promis un juste retour lorsqu’ils viendront en Hvittjell, de la part de la famille Claymerie. Lumen joua le jeu, tout en vomissant leur confortable sentiment de toute-puissance qui se dégageait d’eux, véritable aura malsaine et totalement factice ; elle sourit avec retenue lorsqu’ils lui demandèrent avec une pointe de dédain et d’amusement si sa maison n’était pas déchue, et se promis, oh oui, se promis un jour de leur rappeler leurs hautaines paroles lorsque l’étendard aux deux truites flottera haut dans le ciel bien trop clair de Ravenhold.

Mais ce ne sera pas pour tout de suite. Après plus de cinq jours de voyage pour aller d'Hvittjell jusqu'à Ravenhold, Lumen ne trouva pas ce qu’il lui fallait pour reformer cette famille qui faisait encore hausser les sourcils. Si près du Palais, mais à la fois si loin, la jeune femme sentit une fois de plus l’avide flamme de la frustration brûler en son sein. Ici avait été déclaré la trahison de sa famille, et ici, mais dans un futur dont elle s’assurera le bon déroulement, les Claymerie seront au sommet de leur puissance, au sommet de l’Arrête du Ciel. Ils seront grands oui, un jour, mais avant cela fallait-il retrouver ce frère qui semblait n’être fait que de fumée et de ragots. Et elle serra les points, et elle serra les dents. Son tortionnaire de frère, cet homme sur lequel les pires horreurs circulaient à son propos venait tout juste de quitter la cité pour se rendre à Ibenholt. Bien. Si la patience lui était demandée, elle en fera preuve, sombre femme refoulant son impulsivité naturelle, et elle ira à Ibenholt.


M
ais la fortune se joua une fois de plus de Lumen. Comme si les dieux s’étaient ligués contre l’infidèle, ses hommes s’arrêtèrent à mi-chemin entre Ravenhold et la forêt de Dagoth. Leur séjour à la capitale les ayant totalement pervertis, découvrant avec stupeur les accusasions que le petit peuple propageait sur l'étrange Lumen, ils refusaient à présent de servir une femme qui pouvait les tuer alors qu’ils buvaient une bière. Ils refusaient de servir une femme qui avait probablement tué leur ancien Ser, une femme qui s’était mise en tête de chercher un homme aux milles vices. Oh, elle ne pouvait rien faire Lumen. Repartant avec la calèche et les chevaux, elle n’eu que son cheval pour elle, et la grand rien à perte de vue. Encore et toujours ce vide qu’elle trouvait en toute chose. Pas une trace de vie humaine ne se voyait à l’horizon, raison pour laquelle les ingrats avaient décidés de l’abandonner ici à la merci des coupe-jarrets et autres violeurs, plutôt que de révéler leurs intentions à Ravenhold, ou ils auraient été aisément remplacés. Non, ils voulaient que cette sorcière paie, ils voulaient qu’elle crève comme la chienne qu’elle était dorénavant à leurs yeux, et, sans nouvelles d’elle, ils dépouilleront simplement le modeste château dont elle avait hérité et partiront vers un autre fief.


S
eule était une fois de plus Lumen. Etoile déchue, elle avait décidé de continuer d’aller de l’avant, et s’était enfoncée dans cette sombre forêt. Elle et sa rage, elle et sa frustration. Seul le sang-froid qu’elle était capable de garder de manière impressionnante avait fait qu’elle n’était pas rentrée à Hvittjell, déshonorée, mais sauve. Ses lèvres touchèrent les lourdes pierres sertissant ses doigts fins, et elle les embrassa lentement. Plus que le simple son des sabots de son cheval sur la terre molle, c’était à présent un bruit distinct qu’elle pouvait percevoir au loin. Ces bois, propices à la paranoïa qu’elle avait toujours eue, semblèrent se refermer autour d’elle. Cage sylvaine, Lumen hésita à faire demi-tour, avant qu’un sursaut d’orgueil ne le lui interdise. Non, elle ne rentrera pas sans ce qu’elle avait cherché, dusse-t-elle se retrouver en fort mauvaise compagnie. Le bruit distinct d’épées s’entrechoquant lui parvint à mesure qu’elle s’approchait, suivant l’étroit chemin de terre récemment labouré par de lourdes roues. Lumen jouera de la chance insolente qui la suivait depuis toute petite, et quittera vivante la forêt d’un dieu qui voulait sa perte.

En silence, elle et sa monture arrivèrent finalement dans la large clairière ou se déroulait l’affrontement. Ses yeux, perles d’eau pure, glissèrent sur le convoi, renversé, sur ce cheval qui, bloqué à cause de son harnachement, hennissait de peur. Ces tripes, éparpillées au sol tel une peinture démoniaque, captèrent très rapidement le regard de la belle qui n’eu qu’à suivre ce chemin d’hémoglobine pour voir deux hommes combattre. Malgré l’armure de ce qui semblait être un chevalier, l’homme peinait à faire face au voleur. Spectatrice silencieuse de la fin du massacre qui venait de se dérouler, Lumen tira sur la bride de son cheval afin de contourner discrètement le lieu, source de mort et de souffrance. Mais un râle d’agonie la fit sursauter, et son corps tremblant se figea. Seule sa tête se tourna vers l’origine de ce bruit qui, bien qu’elle ne le connaissait que trop bien, l’avait surpris. « Il est.. Seul.. Un fou.. Fuir.. » C’était un homme, ou plutôt, un jeune garçon. Jetant un coup d’œil aux deux épéistes pour voir si le manque de discrétion de ce cadavre en devenir ne l’avait pas fait repérer, Lumen se pencha sur le corps encore juvénile, du haut de son cheval. Seul. Cette homme, bondissant autour d’un chevalier rendu totalement impuissant, avait donc fait ce massacre à lui tout seul ? « Ma Lady.. » La personne qu’elle observait, bien que perdue dans ses pensées rien qu’à l’idée qu’un seul être ai pu accomplir un tel miracle, tendait son bras à la main coupée vers elle.


U
n sourire déchira son visage de marbre. A quoi bon servait la fuite, si cet étranger avait mis en déroute un convoi entier ? Alors Lumen se redressa, et tira de nouveau la bride de son cheval ; mais cette fois-ci, non pas pour contourner la clairière, mais pour y rentrer pleinement. Faisant attention à bien faire passer son destrier sur le corps mourant du jeune homme, les craquements que sa carcasse produisit sous les sabots de l’animal lui donnèrent des frissons. Bien que ses mains soient serrées telles des étaux sur la crinière de son cheval, masquant la crainte qu’elle éprouvait tout de même au fond d’elle, Lumen s’avança fièrement vers les deux hommes. Silencieuse, ces derniers ne la remarquèrent même pas et continuèrent de tenter de sauver leur vie. « Dix écus sur le coupe-gorge ! » Sa voix, claire et assurée, fit savoir aux combattants sa présence et le chevalier s’interrompit brusquement pour tourner sa tête ahurie vers cette voix bien trop vivante parmi ce qu’il croyait n’être qu’un champs de mort et de désolation « Qu’est-ce.. » Un bruit sec termina sa phrase, transformant l’expression étonnée qu’il arborait en un rictus de douleur lorsque le-dit coupe-gorge profita de la baisse de sa garde pour lui enfoncer la pointe de son épée dans les côtes.
Le corps de l’homme tomba, lentement, encore accroché à la lame de métal, découvrant celui qui, derrière-lui, avait le visage tâché de sang. Lâchant l’encolure de son destrier, les mains un brin tremblantes de Lumen se réunirent.. Et applaudirent. Spectacle morbide qu’elle avait apprécié, la jeune femme applaudit le personnage principal de cette scène finale. Elle applaudit la Mort incarnée en cet être, la salua à sa manière – illogique et dangereuse – comme si face à cet inconnu, elle se savait en sécurité. L’acte final venait de se dérouler sous ses yeux, pourquoi s’en prendrait-il à elle, intrépide Lumen qui pouvait s’enfuir de ce lieu maudit au triple galop ? Rien ne servait de pleurer ces âmes qu’elle n’avait jamais connu, alors mieux valait récompenser l’exploit que cet homme venait d’accomplir. Elle célébrait sa survie en quelque sorte, elle, la semeuse de morts. « Je pourrais vous faire chevalier inconnu, mais il ne me semble pas avoir l’honneur de connaître votre nom. » Son sourire s’agrandit, tandis que ses prunelles balayaient le désastre qu’il avait provoqué, puis elle ajouta : « Peu sont capables de tant de prouesses, je vous admirerais presque. »



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MessageSujet: Re: [PV Greer Claymerie] The Two-headed Monster   Mer 28 Mai - 18:56

greer & lumen

The Two-Headed Monster


M
édullaire, la violence serine son écho sur l’adret de sa cage thoracique, ergastule osseuse qui n’incarcère qu’un cœur putréfié et des affects délétères. La route est longue depuis Ravenhole jusqu’à la Veuve de Septentrion et c’est le séant juché sur une monture à la robe d’anthracite qu’il a transporté sa séraphique gueule jusqu’à la forêt de Dagoth ; domaine morcelé d’âmes en perdition qui en fauche plus encore, puisque nulle tête n’échappe à l’écimage du Moissonneur dont le ventre béant hurle une inanition sans borne. Le Corbeau s’est soustrait du sanctuaire pétré des remparts, laissant dans son sillage une anamnèse gonflée de mortifères plaisirs et les girons brûlants des catins qu’il appelle toutes Raven. C’est la langue toujours alourdie de la libation de leurs cuisses qu’il a rassemblé ses maigres affaires, couvrant le glabre de sa silhouette crayeuse d’une pèlerine gris d’orage avant de clouer à son dos un arc et aux flancs de son destrier deux épées, sans compter sa kyrielle de dagues, surins et poignards en tout genre. Il ne voudrait pas perdre la main. La tellurique odalisque des bois l’appelle et il s’y enfonce, avalant les brumes et les frigides mânes qui l’enveloppent aussitôt. Tout dans cette nécropole sylvestre embaume le sépulcre, depuis les résinifères en décomposition jusqu’aux carcasses évidées des proies forlancées, mais le belliciste n’en a cure, trouvant dans les matriciels bois les quelques pans d’une aisance qui est sienne tout à fait et qui le pousse à sculpter sur le grès albâtre de son faciès les fentes de ses orbes mercuriales qui deviennent chasseresses, s’attachant à chaque mouvement dans les fourrés ou dans les futaies pour se faire empire de tous ses sens acérés. Et dans l’acuité de son escient primitif qui se fait effervescence, il perçoit le doux requiem de voix dévorées par les brumes de la distance. Alléché par la perspective d’une imminente vénerie, il tire sur la bride et débouche dans une clairière où un fourgon semble empêtré dans une mare de boue. La dizaine de reîtres et marchands occupés à tenter de déloger la calèche de sa prison fangeuse remarquent la présence du pèlerin, puis le hèlent, réclamant son aide. « Je vous en prie, nous sommes trop peu pour la déloger… » Amusé, le corbac voit l’épigone d’un sourire avenant s’imprimer sur son visage sybillin alors qu’il descend de son cheval, rejetant par-dessus son épaule sa cape pour prêter main forte aux infortunés. Quelques tentatives réussissent à faire de leur mauvaise fortune un heureux dénouement et c’est l’œil rapace que le tortionnaire avance une patte vers une vénusté aux prunelles d’empyrée - probablement l’épouse d’un des négociants - pour y apposer une griffe famélique. « La forêt recèle de bien belles surprises… », l’abreuve-t-il d’une voix qui n’a rien de chaste, parcourant de ses pupilles fauves les vallons d’un galbe comprimé dans la bastide d’un corsage. L’époux lésé ne tarde pas à darder sa langue d’une réplique qui nielle la lithiase de son visage d’une fente squale d’où pointent de laiteuses canines qu’il vrille en direction de son vis-à-vis. « Vous en avez du culot de parler ainsi à ma femme, entouré d’une bonne dizaine de mercenaires ! » Suppurant écume d’une volcanique colère, le vioque fait l’erreur de dégainer une rapière avant de l’agiter sous le museau lupin ; glaive dont s’empare aussitôt le tortionnaire, ses paumes embrassant sans l’ombre d’une hésitation l’arête effilée de l’arme, en mordant les chairs et nippant le métal d’une liqueur rubiconde. « Que… » est l’unique phonème qui traverse les lèvres stupéfaites de l’infortuné qui voit son bourreau lui arracher la lame des mains avant de lui plonger dans l’œil ; une averse d’humeur aqueuse grêlant sur son visage adamantin déchiré d’un sourire qui n’est, en fait, que la pastiche psyché d’une appétence dissolue.


L'
orage ferreux d’acier qu’on dégaine ne tarde pas à déverser sur l’inopiné conclave une tempête des plus entropiques, la gueule maculée de substrat du dogue se retournant vers les reîtres qui lui font face alors que vagit l’impudente catin qu’il emprisonne d’une paume impitoyable en se saisissant de ses nippes pour la ramener contre son torse, un surin venant se calquer au versant d’une carotide exposée à la caresse flave d’un hélianthe qui peine à pourfendre la dense végétation. Devant la singulière prise d’otage, les mercenaires se statufient, incertains, l’épée toujours suspendue entre le sol et l’inconnu. « Je regretterais sincèrement avoir à vous priver d’une telle beauté… » Un doigt s’attarde sur la gorge offerte, remonte le cours d’une mâchoire féminine alors qu’il darde ses azuréennes prunelles vers celles de la captive oiselle. Esquissant un nouveau sourire carnassier, il relève son minois vers les sbires alors qu’un marchand les enjoint à obéir à l’insurgé. Et c’est la gueule bée par un rire moqueur qu’il fait rugir son phonème railleur : « À vrai dire, je n’en ai rien à foutre de cette chienne. » Puis devant leurs masques stoïques, il étire une crevasse sanguine sur le parchemin de la gorge qu’il tient sous le joug de sa dague, faisant sourdre une hémoglobine poisseuse avant de relâcher son étreinte, se débarrassant de l’exsangue pour l’enjamber et plaquer ses mains sur le crâne d’un marchand dont il ne tarde pas à briser la nuque dans un fracas osseux. Les reîtres fondent sur lui comme charognards sur une carcasse putrescente et il moissonne sans égard pour les chairs qu’il nielle des aspérités de sa lame, enfonçant tantôt son poignard dans le suaire d’une bouche ouverte tantôt dans les épigastres damasquinés de cuir bouilli, ses dextres se maculant d’autant de stigmates d’escarres sanglantes ou d’estafilades létales et alors qu’il se repaît avec indécence du claquement des glaives, du fumet du métal sanguin et des mélopées de la chute des corps, il fait face à un ultime adversaire, un mercenaire à la gueule bariolée de sueur et d’érubescences. Quelques fugaces secondes réussissent à permettre à leurs poumons de se tapisser d’oxygène avant que ne s’enchaîne le tonnerre des aciers, le tortionnaire foudroyant de son épée celle de son adversaire, les fils se caressant avec brutalité pour venir se loger à nouveau contre leur jumelle une fois relevés. Et dans les tonitruants hurlements des épées, une voix se fait entendre, vrillant le corbac d’un rictus amusé alors que les némésis cessent le bal des estocs pour tourner vers l’intruse des prunelles sidérées. « Qu’est-ce… » est l’ultime lexie qui traverse la panse de la soldatesque alors que Greer cloue sa rapière à l’épigastre du belliciste, distordant les chairs et les os de la cage thoracique qui s’épanche en un dernier soupir avant de venir embrasser la fange qui tapisse le sol de leur duel.


L
e tortionnaire lève vers l’importune un museau taché de cruor, une poix tiède qu’il chasse d’un revers de la main, parementant la manche crasseuse d’un peu plus de saletés avant de sculpter sur sa longiligne lippe une expression perplexe qu’il ponctue d’un sourire goguenard. Le noble syntagme de la belle se décline en ironiques morphèmes et en de morbides applaudissements qui arrachent au bourreau une amusée lueur qui vient empanacher ses prunelles mercuriales. « Et vous m’adouberez avec quoi, dites-moi ? » Ses orbes lucides s’attardent sur les moindres anfractuosités ligneuses de ce visage séraphique, révélant dans une carnation laiteuse des prunelles pers d’une vénusté renversante. S’approchant de la sylphide avec la même expression amusée, il pose une patte sur l’encolure du cheval où siége la belle, glissant ses doigts sibyllins dans la crinière rêche. « Me ferez-vous aussi roi de votre castel, vous qui voyez dans un massacre une prouesse ? » Sans attendre, il se saisit de la nymphette, amarrant une paluche à sa hanche pour la faire glisser de la bête jusque dans ses bras puissants avant de l’étendre sur une couche herbeuse, engonçant le corps frêle dans ce berceau d’émeraude pour y apposer le sien, la surplombant entièrement de sa silhouette menaçante. Il ne lui laisse même pas le temps de pousser hoquet de stupeur avant de glisser une main sur la soyeuse cuisse, vrillant l’éclat diamantin de ses yeux au sien, la lippe toujours émaillée d’un sourire squale. « Dites-moi, vous qui semblez si souveraine et altière dans cette forêt mortifère, si mes nouvelles prérogatives de lord me permettent d’exercer sur votre noble personne un incoercible droit de cuissage…? » Il s’enhardit de ses paroles, faisant couler son effrontée dextre sur la peau délicate de l’oiselle jusqu’à la jonction de son intimité où il appose sa griffe, comme pour joindre le geste à la parole, la gueule toujours dévorée de sa sempiternelle malice carnassière qui fait écho à l’inanition charnelle qui taraude son bas-ventre. Se penchant sur le fragile volucre, il niche ses lèvres dans le creux de son cou pour le brûler de baisers fiévreux, sa main vagabonde quittant l’écrin des jupes pour sinuer sur son ventre et venir enserrer un sein, toujours lové dans son ergastule damassé. « Et si d’aventure il vous prenait l’envie de hurler mon nom dans la souffrance ou dans la jouissance, sachez que je m’appelle Greer… »


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« I'll seek you out. Flay you alive. One more word and you won't survive. I'm taking it slow. Feeding my flame. Shuffling the cards of your game. »

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La Veuve Noire

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MessageSujet: Re: [PV Greer Claymerie] The Two-headed Monster   Mer 28 Mai - 21:33

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E
t vous m’adouberez avec quoi, dites-moi ?
» Il parlait. Sans s’en apercevoir, Lumen était étonnée de ce fait plutôt banal. Ce chien enragé, cette bête, ce monstre assoiffé de sang était capable, derrière ses crocs jaunis, de s’adresser à elle – voir même de lui parler avec une pointe d’ironie. Véritable prédateur, ses yeux du même bleu qu’elle roulaient sur ses formes et ses vêtements, ne décelant évidemment pas la moindre trace d’épée parmi ce florilège de soie et de velours. Éduquée à Hvittjell, la jeune femme avait quelques bases en combat rapproché, mais uniquement avec des dagues soigneusement empoisonnées. Si elle n’avait pas la force de percer une gorge ou un torse, et si par malheur elle mourrait face à un quelconque adversaire, au moins était-elle sûre d’emporter celui-ci avec lui. Redressant son menton ainsi que sa cambrure, Lumen sentit la garde protectrice de l’un de ses poignards contre sa hanche, mais fut bien incapable de répondre à la pique de l’inconnu. Suivant sans mot dire du regard l’homme, ses billes bleues détaillèrent les fins filets de sang éclairés par le peu de lumière réussissant à pénétrer dans la profonde sylve, ce rubis liquide et ô combien précieux dont l’homme se faisait le luxe d’être vêtu. Son visage, encore creusé par l’effort qu’il venait de faire, était d’une blancheur presque maladive, et contrastait bien trop avec le sang qui s’égarait sur sa peau mal rasée. Le regardant de haut, profitant de sa supériorité qu’elle croyait intouchable, son sourire se crispa lorsqu’elle le vit se rapprocher d’elle, brisant une distance qui, autre que lui apporter une relative sécurité, avait jusque là l’avantage de faire savoir à cet homme des bas-fonds qu’il était en la présence d’une noble, et que les quelques pas les séparant étaient tout aussi grands que le gouffre social séparant ces deux êtres. Deux extrêmes qui pourtant se rapprochaient, contre l’envie d’une Lumen qui tint un peu plus fort la crinière de son destrier. Son air goguenard s’avançait telle une menace en direction de celle qui pourtant, riait de l’infortune d’autrui, et bientôt, il fut au niveau de la tête de l’animal sur lequel elle était montée. Ecartant prestement ses mains de l’encolure du cheval lorsque l’homme y apposa sa patte salle, tour à tour couverte de terre, de sang et d’une sueur encore collante, Lumen déglutit, mais sans pour autant perdre l’air assuré qu’elle avait pris l’habitude de garder en toutes circonstances. « Me ferez-vous aussi roi de votre castel, vous qui voyez dans un massacre une prouesse ? »


E
t puis, la quiétude de ce lieu, et le calme qu’y avait apporté la mort se dissipa. Telle une brume dévoilant sous ses yeux d’azur la plus horrible des vérités, Lumen glissa. D’une réalité à l’autre, d’un monde ou la sécurité et le confort qu’apportait le titre de noble assurait une relative quiétude, à un autre, que partageait la majorité du communs des mortels, et ou la Fatalité pouvait venir vous cueillir quand bon lui semblait. Dur retour sur terre pour Lumen, ou plutôt, dans l’herbe. Sans bien avoir compris la manière dont il l’avait enlevée de son destrier, ni comment il s’était retrouvé par-dessus elle, ses pupilles se rétractèrent, minuscule point noir parmi cette étendue de bleu, et fixèrent avec sang-froid l’individu qui s’était bien joué d’elle. « Le massacre est une prouesse, mais la barbarie en est une autre bien moins considérée » Sa poitrine se soulevait à un rythme qu’elle eut espéré plus lent, mais au moins avait-elle toujours la maîtrise de sa voix. Si son corps savait ce qui allait se passer, son esprit lui, ne s’attardait plus depuis longtemps sur ces apanages que les hommes semblaient se donner de droit sur les corps féminins. La sensation d’une main glissant avec délectation le long de sa cuisse se fit sentir, mais le regard qu’elle plantait dans celui de l’homme restait le même. Tous deux étaient souriants, comme si cela n’était qu’un jeu entre eux deux, et, bien que les lèvres de la belle fussent plus figées que celles qui s’écartaient de son agresseur, elle ne démordait pas de l’impression de contrôle qu’elle souhaitait conserver. « Dites-moi, vous qui semblez si souveraine et altière dans cette forêt mortifère, si mes nouvelles prérogatives de lord me permettent d’exercer sur votre noble personne un incoercible droit de cuissage…? »

Son corps reconnu, oh combien mille fois ce geste bien trop répété sur le corps de la jeune femme, cette appropriation par la force d’une partie de son anatomie qu’à force, elle avait appris à détester. Lumen tenta de repousser ses mains bien trop ambitieuses de ce qui n’était redevenu qu’un bout de viande pour un loup affamé de chair fraîche – mais en vain. Elle qui se pensait intouchable après avoir assisté à la fin de son acte de barbarie oubliait visiblement qu’il fallait, comme pour tout bon héro, un épilogue à la mesure de la scène, une scène qu’elle avait applaudit et complimenté. Pauvre folle qui, sous prétexte d’avoir jusque là eu une chance inébranlable, se pensait bénie et protégé par des dieux auxquels elle ne croyait plus depuis longtemps. Alors sans un bruit ni une complainte, elle tentait de repousser l’instinct tactile de cet homme, détournant ses yeux des siens lorsqu’il vint se loger dans son cou, le dévorant presque de son haleine et de son envie malsaine, elle, la brebis qui s’était crue louve. Tentant de ralentir la progression de l’homme qui bientôt atteignit l’un des symboles de sa féminité, l’autre main se faufilait dans bien que mal dans son dos, plaqué contre terre, et ou entre cape et robe se tenait le fourreau d’une dague qui se pourrait être salvatrice. « Et si d’aventure il vous prenait l’envie de hurler mon nom dans la souffrance ou dans la jouissance.. » Et enfin, elle atteignit du bout des doigts et avec une certaine difficulté la froideur du pommeau de métal, qui lui procura comme une secousse, comme le signe que tout n’étais pas perdu. Face à cette chaleur charnelle, à cette proximité effrayante et non désirée, la glace dont semblait à ce moment précis être fait la garde de son arme lui donna suffisamment de force pour tirer la fine lame de la protection dont elle était recouverte, force de la dernière chance qu’elle comptait bien mettre à profit lorsque, dans un geste vif.. « sachez que je m’appelle Greer… » .. Le métal se retrouva sous la gorge de.
Greer.


L
umen n’avait fait qu’une fine entaille dans sa peau, suffisante pour qu’une fraction du poison dont était imbibée l’arme commence à se propager, mais pas assez toutefois pour mettre la vie de l’homme en péril. L’homme. Ou plutôt devait-elle le considérer comme son.. « Frère ? » Le retournement de situation que la jeune femme avait réussi à effectuer en sortant sa seule et unique défense avait certes arrêté tout mouvement sardonique de la part de celui qui se revendiquait sous le nom peu commun de Greer, mais sa main était toujours posée sur son sain. Situation étrange dans laquelle Lumen, dans sa plus grande paranoïa et naïveté, ne s’était jamais imaginée.

Et pourtant, tout coïncidait. Les rumeurs quant à sa cruauté, ses tendances sanglantes, et sa grande passion pour toutes les putes et autres catins de ce monde – jusqu’à voir en toutes les femmes un objet de désir, et ce peu importe leur rang – oui. « Greer Claymerie ? » Ses yeux s’écarquillaient, tandis que lentement, elle forçait son frère à se redresser d’elle en appuyant la lame contre son cou ou des traces de crasse sillonnaient sa peau. Son souffle si proche de son épiderme, son étreinte forcée, le viol de sa propre personne qu’elle s’était juré de ne plus jamais avoir à subir de toute sa vie, lui, cette bête, était donc celui après qui elle avait perdu diligence et hommes ? Un masque de froideur chassa bientôt l’étonnement qui se lisait bien trop facilement sur ses traits fins, et de nouveau, ce fut cette femme qui se croyait intouchable qui parla à travers elle. « Enlève tes mains du corps de ta propre sœur, ou elle n’hésitera pas à te réserver le même sorts que les autres. » Sa chance ne l’avait jamais abandonnée, au fond, et l’avait même précipité dans les bras de son frère – bien que cela ai été le cas d’une manière bien trop littérale au goût de la jeune femme. « Je t’ai cherché, j’ai envoyé des espions, j’ai tué maris et autres prélats horrifiés de mes péchés, tout cela pour que tu ne me traites que comme un bête de somme ? » Sa main ne tremblait pas, non, et appuyait même un peu plus à mesure que sa voix cassante exprimait le ressentiment, passager elle le savait, que Lumen avait envers son frère, laissant couler un peu du sang qui les liait sur le cou de Greer.


L
a voilà, la glorieuse famille Claymerie. Réunie dans la terre, le sang, et les cadavres sans têtes.



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Corbeau de Ravenhole

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MessageSujet: Re: [PV Greer Claymerie] The Two-headed Monster   Lun 2 Juin - 22:45

greer & lumen

The Two-Headed Monster


E
lle serine ses fielleuses imprécations, la captive oiselle qu'il embastille derrière sa paume. Son regard hyalin est strychnine qu'elle distille sous le vélin de sa peau, par osmose, mais il n'a que trop goûté au venin de la peur pour ne pas en être mithridatisé. Les lippes longilignes ne mussent plus ses crocs de fauve et le sombre freux se délecte des prunelles qui disséminent leur sépulcrale morgue dans le guède des siennes. Combien de volucres au pennage ivoirien a-t-il ainsi chassé, se gaussant de leur piaillement incessant pour ne pouvoir que mieux leur rompre la nuque d'un coup de patte avant de les laisser agoniser sous le suaire de l'empyrée et le linceul de ses pulsions mortifères ? Et des plumes virginales qui tapissent l'oiseau qu'il claustre dans l'ergastule de ses bras, ne subsiste sur le bout de ses doigts anémiques qu'une douceur pure qui se fait déité, une aumône de caresses malsaines qu'il expie à la déesse Stupre avec une ferveur de dévot. L'autre dextre impie est toujours rivée à l'obole de chair qu'il comprime avec délectation, une chaleur incoercible grimpant ses phalanges pour s'étioler sur son poignet. Et dans cette rédemption qui est la sienne, il voit les mânes de son mysticisme se refermer sur la fragile sylphide alors qu'elle tente en vain de repousser la ferveur de l'hérétique qui voit en l'apostat une salvatrice catharsis. Mais voilà que dans sa cécité charnelle il ne voit pas le surin surgir du râble malmené de la donzelle pour venir embrasser les chairs offertes de sa gorge impie. Lorsque la morsure métallique entame fermement la gorge, il laisse ses lèvres se sculpter d'un sourire goguenard, visiblement amusé de voir ainsi les augures de Dagoth se retourner contre leur plus fidèle séide pour plaquer sur sa carcasse sibylline une si tranchante fatalité. Le cruor que la morfale lame fait dévaler de l'adret de son cou s'étire en un magma rubicond sur le vélin fragile de sa peau crayeuse, creusant d'alluvions sanguinolents les versants de son manubrium. Le mot frère est cependant plus méphitique que le venin qui s'arroge la souveraineté de ses jaspures sanguines et qui le plonge graduellement dans une sédative curiosité alors qu'il amarre le gris de ses orbes au grès des siennes, lâchant sa prise à mesure qu'elle repousse son joug d'une lame morbide. Derrière l'argile de ses mirettes se décline en nuances mercuriales l'étonnement qui fait place à la perplexité, puis à l'intrigue. L'agnelle se fourvoie-t-elle en voyant en lui un frère perdu ou une figure familiale trop longtemps recherchée capable d'avorter toute lucidité ? Ses dextres ont relâché leur étreinte sur l'impudente féminité et le corbac plisse l'acier de ses yeux en inclinant du chef, son pensum en proie à d'ergotantes agitations. Pourtant, le phonème cristallin de la nymphe ne laisse aucun doute sur l'acuité de leur parenté. Vaporeux, lesté de vertiges qui décuplent son trouble, l'escient est mis à l'épreuve par ce minois vénuste qui le vrille de son regard alors qu'il se perd dans quelque déréliction ressuscitant son anamnèse. Trop jeune pour être l'aînée, elle n'est pourtant pas assez jeune pour être la cadette. La lithiase de sa lippe s'ébranle, laissant couler entre ses failles une syntagme percluse par quelque égrotante pathologie : « Lumen ? »


P
hare dans les anthracite mânes qui nippent sa gueule cacochyme, elle porte bien son nom. De l'ivoire de son visage il ne se rappelle que la lumière crue, une dissolue clarté qui auréole ses orbes pers et qui perce insensiblement la dense lithosphère de ses réminiscences. Pouquoi n'avait-il pas reconnu les arêtes tranchantes qui façonnaient insensiblement le visage Claymerie ainsi que les prunelles tantôt d'orage tantôt malachite des infants de la maison turquin ? Et même en écartant d’une main impérieuse les cloisons d’une anamnèse périclitante, il ne se souvient que vaguement de cette sœur qu’on maintenait dans un cloître pour qu’elle ne soit contaminée par les exhalaisons délétères de la marginalité du frère. La jeune femme piquée au vif l'oblige insensiblement à se redresser alors que perle à nouveau l'hémoglobine à la jonction de son cou et de son manubrium, il tire du grès de son visage un nouveau sourire narquois, visiblement amusé par tant de force de caractère et par les tempétueuses prunelles qu’elle cloue aux siennes. L’œil toujours vitrifié par cette étrange impression de neurasthénie, il lui souffle, lascif : « Je t'ai laissée gamine et te voilà femme... » Sous l'empyrée sylvestre, les clairs-obscurs soulignent sa taille gracile et ses lèvres charnues, mais la pèlerine dissimule à ses yeux prédateurs les apanages féminins qu'il a, pourtant, caressés sans vergogne. Les confidences de sa sœur éveillent en lui un rictus empreint de curiosité. A-t-elle véritablement tué ou se cache-t-elle derrière les remparts de savants simulacres sensés effrayer le dogue pour qu'il cesse de mordre ? Pourquoi l'a-t-elle cherché lui, le déserteur, le frère indigne même pas foutu de protéger sa fratrie ? Dans ces paroles menaçantes, il trouve néanmoins l'antalgique qu'il a toujours cherché ardemment en ces quelques bribes de frères et sœurs, voyant enfin en Lumen un éclat plus que cuprifère d'une vésanie qui est aussi la sienne et qui, enfin, semble partagée. S'il s'avère qu'elle dit vrai et qu'elle ne ment pas par couardise. Comment imaginer que ces ivoiriennes et délicates dextres ont ôté la vie, comment croire que de si pulpeuses et incarnadines corolles ont aspiré l'existence hors d'un exuvie crevé de vacuité ? Et alors que son encéphale ploie sous la viscosité d'un mal dont il ignore l'origine, il hisse dans son esprit les vaudevilles dantesques de ses mains graciles autour d'un cou masculin, délestant l'enveloppe charnelle de son souffle pour s'en faire impératrice ultime, de son corps frêle et fragile chevauchant une charogne en devenir pour glisser entre ses lèvres moribondes le poison d'une libation dont seule la Camarde a le secret. Se pourrait-il que des spectrales dérélictions dont il était l'unique souverain, il ait trouvé sa reine noire ? Celle qui, de ses pulsions pareilles aux siennes saura comprendre la folie mortifère du frère et en partager le fardeau avec lui ? Sans égard pourtant pour l'acier qui fait couler en clapotis vermeil sa vie sur le tapis d'émeraude, il rive ses pattes aux épaules fraternelles pour la plaquer sur l'écorce noueuse d'un arbre, rapprochant sa bouche de celle de sa sœur sans pourtant en conjuguer les aspérités soyeuses. Le surin toujours attaché à la main de Lumen, puis à sa gorge, il ne bronche pas, lénifié par la froide étreinte qui laisse sur sa peau de frigides fièvres. « La famille Claymerie a engendré plus qu'un monstre, semble-t-il... » Mais son phonème amusé est esquinté par un étourdissement qui l'oblige à claustrer ses pupilles derrière le mirador de ses paupières. Sur la carne de son front perlent rigoles de sueur glacée qui étreignent son occiput pour y laisser de fébricitantes fièvres. Le minois écorché par la pâleur, il glisse des yeux vers la lame toujours suspendue devant sa gorge, puis il exhale un soupir. « Putain, tu m'as empoisonné...? Ça valait la peine d'engraisser les charniers pour me retrouver si tu me crèves comme un clébard au beau milieu de la forêt... »

Et tous les poisons de Middholt ne sauraient réussir à tarir l'ironie qui se déverse dans ses veines à cet instant.


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MessageSujet: Re: [PV Greer Claymerie] The Two-headed Monster   Mer 4 Juin - 22:12

Fiche ©️ Quantum Mechanics
Greer et Lumen Claymerie
   The Two-headed Monster
   
P
lus de cynisme, plus de provocation dans la voix fraternelle qu’elle apprenait à connaître. Ils étaient deux choses, deux êtres si différents et pourtant si liés qui, hypnotisés, harmonisaient leurs mouvements en une lente danse. C’était autre chose que la sarabande brutale que le bougre avait tenté de lui imposer, et pourtant, cela avait peut-être tout autant les teintes nuptiales qu’auraient deux amants. Leurs anthracites prunelles, jumelles et aux pupilles dilatées, découvraient une seconde fois l’autre. Ce qui n’avait été qu’une personnification de la fin de tout homme se voyait être du même sang qu’elle, elle qui, lorsqu’elle tournait la tête en direction de son passé verrait la même chose que si elle le faisait en cette clairière maudite. Des cadavres, jeunes, vieux, méprisés. Greer recréait avec brio ce que Lumen avait toujours fait. Deux créatures qui s’apprivoisaient dans un silence que seul venait rompre le vombissement des insectes qui s’affairaient autour des corps, mouches et autres vermines qui se nourrissaient sur ceux qui ne pouvaient plus faire de même. Elle qui n’avait jamais réussi à se souvenir de sa courte enfance sous la bannière aux deux truites, là voilà pourtant comme apaisée face à ce frère qu’elle n’avait pas eu le temps de connaître. Sa main ne tremblait pas tandis que sa carcasse famélique se redressait tout en repoussant en même temps du tranchant de sa lame celle de l’homme. Lente danse oui que tout deux semblaient connaître. En plein centre de cette clairière, les deux charognards se reconnaissaient peu à peu, dans le silence le plus total. Nul n’avait besoin de mot lorsque le sang unit, le leur, ou bien celui d’autrui.  « Je t'ai laissée gamine et te voilà femme... » Ses lèvres découvrirent des dents pointues, comme taillées pour chasser et déchiqueter les chairs. Petits bouts d’ivoire qui peu de temps avant étaient bien trop près de sa peau à elle, prêts à lacérer sa chaire, à Lumen, à cette femme qui avait réussi à réduire la forte et impétueuse voix de Greer à un semblant de murmure.

Un fin filet de sourire apparu sur ses lèvres lorsqu’elle sentit le regard fraternel la détailler comme tant d’autre l’avaient fait avec avidité auparavant. Mais eux, c’était par envie, par besoin charnel et animal, une chose qu’elle avait appris à manipuler. Son corps était son arme, ses poisons leur salut. Autant un bouclier qu’un sabre éffilé, son apparence était pourtant devenue totalement inutile face à Greer, face à ce que Lumen arrivait à déceler dans son regard. Quelque chose de nouveau, d’indescriptible presque tant la jeune femme n’avait que rarement vu cela briller dans les pupilles le plus souvent avides du sexe prétendément fort. Que faisait-elle alors, à brandir encore cette arme, réelle cette fois-ci, gorgée de poison et de la pulsion de survie mais également de violence, oui, si Greer était le parfait frère et si cette rare lumière qu’elle captait au fin fond de ses orbres grisonnants était réelle, que faisait-elle donc ? Ils s’étaient relevés à présent, face à face. La main de Lumen ne tremblait toujours pas, mais son palpitant semblait prêt à quitter son carquois de côtes et de chair. Certains appellent ça de la paranoïa, mais elle cru que c’était son instinct qui lui murmurait de ne pas baisser sa garde, sombre serpent qui croyait que ranger ses crochets pouvait le tuer.


M
ais elle avait bien fait, du moins, ce fut ce qu’elle se dit lorsque les mains crasses de Greer la touchèrent une fois de plus – une fois de trop – tuant l’écart que Lumen avait réussit à instaurer de nouveau, la plaquant contre un arbre à l’écorce bien trop rêche. De nouveau elle pu goûter à son haleine, mais également au parfum nouveau du sang de son frère. De leur sang. Sa dague avait pour elle lâché un cri de surprise, silencieux, mais bien plus dangereux. A la place de quelques lignes rougeâtres s’étendait à présent un fleuve d’hémoglobine qui captiva immédiatement les yeux perles de la veuve. Trouvant son lit sur le cou de Greer, la lame, et la patte blanche qu’avait toujours su montrer Lumen, la jeune femme fut parcourue d’un frisson. Peut-être était-ce la rapidité d’action que son frère qui procurait cette sensation, ou peut-être l’étrange plaisir qu’elle ressentait à travers le surin. Celui de veines qui se tranchent, de peau et de chair qui se fendent, se courbant sous le tout puissant acier qui se frayait un chemin de plus en plus profond dans le val de sa trachée. Elle qui n’avait jamais qu’utilisé des moyens indirects pour ôter la vie expérimentait malgré elle le moins noble, mais le plus excitant. Sombre rossignol porteur de mauvais présage, elle se sentait presque pousser des ailes à la simple idée que d’un mouvement, d’un seul, une âme lui appartiendrait. « La famille Claymerie a engendré plus qu'un monstre, semble-t-il... »

Ses épaules, bien que maintenues sous la poigne ferme de Greer, sursautèrent en entendant ce dernier parler. Détachant son regard du sang qui ne s’arrêtait pas de couler, brisant la douce torpeur dans laquelle elle venait d’être plongée, Lumen déglutit. Oui, les yeux de son frère se fermaient, la sueur se faisait voir sur son front qui pourtant n’était plissé par aucun effort ; oui, elle avait envie de détacher la tête de ce corps qui avait tenté de violer le sien, et se laissait hypnotiser par le noble pourpre qui glissait encore et toujours. Un Monstre. Ce mot plana un instant dans son esprit, ne sachant ou aller. « Monstre, sorcière, empoisonneuse.. » Sa voix semblait venir d’un tout autre monde tandis qu’elle égrenait les surnoms qu’on lui avait donnés, chapelet morbide auquel la jeune femme cherchait encore un sens. Fallait-il renier tout cela, ces sobriquets de malheur qui faisaient tâche en société ou les porter en silence comme une fierté cachée, et dévoilée à peu ? « Putain, tu m'as empoisonné...? Ça valait la peine d'engraisser les charniers pour me retrouver si tu me crèves comme un clébard au beau milieu de la forêt... » Dévoilée à lui. Lui et d’autres qui étaient à présent morts et enterrés.


O
ui.
» Sa main appuya un peu plus, et de nouveau, le cou qui se rompait un petit peu plus lui procura l’adrénaline nouvelle qu’elle découvrait. Cela n’avait rien à voir avec le poison ou le tout était d’attendre. « Je t’ai empoisonné. Tu vas mourir d’anémie, lentement, et d’une manière que tu ne comprendras certainement pas. » De nouveau un sourire anima ses lèvres, mais de manière presque timide face à ce frère qui était à présent à sa merci. « Pourquoi moi devrais-je renoncer à faire de toi un cadavre parmi les cadavres, à te saigner comme un chien, toi qui m’aurait prise comme une chienne ? » Et elle cherchait un regard qui se faisait trouble sous les lourdes paupières de son frère. « Greer.. » Le prénom fraternel roulait sur sa langue avec un délice morbide. « Les monstres n’en sont plus uns si ils commencent à épargner n’importe quelle proie, mon frère. » C’était à sa portée, et ses bras commençaient à trembler rien qu’à y penser. Là, un mort, sa première petite âme envoyée à ces dieux infidèles. Mais il ne fallait pas non. Il ne faut pas faire cela Lumen, il ne faut pas expédier en un autre monde celui qui est pourtant ton échappatoire. Alors ses phalanges se décolèrent du pommeau de la dague, presque contre sa volonté, jusqu’à ce que celle-ci ne tombe lentement au sol. Les mains blanchâtres de Lumen vinrent à la rencontre des joues de son frère de ses pomettes, de son front, de ses paupières. En silence, elle s’accapara par le toucher celui qu’elle avait tout de même envie de considérer comme son égal, et mis sa tête tout contre la sienne, sentant la sueur froide et malsaine qui coulait le long de son épiderme. « Devenons le même monstre, la même chose Greer.. » Susurrement reptilien qui s’échappait de ses lèvres juvéniles. Ses yeux de pierre se perdirent sur l’étendue de cadavres qu’elle pouvait voir derrière l’épaule de son frère, sur ce passé et ce futur, sur ce tout que Dagoth avait décidé de lui offrir en ce jour. « .. Et engendrons de nouveau ces Claymerie morts depuis trop longtemps. »



Spoiler:
 


The Claymeries send their regards
DIFFERENT ROADS SOMETIMES LEAD TO THE SAME CASTLE


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Corbeau de Ravenhole

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MessageSujet: Re: [PV Greer Claymerie] The Two-headed Monster   Sam 14 Juin - 20:52

greer & lumen

The Two-Headed Monster


L'
ophidienne glisse à l'orée de son escient tavelé de nuées opaques une vipérine assertion qui achève de clouer à ses lèvres un sourire fauve, baigné par l'ironique conjoncture qu'ils partagent comme retrouvailles. Le conciliabule est des plus inopinés, miré par la faune qui bruisse dans la sylve et se jouant comme vaudeville sous l'empyrée hérissée d’œils des déités cardinales. L'insolente se gausse du fauve et du corbeau à la fois, biche effarouchée qui n'a trouvé rien de mieux que d'appesantir son cruor sirupeux de belladone mortifère. Et sous la prunelle lupine, il toise ce conglomérat de chairs vénustes avec un intérêt renouvelé, la nitide expression de sa stupéfaction tacite se mussant derrière l'écran vitrifié de son regard de rapace pris au piège. Quelque part sous l'amalgame de pulsions ostrogoths, il sent poindre l'admiration pour cette sylphide mariée au sépulcre comme il s'est lui-même voué à en distribuer les frigides étreintes et les plus létaux baisers. En leurs jaspures partagent-ils plus que leur sang ? Et si l'empoisonneuse néréide trouvait sur ses lèvres plus que le goût ferreux, mais aussi le stigmate nécrosant de la Camarde, se garderait-il de la dépouiller de ce sourire ici et maintenant pour l'obliger à n'avoir d'obédience que pour lui et lui seul ? À l'angle du minois séraphique, il voit plus que le méfait accompli, il voit cette appétence dévorante, cette inextricable envie de voir autrui ployer le râble sous sa paume, cet indéniable besoin de briser d'un fil acéré la moindre nuque, de voir poindre derrière l'écran de prunelles vitrifiées d'ineffables martyres uniquement étouffés dans une moribonde acmé aux conclusions mortifères. Il voit en elle cette inaltérable soif de se faire hégémonie de la vie et de la mort, unique souveraine des cris et des hurlements, ultime reine des cathartiques épilogues et des existences abrégées. Et à travers le cristal de cette pathologique folie dont elle l'a abreuvé à grand renfort de poisons, il se prend à vouloir l'étreindre céans, pas comme un amant éperdu forcerait son chemin d'un glaive profanateur, mais comme un frère en viendrait à enlacer sa petite sœur. Oh, dans cet amok qui se distille en gouttes visqueuses à la frontière de son entendement, il entend ses paroles comme si elles s'hérissaient de pointes affilées dont elle tranche ses membres gourds. L'ironie se calque au pulpe des lèvres fraternelles et il lui oppose un sourire à demi noyé dans la turpitude alors que se parsème son échine de frissons fébricitants. Il trouve toujours, même dans sa péroraison une place pour son phonème railleur qu'il darde vers elle. « Si tu cherches une bonne raison de m'épargner sœurette, n'en cherche pas, tu n'en trouveras pas. » Puis il rive une patte à la joue filiale, marque du seing de ses doigts la peau lisse de son vénuste minois. Sa voix n'est presque que murmure, mais elle est émaillée par quelque tonalité défiante. « Et puis j'ai toujours cherché une femme capable de me crever comme un chien... Semblerait que tu sois la perle rare. »


S
ans même qu'il en discerne les pans nitides, sa voix fait écho à la sienne et se conjugue au trouble qui croît comme usufruit des sillons germés d'une terre ubéreuse. Elle le moleste en susurrant son prénom, il aime à se voir violenté par des fragments métalliques d'affects renaissants. Il ne sait dire si les remugles de ses inclinaisons sont issus des méphitiques entraves dont elle a empanaché ses jaspures sanguines ou d'une filiation qui lie son âme dévoyée à celle, épigone, de sa sœur si longtemps réminiscente. Et quand elle amarre ses mains au quai halitueux de son faciès pathologique, il vrille vers elle des pupilles coites et pantoises, vacillant et incertain devant cet improbable toucher qui le leste d'une fièvre plus incoercible encore. Mais lorsqu'elle laisse s'écouler entre ses lèvres le substrat d'une gloire filiale qui n'est désormais que vague réminiscence chuchotée dans le mépris par les plus sibyllins olibrius, il ne peut contenir un rictus goguenard et un rire simiesque qui crevasse son minois glabre d'une hilarité des plus inconvenables. Qu'espère ressusciter la vénus de l'anamnèse arlequinée des oriflammes de la trahison et de la félonie ? Court-elle comme capricante biche après une évanescente dignité difficilement conjugable au cryptonime de la maison de turquin ? L'ingénue lui fend la gueule et du pensum ne sourd que raillerie ébréchée par la pathologique toxine qu'elle a déversé en lui comme poix consumante. Pourtant, à l'orée de sa tirade il n'a pas occulté le prologue. Devenir le même monstre ? Saisit-elle au moins l'ampleur de sa monstruosité à lui ? Sait-elle au moins que du vouivre elle ne voit que les prémisses et du tarasque les pans manifestes ? Au creux de sa méphistophélique existence subsiste pourtant bien pire ignominie que ce qui lui a été donné de voir et si l'écimage de quelques olibrius a réussi à lui faire croire aux affabulations d'un montre tout droit extirpé d'entrailles mythiques, elle est encore loin du compte. Plus que léviathan ancestral glané à l'aulne d'un conte pour enfants, Greer est le malin par excellence, prince de ses propres abimes et déité de ses propres royaumes de spectres étiques et de délégations de cadavres aux yeux torves et aux prunelles éteintes. Dans les dernières paroles de la néréide, il arrache force vive qu'il dirige contre les vaseuses nuées du poison et les visqueuses élucubrations d'un escient tavelé de nausées pour lui faire miroiter un visage crayeux qu'il suspend à quelques centimètres du sien. « Rien à faire de cette chimérique gloriole que tu m'agites à la gueule... Les Claymerie sont morts à la minute où les têtes de la parentèle ont été juchées sur des piques et où les corbacs ont parachevé leurs agapes en becquetant quelque globes oculaires dans le creuset de leur crâne comme s'il n'eut été plus exquis banquet... »


À
 trop vouloir extirper du néant fétide les carcasses nécrosées du passé, la petite finira par voir ses élytres gagnées par la même cacochyme espérance qui a sclérosé les traîtres de par l'histoire, les décapitant eux aussi de la moindre illusion salutaire à défaut de sectionner le lien carné unissant chef et nuque. L'héritier légitime du ban séditieux n'a rien à foutre des esclandres des grands, des belligérances des culs dorés et des conspirations injustes de leurs pareils. Il appartient à un autre monde et elle ferait mieux d'en faire autant. Toujours aussi lesté de vertiges, il n'en démord pourtant pas, amarrant un calot au poignet féminin qui avait laissé la couronne de sa main courir sur la peau exposée du tortionnaire pour rompre le contact doucereux de la belle. Sur l'écrin de ses doigts il sent battre le poulx, pulsant sous le vélin pour en irriguer les veinules, reliquat d'existence qu'il pourrait, s'il le voulait, contraindre au silence et condamner au cénotaphe. Puis, il suspend sa lippe reptilienne à l'angle de son cou, soufflant halitueuse haleine à son oreille. « Je ne suis pas un de ces perfides olibrius qui peuplent tes fantasmes candides pas plus que je ne suis le héros qui viendra te délivrer de tes pénates pour t'offrir un château, aussi sombre souhaites-tu qu'il soit... » Brusquement il l'arrache à l'étreinte de la sylve pour la faire pivoter et l'obliger à lui tourner le dos alors qu'il la plaque sur son torse, l'immobilisant de ses deux mains puissantes. Sa lippe carnassière s'étire à nouveau avant d'égrainer quelques phonèmes à la frontière de sa nuque. « Les contes sont pour les fillettes, Lumen... Or, toi tu es femme désormais. » Une patte vient s'arrimer à un sein qu'il comprime au creux de sa paume, insensible aux troubles qu'il fait naître chez l'agnelle luciférienne. Et si c'est une toison sombre qui orne la carnation de la biche, elle n'en demeure pas moins antenaise entre ses doigts mortifères. Puis sans avertissement il la projette en avant, l'envoyant choir à quatre pattes dans l'herbe smaragdine alors qu'il se glisse jusqu'à elle, s'agenouillant pour la saisir à nouveau et la contraindre à se relever sur les genoux, plaquant une main sur son cou pour l'obliger à venir nicher sa crinière marron contre son épaule. Il lit dans les vacillantes prunelles hyalines un affolement pourtant jugulé qui vient soutirer à l'adret de son visage un sourire plus déliquescent encore. Une indolente main vient s'attacher au ventre plat de la sylphide, glissant ostensiblement vers la féminité mussée sous les jupes. « Alors es-tu toujours disposée à engendrer cette vision mythifiée que tu as des Claymerie ou seras-tu comme toutes les autres biches : naïvement déterminées à voir en leur bourreau une once de compassion inexistante et en leur prédateur un gramme de clémence utopique  ? » Et si la donzelle ne vacille pas entre ses bras sadiques, qui sait ce qu'il pourrait faire émerger de cet ubéreux creuset...


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La Veuve Noire

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MessageSujet: Re: [PV Greer Claymerie] The Two-headed Monster   Dim 6 Juil - 23:15

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Greer et Lumen Claymerie
   The Two-headed Monster
   
S
es prunelles couleur d’eau se perdaient toujours sur l’étendue des cadavres. Mais fixes, bien moins fascinées par la mort que quelques secondes auparavant, Lumen voyait presque comme une  apparieuse. Alors que ses propres murmures venaient de se finir, ses oreilles entendaient des mots qu’elles auraient volontiers ignorés. De fraternelles syllabes qui transformaient les orbes de la belle en billes floues, couleur d’eau, comme ce dont sa tête était visiblement remplie. Pleine d’eau, faussement dangereuse, totalement naïve, la jeune femme descendait subitement du trône de fierté qu’elle venait de se forger, et se retrouvait face à ce qu’elle n’avait jamais prévu. « Les Claymeries sont morts.. » Disait-il, lui et sa rengaine sortie d’elle ne savait ou, Lumen, pauvre sotte qui n’avait jamais été habituée à des hommes qui ne lui étaient pas asservit grâce au charme qu’elle pouvait dégager de sa peau encore juvénile. « .. Au moment ou leur tête a été juchée sur des piques. » Pleine d’eau la gamine qui regardait avec une gêne tardive les cadavres, découvrant de ses yeux rendus vitreux des corps sans vie qui auraient tout aussi bien avoir été ceux de ses géniteurs. De leurs géniteurs. De ces parents auxquels Greer ne croyait plus, tout comme elle n’avait jamais cru aux dieux. Deux enfants qui ont refoulés leurs idoles enfantines à cause d’une Destiné qui un jour a décidé de faucher leurs rêves et héros, leurs reines et rois. Et au fur et à mesure que sa voix grave et lente décrivait la scène que la jeune femme pouvait imaginer sans aucune difficulté, il semblait encore une fois pour cette dernière voir son futur se disperser au vent, comme un rêve trop beau qui au réveil ne laisse qu’un sentiment de frustration. Voilà, frustrée, la gamine pleine d’eau, ce liquide teinté de sang de larmes et d’autres poisons létaux, mélange infâme et maudit qu’elle ne supporte que pour ce rêve que son frère déchire de sa voix rauque sous ses yeux. Yeux qui se portent enfin sur lui, décrochant de la vision cadavérique pour se rattacher à son sourire mauvais. Fier, lui qui pouvait pourtant tout avoir a porté de main, héritier légitime de sa déchue de famille oui, il aurait simplement pu marcher sur le chemin que Lumen avait tracé par envie d’être autre chose qu’un simple corps rattaché à une dot. Mais non. « Non.. Non non tu ne peux pas.. » Dire ça ? N'était-ce donc pas la vérité ?


L
es doigts de la jeune femme, auparavant toujours posé sur la peau collante de son frère commencèrent à glisser en écho à un esprit qui ne croyait pas à ce destin qu’elle n’avait pas mérité, mais la poigne de Greer maintint son poignet. Celui qui se prélassait dans sa crasse mélasse susurra de ses lèvres qui se faisaient lourdes qu’il n’était rien. Porc aimant sa fange, jamais il ne sera ce que Lumen aurait voulu qu’il soit : à son rang, fier de son sang, de leur blason, de leur nom. Jamais il ne sera cela, et la gamine qui s’était caché tout ce temps derrière meurtres et poisons commençait à le comprendre avec surprise et douleur. Des larmes de faiblesses perlaient lorsque son frère la plaqua contre elle, dos à lui, sans aucune résistance de la part d’une Lumen qui voyait le seul but qu’elle n’avait jamais eu se voir réduit à néant. « Les contes sont pour les fillettes, Lumen... Or, toi tu es femme désormais. »


E
t puis, tout fut confus dans un esprit qui s’était blessé sur les morceaux d’un rêve brisé. Intérieurement, Lumen saignait tandis qu’il la projetait à quatre pattes contre l’herbe humide d’eau et de sang. Dans son esprit, la Claymerie était déchirée entre l’envie d’y croire encore et celle d’accepter la réalité, et pendant ce temps, sans s’en rendre compte, le pantin qu’elle était devenue se faisait redresser sur ses genoux par Greer. Engoncé dans son corset, quelque part, son palpitant était sur le point de laisser sa tâche à une funeste Destinée lorsque le regard fraternel croisa le sien. Ces yeux fous qu’ils partageaient, chacun pour différentes raisons, cette tête pleine d’eau qui faisait des enfants aux deux truites deux entêtés finis. Lui souriait et laissait de nouveau son instinct guider ses gestes tandis que Lumen ne savait faire autre chose que gémir. De désespoir. De rage. Lorsqu’une nouvelle fois son frère parla, les yeux larmoyant de la belle se révulsèrent. Elle ne comprenait pas ce qu’il disait, et si elle entendait le timbre qu’à présent elle abhorrait, la jeune femme ne l’écoutait pas. Ne l’écoutait plus. Sa lame, naïvement laissée tomber au sol, si elle n’avait pas remplit sa tâche avait au moins permis à sa détentrice d’amoindrir les capacités de la chose qu’était son frère. Machine à copuler ou à tourner en rond, idiot sur lequel Lumen avait été suffisamment naïve pour laisser reposer tous ses espoirs sur ses épaules de roturier, la belle eu un sursaut de fierté et d’agressivité lorsque pour la seconde fois son propre sang attenta à une intimité qu’on avait trop de fois souillé.

L’envie de ne plus avoir à sentir le souffle chaud et moite de son aîné au creux de son cou la poussa, en un spasme, à porter ses mains squelettiques à ses cheveux. « Claymerie. » Elle ne savait pas ce qu’elle disait. Tout ce que la pauvre folle qu’elle était devenue savait, c’était que Greer avait un poison dans ses veines et qu’il fallait en tirer profit en tirant, tirant sur ses mèches d’un brun boueux. « Je suis une CLAYMERIE ! » Les corbeaux penchés sur les tripes et autres foies grand ouverts s’envolèrent au son de cette voix qui se cassait, et sans réfléchir, Lumen profita du fait que son frère n’avait pas encore eu le temps de retirer sa main de son entrejambe pour mordre à pleine dents dans la chair du porc. Dans la chair de celui qui se riait de la richesse que pourrait lui apporter sa sœur, oui, là dans cette oreille, Lumen souhaitait blesser le plus possible son ingrat de fraternel avant que lui-même n’heurte son corps. Qu’elle se débatte au moins, qu’elle oublie les pathétiques larmes qu’elle n’a pu retenir plus tôt et qu’à la place de cela, goûte le sang. Le sien, à Greer et à Lumen.

Qu’elle sente de nouveau le déchirement de la chair, qu’elle l’entende hurler en guise de repentance pour la souffrance qu’il souhaitait lui infliger.


Spoiler:
 


The Claymeries send their regards
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